La Guinée Bissau avait déjà été l'objet d'un épisode assez épique des transferts de drogue vers l'Afrique de l'Ouest, le 12 juilet 2008, avec l'arrivée inopinée d'un avion de type Gulfstream venant d'Espagne et contenant 650 kilos de cocaïne, aussitôt saisie par l'armée pour être soi-disant détruite. Son pilote, Carmelo Vicente Vázquez Guerra, frère d'un vététan des vols de cocaïne mouillé dans l'affaire du DC-9 bloqué au Mexique avec 4,5 tonnes de cocaïne à bord, avait été relâché après moult péripéties : le gouvernement du pays avait tout fait pour lui favoriser la tâche. C'est bel et bien un narco-état, dirigé par des militaires ayant supprimé le 2 mars 2009 l'un des présidents élus, Joao Bernado Viera.
C'est le 13 septembre 2010 que le texte savoureux d'Antonio Pacheco a été mis en ligne sur le site du journal belge LaLibre.be. A lui seul, il résume parfaitement les méthodes utilisées par les trafiquants en Guinée Bissau, dont on a déjà vu ici les liens étroits avec le trafic international de cocaïne (et d'héroïne, comme nous allons le voir. Ça commence par la description d'un minuscule aéroport, à l'activité plutôt restreinte : "le petit aéroport "international" Osvaldo Vieira, à Bissau, semble sortir d’un roman de Somerset Maugham : une espèce de tente, trois petits bureaux d’enregistrement des passagers, des militaires et fonctionnaires comme des lézards endormis, les pieds posés sur les tables et les balcons. Apparemment, le mouvement ne se fait qu’aux jours d’arrivée de l’avion de Lisbonne, trois fois par semaine, et de celui du Cap-Vert, à destination de Dakar, du lundi au vendredi. Mais l’apparence est bien loin de la réalité." Déjà, l'auteur nous livre l'un des nœuds fondamentaux du circuit de drogue de l'ouest africain : nous sommes en Guinée Bissau, et les avions attendus viennent... du Cap Vert, et du Sénégal, qui, jusqu'ici, avaient échappé tous deux à notre vigilance.
Sur le petit aéroport, poursuit l'ineffable Pacheco, une zone à part a été pourtant délimitée : "Sur la piste d’atterrissage stationnent presque en permanence des voitures de luxe et des véhicules immatriculés "FA" - ceux des chefs de l’armée bissau-guinéenne. Ils attendent on ne sait quoi. Ce circuit est regardé avec envie par le corps de police des frontières, gardiens de la sécurité de l’aéroport, mais écartés du contrôle des grandes opérations de commerce illegales qui enrichissent les officiers de l’armée. Cette police des frontières, mal payée, commence à parler. Et fort." Que s'y passe-t-il ? On commence à s'en douter, et c'est ce que vont dire à l'auteur deux témoins rencontrés sur place : "Ils me racontent l’histoire du Monsieur, là-bas. "Tu le vois ? Rond, chauve, avec les vêtements fripés ? C’est un Espagnol". "Tu es sûr ?", dis-je. "Non, mais il parle comme les Espagnols". Le Monsieur est habituellement "très gentil avec nous".Avant, lorsqu’il arrivait, il donnait environ 40000 francs cfa (50 euros) à chaque fonctionnaire. Il donnait aussi aux policiers des frontières des sacs de riz pour leurs unités militaires. C’est un "brumejo sympa" (c’est-à-dire un Créole d’origine étrangère). Le Monsieur arrive régulièrement dans un petit avion avec des sacs de "ciment". Il traverse l’aéroport sans être contrôlé par les douanes ou l’immigration. J’insiste : "On ne vérifie ni ses documents, ni le ciment, ni sa nationalité ?" La réponse fuse :"Jamais ! C’est un vieux, amical ; il comprend notre situation", disent mes interlocuteurs - avec tristesse, parce que, pour eux, la fête est finie." Voilà, nous y sommes : Pacheco vient de nous décrire la scène fondamentale. Celle d'un trafic, qui n'est certes pas de "ciment". Mais d'héroïne, cette fois, ou de cocaïne, cela dépend... des arrivages (afghans ou colombiens !).
"Le Monsieur débarque toujours à Bissau, mais aujourd’hui son arrivée est précédée par celle d’une unité militaire qui s’occupe de l’affaire et assure le transfert, manu militari, du "ciment" vers les véhicules militaires. Le Monsieur vient une fois par semaine dans un bimoteur chargé de sacs de"ciment". L’opération militaire est régulièrement dirigée par un major récemment promu, homme de confiance d’Antonio Indjai, le nouveau chef de l’armée bissau-guinéenne. Cet officier a été arrêté, en 2009, dans la région de Jugudul, entre Bissau et Mansoa, accusé de transporter de la drogue. Il n’a jamais été mis en prison ni jugé et garde toute la confiance du chef de l’armée". Nous y sommes encore davantage : le pouvoir et les militaires font bien partie du trafic ! Exactement ce qu'on avait décelé lors de l'affaire du Gulfstream débarqué inopinément le 12 juillet 2008 (et mis en vente depuis !).
Pacheco insistant pour décrire ce lien déjà entrevu lors de l'affaire du Gulfstream : "le lien entre les forces armées et le transport de drogues existe au plus haut niveau. On cite le cas d’un autre capitaine, qui fut l’aide de camp de l’ancien président de la République, Cumba Iala, et qui se servait des voyages présidentiels pour transporter des stupéfiants. En août, un autre protégé d’Antonio Indjai, le capitaine Pansau, a accusé ce dernier, dans une interview, d’être le coordinateur et le patron du circuit de la drogue colombienne en Guinée-Bissau. L’accusateur est à présent à Lisbonne, en formation au titre de la coopération militaire entre le Portugal et la Guinée ; le plus extraordinaire est que l’interview a été accordée à partir des installations militaires portugaises de Mafra."
La Guinée Bissau, déclarée narco-état il y a plus de cinq ans déjà, avec déjà à l'époque des exemples pendables :l’année dernière (en 2006), des pêcheurs locaux ont récupéré des paquets contenant une mystérieuse poudre blanche qu’ils ont utilisée comme assaisonnement ou engrais. Informé, l’ONUDC a dépêché une mission dans le village de Quinhamel, situé à une trentaine de kilomètres de Bissau, la capitale, pour mener une enquête. « Nous avons confirmé qu’un bateau a coulé dans la région en octobre [2005] et que des pêcheurs ont récupéré plusieurs paquets de cocaïne qui flottaient dans l’eau », a affirmé M. Mazzitelli.« Nous avons également confirmé qu’un avion privé est arrivé à Bissau peu de temps après avec son bord un ressortissant ouest-africain et deux Sud américains. Apparemment, ils étaient venus racheter les paquets récupérés. Ils ont été arrêtés par la police qui a saisi les 700 000 euros [900 000 dollars américains] qu’ils avaient en leur possession. Deux jours plus tard, ils étaient relâchés ». Quelques jours après, un autre avion privé est arrivé en Espagne, en provenance de Guinée Bissau, transportant 100 kilogrammes de cocaïne estimés à 5 millions de dollars sur le marché" : les petits malins avaient réussi à recupérer 100 kilos ! On ignore ce que le fait d'arroser à la coke a pu donner sur les cultures, en revanche.
Déjà à l'époque, l'armée avait été mise en cause par l'ONUDC (*) : "la prise la plus importante réalisée en Guinée Bissau a eu lieu le 26 septembre 2006 après une fusillade dans Bissau. « La Police a arrêté deux hommes, détenteurs de passeports vénézuéliens, et a saisi des ordinateurs portables, des armes et des postes émetteurs, ainsi que 674 kilos de cocaïne », a expliqué M. Mazzitelli. Le butin, d’une valeur de 39 millions de dollars, a été déposé dans un coffre du trésor public, puis a disparu, selon un fonctionnaire du trésor qui a requis l’anonymat. « Un groupe de soldats est arrivé et a demandé à évaluer la drogue saisie, puis on n’a plus jamais revu les paquets », a-t-il précisé." Et déjà, on avait laissé entrevoir le coup du fameux "ciment" : « La chaîne de preuves est rompue », a déploré M. Mazzitelli. « Aucune analyse n’a été effectuée sur le produit qui aurait été détruit. Ils auraient très bien pu détruire 674 kilos de ciment blanc, après tout ». Ah, ce fameux "ciment" si pratique ! On construit peu, en Guinée Bissau, mais c'est fou ce qu'il peut circuler comme "ciment" !
Du ciment qui n'est pas toujours de la "colombienne" : l'autre particularisme du pays est qu'il sert aussi à écouler de l'héroïne, la plupart du temps venue on s'en doute d'Afghanistan, où le commerce n'a jamais été aussi florissant depuis que Wali Karzaï s'en occupe avec une attention toute... professionnelle. L'homme qui, comme par hasard, déclarait solennellement le 12 juillet 2010 que "les américains doivent rester en Afghanistan" : de là à dire qu'il y trouve intérêt, il y a un pas qu'on ne va pas hésiter à franchir. Dans tous les pays où les USA influent directement sur la vie politique (comme pour la Guinée Equatoriale, par exemple !) le commerce de la drogue est plus que florissant ! Wali Karzaï ayant été nommément cité le 4 octobre 2008 comme étant à la tête du réseau de drogue du pays par un journal américain de poids : le New-York Times.... et en même temps décrit comme "employé de la CIA" !!! Encore un narco-Etat évident !!!
De l'héroïne, donc, qui inonde l'Europe et qu'on retrouve par exemple en France, à Toulouse, comme l'indiquait une dépêche du 28 juillet 2010 : "La police judiciaire a démantelé une filière de revente d'héroïne très active sur Toulouse. Dix-huit mois d'enquête et, au final, de lourdes peines devant le tribunal de Bayonne. Dans ce réseau à tiroir, tenu par des Africains de Guinée Bissau, chaque branche fonctionnait en parallèle sans se marcher sur les pieds. Le business tournait à plein. « En moyenne, entre 1,5 et 2 kg d'héroïne par mois », lâche un enquêteur. La poudre achetée autour de 20 € le gramme en Espagne, au Pays Basque ou en Catalogne, doublait une fois arrivée dans les rues de Toulouse. À la clef, de beaux bénéfices et un chef… femme. Une « nature », souvent accompagnée de gros bras, qui faisait régner l'ordre et tourner la cash-machine. « Tia Cady », son surnom, a disparu avant que les policiers lui passent des bracelets peu coquets. En fuite, elle fait l'objet d'un mandat d'arrêt désormais assorti d'une peine de dix ans de prison." On le voit, le "ciment" passe bien par l'Espagne et le pays basque pour atterrir dans le sud de la France, et ce n'est donc pas toujours de la cocaïne ! A Toulouse, il y en avait pour presque un demi-million d'euros !
En Guinée Bissau, il faut le rappeler, le 26 février 2008, avant même l'atterrissage du Gulfstream N351SE, un avion semblable, sinon le même, était arrivé trois jours seulement avant l’assassinat de Tagme Na Wai, un militaire illettré arrivé à la tête des armées, justement. Mort dans le même attentat ayant tué le président Viera. Comme j'ai déjà pu l'écrire, ce jour-là une bien étrange conïncidence s'étaiitr produite : "l’avion s’était posé et avait redécollé quatre heures à peine après (direction l’Espagne et Marbella ?), mais l’aéroport n’avait rien gardé comme preuve de son passage. Le même jour, 200 kilos de drogue avaient disparu d’un hangar de la Marine nationale de Guinée-Bissau". Le trafic que nous décrit Pacheco durait donc depuis quelques temps, avec la bénédiction évidente des dirigeants militaires du pays. . Qui ne lésinent pas avec les petits profits : l'avion saisi avait carrément remis sur le marché de l'occasion et revendu le 16 décembre 2009. Selon Wikipedia, aucun doute sur l'origine de l'explosion ayant décapité le pays : "selon Le Figaro, ces deux attentats porteraient la marque des trafiquants de droguecolombiens . Le Prid, le parti de Vieira, aurait été particulièrement impliqué dans ce trafic, qui mouille une grande partie de la classe politique de Guinée-Bissau. Le double attentat aurait pu être une mesure de représailles contre la destitution, en août 2008, du chef de la marine nationale, accusé de couvrir le trafic". Des narcos trafiquants qui suppriment des chefs d'état... comme au Mexique, où c'est le ministre de l'intérieur qui voit son appareil (le Learjet 45 XC-VMC) s'écraser "par accident" en novembre 2008.
Le petit bimoteur décrit par Pacheco a été vu à plusieurs reprises sur les nombreuses pistes sommairement aménagées dans le pays comme celles de Faranah, dans le centre du pays Guinée, ou à Boké, à a peine 268 kilomètres au nord de la capitale, la plupart en provenance du Cap Vert, qui, visiblement, jour le rôle de relais vers l'Europe, ou vers le Sénégal, qui semble bien être une autre plaque tournante qu'une découverte récente vient de confirmer... De petites pistes entretenues par... des militaires, dans des endroits où il ne fait pas bon enquêter, visiblement, nous raconte The Economist : "la poignée de courageux journalistes locaux qui osent écrire des rapports sur le rôle de leur pays dans le commerce de la cocaïne doivent face à des menaces croissantes pour les faire taire. Votre correspondant local et un collègue ont été traînés devant le ministre de l'Intérieur et menacés de prison pour diffusion d'allégations selon lesquelles les forces armées avaient affaire de cocaïne, après qu'un homme de la région ait rédigé une déposition, repris par la radio portugaise. Manifestement, les soldats sont impliqués : certains ont été pris en flagrant délit. Des experts en drogues affirment que ses agents peuvent gagner jusqu'à 500 000 dollars pour assurer une piste d'atterrissage pour les livraisons..."
L'avion, seul moyen de circuler dans un pays sans infrastructure ferroviaire ou presque : en 2002 on estimait qu'in n'avait que 4400 km de voies ferrées dont 453 au moins inutilisables, et les routes ne valant guère mieux. Entre développer une économie véritable et s'en mettre personnellement plein les poches, les militaires ont choisi. Pour ce qui est des aéroports, sur les 28 recensés en 2001, 3 seulement étaient en dur. Depuis, rien n'a changé. Selon un procureur américain, dans son rapport du 14 novembre 2010, les terrains d'atterrissage de Guinée Bissau sont l'œuvre d'un cartel Mexicano-Colombien : celui de l'organisation de Valencia-Arbelaez, qui était à l'origine de l'achat d'un avion gros porteur de 2 millions de dollars pour faire le trajet mensuel entre le Venezuela et la Guinée. Selon le procureur, le cartel aurait eu six avions déjà prêts pour les traversées... le groupe avait tenté d'acheter un cargo Moldave, mais un agent de la DEA qui s'était infiltré avait dénoncé l'affaire. Moldave, oui, vous avez bien lu : Moldave, comme les avions d'un certain Viktor Bout. Je m'étais toujours dit que les cargos une fois déversé leur armement ne repartaient jamais à vide... l'autre partie de l'iceberg vient de subitement apparaître. Et pour ce faire, nous avons retrouvé un des pilotes... ce que nous verrons demain, si vous le voulez bien... pour ce faire, nous allons visiter plutôt le Nigeria, sur lequel débouche directement la fameuse île de Bioko, chère à la famille Nguema...` Le 2 juillet 2009, en Roumanie, Valencia Arbeláez, surnommé "El Padre” ou “Pat”, se faisait prendre en train d'acheter un petit appareil. Jugé, il prendra 17 années de réclusion.
(*) l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime.
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Et au fait, Mohammed Atta et George Harrison sont morts à quelques mois d’intervalle, dans le domaine des morts simultanées tu ne trouves pas ça louche ? Je réclame l’avis d’un spécialiste incontesté.
Libye: le prix de la guerre, le déficit public.....
24/03/2011 02:03
Encore ce goût pervers pour le luxe voyant car c'est bien de cela qu'il s'agit . Chaque président Us a eû sa guerre .le gaga Reagan faute de mieux avait envahi...la Grenade . Donc ,le notre veut la sienne ,drapeau bleu-blanc ,le rouge est moins sûr . La guerre :un néo-bling-bling et selon les coûts c'est meme le luxe supreme car ça en fait des yaychs ,des tocantes & des parties de jambon (cedernier poste qui coûte le moins ,l'appetit a ses limites physiques)
On en reparle dans 3 ou 4 ans quand des familles qui ont pris le pouvoir à l'occasion de ces désordres orchestrés depuis (?)& qui auront remplacés & auront du temps et du fric à remonter les Benali ,Moubarak ,voire Khadaffi . Prenons des paris .
La mode des procès et des ergotages sur la virgule histoire d'engorger les tribuanus à la joie des magistrtas qui ainsi tels Lady Gaga,existent dans les médias.Quand l'affaire Perret-Léautau
Selon les défenseur de Georges Brassens, Pierre Perret a manqué de respect au poète en affirmant qu'il était jaloux de son succès. Crédits photo :MIGUEL MEDINA/AFP.
Entre amitiés littéraires et jalousies d'artistes, le tribunal a dû troubler la mémoire du poète.
Le procès en diffamation intenté par Pierre Perret à une journaliste du Nouvel Observateur qui conteste formellement l'existence d'une amitié entre le chanteur et l'écrivain Paul Léautaud met au jour l'existence d'une seconde controverse. Celle-ci, souterraine, mais virulente, est entretenue par une conjuration protéiforme, dont Guy Béart passe pour être le cerveau et l'association Auprès de son arbre, le bras armé.
Le nom de cette dernière parle de lui-même: il s'agit de défendre la mémoire de Georges Brassens. Or, selon les admirateurs du Sétois à la pipe, Pierre Perret a manqué de respect à l'illustre auteur de Saturne. Au patronage du dieu «morne et taciturne qui préside aux choses du temps», les dévots de la cause préfèrent apparemment celui de Mars: la guerre est déclarée contre l'interprète de Lili. A-t-il fréquenté Léautaud en 1953-1954? Peu leur chaut. Mais comme il a émis l'hypothèse outrageante que Brassens a pu jalouser son succès, Pierre Perret, à leurs yeux, a sans doute menti sur cette amitié littéraire. Aussi ont-ils mis leur force de frappe au service de Sophie Delassein, la journaliste signataire de l'article visé.
Pierre Schuller préside Auprès de son arbre. Il a 67 ans et un splendide accent du Sud-Ouest. Il semble au bord des larmes quand il cite des propos de M. Perret rapportés un jour par Sud-Ouest: «Mon succès l'a fait ch…» Le témoin: «On n'écrit pas dans le dos d'un mort ! Georges Brassens, c'est quand même Georges Brassens. M. Perret, ce n'est que M. Perret. On nous accuse d'être une secte, mais je n'idolâtre pas Brassens.»
Se rappelant soudain le sujet du procès: «Je ne vous parle pas de Léautaud, je n'en ai rien à f…» Remontant sur son arbre: «Aller raconter que Brassens était jaloux de Perret, non !»
Vient ensuite le cinéaste Pascal Thomas, bibliophile averti. Selon lui, la prétendue amitié avec Léautaud relève probablement, chez M. Perret, d'une «mythomanie pas dangereuse en soi». On lui soumet la fameuse dédicace datée de 1954 («A Pierre Perret avec des années de retard et mes cordialités»). L'auteur des Zozos la trouve tracée d'une main étonnamment ferme par un vieillard qui mourra deux ans plus tard, mais il authentifie l'écriture. Le texte lui paraît étrange, aussi. Me Szpiner lui demande si, selon lui, Christian Millau, qui a témoigné mardi, a réellement rencontré l'écrivain: il en doute. Si on le pousse un peu, le cinéaste va peut-être déclarer que Pierre Perret n'existe pas, mais le président Boyer, en grande forme, recadre les débats et, pour la deuxième fois, rappelle à l'ordre Mme Delassein, dont l'attitude par trop désinvolte l'agace.
«Invraisemblances»
On tourne en rond. Brassens, Léautaud, Béart, une incursion de Line Renaud en meneuse de revue, le tribunal dérive vers les attrayants rivages de la somnolence sur sofa germanopratin d'époque. C'est alors que surgit un témoin cité par la défense de Mme Delassein: Jean-Jacques Lefrère, 56 ans, est professeur de médecine, mais aussi historien reconnu de la littérature. Il a signé, en décembre 2010, dans La Revue des deux mondes, un article sur l'affaire Perret-Léautaud et explique comment les «variations», les «invraisemblances», les «incohérences» du chanteur l'ont conduit à douter de l'authenticité de ses souvenirs. «Votre article est sérieux, distancié», estime le président.
Ce témoin solide, qui reconnaît ses erreurs et préfère le doute aux certitudes, est-il si bénéfique à la défense? M. Lefrère constitue la preuve vivante qu'on peut réaliser une «enquête littéraire», pour reprendre l'expression chère à Mme Delassein, sans encourir de poursuites judiciaires: à cet instant, il apparaît moins comme un témoin à décharge que comme un contre-exemple. Les débats se sont prolongés tard dans la soirée.
La secrétaire nationale d’Europe Ecologie Les Verts, Cécile Duflot, s’est désolidarisée mercredi de l’appel à voter blanc lancé par son compagnon Xavier Cantat, candidat malheureux aux cantonales à Valenton (Val-de Marne) et frère de l’ancien chanteur de Noir Désir, Bertrand Cantat.
M. Cantat, arrivé en troisième position avec 14,1% des voix derrière le candidat PCF (47,7%) et celui du FN (23,3%), a accusé le Parti communiste d’avoir propagé durant la campagne "un discours de haine" comparable à celui tenu par le FN, et a appelé à voter blanc au deuxième tour des cantonales.
M. Cantat assure avoir subi "la malhonnêteté" et "l’agressivité physique et verbale" des militants communistes. "Durant toute la campagne ces gens n’ont eu de cesse de me désigner publiquement comme "le frère d’un assassin", a ainsi affirmé le candidat.
Bertrand Cantat avait été condamné en mars 2004 à huit ans de prison pour le meurtre de l’actrice Marie Trintignant en août 2003. Il a fini de purger sa peine en juillet 2010.
"La position d’EELV est très claire, c’est d’appeler à utiliser le bulletin de vote nécessaire pour battre tous les candidats du FN, et c’est la position à Valenton comme ailleurs", a déclaré à Canal + Mme Duflot.
"Après, il y a une situation personnellement extrêmement difficile et je ne suis pas une machine bien que je sois une femme politique, et si vous permettez je vais m’arrêter là", a ajouté Mme Duflot, très émue.
"Il y a eu des choses ignominieuses qui ont été dites, ce qui explique sa position (de Xavier Cantat, ndlr) même si politiquement je ne suis pas en accord avec cette position", a-t-elle ajouté.
Le ministre des Affaires étrangères et maire de Bordeaux, Alain Juppé, a appelé mardi soir à voter en Gironde pour le candidat socialiste dans les six cantons où se déroulera un duel FN/PS au deuxième tour des cantonales, dimanche prochain. Dans un communiqué de presse, celui-ci affirme qu’il n’a « jamais transigé avec le Front national » et que « dans le cas particulier des 6 cantons girondins où se joue un duel? Front national/Parti socialiste, je recommande de voter pour le candidat républicain. »
Contacté par Infos-Bordeaux, Jacques Colombier responsable du Front national en Gironde (et qualifié pour le second tour à Pauillac) a vivement réagi : « Alain Juppé a rendu un grand service au Front national en confirmant que l’UMPS est une réalité. Il vient d’ôter le dernier doute aux électeurs UMP que seul le Front national est l’alternative au parti de la régression sociale, du mondialisme et de l’appauvrissement des Français. »
La position d’Alain Juppé est pourtant loin de faire l’unanimité au sein de l’UMP. La réunion ce matin du conseil national a même été houleuse. « Cette position est désastreuse sur le terrain », a déclaré le député Yanick Paternotte. « Ce n’est pas la même chose de voter PS dans la Sarthe (le département de François Fillon) et à Marseille », a lancé un autre élu. Allusion aux « affaires » qui mettent en cause le président sortant (PS) du conseil général Jean-Noël Guérini. L’électorat UMP va t-il suivre les consignes du maire de Bordeaux ? Pas si sûr. En janvier 2011, selon une étude TNS Sofres, 43 % des sympathisants de l’UMP souhaitaient que le parti majoritaire s’allie avec le Front national.
Cela marque une nette rupture avec les hausses des dernières années, comprises entre 1 et 3% par an. De quoi susciter une nouvelle polémique dans un contexte déjà chargé par les hausse des prix de l'essence et du gaz.
La hausse des prix de l'énergie pourrait encore s'accélérer. EDF, contrôlé à près de 85% par l'État, aurait proposé aux pouvoirs publics de répercuter la hausse des prix de l'énergie sur la facture du particulier. L'augmentation du prix de l'électricité serait comprise entre 5,1% et 6,5% par an jusqu'en 2015, inflation comprise, rapporte Les Echos. Chez EDF on indique ce matin n'avoir pas demandé formellement au gouvernement une augmentation des tarifs. Du côté du gouvernement, on dément également l'information.
Dans une déclaration à l'AFP, le ministre de l'Industrie, Eric Besson affirme: «EDF ne m'a pas transmis de demande d'augmentation des tarifs correspondant aux fourchettes citées» avant d'ajouter «en toute hypothèse, un document qui émanerait d'EDF ne saurait engager le gouvernement». Selon Eric Besson, «les décisions tarifaires à venir seront prises avec le souci de protéger le pouvoir d'achat des Français qui doivent continuer à bénéficier d'une électricité 40% moins chère que dans la moyenne des autres pays européens, grâce au parc nucléaire».
Hausse entre 28% et 37% en cinq ans
Le ministre avait toutefois déclaré en février que l'augmentation des prix de l'électricité était «inéluctable» en France afin de financer les investissements dans le parc nucléaire et le développement des énergies renouvelables. Et cette hausse devrait atteindre entre 28% et 37% en cinq ans, indique Les Echos.
L'augmentation des prix de l'électricité dépendra du prix de l'Arenh (Accès Régulé à l'électricité nucléaire historique). Dans le cadre de la libéralisation de l'électricité en Europe, loi Nome, EDF est contraint de revendre jusqu'à 25% de sa production d'énergie nucléaire à ses concurrents au prix de l'Arenh. Ce tarif n'a pas encore été fixé et continue de faire fait débat. GDF Suez milite pour un niveau de 35 euros par mégawattheure (MWh), là où le groupe présidé par Henri Proglio revendique 42 euros dès 2011 puis des hausses régulières pour arriver à 46 euros en 2015. Pour l'heure, la commission de régulation de l'énergie préconise un prix de rachat de 37,20 euros et le rapport Champsaur privilégie lui un prix de 39 euros.
Deux scénarios proposés
A terme,la loi Nome prévoit que le coût du nucléaire dans les tarifs converge vers le prix de l'Arenh d'ici 2015. Or le coût du mégawattheure est estimé à 35 euros aujourd'hui. Ainsi, pour atténuer la hausse des prix de l'électricité sur la facture du particulier, EDF a échafaudé plusieurs scénarios, rapporte Les Echos. L'électricien tricolore estime que la hausse peut atteindre 4,7% par an hors inflation et 6,5% en incluant l'inflation. Toutefois, si le gouvernement accepte une modification de certaines taxes, notamment celle permettant de financer les énergies renouvelables, la hausse annuelle des tarifs pourrait se limiter à 3,3% hors inflation et 5,1% avec l'inflation.
Serguei ChostacowitchInfo : Rocard (celui qui n'est pas tombé de la falaise de Solutré) est pour la hausse.....Comme quoi il ne faut pas focaliser sur "Sarkoland" : Gauche ou droite, tous tapent dans notre caisse ! Nous avons payés avec les impôts pour équiper le pays, "ils" revendent au privé, mais le privé n'entretient pas, cela repassera au "public" nous paieront les réparations...puis "ils" revendront au privé... (Dixit scandale de l'eau).
max vercherEt une baisse de 80% des salaires et avantages des gros bonnets d'EDF, ainsi que la fin de la quasi gratuité pour les employés,cela serait déjà pas mal
berserk991Le président du pouvoir d'achat n'a apparemment pas le pouvoir de dire au boss d'EDF, qu'il a pourtant lui-même nommé à ce poste, de ne pas augmenter les tarifs...On dirait que le président du pouvoir d'achat, qui se sert de la crise pour justifier que le pouvoir d'achat des français n'a pas augmenté, devrait se rappeler de cette excuse lorsque des hausses de tarifs d'entreprises anciennement publiques voient le jour...Le président du pouvoir d'achat ne peut peut-être pas augmenter les salaires, mais pourrait peut-être au moins demander à ceux qu'il a placés de ne pas se servir chez ceux qui attendent encore le résultat des promesses de 2007...Il n'a pas été élu pour augmenter les impôts, mais il ne me semble pas qu'il ait été élu pour laisser augmenter toutes les taxes tous les 3 mois...Le président de la République aurait-il si peu de pouvoir aujourd'hui? Au point de ne pas pouvoir intervenir auprès de responsables qu'il a lui-même nommé? Et il voudrait en plus qu'on vote pour lui? Quel intérêt?
alex boubouLamentable, et pendant ce temps les agents EDF ne payent que 10% de leurs factures, et pendant ce temps le régime de retraite des mêmes agents est en faillite le déficit est couvert par cette augmentation, et pendant ce temps on continue a financer les immigrés, là aussi il faut punir l'UMPS
coup de grisouQui est responsable de l'ouverture du marché ? Sarkozy. Qui l'a votée ? La droite ? Qu'entraine cette ouverture partout en Europe : une flambée des prix. Qui s'est présenté comme le président du pouvoir d'achat et espère se faire réélire ? Sarkozy. CQFD
Serguei ChostacowitchLa tromperie de l'escrologisme : certains pays du Nord se vantent de leur solaire, de leur éolien ? Mais ne disent pas que le gros du courant provient des autres pays équipés de centrales nucléaires ou thermiques. Vous imaginez dans ces pays ou le soleil se couche à 13h30, des escrolos qui prôneraient l'extinction de l'éclairage public et à son domicile (on se demande pourquoi ils boivent)! La m c'est toujours bien chez les autres !
NebakenezerLes citoyens sont les nouvelles vaches à lait de l'alliance Politiciens/industriels (corruption ?). La libre concurrence, soit-disant instauré dans l'intérêt des consommateurs,induit toujours une montée des prix (magouille ?). Après avoir payés la crise, on veut nous faire payer les aléas de la spéculation et de la concurrence dérégulée. Nous ne sommes que des pantins aux mains de ces voleurs en col blanc. Méfiez-vous, la colère monte ! l'esprit de révolution ne gronde pas qu'au Maghreb !
pathosC'est toujours comme ça libéralisation et privatisations conduisent toujours au final a des grosses hausses de prix (téléphonie, eau du robinet, autoroutes, Gaz, électricité et bientôt les trains) et parallèlement le service rendu se dégrade pour pouvoir dégager plus de bénéfices
Un nombre croissant de Français – et cela se traduit, de scrutin en scrutin, par des résultats toujours plus désastreux dans les urnes – ont compris que Nicolas Sarkozy est un menteur et un manipulateur prêt à saisir toutes les opportunités pour se faire mousser et redorer une image gravement ternie par un mandat calamiteux. Avec une prédilection pour le registre compassionnel censé emporter l’adhésion populaire. Hélas ! pour lui, cela prend de moins en moins dans l’opinion et tend même à alimenter le ressentiment de nos concitoyens, furieux d’être pris à répétition pour des naïfs décérébrés. Les dirigeants étrangers eux-mêmes, pourtant tenus par des contraintes diplomatiques, ne se laissent désormais plus prendre aux manœuvres du président français. Dernier en date : le Premier ministre japonais...
La tragique suite de catastrophes qui a lourdement frappé le Japon reste évidemment – sans doute pour de longues semaines encore – au cœur de l’actualité, entre les villes dévastées par le tsunami d’un côté, et l’effroyable menace que continuent de faire peser sur l’archipel les réacteurs endommagés de la centrale nucléaire de Fukushima, de l’autre. La plupart des forces armées et des secouristes nippons est toujours à pied d’œuvre pour travailler d’arrache-pied et, dans des conditions souvent pénibles, voire périlleuses, sauver ceux qui peuvent l’être et venir en aide aux sans-abris, victimes du tremblement de terre et du tsunami, ou déplacés hors du périmètre de sécurité des 30 km autour de la centrale en perdition. Et que dire de ces hommes, de ces héros, techniciens ou pompiers, qui, au péril de leur vie ou au risque de développer de terribles cancers, s’efforcent avec un admirable courage de sauver la vie de leurs concitoyens ou des habitants des pays proches ? Nous devons à tous ces gens-là un respect total.
Les responsables politiques japonais eux-mêmes, quelle que puisse être leur responsabilité dans l’implantation des centrales nucléaires, le choix des techniques opérationnelles validées naguère pour les réacteurs, et la sous-estimation de l’ampleur des tsunamis, sont pour l’heure sur le pont et préoccupés presqu’exclusivement par les opérations de sauvetage des victimes du tsunami et le refroidissement des réacteurs de Fukushima. C’est précisément dans ce contexte que Nicolas Sarkozy, désireux de montrer devant les caméras de la planète sa compassion envers le peuple japonais comme il le fait en France à chaque fait divers médiatique envers les familles des victimes, a souhaité s’inviter au Japon à l’occasion du voyage qu’il doit effectuer le 31 mars à Nankin (Chine) pour participer à un G8 consacré à la réforme du système monétaire.
Cette initiative, pour le moins déplacée en l’état actuel de la situation, n’a manifestement pas été goûtée par Monsieur Naoto Kan qui a bien autre chose à faire, dans un pays en deuil, qu’à dérouler le tatami rouge à Nicolas Sarkozy venu chercher là des points de popularité. Dans une réponse courtoise mais ferme, le Premier ministre japonais vient d’opposer un refus sans appel au président français. Nicolas Sarkozy devra, s’il souhaite toujours se rendre au Japon, attendre que les hypothèques environnementales et sanitaires liées à l’état des réacteurs de Fukushima soient levées. Attendre que les victimes aient été dénombrées et rendues à leurs familles pour un service funéraire dans les régions dévastées par le tremblement de terre et le tsunami. Attendre que la vie commence à reprendre ses droits. Attendre tout simplement que soit écoulé le délai minimum de décence qu’impose une telle série de catastrophes.
L’indécence, précisément ce que reprochaient Sarkozy et ses amis aux responsables des Verts et d’Europe Écologie lorsque ceux-ci ont pris la parole, dans les jours qui ont suivi la catastrophe nucléaire, pour demander, non dans l’immédiat comme cela a été honteusement affirmé par les caciques de l’UMP, mais dans les prochains mois, l’ouverture d’un légitime débat sur l’avenir de la filière nucléaire et l’éventualité d’un référendum.
Égocentrique et plus manipulateur que jamais, Nicolas Sarkozy voit la paille dans l’œil de ses adversaires, mais manifestement pas la poutre dans le sien. Normal, au fond, car comme le disaient avec beaucoup de bon sens les anciens : « Tel on est, on croit les autres ! »
L'Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis ont envahi le petit royaume de Bahreïn dans l'indifférence quasi générale. Pourtant l'évolution de la situation et les conséquences qui peuvent en découler sont d'une importance capitale non seulement pour la région, mais aussi pour le monde entier. Il y a trop de pétrole dans cette partie du monde et la moindre étincelle peut embraser tout le Moyen-orient.
La révolte des peuples de la région qui veulent se débarrasser des tyrans d'un autre âge peut constituer cette étincelle. A Bahreïn par exemple, la population mène depuis plus d'un mois, un magnifique combat pacifique contre le despotisme de la dynastie des Al-Khalifa au pouvoir depuis trois siècles.
Au Yémen « le peuple veut renverser le régime », c'est ce que réclament les manifestants depuis plusieurs semaines. Ali Abdallah Saleh, surnommé par son propre peuple le « boucher », est au pouvoir depuis 1978 (1978/1990 président du Yémen du Nord et depuis 1990 du Yémen réunifié).
Le même vent de révolte souffle également sur le sultanat d'Oman dirigé depuis 1970 par le sultan Qaboos qui concentre entre ses mains tous les pouvoirs. Ses ancêtres dirigeaient ce petit royaume depuis 1749 !
Cette aspiration profonde au changement inquiète évidemment les pouvoirs autoritaires en place, mais surtout l'impérialisme américain et européen. Car des régimes démocratiques, au Yémen, à Bahreïn et à Oman peuvent donner des idées et servir d'exemple aux autres peuples de la région qui subissent la même oppression, les mêmes injustices et les mêmes régimes tyranniques. En Arabie Saoudite, le peuple aspire lui aussi, comme les autres peuples arabes, à une société nouvelle débarrassée du joug de la dynastie des Al Saoud qui domine le pays depuis des siècles. Et il ne faut surtout pas que le peuple saoudien emprunte le même chemin que les peuples voisins et renverse le régime anachronique des Al Saoud serviteur local des États-Unis comme l'a fait le peuple tunisien et égyptien. Faut-il rappeler que sol saoudien renferme les plus importants gisements de pétrole au monde, et que l'Arabie Saoudite est le premier exportateur mondial et le deuxième producteur de l'or noir. Elle est à ce titre un élément clé de la sécurité énergétique des USA. Les américains sont les protecteurs armés de la dynastie saoudienne et leur soutien à la famille royale est inconditionnel.
C'est dans ce cadre général qu'il faut situer l'intervention saoudienne et émiratie à Bahreïn le 14 mars 2011, sous l’égide du Conseil de coopération du Golfe et le silence complice de Washington. Les américains comme les européens qui demandent le départ de Kadhafi et interviennent militairement en Libye, se taisent lamentablement sur cette intervention militaire saoudienne et ne formulent pas les mêmes exigences à l'égard du roi du Bahreïn.
La place de la Perle, au cœur de Manama la capitale de Bahreïn et haut lieu de la révolte populaire, a été évacuée dans le sang le 16 mars 2011. Une répression sauvage s'est abattue sur des hommes et des femmes qui manifestaient pacifiquement contre une dictature. Et la répression se poursuit toujours. Barack Obama a demandé, dans un appel téléphonique, au roi de Bahreïn Hamad Issa Al-Khalifa « un maximum de retenue » !
Alors que l'impérialisme américain et européen interviennent militairement en Libye « pour assurer la protection des civils », la population de Bahreïn, elle, non seulement n'a pas le droit à cette protection, mais on la réprime violemment avec l'aide des armées étrangères sous l'œil bienveillant des États-Unis. Il faut préciser que c'est à Bahreïn que se trouvent le quartier général de la Ve flotte et le port d'attache des bâtiments de guerre américains. Bahreïn occupe également une position stratégique entre l'Arabie Saoudite, l'Irak, le Koweït et l'Iran. Les revendications démocratiques de la population ne pèsent donc pas lourd face aux intérêts de la bourgeoisie américaine. Obama et son administration, qui ne font que gérer les intérêts de la classe dominante américaine, ont choisi le camp de la dictature de la dynastie des Al-Khalifa.
« Le boucher » du Yémen, Ali Abdallah Saleh au pouvoir depuis 32 ans, continue à massacrer sa propre population avec, là encore, le silence complice des États-Unis et de l'Europe. Rien que pour la journée de vendredi 18 mars, selon l'AFP, la répression a fait 52 morts et 126 blessés. C'est que Abdallah Saleh est considéré comme un allié par les américains dans « la lutte contre Al-Qaïda ».
Une fois encore, on invoque l'humanitaire pour intervenir en Libye riche en pétrole, et on soutient des dictatures en Arabie Saoudite, à Bahreïn, à Oman et au Yémen, des régimes qui massacrent leur population. L'humanitaire est ainsi utilisé comme prétexte pour servir les puissants ; il est au service du capital (1). Mais à Bahreïn comme au Yémen, la vie humaine n'a pas de valeur tout comme les aspirations des peuples au changement. Seuls comptent les intérêts des riches minorités nationales et occidentales. Pour les défendre, on n'hésite pas à s'allier avec les pires dictatures !
Aux yeux de l'impérialisme, Kadhafi, contrairement aux autres tyrans arabes, n'est pas tout à fait fiable. Le despote libyen, au pouvoir depuis 42 ans, reste pour les occidentaux « un mauvais dictateur ». Il faut se hâter à le renverser et s' installer en Libye pour mieux contrôler ses ressources pétrolières et étouffer lesaspirations et le processus démocratique enclenchés par les révolutions tunisienne et égyptienne(2).
Les peuples de Bahreïn, du Yémen, de l'Arabie Saoudite et tous les peuples arabes aspirent profondément à se débarrasser des tyrans d'un autre âge soutenus par les bourgeoisies américaines et européennes qui veulent faire tourner les roues de l'histoire en arrière. Il faut partout dénoncer l'impérialisme dont les intérêts sont totalement incompatibles avec ceux des peuples. Et il est également de notre devoir de soutenir les luttes des masses arabes opprimées qui sont déterminées à prendre leur destin en main en offrant généreusement des martyrs par centaines et des blessées par milliers pour une société meilleure.
Ah que, cocorico, coco ! Frankie (c’est bon) retourne en équipe de France. Et pour l’occasion il vient s’excuser devant la presse : Condition visiblement imposée par la Fédération Française de Foot qui a publié son communiqué écrit avant qu’il ne le lise devant les caméras.
Ribery est-il sincère ?
Faut-il croire Ribery ? Sa contrition est-elle sincère ? Pour s’en faire une idée il faut le regarder en vidéo (lien en fin de billet, version resserrée). Il y a deux séquences. L’une est la lecture du communiqué. L’autre est la prestation en direct, sans texte. Et les deux séquences sont radicalement différentes. Au point d’en être troublantes.
La séquence des excuses est banale. Formelle et convenue. Aucune émotion, aucune intériorité, rien de personnel. Ennuyeuse. Ton froid sans ressenti. Etonnant pour quelqu’un qui est supposé reconnaître des erreurs. Dans les mots il les reconnaît. Dans les mots. Pas dans l’émotion, pas dans le ressenti. Il n’habite pas le texte. Et le fait de lire n’explique pas tout. Il aurait pu développer, prendre à part, improviser avec ses tripes (il le fait si bien plus loin). Non. Rien de cela.
Je note d’ailleurs qu’il dit : « Je m’excuse » et non pas : « Je présente mes excuses ». Cette formule n’est pas anodine. Même si elle n’est pas rare elle n’est pas le signe d’une culture pauvre ou d’une limitation intellectuelle, comme j’ai pu le lire ça et là à son propos. Non, c’est une formule précise. En s’excusant soi-même on ne se met pas en humilité devant ceux que l’on a trahis. On ne se met donc pas en humilité devant soi-même. On ne reconnaît pas ses torts. On s’absout soi-même. On n’a rien appris de ses erreurs.
D’ailleurs il croche sur le texte du communiqué comme si ce n’était pas lui qui l’avait écrit. Pourtant il sait parler quand cela le touche. C’est la deuxième séquence, sans texte, sans prompteur. Il parle en direct, du vécu, du ressenti. Et que dit-il ? Que des choses ont été racontées contre lui. Que les journalistes ont chargé, se sont acharnés sur lui et sur sa femme. Il se pose en victime. En victime ! Aucun lien, aucune cohérence avec ce qu’il dit avant.
Le vrai communiqué Dans cette conférence de presse il est en service commandé, cela se voit. Il n’a pas décidé de parler de lui-même. Il y a beaucoup d’argent à la clé. Alors il joue à l’enfant contrit. Mais directement après il se reprend et endosse la posture si valorisante et bénéfique de la victime.
La vie de Ribery lui appartient. Il peut coucher avec qui il veut et se faire balancer à la police par la première escort girl mineure venue. Elle n’est pas la première à rôder autour des terrains pour chercher une bonne affaire. Lui fait ce qu’il veut de son argent. Il peut cracher dans la soupe et participer au suicide de l’équipe de France au dernier Mondial, tout en étant grassement payé pour cela. L’époque est ainsi : les escorts girls de luxe marchent sur la tête de riches frustrés sexuels. Ça n’est pas nouveau.
Je me fiche de la vie de Ribery. Pourtant j’étais fan de son jeu au début. Comme beaucoup j’admirais ses fulgurances sur le terrain. J’en parle aujourd’hui parce qu’il est censé faire une confession publique. En fait il prend les gens pour des cons.
Pourquoi n’a-t-il pas plus de courage et de franchise ? Par exemple en se fendant d’un vrai communiqué :
« Bonjour. Je suis obligé de vous présenter des excuses pour pouvoir jouer à nouveau avec les bleus et en tirer gloire et blé. La thune m’intéresse, alors je m’excuse. Enfin, officiellement. Mais comme vous pouvez le voir je m’en balance. Je ne regrette rien de ce que j’ai fait. Et comme vous êtes des salauds et que vous m’avez sali vous ne valez pas plus. La victime c’est moi. »
Ce serait plus franc(k). Je parlais hier du cynisme. Le cynisme est plus honnête que la contrition sur commande. Mais personne ne veut entendre ce cynisme, qui pourtant poserait des balises claires dans la communication.
Aujourd’hui les français croiront peut-être Ribery. Aujourd’hui Zahia fait partie des VIP comme Ruby en Italie. Et TF1 passe une nouvelle téléréalité : Carré VIP.
Vous croyiez avoir vu le plus bête avec le mondial en 2010, ou avec Secret Story ? Non, il y a pire !
Les français sont des veaux, disait le général De Gaulle. Je me demande si les veaux n'ont pas plus de dignité que le pitoyable spectacle que propose parfois la télé.
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