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LIBYE /Ingérence – La France contre-attaque (mais de haut...)
18/03/2011 08:47
LIBYE – La France contre-attaque
La communauté internationale, (SIC)menée par la France, (Re-SIC)a décidé d’agir afin de bloquer les troupes loyalistes à Kadhafi alors qu’elles se trouvent aux portes de Benghazi, la capitale des insurgés. La Libye a promis des représailles en cas d’ingérence internationale
Après des jours de tractations et des heures de discussions, le conseil de sécurité de l’ONU a voté jeudi soir en faveur de l’usage de la force contre les troupes du colonel Kadhafi. La résolution adoptée à 10 voix sur 15 autorise à prendre « toutes les mesures nécessaires » pour protéger les civils et imposer un cessez-le-feu à l’armée libyenne, y compris des frappes aériennes. Une zone d’exclusion aérienne a été déclarée afin d’empêcher toute attaque aérienne des troupes loyalistes.
Une situation urgente
Le ministre des Affaires étrangères français, Alain Juppé, avait fait le déplacement à New York pour plaider en faveur de cette solution, qui, il l’espère, pourra mettre fin à la crise qui secoue la Libye depuis plusieurs semaines. « Ce n’est pas une guerre. C’est une opération de protection des populations civiles. », a déclaré le ministre avant de préciser : « Les opérations sont très précisément calibrées et viseront uniquement des cibles militaires. » Soutenu par la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, le chef de la diplomatie tricolore a convaincu les autres nations de l’urgence de la situation alors que les hommes de main du dictateur libyen étaient aux portes de Benghazi, fief des insurgés, et promettaient de se montrer « sans pitié » avec les rebelles. « Chaque jour, chaque heure qui passe alourdit le poids de la responsabilité qui pèse sur nos épaules. Prenons garde d’arriver trop tard. Ce sera l’honneur du Conseil de sécurité d’avoir fait prévaloir en Libye la loi sur la force, la démocratie sur la dictature, la liberté sur l’oppression », a martelé Alain Juppé au siège de l’ONU.
Menaces de Tripoli
Alors que les forces internationales se préparent à une intervention rapide, le régime libyen fustige ce « complot international ». Comble de l’ironie diplomatique, le vice-ministre des Affaires étrangères libyen Khaled Kaaim, a qualifié cette résolution d’« appel aux Libyens à s’entretuer ». Tripoli avait en effet déclaré un peu plus tôt que ses opérations militaires s’arrêteraient dimanche afin de donner une « chance » aux rebelles pour qu’ils se rendent « et profitent d’une décision d’amnistie générale ». Le régime du colonel Kadhafi a par ailleurs promis des représailles dans la région méditerranéenne en cas d’ingérence internationale. La France et le président Sarkozy - accusé d’avoir utilisé l’argent libyen pour sa campagne présidentielle - pourraient en faire les frais. La peur des représailles a certainement influencé la décision de certains pays de s’abstenir lors du vote onusien.
Evoquant de possibles risques pour la population civile, l’ambassadeur d’Allemagne, Peter Wittig, a souligné qu’il « voyait de grands risques » dans l’usage de la force militaire.
L’ambassadeur russe, Vitali Tchourkine, a jugé « regrettable » que « la passion pour l’usage de la force ait prévalu ». Son homologue chinois Li Baodong, qui assure la présidence du Conseil de sécurité en mars, a expliqué que son pays avait « toujours été contre l’usage de la force dans les relations internationales ».
Chaque heure compte
Si cette intervention militaire fait toujours débat, les insurgés, eux, ont exprimé leur joie de recevoir rapidement l’aide de la communauté internationale. Dans leur capitale de l’est du pays, on a pu voir la foule brandir des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Benghazi ne t’aime pas » à l’adresse de Kadhafi. En attendant l’arrivée des troupes internationales, les ONG et les autorités égyptiennes redoutent un exode massif de Libyens vers l’Égypte, seule porte de sortie à l’est. Près de 300.000 Libyens ont déjà fui le pays depuis le 15 février.
Damien Bouhours (www.lepetitjournal.com) vendredi 18 mars 2011
http://www.armees.com/info/actualites/libye-la-france-contre-attaque,39721.html
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Incidents du 13 mars à Casablanca : Les jeunes du 20 février donnent leur version des faits
18/03/2011 08:42
Incidents du 13 mars à Casablanca : Les jeunes du 20 février donnent leur version des faits
Trois jours après les incidents de Casablanca, le mouvement du 20 février annonce sa version de ce qui s’est passé dimanche 13 mars devant le siège du PSU. |
Les jeunes du mouvement du 20 févier de Casablanca ont tenu une conférence de presse, mercredi 16 mars, dans les locaux du siège du Parti socialiste unifié. Le but est d’annoncer l’organisation d’une marche dimanche 20 mars et de donner, trois jours après, leur version des faits des incidents du 13 mars marqués par une confrontation entre des manifestants du mouvement voulant organiser un sit-in et les forces de l’ordre. La conférence a débuté à 10h30 avec l’arrivée des victimes des incidents venues témoigner . Une projection fait défiler les photos de leurs blessures et leurs séquelles. «Alors que nous nous apprêtions à organiser un rassemblement pacifique dans la Place Mohammed V durant la matinée du dimanche 13 mars, les forces de l’ordre ont commencé à dissuader les passants et bloquer toutes les issues vers la Place. Ils ont commencé par arrêter plusieurs individus, avant de s’attaquer à des groupes de militants usant de violences verbales et physiques et arguant que ce sit-in est non autorisé», a indiqué Amine Mkadem, membre du mouvement lisant un récit chronologique des incidents qu’il qualifie «de sanglants». Selon ce membre, «les sit-in n’ont pas lieu d’être autorisés préalablement». «Les responsables des forces de l’ordre ont répondu à cette affirmation par des coups, des gifles et des insultes et un déchirement de pancartes... Ils avaient pour ordre de casser les manifestants. Ils ne distinguaient plus entre femmes, enfants, ou vieillards, passants ou manifestants. Ils ont réquisitionné appareils-photos, téléphones portables et subtilisé portefeuilles et argent», a-t-on poursuivi. Les témoignages sont venus étayer la même version, soulignant «un usage surdimensionné et arbitraire de la force et des arrestations par centaines», notamment lors du regroupement des manifestants devant le siège du PSU qui a été, selon eux, encerclé puis envahi par les forces de l’ordre. Les membres ont avancé le chiffre de 120 blessés et présenté la liste des noms d’une quarantaine de blessés graves (coups de matraque sur la tête, coudes, épaules, bras, jambes et vertèbres cassés, hématomes dans le dos...). Toujours selon les membres du mouvement, «également 123 personnes ont été arrêtées et forcées par la violence à signer un PV avant d’être relâchées grâce à l’intervention des responsables du PSU Moujahid et Ben Said Ait Idder». Par ailleurs, la version des responsables des forces de l’ordre est tout autre. Le préfet de police de Casablanca, Mustapha Mouzouni, avait affirmé que les manifestants, réunis dimanche devant le siège du PSU, «prévoyaient de faire une marche, et non un sit-in». Dans une déclaration à la première chaîne de télévision nationale «Al Oula» diffusée dans son journal du soir, le préfet a souligné que «les personnes concernées sont venues aujourd’hui avec des instructions portant sur l’organisation d’une marche et la provocation des services de sécurité». Il a rappelé que les services de sécurité avaient réagi «d’une manière civilisée» lors de précédentes marches. Rappelons que plusieurs personnes prenant part à cette manifestation ont été interpellées dimanche à Casablanca, avant d’être relaxées, apprend-on auprès des autorités. La plupart de ces personnes appartiennent à l’association non reconnue Jamaa Al Adl Wal Ihssane, indiquent les mêmes sources. Dimanche matin, quelque deux cents éléments de cette association ont tenté d’organiser une marche non autorisée, mais les forces de l’ordre les ont dispersés, ajoutent les mêmes sources, précisant qu’ils se sont ensuite rendus devant le siège du Parti socialiste unifié (PSU) où ils ont tenté de tenir un sit-in. Les manifestants ont refusé d’obtempérer à l’ordre de la police d’évacuer la voie publique, multipliant les actes de provocation envers les forces de l’ordre, ajoutent les mêmes sources, précisant que plusieurs personnes, la plupart appartenant à Jamaa Al Adl Wal Ihssane, ont été interpellées avant d’être relaxées. http://www.aujourdhui.ma/couverture-details81456.html
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Pourquoi les jeunes du 20 février veulent manifester le 20 mars
A quelques jours seulement du 20 mars, le mouvement des jeunes du 20 février a explicité, dans un document en arabe dialectal, contenant 17 points, les raisons qui motivent l’organisation d’une marche dimanche prochain. «Nous allons manifester ce jour-là parce qu’il y a un problème d’emploi. Dans ce pays, tout le monde est au chômage, ceux qui ont un diplôme et ceux qui ne l’ont pas. Les gens travaillent chaque jour durant 12 heures avec un salaire médiocre. Les hôpitaux et les écoles sont devenus payants en dépit du fait que les gens payent leurs impôts. Aussi, nous voulons manifester parce qu’il n’existe pas d’allocations de chômage», précise le mouvement du 20 février dans ce document rendu public lors de la conférence de presse au siège du PSU à Casablanca. «Parce que la corruption et le clientélisme persistent toujours, nous allons manifester le 20 mars. Aussi, les 3500 kilomètres de littoral, Maroc Telecom, les terres agricoles fertiles, les sources d’eau ont été tous cédés sans nous consulter au préalable. Pire encore, l’opération de vente se poursuit toujours. Les prix d’acquisition des logements flambent et les salaires stagnent alors que les prix sont en hausse. Nous et nos enfants payons des crédits dont on n’a pas profité», indique la même source. Et d’ajouter que «les manifestations du 20 mars s’expliquent aussi par le fait que les biens publics sont détournés et sont renvoyés vers les banques à l’étranger». En plus de ces motifs d’ordre socio-économique, le mouvement du 20 février a mis également des motifs d’ordre politique. «Plusieurs militants sont détenus parce qu’ils militent pour un Maroc meilleur. Ceux qui militent pour faire valoir leurs droits passent à tabac et sont réprimés. Dans ce pays, la «hogra» et l’injustice dominent toujours et nous ne pouvons pas dire ce qu’on veut. Aussi, la justice reste dominée par le clientélisme et les richards», souligne le document. «Nous voulons que l’exercice de toute responsabilité soit lié à l’impératif de reddition de comptes, comme nous voulons mettre fin à l’impunité. Nous revendiquons une Constitution démocratique appartenant au peuple. Parce que nous aimons ce pays et que nous voulons que les générations futures vivent dans de meilleures conditions, nous allons manifester ce jour-là», note le document du mouvement du 20 février. La même source précise, en dernier lieu, que les jeunes se donnent rendez-vous, dimanche 20 mars à 10 heures du matin, à la Place Annasr à Derb Omar, à Casablanca pour faire entendre leurs revendications.
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| Le 17-03-2011 à 09:07 |
| Par : Amine Harmach |
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Selon le porte-parole du gouvernement François Baroin, des frappes aériennes auront lieu "dans quelques heures".
18/03/2011 08:39
Paris participera aux opérations militaires en Libye
Le Point.fr - Publié le 18/03/2011 à 08:06 - Modifié le 18/03/2011 à 08:41
Selon le porte-parole du gouvernement François Baroin, des frappes aériennes auront lieu "dans quelques heures".
Des Libyens scrutent le ciel près d'Ajdabiya. © Roberto Schmidt / AFP
Le Point.fr
Les frappes militaires contre la Libye après la résolution de l'ONU interviendront "rapidement", "dans quelques heures", et les Français y "participeront", a déclaré vendredi matin sur RTL le porte-parole du gouvernement François Baroin. "Les frappes auront lieu rapidement", a déclaré François Baroin, disant ne pas vouloir préciser pour l'instant exactement "quand, comment, sur quelles cibles, sous quelles formes".
Cette intervention militaire "n'est pas une occupation du territoire libyen", mais "un dispositif de nature militaire pour protéger le peuple libyen et lui permettre d'aller jusqu'au bout de son souffle de liberté, et donc de la chute du régime Kadhafi", a-t-il indiqué. "Les Français qui étaient aux avant-postes de cette demande (d'intervention) seront naturellement cohérents avec l'intervention militaire, donc ils participeront", a-t-il ajouté. "Ce qui s'est passé cette nuit (avec la résolution de l'ONU) est une étape très importante dans cette gestion de la guerre en Libye, du massacre par Kadhafi de son peuple, et il faut reconnaître le rôle puissant joué par le président de la République Nicolas Sarkozy et par la France", a-t-il souligné.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a voté jeudi soir une résolution approuvant le recours à la force contre le régime libyen du colonel Muammar Kadhafi.
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Bernard-Henri Lévy: Ceci n’est pas un reportage.S’il lui arrive de se piquer de journalisme...
18/03/2011 08:34
Bernard-Henri Lévy, homme de parti-pris et engagé, ne laisse pas indifférent. S’il lui arrive de se piquer de journalisme, il n’entend pas être un « journaliste ordinaire ». Il se veut enquêteur et grand reporter. Il revendique pour l’article, Dans la Libye libérée, publié dans le Journal du Dimanche, du 6 mars 2011, le qualificatif de « reportage ». Mais est-ce le cas?
Le Journal du Dimanche du 6 mars 2011 a publié sous la rubrique grand reportage, un article signé Bernard-Henri Lévy titré Dans la Libye libérée. Ce texte fait partie d’un ensemble de 6 pages consacré aux événements qui se déroulent en Libye. Il comprend deux pages et demi d’une interview « exclusive » (1) de Muammar Kadhafi, recueillie par un des envoyés spéciaux du journal, Laurent Valdiguié. Ce dossier comprend aussi deux articles de synthèse, l’un sur la situation dans le pays (Massacre à Zawiya, ville martyre) et l’autre sur les réactions diplomatiques (Attentisme à la Maison-Blanche et à l’Onu). Un traitement donc assez complet.
Dans le Parisien Dimanche de la semaine suivante (daté du dimanche 13 mars 2011), Bernard-Henri Lévy, interviewé par Frédéric Gerschel, revient sur son travail:
« Je suis quelqu’un qui ne fait pas les choses à moitié. Je vais sur le terrain. Je rapporte un reportage sur les horreurs d’une guerre où on envoie des populations désarmées ».
Et effectivement, il va sur le terrain. Mais pourquoi y va-t-il et que rapporte en terme d’informations ce « reporter de guerre » ?
La double page, du grand reportage de Bernard-Henri Lévy, telle qu’elle est publiée dans le JDD, est atypique, d’abord par sa mise en page (voir ci-dessous)
Le Journal du Dimanche du 6 mars 2011
Première surprise: l’iconographie.
Sur la page de gauche, une photo de Bernard-Henri Lévy souriant serrant la main d’un rebelle enveloppé dans le drapeau « révolutionnaire » libyen.
Dans ce dispositif scénique, Bernard-Henri Lévy est au premier plan, surplombant légèrement son interlocuteur. L’absence de légendage (2) renforce encore cet effet. Le lecteur ignore qui est l’interlocuteur de BHL, le lieu et la date à laquelle a été prise la photo. En raison de ce flou, il est le seul personnage clairement identifiable, ce qui renforce la personnalisation de l’image.
Cette « photo » est détourée pour s’imbriquer dans le texte, si cela n’avait pas été le cas, elle occuperait les deux-tiers de la surface de la page, sans doute pour respecter un principe de maquette: la règle des deux-tiers / un tiers.
Sur la page de droite, le JDD publie deux autres photos, l’une montre [d'après la légende] « les ruines d’un dépôt de munitions situé à Benghazi et l’autre Bernard-Henri Lévy, posant hiératique, costume de ville sombre, au milieu de personnages, dont certains —lesquels?— seraient [en se fiant à la légende] des « mercenaires de Kadhafi en fuite, mêlés à des réfugiés ».
Le sens de cette iconographie est donc limpide: le sujet n’est pas la Libye, mais Bernard-Henri Lévy.
Il ne s’agit pas d’un reportage mais d’une quête
Maintenant, le texte. Il est rédigé selon un procédé narratif classique —avec l’emploi du « Je »— qui est foncièrement subjectif. L’écriture est donc « raccord » avec l’iconographie. Elle l’est d’autant plus que Bernard-Henri Lévy se fait le personnage —et acteur— principal de son reportage.
« Reportage », il faut immédiatement mettre des guillemets, car dès la première phrase, il nous précise ce qu’il est venu chercher la réponse à une seule question : « Que pouvons-nous faire pour la jeune révolution lybienne? » Il s’agit donc d’une quête et non d’un reportage, ce travail de terrain où le journaliste est un « témoin direct », où il « se laissera impressionner comme une plaque photographique. (…) Le reporter, c’est un œil, un nez, une oreille branchés sur un stylo », comme l’explique Jean-Luc Martin-Lagardette dans son Guide de l’écriture journalistique. (3)
Il ne s’agit pas non plus avec l’emploi de ce « Je », de pratiquer cette forme d’échanges, que décrit Myriam Boucharenc à propos des écrivains-reporters des années 1930:
Voir, c’est aussi être vu par l’autre. Segalen avait admirablement mis en valeur le décentrement du regard qui permet de se « voir vu », en quoi consiste selon lui la véritable expérience exotique. « Je le regardai avec effarement », note Albert Londres à propos d’un bagnard et aussitôt il ajoute: « Il me regarda avec commisération et lui se demanda d’où je sortais ». L’auteur s’emploie à restituer, en même temps que sa vision des lieux visités, la manière dont les indigènes le voient, lui ou le pays d’où il vient. En faisant ainsi se croiser les points de vue, l’enquête introduit à la relativité des vérités et des jugements, dans la tradition du conte philosophique ». (4)
À l’évidence, Bernard-Henri Lévy n’est pas, sur ce point là non plus, l’héritier des Blaise Cendrars, Pierre Mac Orlan et autres Andrée Viollis. Il fonctionne à sens unique.
Le texte contient peu d’informations précises
Peu de choses vues dans le texte: une poignée de dessins dans une école, une scène de bataille « reconstituée » par « deux paysans », une rencontre avec des membres du Conseil national de transition, quelques témoignages… et au final, bien peu d’informations.
L’auteur au lieu de s’attacher à vérifier, compléter et préciser ses informations, se contente de lancer quelques formules vagues, comme celle concernant une tentative de bombardement des « terminaux de Braygah, à 100 kilomètres de Benghazi ». Elle eut lieu « pendant notre séjour », écrit-il. Quand précisément? Combien d’avions concernés? Quels dégâts éventuels? Le lecteur n’en saura rien. Pas plus qu’il n’aura d’informations précises sur « le mitraillage en piqué de foules de civils manifestants pacifiquement dans les rues de Tripoli ou d’ailleurs ». Quant a eu lieu ce mitraillage ? Où se situe cet « ailleurs »? [il récidive dans la même imprécision dans son interview au Parisien Dimanche où il parle de nouveau de "ces horreurs d'une guerre où on envoie des avions mitrailler des populations désarmées"].
Il ne s’agit pas de faire de la « critique facile », mais de rappeler que le journalisme est aussi un travail ingrat, difficile [et très dangereux dans le cas de la Libye] de collecte et de recoupement des informations. Un travail nécessaire pour que le lecteur comprenne ce qui se passe sur ce fameux « terrain ».
« Des merveilles d’imagination drolatique »
Mieux. Lorsqu’une information est de notoriété publique (5), comme la présence de Daniel Rondeau, ambassadeur de France à Malte, aux côtés d’Henri Guaino, pendant les vacances de Noël de ce dernier dans le Tripoli de Kadhafi, BHL annonce dans les colonnes du JDD qu’il n’a pas pu l’identifier. Il est vrai que Daniel Rondeau et Bernard-Henri Lévy ont un très vieux compagnonnage intellectuel et politique (notamment à propos de la Bosnie). Une omission révélatrice.
Autre épisode où le manque de précision (voire d’information tout court) est gênant. Il écrit qu’il a rencontré des membres du Conseil national de transition. Mais comment est organisé ce Conseil, qui représente-t-il, qui y siège, etc. ? Autant de questions qui n’auront pas de réponse, car l’important pour BHL est ailleurs. Il tient dans le fait que les membres de ce Conseil « m’ont fait l’honneur d’assister à l’un de leurs conseils et d’y prendre la parole ». Que s’est-il dit ? Quel(s) a(ont) été le(s) sujet(s) abordé(s) ? Là encore, le lecteur du JDD n’en saura rien. Il apprendra par la suite—s’il lit le Parisien Dimanche de la semaine suivante— que BHL a appelé Nicolas Sarkozy, à ce sujet.
Mais l’un des problèmes soulevés par cet article tient au parti-pris de l’auteur. Ce n’est pas tant l’engagement qu’il s’agit de remettre en cause que le traitement qu’il fait subir aux maigres informations qu’il recueille. Faut-il au nom d’une cause que l’on croit juste écrire ceci:
Ali Fadil, vieux professeur de physique-chimie qui expose dans son école désaffectée, des dessins de jeunes gens où l’on voit Kadhafi affublé de moustaches grotesques; Kadhafi grimé en Sa majesté des rats; Kadhafi en femme fardée et botoxée; Kadhafi nu, les mains cachant son sexe, en train de fuir une foule insolente et joyeuse; la tête de Kadhafi en train de se noyer dans une mer de sang, etc. Merveille d’imagination drolatique et d’invention populaire; la révolution donne du talent… [souligné par moi]
Au moment d’écrire ce passage, il aurait dû se souvenir du conseil que reçoit tout journaliste débutant: « Contente-toi de raconter les faits, soit précis. N’en rajoute pas. Ne fait pas de commentaires, ils affaiblissent ton propos ».
Il est vrai que ce texte a un rapport très lointain avec le journalisme et que son objet est tout autre. Le problème ne vient de son contenu, il aurait tout à fait sa place dans des pages « opinions » ou « débats », mais du statut que le Journal du Dimanche lui a donné en le propulsant dans la rubrique « grand reportage ». Il offre ainsi un label de « bon journalisme » à cet article qu’il est très loin de mériter et montre que la loi de Gresham, « la mauvaise monnaie chasse la bonne », ne s’applique pas qu’à l’économie, mais aussi à l’information.
Notes
- Je ne reviens pas ici sur la polémique qui a accompagné la manière dont cette interview a été obtenue, et qui a provoqué un début de polémique, en particulier au sein du journal. Plus de détails ici. Olivier Jay, le Directeur de la rédaction, a publié une mise au point dans le numéro du 13 mars, précisant que « Notre envoyé spécial a posé librement et sans complaisance ses questions. Les réponses n’ont fait l’objet d’aucune relecture. Cette interview ni people, ni trash, a été obtenue sans contrepartie. »
- En fait, la légende de cette photo existe, mais sur le site de Bernard-Henri Lévy, où l’article du JDD est repris: « Benghazi. Avec un représentant du Comité Jeunesse de défense de la ville. Le 4 mars 2011. »
- Le Guide de l’écriture journalistique (7e édition), par Jean-Luc Martin-Lagardette, La Découverte, Paris, 2009, pp 112-113.
- L’Écrivain-reporter au cœur des années trente, par Myriam Boucharenc, Presses Universitaires du Septentrion, Villeneuve d’Ascq (59), 2004, p. 141.
- Il suffit de lire l’interview qu’a accordé Henri Guaino aux Inrocks, et publiée sur le site le 28 février 2011. Ce dernier y cite nommément Daniel Rondeau.
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Tagged with Bernard-Henri Lévy, Journal du Dimanche, journalisme.
http://www.themediatrend.com/wordpress/?p=4134
By Marc Mentre – 13 mars 2011
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Du Bahreïn à la Libye, la contre-révolution ?Aucune évocation des arrestations de responsables politiques, des morts, ni, bien sûr, de l’intervention saoudienne.
18/03/2011 08:32
Du Bahreïn à la Libye, la contre-révolution ?
jeudi 17 mars 2011, par Alain Gresh
L’entrée de troupes saoudiennes et émiraties au Bahreïn, sous l’égide du Conseil de coopération du Golfe et à l’appel du roi, la proclamation de l’état d’urgence, l’arrestation de nombre d’opposants, marquent une étape dans la crise qui secoue la petite île depuis plusieurs semaines. D’autre part, l’offensive des troupes fidèles au colonel Mouammar Kadhafi se poursuit. Même si la propagande du régime ne peut être prise au pied de la lettre (plusieurs villes dont Kadhafi a annoncé la chute restent aux mains des rebelles), il est évident que le pouvoir a reconquis certaines villes. Cette double offensive marque-t-elle un tournant dans les révoltes arabes nées depuis la chute de la dictature tunisienne ?
Il faut rappeler les ingrédients de cette révolte arabe, similaires dans chaque pays : des pouvoirs autoritaires pour lesquels les citoyens ne sont rien que des pions ; de pseudo-réformes économiques libérales qui ont aggravé la pauvreté et les inégalités, permis la constitution d’immenses fortunes et le pillage du pays ; l’arrivée des classes d’âge les plus nombreuses à l’âge adulte, ces jeunes étant souvent mieux formés que leurs aînés mais ne trouvant pas de travail à la hauteur de leurs espérances.
A partir du moment où le peuple tunisien a fait la démonstration que l’on pouvait renverser un dictateur, le mouvement s’est étendu et a touché tous les pays, sans exception. Les mesures habituelles prises pour calmer la population (concessions économiques, promesses de réforme ou répression) n’en sont pas venues à bout – au contraire. D’autant que la chaîne de télévision Al-Jazira a créé une scène médiatique arabe unifiée et qu’Internet a renforcé la solidarité entre les différents groupes, notamment ceux des jeunes, qui se sont mobilisés.
Ce qui a disparu dans le monde arabe, c’est la peur. Et, quels que soient les aléas du mouvement – et il est évident qu’il y aura des avancées et des reculs –, ce qui s’est passé est maintenant irréversible.
Néanmoins, la situation de chaque pays est différente, son histoire et son système politique aussi. Il existe parfois une dimension confessionnelle (et éventuellement nationale), avec les divisions, plus ou moins instrumentalisées, entre chiites et sunnites, entre Arabes et Kurdes, etc., qui peuvent peser sur l’avenir.
C’est le cas notamment à Bahreïn, dont la majorité de la population est chiite, mais où la dynastie régnante sunnite s’appuie sur une fraction non négligeable de la population (30%). Le roi a réussi à faire descendre dans la rue des dizaines de milliers de ses partisans, ce que n’ont pu faire les pouvoirs tunisien et égyptien.
Une autre dimension tient à la relation entre Bahreïn et l’Iran. A plusieurs reprises, Téhéran a pu revendiquer ce territoire et il existe la peur dans les monarchies arabes du Golfe qu’un changement au Bahreïn se fasse au bénéfice de la République islamique. Cela explique la décision avant tout saoudienne d’envoyer des troupes dans l’émirat, ce qui n’est pas sans rappeler des exemples historiques, comme le note Olivier Da Lage sur son blog le 14 mars, sous le titre « Sous les réformes annoncées, la répression est à l’œuvre et c’est l’Arabie saoudite qui est à la manœuvre » : « Telles les armées du Pacte de Varsovie envahissant en août 1968 la Tchécoslovaquie pour mettre fin au Printemps de Prague au nom de la fraternelle solidarité du camp socialiste face aux menées contre-révolutionnaires encouragées par les impérialistes, on voit aujourd’hui les forces d’Arabie Saoudite, des Emirats arabes unis – à l’heure où j’écris ces lignes, il n’est pas question du Koweït ni du Qatar – traverser les 25 kilomètres de bras de mer séparant Bahreïn de la terre ferme pour mettre en œuvre la “doctrine Abdallah de souveraineté limitée” au sein des monarchies du Golfe. »
Cette décision a été prise par une famille royale dont les membres influents ont plus de 75 ans et qui s’inquiète aussi de l’évolution au Yémen. Elle n’arrive pas à comprendre les changements qui se produisent dans le monde arabe, y compris en Arabie. Cette invasion a nombreuses dimensions inquiétantes.
D’abord, l’arrivée de soldats saoudiens, pour l’essentiel sunnites, et qui professent un profond mépris pour les chiites, va aviver les divisions chiites/sunnites (une partie des sunnites bahreïnis s’étaient ralliés au mouvement demandant des réformes démocratiques), et pas seulement au Bahreïn. La province est de l’Arabie, principale zone de production pétrolière, reliée au Bahreïn par un pont, risque de connaître des troubles, d’autant que la population y est soumise à nombre de discriminations.
Plus largement, les clivages entre sunnites et chiites, déjà profonds au Liban et en Irak, risquent de s’approfondir et de détourner les révoltes arabes de leur but : instaurer des régimes démocratiques et représentatifs.
L’ampleur de la répression et l’usage de la force contre des manifestants pacifiques à Bahreïn apparaissent dans un rapport que publie Amnesty International le 17 mars, « Evidence of Bahraini Security Forces’ Brutality Revealed »). Un texte en français, plus court, a été publié le 15 mars : « Condamnation de la violente répression à Bahreïn ».
Cette répression s’est évidemment renforcée durant les dernières heures, notamment avec l’arrestation de plusieurs membres de l’opposition. La prise de contrôle d’hôpitaux par les forces de l’ordre a suscité une protestation de Navi Pillay, haut-commissaire des Nations unies pour les droits humains (« U.N. rights boss urges Bahrain to rein in forces », Reuters, 17 mars).
D’autre part, un certain nombre de responsables chiites (ministres, juges, etc.) ont démissionné.
Face à ces événements, il faut noter la « prudence » des médias occidentaux (mais aussi d’Al-Jazira) et de tous ceux qui appellent par ailleurs à une intervention militaire en Libye. Si l’Iran a fermement condamné et rappelé son ambassadeur à Doha, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton a déclaré (« Remarks to the Traveling Press », Le Caire, 16 mars) : « Ce qui se passe à Bahreïn est inquiétant et détourne malheureusement l’attention et les efforts des problèmes politiques et économiques, dont la résolution est la seule manière d’avancer pour résoudre les différences des Bahreïnis. Nous avons expliqué cela de manière claire et à plusieurs reprises. Nous avons déploré l’usage de la force. Nous avons dit non seulement aux Bahreïnis, mais aussi à nos partenaires du Golfe que la sécurité n’était pas réponse à ce qui se passait. » Malgré ces réserves, Washington n’est pas disposé à trop se fâcher avec ses alliés (Craig Whitlock, « White House appears reluctant to take hard line with Arab monarchies », The Washington Post, 17 mars 2011.)
En Libye, la situation n’arrête pas de se détériorer alors que, depuis la résolution prise par le Conseil de sécurité imposant un certain nombre de sanctions contre le colonel Kadhafi, le 26 février, les divisions au sein des Nations unies, de la Ligue arabe et de l’Union africaine persistent.
Pour comprendre la prudence de l’Afrique, il faut lire l’article publié par le New York Times du 15 mars, « Libyan Oil Buys Allies for Qaddafi ». Il démontre que le colonel, par son aide à de nombreux projets, par sa vision d’une union africaine, jouit d’un certain prestige, y compris dans les populations et que certains sont prêts à s’engager pour lui, non pas pour de l’argent, mais par conviction ! On peut certes le regretter, mais c’est ainsi...
En revanche, les gouvernements arabes ont suspendu la Libye de la Ligue arabe : une première. Ils ont même appelé – à l’exception de l’Algérie et de la Syrie – à l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne. Le Conseil de sécurité discute ce 17 mars de ce projet, la France et le Royaume-Uni y étant les plus favorables.
Faut-il intervenir en Libye ? Si l’on met à part les pitreries de Bernard-Henri Lévy toujours prompt à prôner des expéditions militaires (surtout quand il se retrouve sur la tourelle d’un char israélien pour regarder l’écrasement de Gaza), la question est légitime. Les exemples récents dans l’histoire peuvent éclairer les difficultés.
Ainsi, en 1979, le Vietnam est intervenu au Cambodge pour renverser le régime des Khmers rouges. Cette action militaire n’a pas obtenu l’aval de l’ONU (qui a conservé pendant des années le siège du Cambodge aux Khmers rouges !). Elle a pourtant mis un terme au génocide perpétré par le pouvoir et on ne peut que s’en réjouir.
En 2003, les Etats-Unis sont intervenus en Irak contre l’un des plus brutaux dictateurs du Proche-Orient. Les raisons évoquées (armes de destruction massive) étaient fausses, mais le régime était tombé, ce qui ne pouvait que satisfaire la majorité de la population. Pourtant, huit ans plus tard, qui peut soutenir qu’une telle invasion, qui n’avait pas été acceptée par les Nations unies, a été bénéfique au peuple irakien ?
Il ne fait aucun doute que le régime libyen est profondément impopulaire et ne dispose d’aucune base de masse. Bien sûr, c’est une appréciation en partie subjective, mais elle résulte d’une lecture attentive de ce qui s’écrit, y compris à partir de Tripoli, et d’un suivi des transmissions par les télévisions des images du terrain.
Si une intervention occidentale est hors de propos et serait contre-productive, ne faudrait-il pas que la Ligue arabe, et en premier lieu l’Egypte, ouvre ses frontières à des armements qui permettraient aux rebelles de combattre ? D’autant plus que leur résistance avec des armes légères se poursuit, malgré les déclarations triomphantes du régime libyen.
Il est parallèlement nécessaire de condamner avec force l’intervention des pays du Golfe, et en premier lieu de l’Arabie saoudite, au Bahreïn : l’arrestation d’opposants, la violente répression, le déploiement de troupes étrangères, ne peuvent que compromettre toute solution politique. Et ces recours à la violence sont un encouragement aux autres dirigeants du monde arabe (Yémen notamment) à suivre ce chemin.
Comme exemple de double langage de la France, il faut citer les déclarations du porte-parole du Quai d’Orsay, le 17 mars (PDF) sur la Syrie et sur le Bahreïn :
Sur le premier pays, il déclare :
« La France condamne les violences contre les manifestants et les arrestations qui ont suivi cette manifestation. La France appelle les autorités syriennes à libérer toutes les personnes détenues pour avoir participé à des manifestations, ou en raison de leurs opinions ou de leurs actions en faveur de la défense des droits de l’Homme. La France appelle la Syrie à mettre en œuvre les engagements internationaux auxquels elle a souscrit en matière de droits de l’Homme notamment s’agissant de la liberté d’opinion et d’expression. La liberté d’expression et d’opinion et le droit à la liberté de réunion pacifique sont notamment consacrés par la Déclaration Universelle des droits de l’Homme. »
Sur le Bahreïn :
« Nous rappelons l’importance de respecter la liberté de manifester pacifiquement et la nécessité de ne pas recourir à un usage excessif de la force. Plus que jamais, le dialogue nous parait nécessaire pour restaurer durablement la confiance et répondre aux attentes qui se sont exprimées. Nous souhaitons que ce dialogue puisse rapidement s’engager et que toutes les parties y contribuent de manière responsable et constructive. »
Aucune évocation des arrestations de responsables politiques, des morts, ni, bien sûr, de l’intervention saoudienne.
http://blog.mondediplo.net/2011-03-17-Du-Bahrein-a-la-Libye-la-contre-revolution
Université populaire
Je suis en train de mettre sur pied une université populaire autour des thèmes abordés sur ce blog. Un certain nombre d’entre vous qui ont contribué au forum de discussion ont déjà été sollicités. Si vous êtes intéressés, vous pouvez écrire à cette adresse : iremmo.up@gmail.com pour obtenir les renseignements nécessaires. Les formations de cette université populaire débuteront en septembre prochain, à Paris. Mais nous consacrerons dès les 13 et 14 mai quatre séances aux « révoltes arabes ».
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Yvan :
A inscrire à l’actif de M. Lévy, la "kouchnerisation" de Juppé.
Le philosophe romano-reporter en traitant directement avec le Président de la République des questions de la politique française, à mis en évidence pour qui ne l’aurait pas remarqué, que le Ministre qui a son bureau au quai d’Orsay en qu’on a vu récemment comploter avec les révolutionnaires égyptiens, est comme ses prédécesseurs, un simple locataire.
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qlq1 :
Une chose est sure ,les dictateurs arabes ont compris que pour écraser les manifestations de leur peuples,il faut envoyer des chars pas des chameaux..
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Lou :
Merci pour cet article monsieur Gresh, pouvez-vous m’éclairer ?
La province est de l’Arabie, principale zone de production pétrolière, reliée au Bahreïn par un pont, risque de connaître des troubles, d’autant que la population y est soumise à nombre de discriminations.
"risque de connaître des troubles," de la part de qui et pourquoi ? Est-ce parce que la population professe le chiisme ?
la pratique est tolérée dans la province orientale d’ach-Charqiya, et notamment dans la ville de Qatif.
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commissaire maigros :
la contre révolution c’est d’abord ce verou d’un islameuropéen donné pour représentatif d’un monde musulman sans alternative , d’autant plus carressé par les penseurs qui ont trouvé dans ce copinage contre nature l’illusion d’une action perimondialisée ; la contre révolution ? nul besoin de se pencher beaucoup pour en saisir les contacts les plus insidieux , les plus cupides , les affects les plus passéistes : attention la contre revolution peut partir de chez vous , elle y est si bien installée ....mais comment s’en débarasser ...
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Yvan :
Alors que ce matin encore Kadhafi annonçait sa victoire contre les "terroristes", il est subitement tombé dans le camp terroriste, en menaçant le monde de représailles.
C’était l’erreur qu’attendaient les nations Unis pour justifier une intervention.
Crise libyenne : Kadhafi menace les avions occidentaux
La menace est terrifiante. Alors que le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit ce jeudi soir pour voter un projet de résolution prévoyant des mesures militaires en Libye de protection des civils, Tripoli se dit prêt à s’attaquer à des avions et des bateaux à la fois civils et militaires en Méditerranée. C’est ce qu’aurait indiqué le ministère libyen de la Défense selon l’AFP citant l’agence officielle Jana.
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Yann :
Merci pour votre article, M. Gresh.
Mais, à mon avis, le pouvoir égyptien, qui reste pour l’instant entre les mains de l’armée, n’a aucun intérêt à aider les révolutionnaires libyens.
L’armée égyptienne, dirigée par Tantawi, aux ordres des Etats-Unis, ne peut agir que pour l’empire.
Rami Zurayk (The limits to the revolution, 15/03/2011) :
Why can’t Arab countries intervene in support of the rebels in Libya ? Well for one, both Tunisia to the west and Egypt to the east are still operating with the ancient regime mentality, as the revolutions have not yet been completed. Two, they won’t be allowed by the Empire and its European acolytes. In this case, how to oppose the plans of the Empire ? I can’t help thinking of the International Brigades in the Spanish civil war.
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Lou :
Libye/ONU : Paris et ses partenaires prêts à agir dès la résolution
Alors qu’on lui demandait à la porte du Conseil si Paris entendait participer à des frappes aériennes en Libye, M. Juppé a assuré que "la France est disponible avec d’autres pour mettre en oeuvre la résolution du Conseil de sécurité, y compris dans ce domaine".
"J’espère que dans quelques heures, le Conseil de sécurité va adopter la résolution que nous avons préparée avec nos alliés, spécialement les délégations britanniques et libanaises", a ajouté le ministre, venu à New York pour tenter d’obtenir le vote d’un texte autorisant "tous les moyens nécessaires", hormis une occupation, pour enrayer l’avance des troupes fidèles au colonel Kadhafi.
¿¿¿délégations libanaises ???
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Stolypine :
Dans les interventions militaires cités, il y en a deux qui auraient mérité d’être cité, à Kolwezi et la Bosnie. Dans le premier cas, l’intervantion rapide a permis une sortie heureuse de la crise en épargnant un grand nombre de vies humaines. Dans le second, il a fallu malheureusement attendre trois longues années avant de pouvoir intervenir, laissant les polpulations à la merci de milices sanguinaires, lorsqu’enfin l’intervention fut décidé, la crise fut stoppé et la paix signé.
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Caius Gracchus :
on ne peut pas dire que les dictateur arabes soutiennent Kadhafi ! au contraire ils appellent à l’intervention contre lui... ils sont donc pour la victoire des insurgés, ou du moins leur non défaite, quand les mêmes interviennent au Bahreïn contre les manifestant. Donc ils penent que le meilleur moyen de préserver leur emprise c’est bien d’aider les "révolutionnaires" Libyens, pas le contraire !
En tout cas en ce qui nousconcerne, il semble qu’on va repartir comme en 56 !
Bon 100ième anniversaire de l’invasion italienne en Libye !
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K. :
Maintenant que la résolution a été adoptée, reste à voir si des pays arabes vont participer à l’intervention militaire, sachant que l’Egypte s’y refuse
Pour la petite histoire, le par ailleurs excellent Immanuel Wallerstein s’est complètement gourré dans ses prévisions :
...there is not going to be any significant military involvement of the western world in Libya. The public statements are all huff and puff, designed to impress local opinion at home. There will be no Security Council resolution because Russia and China won’t go along. There will be no NATO resolution because Germany and some others won’t go along. Even Sarkozy’s militant anti-Qaddafi stance is meeting resistance within France.
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Yann :
Contre-révolution
Glenn Greenwald :
(...) our conduct in the Middle East isn’t driven by humanitarian objectives no matter how manipulatively that flag is waved. It’s driven by a desire to advance our perceived interests regardless of humanitarian outcomes, and exactly the same would be true for any intervention in Libya. Even if we were capable of fostering humanitarian outcomes in that nation — and that’s highly doubtful — that wouldn’t be our mission.
Il y a quelques jours, ne pensant pas que la résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies serait votée, j’avais dit que demander au Conseil de sécurité d’intervenir était "de la com". Je m’étais gravement trompé.
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Lou :
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Orangerouge :
La résolution ouvre un champ d’intervention large :
La résolution adoptée par le Conseil autorise "toutes les mesures nécessaires" pour protéger les civils et imposer un cessez-le-feu à l’armée libyenne.
http://www.20minutes.fr/ledirect/68...
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K. :
On emploiera donc, outre la zone d’exclusion proprement dite, "toutes les mesures nécessaires" pour protéger les civils, mais on "exclue une force d’occupation."
Le Qatar et les Emirats arabes unis seraient les pays arabes qui répondraient à l’appel des Etats-Unis.
En espérant très fort que cela ne conduise pas à un autre Irak.
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Orangerouge :
Yann, l’intérêt bien compris des européens n’est pas d’avoir une longue guerre civile à leurs portes : cela laisse le champs libre à des mouvements qui peuvent être violemment anti-occidentaux. Evidemment cela n’est juste que si l’intervention qui va se faire ne se traduit pas par un chaos épouvantable.
Kadhafi risque d’être retors. Il faut espérer que la décision d’intervention augmente les défections autour de lui.
Si l’intervention réussi, les européens peuvent espérer améliorer leur image, et faire oublier combien d’armes ils ont vendu aux dictateurs.
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K. :
Déja vu : Les “Arabes” doivent passer à la caisse pour financer l’intervention militaire :
Burns said the U.S. sought the partnership with Arabs "both in measures that would be taken and also in the financial support for them."
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Aux frontières tuniso-libyennes:Risque de débordements violents dans les camps des réfugiés
18/03/2011 08:28
Aux frontières tuniso-libyennes
Risque de débordements violents dans les camps des réfugiés
le 18.03.11 | 01h00 Réagissez
Ghanéen attendant le bus vers Djerba au camp de Choucha.
Ghanéen attendant le bus vers Djerba au camp de Choucha.
La journée était calme hier au poste-frontière tuniso-libyen, mais très tendue au camp des réfugiés à Benguerdane. Des groupes de Somaliens ont marché entre les tentes pour protester contre les conditions de vie «inhumaines», alors que des rixes entre Africains ont failli tourner au vinaigre, n’était l’intervention des militaires…
De notre envoyée
Ras Jdir (frontière tuniso-libyenne)
Le flux de Ghanéens, Maliens et Nigérians s’est amplifié durant la nuit de mardi à mercredi, au poste-frontière tuniso-libyen de Ras Jdir. Avec eux, de nombreux Egyptiens et Soudanais, qui vivaient notamment à Zouara, ville située à 40km de la frontière. Les bruits assourdissants de bombardements intermittents suivis de rafales interminables n’ont pas cessé. La situation est présentée comme chaotique par les réfugiés. «C’est l’horreur. Nous n’avons pas dormi toute la nuit. Notre maison a été touchée et nous n’avons eu la vie sauve qu’en nous jetant par la fenêtre dans le vide. Ma fille a eu une entorse et mon garçon était paralysé par la peur. Il ne faisait que pleurer. Nous n’avons rien emporté. Nous avons laissé une vie de 15 ans de labeur. Toutes nos économies, tous nos biens sont là-bas. Nous n’avons rien en Egypte. Je ne sais pas comment nous allons vivre. Nos enfants ont abandonné l’école», raconte une femme égyptienne, qui vient de rentrer avec son époux et ses deux enfants.
Elle n’a rien, à part deux cartables, une poupée et un petit nounours. Elle éclate en sanglots, essuie ses larmes puis reprend : «Nous ne savons même pas si, effectivement, il y avait des opposants dans notre quartier ou non. La situation était calme avant que les chars ne commencent à bombarder tous les quartiers. Tout est détruit, les maisons, les mosquées, les bâtiments, rien n’a été laissé. J’ai vu par la fenêtre des enfants qui criaient et couraient dans tous les sens et j’entends encore leurs cris dans mes oreilles.». Une Malienne enchaîne avec une voix entrecoupée de pleurs : «J’ai laissé tous mes biens dans ma maison. Des hommes armés sont entrés chez moi et m’ont demandé de partir. Je ne sais pas pourquoi. Je me sentais en sécurité à Zouara. La ville était épargnée. C’est vrai que, ces derniers temps, il y avait de l’agression dans les propos des gens à l’égard des Africains, mais je ne pensais pas que la situation allait se détériorer à ce point. Sur la route, les militaires m’ont dépouillée des rares effets personnels que je portais sur moi. Je n’ai plus rien. Je suis détruite.».
Un groupe de Bengalis arrive, composé d’une dizaine de personnes, visiblement épuisées, il se dirige vers les bus. L’un d’eux raconte : «Je suis fini. Je travaille depuis des années pour faire vivre mes 5 frères et sœurs, et je leur envoie chaque mois de l’argent. Maintenant, je n’ai plus rien. Ils m’ont tout pris. Comment vais-je rentrer les mains vides ? J’ai honte de moi.» Les larmes aux yeux, il regarde une petite fille égyptienne, assise avec sa maman, et déclare : «Ma fille a son âge, lorsque je l’ai quittée, elle avait à peine deux ans. Elle doit avoir six ans maintenant. Avec quoi je vais la revoir…» Ses propos ne laissent personne insensible. Ils sont près de 3000 à avoir franchi la frontière mardi, alors qu’au camp de Benguerdane, presque 17 000 y ont passé la nuit. Sur les 4000 Bengalis programmés pour être rapatriés le soir, seulement 1500 sont partis. «Des pays ont promis de prendre en charge des vols, mais ils n’étaient pas encore prêts», explique un cadre de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). La situation se complique davantage. Entre les Bengalis et les Africains, le courant ne passe plus. A chaque fois, les militaires sont obligés d’intervenir, notamment dans les chaînes interminables où les bousculades et les disputes sont légion.
Rixes, bagarres, agressions et bousculades dans le camp
La soirée de musique organisée pour distraire les réfugiés s’est transformée en une bagarre générale. Alors que les Bengalis dansaient au rythme des chansons hindoues, une bagarre éclate entre un groupe d’Africains sous l’effet de l’alcool, ce qui provoque une grande bousculade. Il a fallu l’intervention musclée des militaires pour que l’ordre soit rétabli. La fête est gâchée et tous doivent réintégrer leurs tentes ce que bon nombre d’entre eux refusent. Ils préférèrent passer la nuit à la belle étoile. Le matin, la chaleur torride accentue les odeurs nauséabondes des tonnes de détritus, mais aussi des sanitaires qui rejettent les eaux usées dans la nature. Impossible de circuler sans porter un masque.
De nombreux enfants jouent entre les détritus. Parmi eux, deux Irakiens. «Nous habitions Zaouïa. Nous étions bien installés et intégrés. Cela fait plus de 10 ans que nous vivons en Libye. Mais la situation s’est sérieusement détériorée. Nous avons préféré tout quitter et c’était le conseil de nos amis libyens. Lorsque nous avons quitté la ville, elle était totalement contrôlée par l’armée. De nombreux quartiers étaient dévastés. Il y a eu beaucoup de morts parmi nos connaissances», déclare la mère. Un de ses proches fait état de nombreux morts dans les rues. «J’ai vu des corps de femmes, d’hommes et même d’enfants jonchant les rues de certains quartiers. Ils étaient très nombreux. Ils ont été enterrés dans des fosses communes. Je sais aussi que des blessés ont été achevés dans les hôpitaux. C’était horrible. Des scènes qui m’ont poussé à quitter le pays», souligne-t-il.
D’autres témoignages vont dans le même sens et font état du contrôle de la situation par El Gueddafi, surtout à l’ouest du pays. Hier matin, la cuisine mobile du Croissant-Rouge algérien (CRA) a été mise en fonction. Un problème de pompe l’avait paralysée durant deux semaines. Elle devra cuisiner 300 repas par heure, en attendant l’arrivée des deux autres, dans les prochains jours. La restauration pose toujours problème. Des chaînes longues de plusieurs centaines de mètres se forment dès le matin. Durant toute la journée, les réfugiés, marmites, assiettes ou jerricans à la main, vont et viennent dans le camp à la recherche d’un repas. Il suffit qu’un véhicule s’arrête pour qu’une grande foule de personnes se rue vers lui. Les militaires sont à chaque fois sollicités pour faire régner la discipline. Après les Bengalis et les Soudanais, c’est au tour des Somaliens de marcher pour protester contre la prise en charge qualifiée d’«humiliante».
Brandissant des pancartes, ils se déplacent en procession entre les tentes, en criant : «La paix est un droit.» Durant toute la matinée, ils n’ont pas cessé de tourner en rond. La colère est également exprimée par un groupe de jeunes Tunisiens de Benguerdane contre le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) mais également contre le Croissant-Rouge tunisien accusés de faire dans la ségrégation concernant le recrutement. «Nous voulons du travail. Nous n’acceptons pas que des étrangers viennent travailler tandis que nous sommes exclus», déclare un des organisateurs. Pendant près d’une heure, ils crient des slogans contre le chômage, avant qu’ils ne se dispersent dans le calme sous le regard des militaires. Jusqu’en fin de journée, rares sont les réfugiés qui franchissent la frontière. Peut-être à cause des bombardements des villes de Zouara et des nombreux barrages militaires libyens dressés tout au long de la route qui sépare Tripoli de la Tunisie. Les responsables de l’OIM s’attendent à ce que la tension reprenne la nuit, comme cela est fréquent depuis le début de cette semaine.
Salima Tlemçani
http://www.elwatan.com/weekend/magazine/geo/risque-de-debordements-violents-dans-les-camps-des-refugies-18-03-2011-116507_196.php
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L'ONU ,moins prompt pourtant à appliquer ses résolutions à Israël...Libye : les scénarios d'une intervention militaire
18/03/2011 08:27
Libye : les scénarios d'une intervention militaire
Une bombe lâchée par les avions du colonel Kadhafi sur les insurgés. Crédits photo: FP PHOTO/MARCO LONGARI.
Du simple brouillage des systèmes radars libyens au bombardement du bunker de Kadhafi, différents degrés sont envisageables.
La France, la Grande-Bretagne, les États-Unis et leurs alliés arabes devront choisir entre plusieurs scénarios pour leur opération militaire décidée contre la Libye. Brandie à la tribune de l'ONU par les diplomates, la «zone d'exclusion aérienne» semblait davantage destinée à éviter un veto russe ou chinois, en dissimulant, sous un vocable acceptable par tous, la réalité d'une intervention militaire.
En Bosnie, où elle fut imposée au début des années 1990 pour empêcher les Serbes de bombarder les populations civiles, elle n'a pas empêché le massacre de Srebrenica. En Irak, elle fut maintenue pendant douze ans sans infléchir d'un pouce la politique de Saddam Hussein. De toute façon, le temps d'imposer une «no fly zone» au-dessus de la Libye, les troupes de Kadhafi auront probablement déjà repris le contrôle des dernières zones rebelles.
Plus sérieusement, et parce que le projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU promet de protéger les civils «par tous les moyens», les alliés pourraient décider de lancer, dans les heures suivant ce vote, des frappes ciblées contre des intérêts stratégiques libyens. Des raids visant à détruire la défense antiaérienne de la Libye, les centres de commandement et les aéroports, afin de clouer les avions au sol.
La route de Rommel
Parallèlement, une guerre électronique pourrait être déclenchée pour neutraliser les systèmes radars libyens. Dans cette configuration, la France pourrait participer en faisant décoller ses chasseurs de la base aérienne de Solenzara, en Corse. Mais également en envoyant des avions radars Awacs. Une telle action militaire constituerait un signal fort, dont certains espèrent qu'il pourrait avoir un effet psychologique et provoquer une débandade dans l'entourage du Guide libyen. Mais rien n'est moins sûr.
Si le but de l'intervention est de faire tomber le régime, comme le suggèrent certains diplomates, les alliés pourraient également décider de s'attaquer aux chars et à l'infanterie libyenne en frappant dans le désert, le long de la route jadis empruntée par la 8e armée britannique et par le général allemand Rommel. «Un acte particulièrement intense, politiquement et militairement», prévient un officier général. Et qui risque en outre de ne pas suffire.
S'il s'attend à des frappes aériennes, le colonel Kadhafi ne manquera pas de disperser ses forces au sol, comme le fit Saddam Hussein en mars 2003. Il sera difficile alors d'éviter des dégâts collatéraux sur les populations. Comme le rappelle un officier général, «on ne gagne jamais une guerre uniquement avec l'aviation. Pour détruire une armée de terre, il faut aller au carton.» Or, le projet de résolution exclut «une force d'occupation terrestre».
Bien qu'affaibli, le colonel Kadhafi pourrait encore compter sur la fidélité de 10.000 à 12.000 soldats. Sans oublier des mercenaires africains, des missiles sol-air, de nombreux tanks et pièces d'artillerie.
Dernière option, attaquer directement le centre de gravité du régime, Kadhafi lui-même, en bombardant son bunker ou les abris dans lesquels il est susceptible de se cacher. En 1986, les frappes aériennes lancées par Ronald Reagan contre sa résidence l'avaient manqué de peu. Depuis, les moyens de détection, notamment satellitaires, mais aussi de frappe, se sont beaucoup modernisés, rendant théoriquement une telle opération faisable. Mais, en 2003, les premiers bombardements aériens de l'armée américaine lancés contre Bagdad avaient eu pour but de liquider Saddam Hussein. Ce fut un échec.
http://www.lefigaro.fr/international/2011/03/17/01003-20110317ARTFIG00760-libye-les-scenarios-d-une-intervention-militaire.php
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Paris participera aux opérations militaires en Libye
Le Point.fr - Publié le 18/03/2011 à 08:06 - Modifié le 18/03/2011 à 08:41
Selon le porte-parole du gouvernement François Baroin, des frappes aériennes auront lieu "dans quelques heures".
Des Libyens scrutent le ciel près d'Ajdabiya. © Roberto Schmidt / AFP
Le Point.fr
Les frappes militaires contre la Libye après la résolution de l'ONU interviendront "rapidement", "dans quelques heures", et les Français y "participeront", a déclaré vendredi matin sur RTL le porte-parole du gouvernement François Baroin. "Les frappes auront lieu rapidement", a déclaré François Baroin, disant ne pas vouloir préciser pour l'instant exactement "quand, comment, sur quelles cibles, sous quelles formes".
Cette intervention militaire "n'est pas une occupation du territoire libyen", mais "un dispositif de nature militaire pour protéger le peuple libyen et lui permettre d'aller jusqu'au bout de son souffle de liberté, et donc de la chute du régime Kadhafi", a-t-il indiqué. "Les Français qui étaient aux avant-postes de cette demande (d'intervention) seront naturellement cohérents avec l'intervention militaire, donc ils participeront", a-t-il ajouté. "Ce qui s'est passé cette nuit (avec la résolution de l'ONU) est une étape très importante dans cette gestion de la guerre en Libye, du massacre par Kadhafi de son peuple, et il faut reconnaître le rôle puissant joué par le président de la République Nicolas Sarkozy et par la France", a-t-il souligné.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a voté jeudi soir une résolution approuvant le recours à la force contre le régime libyen du colonel Muammar Kadhafi.
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El Watan (Algérie)
Libye: l'Onu autorise l'usage de la force, Tripoli envisage un cessez-le-feu
le 17.03.11 | 20h45
A l'issue de trois jours d'âpres négociations, le Conseil de sécurité de...
A l'issue de trois jours d'âpres négociations, le Conseil de sécurité de l'ONU a voté jeudi soir en faveur d'un recours à la force contre les troupes du colonel Mouammar Kadhafi, ouvrant la voie à des frappes aériennes en Libye.
A l'issue de trois jours d'âpres négociations, le Conseil de sécurité de l'ONU a voté jeudi soir en faveur d'un recours à la force contre les troupes du colonel Mouammar Kadhafi, ouvrant la voie à des frappes aériennes en Libye. La résolution autorise à prendre "toutes les mesures nécessaires" pour protéger les civils et imposer un cessez-le-feu à l'armée libyenne, y compris des frappes aériennes, mais précise qu'il n'est pas question d'occupation militaire. Elle prévoit aussi une zone d'exclusion aérienne pour empêcher l'aviation du colonel Kadhafi de pilonner ses opposants. Le vice-ministre libyen des Affaires étrangères, Khaled Kaaim, a réagi en estimant que la résolution de l'ONU constituait un "appel aux Libyens à s'entretuer". "Cette résolution traduit une attitude agressive de la communauté internationale, qui menace l'unité de la Libye et sa stabilité", a-t-il dit, dénonçant un "complot" de la communauté internationale et "une volonté de pays comme la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis de diviser le pays". Le vice-ministre a également affirmé que son pays était prêt à un cessez-le-feu: "nous sommes prêts pour cette décision (de cessez-le-feu) mais nous avons besoin d'un interlocuteur bien précis pour discuter de sa mise en oeuvre", a-t-il assuré lors d'une conférence de presse à Tripoli. Le texte a été adopté par 10 voix sur les 15 membres du Conseil de sécurité. La Chine et la Russie se sont abstenues mais n'ont pas utilisé leur veto pour bloquer le texte. L'Allemagne, le Brésil et l'Inde se sont aussi abstenus. Au moment où Mouammar Kadhafi venait d'annoncer son intention d'attaquer la ville de Benghazi, tenue par les rebelles, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, avait averti, avant le vote, qu'il restait peu de temps pour intervenir. La France avait auparavant annoncé des frappes aériennes dès l'adoption de la résolution. "Chaque jour, chaque heure qui passe alourdit le poids de la responsabilité qui pèse sur nos épaules. Prenons garde d'arriver trop tard. Ce sera l'honneur du Conseil de sécurité d'avoir fait prévaloir en Libye la loi sur la force, la démocratie sur la dictature, la liberté sur l'oppression", a plaidé M. Juppé, qui avait fait spécialement le déplacement à New York. Après le vote, l'ambassadeur britannique à l'ONU Mark Lyall Grant a souligné que la Grande-Bretagne était "prête à prendre ses responsabilités pour mettre fin aux violences, protéger les civils". L'ambassadrice américaine à l'ONU Susan Rice a déclaré que les Etats-Unis "se tenaient du côté du peuple libyen et (soutenaient) leurs besoins en matière de droits de l'Homme". "Le Conseil de sécurité a répondu à l'appel à l'aide du peuple libyen", s'est-elle réjouie, estimant que "ce vote est une puissante réponse au besoin urgent sur le terrain". Le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle, a lui justifié l'abstention de son pays en relevant qu'une intervention militaire en Libye comporte des "risques et des dangers considérables". "Les soldats allemands ne participeront pas à une intervention militaire en Libye", a ajouté le vice-chancelier d'Angela Merkel. Maria Luiza Ribeiro Viotti, ambassadrice du Brésil, a expliqué que son pays "n'était pas convaincu par le fait que l'usage de la force conduirait à la fin de la violence". "Cela pourrait causer plus de mal que de bien pour le peuple libyen". L'ambassadeur russe, Vitali Tchourkine, a jugé "regrettable" que "la passion pour l'usage de la force ait prévalu". Il a rappelé que son pays avait proposé une résolution appelant à un cessez-le-feu. L'ambassadeur chinois Li Baodong, qui assure la présidence du Conseil de sécurité en mars, a expliqué que son pays avait "toujours été contre l'usage de la force dans les relations internationales".
AFP
http://www.elwatan.com/depeches/libye-l-onu-autorise-l-usage-de-la-force-tripoli-envisage-un-cessez-le-feu-17-03-2011-116541_167.php
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La Libye, la gauche européenne et le retour de l’impérialisme humanitaire par Jean Bricmont
17/03/2011 06:53
La Libye, la gauche européenne et le retour de l’impérialisme humanitaire
Le Gang au complet est de retour : les partis de la gauche européenne (inclus les partis « modérés« communistes européens ) les « Verts » avec José Bové, maintenant allié à Daniel Cohn Bandit qui a toujours soutenu les guerres de l’OTAN, différents groupes Troskystes et bien sûr, les deux Bernard, Henry Levy et Kouchner, tous appelant à une sorte d’intervention humanitaire en Libye ou accusant la gauche d’Amérique latine dont les positions sont bien plus sensées d’agir comme des « idiots utiles » pour le « Tyran libyen ».
Douze ans plus tard c’est de nouveau le Kosovo. Des centaines de milliers de morts irakiens, l‘OTAN acculée dans une position impossible en Afghanistan et ils n’ont rien appris ! La guerre du Kosovo a été lancée pour stopper un génocide inexistant, la guerre afghane pour protéger les femmes (allez donc vérifier leur situation actuellement) et la guerre d’Irak pour protéger les Kurdes. Quand vont-ils comprendre qu’on affirme que toutes les guerres sont justifiées pour des raisons humanitaires ? Même Hitler "protégeait" les minorités en Tchécoslovaquie et en Pologne.
D’un autre côté Robert Gates a mis en garde que tout futur Secrétaire d’Etat qui conseillerait au président US d’envoyer des troupes en Asie ou en Afrique « on doit lui examiner le cerveau ». L’Amiral MC Mullen a de même conseillé la prudence. Le grand paradoxe de notre époque c’est que le QG du mouvement de la paix se trouve au Pentagone et au département d’Etat tandis que le parti pro-guerre est une coalition de néo-conservateurs et d’interventionnistes libéraux de différentes sortes dont des guerriers gauchistes humanitaires de même que certains Verts des féministes ou des communistes repentis.
Donc maintenant tout le monde doit réduire sa consommation à cause du réchauffement climatique mais les guerres de l’OTAN sont recyclables et l’Impérialisme a été intégré au Développement Durable.
Bien sûr les US feront la guerre (ou pas) pour des raisons qui sont bien différentes des conseils offerts par la gauche pro guerre. Bien sûr le pétrole ne sera pas le facteur principal de leur décision car tout gouvernement libyen futur devra vendre du pétrole et la Libye ne pèse pas suffisamment sur le cours du pétrole. Bien sûr le chaos en Libye mène à la spéculation qui elle-même affecte les prix mais cela est un autre sujet. Les sionistes ont certainement deux avis sur la Libye : ils haïssent Kadhafi et aimerait le voir chasser du pouvoir comme Saddam de la façon la plus humiliante possible, mais ils ne sont pas sûrs qu’ils apprécieront son opposition (et selon le peu que l’on connaît, ils ne l’aiment pas).
L’argument principal pro guerre, c’est que si tout va vite et facilement cela réhabilitera l’OTAN et l’intervention humanitaire dont l’image a été ternie par l’Irak et l’Afghanistan. Un nouveau Grenade ou au mieux un nouveau Kosovo, c’est exactement ce qu’il faut. Un autre motif d’intervention, c’est de mieux contrôler les rebelles en venant les « sauver » dans leur marche vers la victoire. Mais cela a peu de chance de marcher : Karzai en Afghanistan, les nationalistes kosovars les Shi’ites d’Irak et bien sûr Israël sont parfaitement contents de bénéficier de l’aide américaine quand ils en ont besoin, mais après cela ils poursuivent leur propre agenda. Et une occupation militaire totale de la Libye après la « libération » est peu faisable ce qui bien sûr du point de vue des US rend l’intervention moins attrayante.
D’un autre côté si les choses tournent mal ce sera probablement le début de la fin de l’Empire américain, d’où la prudence des gens qui sont actuellement en charge et qui ne se contentent pas d’écrire des articles dans le Monde ou de pester contre les dictateurs devant les caméras.
C’est difficile pour des citoyens ordinaires de savoir exactement se qui se passe en Libye car les médias occidentaux se sont complètement discrédités en Irak en Afghanistan au Liban et en Palestine et les sources d’informations alternatives ne sont pas toujours crédibles non plus. Cela bien sûr n’empêche pas la gauche pro guerre d’être absolument convaincue de la vérité des pires informations sur Kadhafi comme elle l’était, il y a douze ans sur Milosevic.
Le rôle négatif de la Cour Internationale de Justice est de nouveau apparent ici comme l’a été celui du Tribunal International pour la Yougoslavie dans le cas du Kosovo. L’une des raisons pour laquelle il y a eu relativement peu de sang versé en Tunisie et en Egypte c’est qu’il y avait une sortie possible pour Ben Ali et Moubarak. Mais la « justice internationale » veut être sûre qu’une telle sortie n’est pas possible pour Kadhafi et probablement pour les gens proches de lui les poussant ainsi à combattre jusqu’à un dénouement tragique.
Si « un autre monde est possible » comme la gauche européenne le proclame sans arrêt alors un autre Occident devrait être possible et la gauche européenne devrait commencer à œuvrer pour cela. La rencontre récente de l’Alliance Bolivarienne pourrait servir d’exemple : la gauche d’Amérique Latine veut la paix et ils veulent empêcher l’intervention des US car ils savent qu’ils sont dans la ligne de mire des US et que leur processus de transformation sociale exige d’abord et avant tout la paix et la souveraineté nationale. Donc ils ont suggéré d’envoyer une délégation internationale conduite éventuellement par Jimmy Carter (qu’on ne peut pas accuser d’être une marionnette de Kadhafi) pour commencer un processus de négociation entre le gouvernement et les rebelles. L’Espagne s’est dite intéressée par cette idée qui est bien sûr rejetée par Sarkozy. Cette proposition peut sembler utopique mais si l’ONU met tout son poids derrière, cela ne sera pas le cas. Ce serait une façon de remplir sa mission actuellement rendu impossible par l’influence des US et de l’Occident. Cependant ce n’est pas impossible que maintenant ou dans une prochaine crise une coalition de nations non interventionnistes dont la Russie, la Chine, l’Amérique latine, et peut être d’autres puissent œuvrer ensemble pour construire des alternatives crédibles à l’interventionnisme occidental.
Contrairement à la gauche d’Amérique latine, la version pathétique gauche européenne a complètement perdu le sens de ce que cela veut dire de faire de la politique. Elle n’essaie pas de proposer des solutions concrètes aux problèmes et est seulement capable d’adopter des positions morales dénonçant en particulier de façon grandiloquente les dictateurs et les violations des droits de l’homme. La gauche social démocrate suit la droite avec au mieux quelques années de retard et n’a pas d’idées personnelles. La gauche « radicale » réussit souvent à dénoncer à la fois les gouvernements occidentaux de toutes les manières possibles et à demander que ces gouvernements interviennent militairement partout dans le monde pour défendre la démocratie. Leur manque de réflexion politique les rend particulièrement vulnérable aux campagnes de désinformation et en fait des supporters des guerres US - OTAN.
La gauche n’a pas de programme cohérent et ne saurait pas quoi faire même si Dieu les mettait au pouvoir. Au lieu de « soutenir » Chavez et la Révolution vénézuélienne, une affirmation vide de sens que certains se complaisent à répéter, ils devraient humblement apprendre d’eux et d’abord et avant tout réapprendre ce que cela veut dire de faire de la politique.
Jean Bricmont enseigne la physique en Belgique et est membre du Tribunal de Bruxelles. Son livre "Humanitarian Imperialism" est publié par Monthly Review Press la version française « Impérialisme Humanitaire » l’est aux éditions Aden. http://www.voxnr.com/cc/etranger/EFppplEFVywgSsSzSj.shtml ******************************************************************
La Libye sera-t-elle notre Somalie ?
| Christian Bouchet |
Éditorial
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Pour comprendre ce qui se passe actuellement en Libye, sans doute convient-il de relire Intrigo Internazionale du juge Rosario Priore (voir Flash n° 43). Dans cet ouvrage, celui qui a eu en charge à la fois l’instruction de l’assassinat d’Aldo Moro et celle de la tentative d’attentat commise, en 1981, contre Jean Paul II, dévoile la réalité d’un conflit occulté entre les puissances occidentales autour de la Méditerranée et du Proche-Orient.
«Nous avons été en guerre sans que les simples citoyens le sachent», affirme le magistrat, en soulignant que « l’hégémonie sur la Méditerranée et le contrôle des sources énergétiques ont placé l’Italie en collision avec l’axe américano-britannique qui n’a pas supporté son rapport privilégié avec la Libye ». Et de raconter comment les Italiens ont soutenu, en 1969, le coup d’État du colonel Kadhafi à Tripoli avec comme résultat que « les Libyens fermèrent immédiatement les bases britanniques et américaines et expulsèrent les militaires de ces deux pays. (…) L’Italie devint tout de suite le principal partenaire économique de Kadhafi tandis que les Britanniques, en perdant la Libye, se retrouvèrent de facto boutés hors de la Méditerranée. Ils cherchèrent sans tarder à reprendre ce qu’ils avaient perdu. Sans succès, car l’Italie protégeait le régime de Kadhafi ». Ainsi, en 1971, ce sont les services secrets italiens qui firent échouer une tentative de coup d’État anti-Kadhafi suscitée par le MI5.
Les impérialistes ayant la mémoire longue, et la vengeance étant un plat qui se mange froid, le « printemps arabe » qui agite actuellement le Maghreb et le Machrek, est l’occasion pour les puissances anglo-saxonnes de tenter de reprendre la totalité du pouvoir qu’elles avaient perdu à Tripoli à l’avantage de l’Italie et de faire ainsi coup double après avoir quasiment mis un terme, via la révolution de Jasmin, à l’influence française en Tunisie.
À l’aune de cette analyse, il convient donc de relativiser tout ce que nous pouvons voir, lire ou entendre…
Ainsi en est-il des crimes de Kadhafi qui justifieraient une enquête de la Cour pénale internationale. La répression exercée, de manière « virile » convenons-en, des manifestations de l’opposition a fait, selon diverses sources, avant que la situation n’évolue vers une semi-guerre civile, de 300 à 1.000 morts. « Le régime de Mouammar Kadhafi a bafoué les normes internationales et la morale élémentaire. Il doit être tenu comme responsable », s’est empressé de déclarer Barack Obama qui a oublié que le pays qu’il préside a été la cause directe de 650.000 à 1.000.000 de décès en Irak…
Irak, où, comme en Afghanistan, les troupes de l’Oncle Sam bénéficient de l’aide d’un grand nombre de « chiens de guerre » pudiquement présentés comme des contractors. Or, ces contractors deviennent soudain des « mercenaires » quand ils servent comme auxiliaires dans l’armée régulière libyenne. Pire, les médias ne se gênent pas pour insister sur l’appartenance de ces malheureux à la race noire, comme s’il s’agissait, soudain, d’un échelon particulier et pire que tous les autres dans l’abjection du mercenariat où il y aurait les bons (les contractors « caucasiens » ou asiatiques de l’US Army) et les salauds (les mercenaires Noirs ou Serbes de la Jamahiriya).
Quand à la situation à Tripoli on nous l’a décrite comme un véritable enfer sur terre où une population toute entière acquise aux opposants se terrerait chez elle pour échapper aux meurtrières milices kadhafistes. Mais quand un journaliste français – Bernard Bisson du Journal du Dimanche – a pu se rendre sur place il a témoigné : « Tripoli ne donne pas l'impression d'une ville en guerre, comme j'ai pu en voir de nombreuses dans ma carrière. Avant de rencontrer Kadhafi, nous avons couvert une manifestation de ses partisans. Il JDD 6 mars 2011).
On pourrait encore citer l’analyse par les médias de la personnalité de Mouammar Kadhafi. Celui-ci est présenté urbi et orbi comme un malade mental et nombre de ses travers – allant de ses gardes du corps féminines à sa manière de se vêtir – sont mis en avant pour le tourner en dérision. S’il est un fait que le Libyen est sans doute pour le moins mégalomane, il est permis de se poser une question simple : ne souffrirait-il pas d’une pathologie courante chez les puissants, car, au fond, par exemple (et il ne s’agit que de deux exemple parmi un grand nombre d’autres), est-il réellement plus caricatural que Silvio Berlusconi, et ses lubies sont-elles vraiment plus étranges que celles de cheikhs faisant construire des stations de ski dans les dunes du désert sous le soleil de l’Arabie ?
En 2004, Mouammar Kadhafi, dont le régime avait jusqu’alors financé et armé tout ce que la planète pouvait compter de groupuscule subversifs et hostiles au Nouvel ordre mondial, se livra à un spectaculaire changement de politique et d'orientation. Il offrit au « Grand Satan » américain, comme le relate Éric Roulleau dans Le Figaro du 1 mars dernier, de renoncer au terrorisme et à la fabrication d'armes nucléaires, en échange de quoi il sollicitait la neutralité bienveillante de Washington à son égard. Elle lui fut accordée. Depuis ce compromis, le commerce americano-libyen avait plus que décuplé. Mais l’Italie était restée le véritable allié, Silvio Berlusconi ne cachait pas sa relation amicale, qu’il qualifiait « d’intimes », avec le colonel et la péninsule dépendait de la Libye pour la quasi-totalité de son approvisionnement en pétrole. De plus la Jamahiriya était devenue la frontière avancée de l’Europe contre le péril migratoire et jouait ce rôle à la perfection.
D’où la surprise, sans doute aussi réelle que jouée, du colonel devant le retournement de la situation et l’ingratitude européenne. D’où aussi ses menaces précises : s’il tombe ce sera le chaos, une immigration comme le vieux continent n’en a encore jamais connue, de graves difficultés pour l’approvisionnement en pétrole et une instabilité politico-militaire telle que nous aurons l’équivalent de la Somalie sur le flanc sud de notre continent.
La situation est considérée comme si sérieuse par certains que Grigori Melamedov, analyste de l’agence RIA Novotsi, s’interrogeant sur les éventuels scénarios à venir évoquait, le 1 mars dernier, aussi bien une évolution « à la Yougoslave » avec une intervention militaire, d’une manière ou d’une autre, de l’OTAN, que « l’ouverture de négociations secrètes avec Kadhafi l’aidant à rester au pouvoir en échange de quelques concessions de sa part en faveur de l’opposition. » Le journaliste russe ajoutant avec cynisme : « Le reste est une affaire de technique. Les médias pourront exagérer l’importance des concessions obtenues en déclarant que sous la pression de la communauté mondiale le chef de l’Etat libyen a écouté son peuple. Ce n’est pas à nous d’apprendre aux leaders politiques mondiaux comment accomplir ce genre de démarches. »
On le voit l’avenir est ouvert dans le golfe des Syrtes et il n’y a nul doute que nous aurons de multiples occasion d’y revenir. http://www.voxnr.com/cc/etranger/EFppplEFVywgSsSzSj.shtml
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Victime de ses bonnes intention, Klapisch provoque l'indigestion.
17/03/2011 06:42
Par Marilyne Letertre, Stéphane David
Ma part du gâteau : La mayonnaise ne prend pas
Le réalisateur de Ma part du gâteau s'attaque à la crise. Peu convaincant. Seule Karine Viard tire son épingle du jeu. Qu'en ont pensé les premiers spectateurs ? FranceSoir.fr a recueilli quelques réactions. Vidéo.
Karine Viard et Gilles Lellouche jouent très bien
Paris, précédent film de Cédric Klapisch, n'avait pas fait l'unanimité. Celui-ci risque encore de diviser. Dans Ma part du gateau, le cinéaste tente une incursion dans la comédie sociale en s'attaquant au vaste sujet de la lutte des classes. Lourdement baptisée France, une mère de famille divorcée de Dunkerque devient la femme de ménage d'un trader ambitieux. La première partie du film, centrée sur leur rencontre et leurs tentatives respectives pour s'apprivoiser et se comprendre, est plutôt réussie et réserve de jolis moments de comédie. Sortant déjà son épingle du jeu dans Rien à déclarer, Kardin Biard attendrit, amuse et tient solidement tête au mâle affirmé qui lui fait face.
Invraisemblable
Hélas ! à mi-parcours, le film dérape. Le scénario chavire inutilement dans la comédie romantique le temps d'une séquence qui amorce la suite, catastrophique. Après le passage à l'acte, quand l'héroïne apprend que son patron est responsable de la fermeture de son ancienne usine, la comédie disparaît totalement pour faire place à un polar sociale, invraisemblable, ridicule, voire démagogique. Victime de ses bonnes intention, Klapisch provoque l'indigestion.
& la vidéo:
http://www.francesoir.fr/loisirs/cine/ma-part-du-gateau-mayonnaise-ne-prend-pas-82302.html
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Bahreïn: la police contrôle Manama après un assaut sanglant avec l'appui des laquais si démocratiques saoudiens
17/03/2011 06:33
Bahreïn: la police contrôle Manama après un assaut sanglant
le 15.03.11 | 13h05
Les forces de l'ordre bahreïnies ont pris mercredi le contrôle du centre de...
Les forces de l'ordre bahreïnies ont pris mercredi le contrôle du centre de la capitale Manama après un assaut contre des manifestants chiites qui a fait cinq morts, le pouvoir décrétant un couvre-feu nocturne de craintes de nouveaux troubles.
Les forces de l'ordre bahreïnies ont pris mercredi le contrôle du centre de la capitale Manama après un assaut contre des manifestants chiites qui a fait cinq morts, le pouvoir décrétant un couvre-feu nocturne de craintes de nouveaux troubles. Face à la répression sanglante menée par la dynastie sunnite au pouvoir dans le petit archipel de Bahreïn, siège de la Ve flotte américaine, le président Barack Obama a exprimé aux rois saoudien et bahreïni sa "profonde inquiétude" lors d'appels téléphoniques. Sa chef de la diplomatie Hillary Clinton, disant qu'il n'y avait "pas de réponse sécuritaire" à la contestation, a jugé que les Etats du Golfe étaient "sur la mauvaise voie" après l'envoi lundi de soldats saoudiens et de policiers émiratis pour venir en aide au pouvoir à Bahreïn. Plusieurs pays, mouvements ou communauté chiites au Moyen-Orient ont de leur côté condamné l'assaut contre les manifestants chiites qui réclament depuis le 14 février des réformes et la démission du gouvernement. L'Iran chiite a rappelé son ambassadeur à Manama "pour protester contre le meurtre du peuple de Bahreïn", au lendemain d'une mesure similaire prise par Bahreïn pour protester contre les critiques iraniennes des renforts du Golfe. Au lendemain de la proclamation de l'état d'urgence par le roi Hamad Ben Issa Al-Khalifa, les policiers de la force anti-émeutes ont violemment délogé le matin les manifestants campant sur la place de La Perle à Manama depuis près d'un mois. Des centaines de policiers, arrivés à bord de tanks, de véhicules de transport de troupes et de bus, ont pris le contrôle de la place, épicentre de la contestation, après avoir lancé des dizaines de grenades lacrymogènes sur les manifestants et tiré au fusil de chasse. "Nous avons maintenant trois morts et un grand nombre de blessés", a déclaré à l'AFP un député de l'opposition, Khalil Marzouk, du mouvement chiite Wefaq. "La situation est catastrophique. Les forces ont tiré à balles réelles". Le ministère de l'Intérieur a fait état de deux policiers tués, renversés par des véhicules de manifestants, ce qui porte à quatre le nombre de policiers tués de cette manière en deux jours. Depuis le début de la contestation, une quinzaine de personnes ont été tuées, dont quatre policiers, selon un bilan de l'AFP. Aucune présence de civils n'était visible à Manama après l'entrée en vigueur dans le centre de la capitale du couvre-feu de 16H00 à 04H00 locales (13H00 à 01H00 GMT). Seuls les véhicules de la police et de l'armée gardaient les rues vides de toute circulation automobile. Les autorités ont également interdit les marches et rassemblements à travers le petit archipel peuplé en majorité de chiites. Le ministère de l'Intérieur a par ailleurs indiqué avoir repris le contrôle de l'hôpital de Soulaymania, le plus grand de Manama, où étaient retranchés des protestataires. Peu après, le ministre de la Santé Nizar Baharna, un chiite, a annoncé sa démission et douze juges chiites ont pris la même décision pour protester contre "l'usage excessif de la force" contre les manifestants. Le chef du Wefaq, cheikh Ali Salmane, a dénoncé l'assaut et affirmé que "la solution ne viendra pas des canons. "Dans cette situation nous ne pouvons pas parler d'un dialogue". Le pouvoir a proposé à l'opposition dominée par les chiites un dialogue, mais les opposants ont exigé au préalable la démission du gouvernement. Les protestataires ont occupé la place de la Perle le 19 février pour exiger des réformes politiques, voire, pour certains, le départ de la dynastie sunnite gouvernant le pays depuis plus de 200 ans. Face à la répression des manifestants chiites, le guide spirituel des chiites en Irak, le Grand Ayatollah Ali Sistani, a appelé le pouvoir à "cesser les violences". Des manifestations de soutien aux chiites bahreïnis ont eu lieu, en Irak, en Arabie saoudite, au Liban et au Koweït. Paris a déploré les violences alors que Berlin, critiquant à demi-mots les renforts, a recommandé à ses ressortissants de quitter Bahreïn, de même que la Belgique
AFP
http://www.elwatan.com/une/bahrein-la-police-controle-manama-apres-un-assaut-sanglant-15-03-2011-116290_108.php
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