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Libye: des liens entre les insurgés et Al-Qaïda

27/03/2011 23:02



Libye: des liens entre les insurgés et Al-Qaïda

1804422696.jpg al-Hasidi.jpg

Abdul Hakim el-Hasadi

« Les membres d’Al Qaïda sont de bons musulmans et luttent contre l’envahisseur ». L’homme qui s’exprime ainsi, dans les colonnes d’un quotidien italien sérieux Il Sole/24 Ore s’appelle Abdul Hakim el-Hasadi. Il est l’un des responsables des insurgés libyens, dans la ville de Derna. Il est donc l’un de nos alliés.

 Une analyse de Jean-Dominique Merchet, des informations complétées par celles de notre confrère de theatrum -belli.com qui s’appuie sur un rapport américain très officiel qui montre que la Cyrénaïque (région des insurgés « démocrates ») est un foyer du jihadisme international.

El-Hasadi a combattu dans les rangs islamistes en Afghanistan, jusqu’en 2002, date à laquelle il a été arrêté par les Américains…

 

Le journal italien rapporte que la radio locale de Derna diffuse des messages d’un speaker tels que « Chers frères qui avez combattu en Irak et en Afghanistan ( contre les Américains – ndlr), il est maintenant temps de défendre votre terre ». Un certain nombre de djihadistes, de l’ordre de 25, auraient ainsi rejoint la rébellion. « Ce sont des patriotes et de bons musulmans, pas des terroristes », assure El-Hasadi. Le Daily Telegraph britannique consacre un article à cette affaire.

 

Certes, la présence d’islamistes radicaux dans les rangs des insurgés est l’un des axes de propagande de Kadhafi. Mais n’y-a-t-il pas une part de vérité dans ces accusations ? La question mérite d’être posée. Que Kadhafi soit un ennemi juré d’Al Qaïda, nul ne l’ignore et surtout pas les services occidentaux qui coopèrent avec lui depuis 2007 dans le traque des fidèles de Ben Laden…

 

Ceux-ci ne cachent d’ailleurs pas leur préférence. Dans un communiqué du 24 février, AQMI (Al Qaida au Maghreb islamique) affirmait : « Nous déclarons notre soutien et notre aide à la révolution libyenne et à ses demandes légitimes, et nous assurons notre peuple en Libye que nous sommes avec vous et que nous ne vous laisserons pas tomber », Le monde est parfois compliqué : nous voilà engagés dans une guerre dans le même camp qu’AQMI, ce groupe qui retient en otage des Français au Sahel et qui parfois les tuent, ce groupe que les forces spéciales sont allés combattre…

 

Si l’on en croit le président tchadien Idriss Deby, dans un entretien à Jeune Afrique à paraître ce lundi, AQMI aurait d’ailleurs profité du soulèvement en Libye pour s’emparer de missiles sol-air. « Les islamistes d’Al-Qaïda ont profité du pillage des arsenaux en zone rebelle pour s’approvisionner en armes, y compris en missiles sol-air, qui ont été par la suite exfiltrés dans leurs sanctuaires du Ténéré », Si c’est exact, et nous n’en savons rien, c’est une très mauvaise nouvelle pour les militaires français présents au Sahel…

 

 

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Opération antidrogue sur les pistes de ski

27/03/2011 07:53



Opération antidrogue sur les pistes de ski Le chien des douanes est capable de détecter les effluves de drogues./Photo DDM, José Navarro Le berger belge malinois dresse les oreilles et se met à aboyer. Il a trouvé. Devant lui, le visage du jeune homme se décompose. Un douanier le fait sortir des rangs. Quelques secondes lui suffisent pour trouver une petite boulette de résine de cannabis dans ses poches. Il est 9 h 30. Les premiers skieurs s'ébattent sur le champ de neige largement pourvu de Piau-Engaly. Pour ce skieur espagnol et ses amis, c'est le début des problèmes. Pris dans l'opération coup-de-poing antidrogue initiée par le préfet des Hautes-Pyrénées René Bidal et Chantal Firmigier-Michel, le procureur de la République, les quatre skieurs espagnols en sont quittes pour payer une amende aux douanes françaises proportionnelle à la quantité de stupéfiant trouvée. Ils n'ont d'autre choix que d'aller retirer de l'argent liquide au distributeur de la station pour payer leur amende et pouvoir repartir avec leur véhicule. Pendant qu'on relève leurs identités, Vigo, le chien renifleur poursuit l'exploration de la voiture, encouragé par Jean-Luc Maury-Papot, maître-chien au PSIG d'Auch. Dans l'habitacle ou le coffre, Vigo marque plusieurs endroits en grattant. Rien n'échappe à son flair. Les investigations permettront de découvrir quelques autres boulettes. Rien à voir avec un trafic, selon le procureur Chantal Firmigier-Michel : « Il s'agit de petites quantités correspondant à la consommation d'un jour. » Vigo commence à tourner autour d'une Renault 4 immatriculée en Haute-Garonne qui patiente dans la file. Le passager avant ne cherche même pas à dissimuler. Il tend une grosse boulette de résine de cannabis et un « pétard » à un gendarme : « Vous ne voulez pas me laisser le joint… Comment je vais faire ? » lâche-t-il au militaire médusé. « Ma collègue n'en a pas sur elle, mais elle a le droit d'en fumer… » tente-t-il encore. Tellement banalisée, la consommation de cannabis semble aller de soi pour de nombreux consommateurs occasionnels ou habituels. En témoignent les réactions surprises des personnes contrôlées en possession de stupéfiants comme de l'herbe, de la résine de cannabis et même quelques grammes de cocaïne. Au final, gendarmes et douaniers ont ouvert douze procédures. Les personnes impliquées feront l'objet d'une convocation judiciaire en vue d'une composition pénale, précise Chantal Firmigier-Michel. L'avertissement est clair. D'autres opérations sont d'ores et déjà prévues dans d'autres stations de ski. « Il n'y a aucune zone de non droit » « Le message est clair : il n'y a sur le département des Hautes-Pyrénées aucune zone de non-droit. Les quartiers comme les espaces de loisirs seront contrôlés » explique René Bidal, le préfet des Hautes-Pyrénées. Après Laubadère et Solazur à Tarbes, il a décidé d'organiser avec Chantal Firmigier-Michel, procureur de la République, cette opération coup-de-poing à l'entrée de la station de ski de Piau-Engaly. « C'est une première opération. Il y en aura d'autres dans les autres stations de ski » prévient Mme Firmigier-Michel : « Le ski est un sport dangereux. Dans au moins 4 accidents de ski actuellement sur mon bureau, les auteurs étaient sous l'emprise de stupéfiants. » Le chiffre : 12 procédures > Stupéfiants. C'est le nombre de procédures ouvertes impliquant des personnes en possession de cannabis, d'herbe et d'un peu de cocaïne. http://www.ladepeche.fr/article/2011/03/27/1044745-Operation-antidrogue-sur-les-pistes-de-ski.html




Mariage laïc : appliquons la loi !Quel qu'en soit le prix .Islam. Multiplication des unions religieuses sans mariage civil.

27/03/2011 04:25



Islam. Multiplication des unions religieuses sans mariage civil.

Mariage laïc : appliquons la loi !

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A quoi va servir la journée du 5 avril prochain, consacrée à la laïcité ? À rappeler que nous sommes dans une république laïque, que nos institutions ainsi que notre droit sont laïcs ? Concrètement, quel est son but ? Si la volonté des pouvoirs publics est vraiment de rappeler le principe de la laïcité, pourquoi n’appliquent-ils pas tout simplement les règles de droit qui imposent cette laïcité ? En particulier, pourquoi ne contraignent- ils pas les musulmans de France à respecter l’obligation du mariage civil – donc laïc – avant toute célébration d’un mariage religieux ?

Au contraire, force est de constater l’inertie de l’État face à la multiplication des mariages religieux musulmans célébrés sans mariage civil. L’État est frileux voire réticent à faire appliquer l’article 433-21 du code pénal qui sanctionne tout ministre d’un culte qui procède, de manière habituelle, aux cérémonies religieuses de mariage sans que lui ait été justifié l’acte de mariage préalablement reçu par les officiers de l’état civil. L’auteur de l’infraction encourt alors six mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende. Les autorités publiques ne peuvent plaider l’ignorance car la fréquence des mariages religieux musulmans illégaux est de notoriété publique. Il suffit de consulter les forums de discussions de sites marocains, algériens ou tunisiens pour s’informer. Et l’on peut supposer que les services de renseignements intérieurs ne manquent pas de le faire !

Comment expliquer l’impunité dont jouissent ces imams qui acceptent de célébrer des unions religieuses sans s’être au préalable assurés que les époux sont passés devant un officier d’état civil ? Cette règle de l’antériorité du mariage civil sur le mariage religieux existe depuis 1810, lorsque Napoléon a fait rédiger le code pénal. Autant dire qu’elle n’était pas destinée à s’appliquer à la communauté musulmane, inexistante à cette époque. La “cible” visée était l’immense majorité des Français, catholiques, qui n’acceptaient pas l’idée nouvelle de se marier ailleurs qu’à l’église.

On les y a contraints en sanctionnant méthodiquement, bien qu’avec mesure, les curés récalcitrants. Et cette règle, dans sa rédaction, était bien plus sévère qu’elle ne l’est dans l’article 433-21, remanié en 1994. Jadis, les curés encouraient, lorsqu’il y avait récidive, le bagne !

Mais au XIXe comme dans la première moitié du XXe siècle, l’intérêt public exigeait que tous les membres de notre société – quel que soit le culte de chacun – se marient publiquement devant un officier d’état civil, libre ensuite à eux de se marier – ou non – religieusement.

Aujourd’hui, la situation est la même, seuls les acteurs ont changé. Or ils viennent d’une civilisation où la polygamie est permise. La violation de la règle de la primauté de l’union civile comporte donc des effets beaucoup plus néfastes pour la société qu’au XIXe siècle. En effet, lors lorsqu’un musulman se marie seulement religieusement, il peut certes ne s’unir qu’à une seule femme mais la loi coranique l’autorise à en épouser d’autres (jusqu’à quatre). Autrement dit, du point de vue de sa religion il peut pratiquer la polygamie. En revanche, si ce même homme respectait la loi française en se mariant d’abord civilement, il serait limité à une seule épouse.

On sait que la polygamie est une pratique qui est condamnée juridiquement. (SIC!!!)

En France, en vertu des articles 147 du code civil et 433-20 du code pénal, on ne peut se marier qu’avec une seule femme à la fois. Outre le fait que la polygamie est d’une part déstructurante pour les enfants et d’autre part destructrice voire humiliante pour les femmes, à plus grande échelle elle conduit socialement à des abus intolérables. Puisque les femmes mariées à un polygame ne sont pas liées à lui civilement, du point de vue du droit ces femmes, lorsqu’elles ont des enfants, sont considérées comme élevant seules ces derniers. Elles ont donc pu percevoir, jusqu’en 2009, l’aide au parent isolé, désormais remplacé par le revenu de solidarité active (RSA), lorsqu’elles ne travaillent pas, et surtout les allocations familiales.

Car les époux polygames savent pertinemment que plus ils auront d’enfants plus le montant de ces aides d’État sera élevé. Citons le cas très médiatisé de Liès Hebbadj, polygame nantais dont l’une des femmes (selon la loi religieuse musulmane) a été verbalisée au volant de sa voiture en raison de sa tenue (un voile qui lui recouvrait le visage) qui restreignait son champ de vision. Cet homme a quinze enfants de quatre femmes différentes, dont trois avec lesquelles il n’est lié que religieusement, bien sûr en toute illégalité. Il a très bien compris que les enfants sont source de revenus.

Aussi la polygamie doit-elle être combattue, bien que, selon ses partisans, elle honore la femme (sic).

Le moyen le plus neutre politiquement et le plus efficace pour lutter contre cette pratique est d’empêcher tout mariage religieux sans mariage civil préalable. Cela sera bien plus efficace que toutes les journées consacrées à la laïcité. De plus, on ne pourra reprocher à personne de stigmatiser les musulmans. La loi n’est-elle pas la même pour tous ? (re-SIC)

Sigrid Choffée-Harouel, universitaire

Dernier ouvrage paru : la Mairie avant la mosquée, Éditions Jean-Cyrille Godefroy, 2011.

Photo © Patrick Iafrate

http://www.valeursactuelles.com/parlons-vrai/parlons-vrai/mariage-la%C3%AFc-appliquons-loi20110324.html


 

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Notre Opinion

mercredi, 23/03/2011
Par François d'Orcival

Pour désigner leur opération en Libye, les Français ont emprunté à une langue africaine un mot du XVIIIe siècle, “Harmattan”, qui signifie “vent chaud et sec soufflant de l’est”. Les Américains qui aiment les images l’ont appelée “Aube de l’odyssée”. Quant aux Britanniques, ils ont confié leur recherche à un ordinateur ; celui-ci leur a fourni le mot “Ellamy”. Inutile de vouloir lui trouver une signification, disent les Anglais : quand on fait la guerre, on fait la guerre. Point.

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mercredi, 23/03/2011
Par Guillaume Roquette

Une fois n’est pas coutume, la droite se divise pour de bonnes raisons. Il n’est pas indigne de vouloir faire barrage au Front national, y compris en appelant à voter pour la gauche au second tour des cantonales. Le seul problème, c’est que c’est idiot. Parce que c’est le plus beau cadeau que l’on puisse faire à Marine Le Pen.

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mercredi, 23/03/2011
Par Éric Branca

Qu’on la regrette ou qu’on s’en félicite, l’exception française existe bien. Pour “simplifier” la vie politique en la résumant à l’alternance de deux grands partis de gouvernement, Jacques Chirac avait inventé l’UMP, née de la fusion, en 2002, des trois forces qui, depuis 1958, constituaient la droite parlementaire : les gaullistes, les centristes et les libéraux.

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mercredi, 23/03/2011
Par Catherine Nay

On peut dire et penser ce que l’on veut de Nicolas Sarkozy. On doit lui reconnaître une force de conviction et d’entraînement hors norme. Illustration : le sommet organisé samedi à l’Élysée. Quelle affiche ! Ils étaient vingt-deux autour de la table : Hillary Clinton, Ban Ki-moon, Van Rumpoy, Angela Merkel, David Cameron… pour ne citer qu’eux.

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mercredi, 23/03/2011
Par Olivier Duhamel

Les actions militaires engagées en Libye bénéficient en apparence d’un consensus assez large. Peu de voix les ont contestées dans notre pays. Les opinions se divisent pourtant sur la question. S’opposent par exemple les humanitaires interventionnistes et les altermondialistes pacifistes.

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mercredi, 23/03/2011
Par David Victoroff

Après le tumulte suscité par la réforme des retraites l’an dernier, il est surprenant que la négociation sur les régimes complémentaires menée par les syndicats de salariés et les représentants du patronat ait eu si peu d’échos. Pourtant les pensions servies par l’Arrco (qui concerne tous les salariés) et l’Agirc (les cadres) représentent pour beaucoup de retraités une partie substantielle de leurs revenus. Il était donc essentiel que les partenaires sociaux parviennent à un accord pour garantir l’avenir des retraites au moins pour quelque temps.

 

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mercredi, 23/03/2011
Par Denis Tillinac

L’opinion publique s’oppose très majoritairement au retour d’Évra et de Ribéry en équipe de France : tel est le verdict de plusieurs sondages parus la semaine dernière, comme si le sujet rivalisait en importance avec le drame du Japon et la guerre en Libye. Blanc, le sélectionneur des Bleus, vient de réintégrer ces deux joueurs, coupables d’avoir fomenté en Afrique du Sud, lors du dernier Mondial, une rébellion de cour de récré qui ridiculisa leur équipe, son sélectionneur de l’époque, les dirigeants fédéraux et les ministres concernés.

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mercredi, 23/03/2011
Par Frédéric Pons

Dans la tourmente arabe actuelle, le régime algérien semble assez bien s’en sortir, comme si sa gabegie, la corruption et la pression policière restaient sans effet. L’Algérie a connu elle aussi des émeutes graves mais l’effet Facebook ou Twitter n’a pas joué, prime – injuste – offerte à la sous-alphabétisation du pays. Moins éduquée et moins connectée qu’en Tunisie, l’opposition algérienne n’a pas réussi à mobiliser les foules, ni relayé les images de la répression.

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mercredi, 23/03/2011
Par Eugène de Rastignac

Très jeune, il a offert une vague ressemblance avec Bonaparte général ; cette ressemblance se continue encore autant qu’un homme aux yeux noirs, à la chevelure épaisse et brune peut ressembler à ce souverain aux yeux bleus, aux cheveux châtains. Dans le caractère, mon cousin, tout le distingue cependant du vainqueur d’Arcole, de Marengo et d’Austerlitz.

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Shakespeare, l'homme qui aimait les rois, par Philippe Barthelet.
Trop de peines ne sont pas exécutées, entretien avec Xavier Bebin.
La fragilité rayonnante de Loney, Dear, par Laurent Dandrieu.
François Nourissier, la confession du soir, par Bruno de Cessole.
Le cerveau, éternel casse-tête, par Virginie Jacoberger-Lavoué.




Chantal Brunel l’imprévisible .Portrait. "J'ai dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas."

27/03/2011 04:11



Portrait. "J'ai dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas."

Chantal Brunel l’imprévisible

dans
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Chantal BrunelUn jour elle critique la politique fiscale du gouvernement ; un autre elle veut renvoyer les immigrés clandestins dans des bateaux. Ses collègues UMP s’agacent. Qui est Chantal Brunel ?

Gaffeuse, provocatrice, experte en publicité ou les trois à la fois ? En tout cas, la députée UMP de Seine-et-Marne Chantal Brunel sait faire parler d’elle. À peine avait-elle déclaré, le 8 mars, sur un ton badin, qu’il fallait “remettre dans les bateaux” les immigrés clandestins en provenance de la Méditerranée que ce fut l’hallali. Dans son propre camp comme dans celui de la gauche, le député UMP villepiniste Jacques Le Guen allant jusqu’à réclamer l’exclusion du parti de la députée… « Le Guen ? connais pas ! », répond, mi-goguenarde, mi-sérieuse, Chantal Brunel.

Avant de préciser : « J’ai peut-être été maladroite en me livrant à ce raccourci. Mais je le maintiens : si nous pouvons accueillir l’immigration illégale humanitaire, nous ne pouvons faire de même avec l’immigration illégale économique. C’est de ce phénomène-là que je parlais. » Avant d’ajouter : « Vous savez, j’ai dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Sinon, croyez-vous que j’aurais reçu 1 500 mails et lettres de soutien ? » Et de marteler : « Jamais je n’appellerai à voter pour le Front national. Au fond, je ne suis pas loin de partager ce que disait Michel Rocard lorsqu’il déclarait que la France ne pouvait accueillir toute la misère du monde… »

La parlementaire, qui ne manque pas de mémoire, sort alors une lettre du secrétaire général du Parti communiste, Georges Marchais, datant du 6 janvier 1981 et reproduite dans l’Humanité de l’époque : « En raison de la présence en France de près de 4 millions et demi de travailleurs immigrés et de membres de leurs familles, la poursuite de l’immigration pose aujourd’hui de graves problèmes. Il faut les regarder en face et prendre rapidement les mesures indispensables. La cote d’alerte est atteinte : il faut stopper l’immigration officielle et clandestine. »

Mélange détonnant d’un style très BCBG avec un accent de titi parisien, l’élue de Seine-et-Marne revendique trois vies. La première, après Sciences Po et une licence ès lettres, sera tout entière vouée à Valéry Giscard d’Estaing et à ses ministres (comme Christian Bonnet), mais aussi à d’autres personnalités issues du gaullisme comme Albin Chalandon et Jean Foyer. 

Déjà elle se frotte à la politique. Comme en 1978, où elle se présente aux législatives, sous l’étiquette UDF-PR, dans le Loiret. C’est l’échec. Mai 1981 : victoire de François Mitterrand. « Du jour au lendemain, je n’étais plus rien. Des gens à qui j’avais rendu d’immenses services changeaient de trottoir lorsqu’ils me voyaient », se souvient, amère, Chantal Brunel.

Commence alors une deuxième existence, tournée vers le monde économique. D’abord chargée des relations institutionnelles chez Tetra Pak, groupe suédois d’emballage, elle entre ensuite dans une agence de publicité réputée, Bélier. Chantal Brunel ne s’y plaît guère. Que faire ? Boulimique, elle rachète une imprimerie de labeur à Torcy, en Seine-et-Marne. Qu’elle développe, la faisant passer d’une dizaine d’employés à trente…

En 1998, le virus de la politique la reprend. Elle est candidate aux régionales en Seine-et-Marne, en deuxième position derrière l’indéboulonnable Didier Julia, député depuis 1967. Arrivent les législatives de 2002. Elle veut y aller. Hélas ! la place est prise : c’est Hugues Rondeau, maire de Bussy-Saint-Georges, qui doit recevoir l’investiture. Tant pis. Ce sera pour une prochaine fois… Sauf que le 3 mai 2002, Chantal Brunel se trouve finalement investie contre une partie de la classe politique locale. Dure période. La candidate ne se démonte pas. Au cours de la campagne, elle fait venir Bernadette Chirac. Un nom qui compte. Bien vu : Chantal est élue au second tour face au socialiste, avec 1 800 voix d’avance. Cinq ans plus tard, dans la foulée de la vague sarkozyste, la voilà réélue, toujours face à un socialiste. Au cours de ce deuxième mandat, elle sort de l’anonymat. En s’occupant entre autres des problèmes de société comme les violences faites aux femmes.

Décidément imprévisible, il lui arrive même de fâcher son propre camp – déjà ! –, comme ce mardi 22 avril 2008, lors de la rituelle séance des questions orales au gouvernement. Ce jour-là, sans crier gare, elle dénonce les niches fiscales qui permettent aux plus riches d’échapper à l’impôt. Les députés de la majorité n’en croient pas leurs oreilles. Ceux du PS lui font une standing ovation. C’est le monde à l’envers ! François Fillon est agacé. À quoi joue la parlementaire ? Elle révélera plus tard que la question avait été suggérée par l’Élysée… Gilles Gaetner

À lire également sur valeursactuelles.com :
La droite au bord de l'explosion, par Arnaud Folch
Chasses aux sorcières, par Denis Tillinac

Photo © Patrick Iafrate 


Davantage d'Actualités

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Valeurs actuelles cette semaine


Ecolos : guerre à l'atome
, par Fabrice Madouas.
Des cantonales à la marseillaise, par Jean-Michel Verne.
Présidentielle : l'enjeu sécuritaire, par Fabrice Madouas.
Peillon, un philosophe dans l'arène, par Valentin Goux.
"Parvis des gentils", dialogue avec les non-croyants, par Laurent Dandrieu.
Le Pentagone sous pression, par Sophie Bellemanière.
Coup de spleen outre-Rhin, par Caroline Bruneau.
Strindberg entre génie et névrose, par Alfred Eibel.
Littérature jeunesse : talents nordiques, par Virginie Jacoberger-Lavoué.
S'évader entre mer et golf, par Virginie Jacoberger-Lavoué.

Royal hors jeu ; Loppsi 2 amputée ; Nationalité : l'UMP divisée ; Renault : fin d'un cauchemar ; Rixe meurtrière à Asnières ; et bien d'autres chose encore...






Les incompétentes badernes dorées :L'OTAN admet avoir tué des civils "par erreur" en Afghanistan

27/03/2011 04:08



L'OTAN admet avoir tué des civils "par erreur" en Afghanistan

LEMONDE.FR avec AFP | 26.03.11 | 15h27


 
 

Des marines américains tirent un missile, le 8 février 2011.

Des marines américains tirent un missile, le 8 février 2011.AFP/DMITRY KOSTYUKOV

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Plusieurs civils ont été tués ou blessés vendredi 25 mars  dans une frappe aérienne de la force internationale de l'OTAN (ISAF) en Afghanistan, dans la province méridionale du Helmand, fief des insurgés talibans, a annoncé l'Isaf samedi, sans préciser le nombre de victimes.

 

Les appareils de l'OTAN ont visé deux véhicules supposés transporter un chef taliban et ses adjoints, mais il s'est ensuite avéré qu'il s'agissait de civils, a expliqué l'organisation, précisant qu'une enquête avait été ouverte. La province du Helmand est un bastion des talibans, chassés du pouvoir à la fin 2001 et qui mènent depuis une insurrection contre le gouvernement de Kaboul et la force de l'OTAN qui le soutient.

Aucun responsable n'a pu être joint dans la province, où les réseaux de téléphonie mobile sont coupés depuis mercredi par les opérateurs, sur injonction des insurgés talibans. Ces derniers ordonnent régulièrement la coupure des réseaux, notamment pendant les offensives de l'OTAN, menaçant les compagnies d'attaquer leurs installations si elles n'obtemptèrent pas. Les lignes terrestres sont quasi-inexistantes dans le pays.

PREMIÈRES VICTIMES DU CONFLIT

Les civils sont les premières victimes du conflit afghan, entré dans sa dixième année. L'année 2010 a été la plus meurtrière pour les civils (2 777 morts), a récemment annoncé l'ONU, précisant néanmoins que plus de 75 % des victimes civiles (tués et blessés) étaient liées aux insurgés et que le nombre de celles dues aux opérations de l'OTAN avaient baissé de 21 % par rapport à 2009. L'Otan est néanmoins mise en cause dans plusieurs bavures depuis le début de l'année. Les autorités afghanes l'accusent notamment d'avoir tué plus de 70 civils dont onze enfants dans plusieurs bombardements depuis fin février dans la province orientale, Kunar, fief des insurgés frontalier du Pakistan.

L'Isaf a reconnu avoir tué neuf civils dans l'un d'eux, sans confirmer s'il s'agissait d'enfants, et en avoir blessé jusqu'à neuf dans un autre. Ces pertes civiles ont provoqué la colère du président afghan Hamid Karzaï qui avait demandé mi-mars à l'OTAN de cesser ses opérations militaires dans le pays pour éviter de tuer des civils. Son homologue américain Barack Obama lui avait présenté ses excuses pour la mort de neuf civils.

Le président Karzaï a officiellement lancé mardi le processus de transition, qui doit voir les forces afghanes prendre progressivement la responsabilité de la sécurité sur l'ensemble territoire afghan d'ici la fin 2014. La capitale du Helmand, Lashkar Gah, est l'une des sept zones choisie pour la première phase du processus, où la responsabilité de la sécurité va changer de main dès l'été 2011.

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2011/03/26/l-otan-admet-avoir-tue-des-civils-par-erreur-en-afghanistan_1499199_3216.html

Les faits Afghanistan : "Der Spiegel" publie des photos compromettantes pour l'armée américaine




Bahreïn : l’empire contre-attaque.Sous les réformes annoncées, la répression est à l’œuvre et c’est l’Arabie saoudite qui est à la manœuvre.

27/03/2011 04:05



Bahreïn : l’empire contre-attaque
Olivier Da Lage

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24 mars 2011

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Sous les réformes annoncées, la répression est à l’œuvre et c’est l’Arabie saoudite qui est à la manœuvre.

 

Enfin ! Enfin, le pont-digue reliant Bahreïn à la terre ferme sert à ce pourquoi il a véritablement été conçu : rétablir l’ordre dans le petit royaume grâce aux troupes du grand royaume voisin. Lorsque le contrat a été signé en juillet 1981, c’est déjà ce qu’on disait. Lorsque le pont-digue a été inauguré en décembre 1986, on le susurrait encore : la raison d’être de cet ouvrage d’un milliard de dollars, entièrement financé par l’Arabie Saoudite et construit par un consortium dirigé par le groupe néerlandais Ballast Nedam est de pouvoir dépêcher en quelques heures des unités de la garde nationale saoudienne dans l’émirat voisin (ce n’était pas encore un royaume) afin d’y mater tout début d’insurrection chiite.

 

Lors de l’intifada de 1994-1995, on a parfois évoqué la présence de telles unités, mais cela ne s’est pas (du moins à ma connaissance) vérifié. Ces derniers jours, alors que les souks de Manama bruissaient de rumeurs d’envoi de forces saoudiennes dans l’île rebelle, les milieux officiels consentaient à évoquer la présence d’experts saoudiens. Mais aujourd’hui, c’est officiel : telles les armées du Pacte de Varsovie envahissant en août 1968 la Tchécoslovaquie pour mettre fin au Printemps de Prague au nom de la fraternelle solidarité du camp socialiste face aux menées contre-révolutionnaires encouragées par les impérialistes, on voit aujourd’hui les forces d’Arabie Saoudite, des Émirats arabes unis –à l’heure où j’écris ces lignes, il n’est pas question du Koweït ni du Qatar– traverser les 25 kilomètres de bras de mer séparant Bahreïn de la terre ferme pour mettre en œuvre la « doctrine Abdallah de souveraineté limitée » au sein des monarchies du Golfe.

 

La veille, le roi de Bahreïn, cheikh Hamad Ben Issa Al Khalifa, et son fils Salman, le prince héritier, parlaient de dialogue et de réconciliation. À l’heure où ces généreuses paroles d’espoir étaient prononcées, ils ne pouvaient ignorer l’invasion qui se préparait. De deux choses l’une : ou bien la venue de ces troupes des pays « frères » du Conseil de coopération du Golfe s’est faite à leur demande, et la duplicité dont ils ont fait preuve laissera des traces profondes à Bahreïn, ou bien ils ont été placés devant le fait accompli, un diktat comparable à celui subi par Dubcek lorsqu’il fut sommé de s’expliquer à Moscou devant Leonid Brejnev, et cela n’augure rien de bon non plus pour les réformes politiques à Bahreïn et la capacité de ses dirigeants à reprendre l’initiative.

 

La balance est inégale et, dans un premier temps du moins, la force prévaudra. Le prince Nayef, chef de toutes les polices d’Arabie (et désormais de Bahreïn) pourra dire : « l’ordre règne à Manama ». Mais les apparences sont trompeuses. Car la société bahreïnie est habituée à la répression. La structure villageoise et rurale de ce micro-pays en font un territoire impossible à contrôler complètement. À peine a-t-on plaqué un couvercle sur un village en ébullition que c’est le village voisin qui reprend le flambeau. Les forces saoudiennes ne sont pas rompues aux techniques de maintien de l’ordre en gardant le sens de la mesure. Sans aucun doute, il y aura des morts, le meilleur carburant de toute insurrection, spécialement dans le monde chiite, prompt à célébrer les martyrs pour nourrir un désir de revanche inassouvi. La tension va monter dans la perspective du 27 mars, l’arbaïn (quarantième jour de la mort ) des premiers martyrs du printemps de Manama. Et par un intéressant phénomène de vases communicants, si les forces de répression peuvent traverser le pont d’ouest en est, les idées subversives peuvent faire le chemin inverse et gagner la communauté chiite concentrée dans la province orientale de l’Arabie.

 

C’est un bien dangereux cadeau que viennent d’offrir les pays du Conseil de coopération du Golfe à la monarchie bahreïnie. Mais les Saoudiens, qui sont à la manœuvre, ne sont absolument pas prémunis contre l’effet boomerang de cette désolante initiative.

 

Source : Le blog d'Olivier Da Lage

http://www.michelcollon.info/Bahrein-l-empire-contre-attaque.html

 

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La guerre contre la Libye n’est ni légale, ni morale
Simon de Beer

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24 mars 2011

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Après avoir reproché aux pays occidentaux leur complicité avec les régimes tunisien et égyptien, il peut sembler incohérent de s'opposer à une intervention militaire en Libye. C'est cependant le but de cet article. Dans un premier temps, nous nous interrogerons sur la légalité de cette guerre. Dans un second temps, nous essayerons de montrer que, d'un point de vue moral, elle est totalement illégitime. Pour terminer, nous expliquerons pourquoi, selon nous, il est extrêmement dangereux de la soutenir selon le principe que, dans tous les cas, elle permettra quand même de mettre un terme aux massacres

 

Une guerre légale ?

 
 

On a beaucoup insisté dans les médias sur le fait que la guerre contre la Libye avait été autorisée par l'ONU. Le 18 mars 2011, on lisait en une dans Le Soir que le Conseil de Sécurité avait « approuvé le recours à la force ». Dans La Libre Belgique, il était écrit que l'ONU avait donné son « feu vert à des raids (1) ». Une intervention militaire, dès lors, pouvait être considérée comme légale en regard du droit international.

 
 

Bien qu'un recours à la force ait effectivement été autorisé par le Conseil de Sécurité de l'ONU, il convient de lire attentivement la résolution 1973 pour mesurer les conditions de ce recours. Le texte prévoit un usage de la force dans deux cas précis. Tout d'abord, « pour protéger les populations et les zones civiles menacées d’attaque en Jamahiriya arabe libyenne », ensuite « pour faire respecter l’interdiction de vol imposée » dans la même région. Toute intervention ne respectant pas ces deux objectifs enfreindrait donc le droit international.

 
 

Or, on a pu lire dans La Libre Belgique que la résolution a pour but, « sans le dire officiellement », de « destituer Mouammar Kadhafi (2)  ». Dans Le Soir, Baudoin Loos a même parlé – tout naturellement – de « coalition anti-Kadhafi mandatée par l'ONU (3)  ». Dans les deux cas, de petits écarts par rapport au droit ne semble pas gêner nos journalistes, les mêmes qui, rappelons-le, ont mis tant d'énergie à souligner la légalité de la guerre. Par ailleurs, il va de soi que si le but de l'intervention était réellement de protéger les civils, le cessez-le-feu décrété par Tripoli, s'il était respecté, aurait dû mettre un terme aux projets de bombardements. Mais un tel scénario, pour le journaliste Vincent Braun, aurait été inacceptable. Selon ce dernier, « il serait dommage que la communauté internationale se voie contrainte de renoncer à [l']application » de la résolution si, les combats terminés, « la protection de civiles [était] assurée (4) ... ». L'objectif des bombardements est donc clair, il s'agit, plutôt que de protéger des civils, d'en finir avec le régime de Kadhafi. Cet objectif a d'ailleurs été clairement exprimé par le premier ministre Yves Leterme, qui, selon Le Soir, a affirmé que le but de la communauté internationale était de « déloger » le colonel (5) . Or, considérée sous cet angle, la guerre contre la Libye ne respecte pas le cadre fixé par la résolution de l'ONU. Elle est donc tout simplement illégale.

 
 

Mais les partisans des bombardements objecteront que c'est d'un point de vue moral, et en raison de « nos valeurs », qu'il convient de soutenir la guerre contre la Libye. Pour répondre à cet argument, nous prendrons trois des conditions généralement exigées pour parler de guerre juste, et montrerons en quoi elles ne sont pas ici respectées.

 
 

Une guerre morale ?

 
 

Épuisement des ressources pacifiques

 
 

Une première condition, pour parler de guerre juste, est d'avoir épuisé les solutions diplomatiques et pacifiques avant de recourir à la force. Dans le cas de la Libye, où s'affrontent deux groupes armés, cela consisterait en une offre de médiation. Or, ni l'Europe ni les États-Unis n'ont fait une telle offre. Ils se sont bornés, tout comme l'ONU, à poser des ultimatums unilatéraux à Kadhafi. Le Venezuela, en revanche, a proposé une « mission de médiation internationale formée de représentants de pays d'Amérique latine, d'Europe et du Moyen-Orient pour tenter de négocier une issue entre le pouvoir libyen et les forces rebelles (6)   ». Selon Al Jazeera, qu'on ne peut suspecter d'être pro-Kadhafi, cette offre avait été acceptée par le gouvernement libyen et refusée par l'opposition, la France et les États-Unis (7) . Toute sortie de crise pacifique n'était donc peut-être pas compromise. Pourquoi, dès lors, l'Occident ne s'est-il pas engagé sur une telle voie si son but était bel et bien de « protéger les populations et les zones civiles », comme le prévoit la résolution de l'ONU ? Encore une fois, il semble que ce soit avant tout un changement de régime qui motive nos dirigeants à passer à l'action. Bombarder la Libye leur paraît plus important que de mettre fin aux massacres.

 
 

Des chances de succès

 
 

Une deuxième condition, pour parler de guerre juste, est de s'être assuré que la situation après la guerre sera meilleure que celle avant. Bien qu'on ne puisse jamais être certain des résultats d'une intervention militaire, il convient d'évaluer les risques occasionnés par celle-ci et les chances de succès. Or, que nous enseignent les exemples d'interventions occidentales dans le monde ? Depuis 1945, aucune d'entre elles ne s'est soldée par des résultats positifs. Nous ne parlerons pas ici, pour prendre un exemple récent, de la guerre en Afghanistan (10 000 civils morts), ni de celle en Irak (100 000 civils morts), mais de celle du Kosovo qui, sur bien des points, ressemble au cas de la Libye. En 1999, prétextant un génocide (8) , l'OTAN s'est lancée dans une campagne de bombardements de 78 jours contre la Serbie. Ce pays avait eu le malheur de riposter aux attaques armées d'une guérilla albanaise indépendantiste dont, ironie du sort, on apprenait récemment dans La Libre Belgique qu'elle n'était peut-être pas la glorieuse équipe de résistants que le journal avait soutenus dix ans plus tôt (9) .

 
 

Mais venons-en aux conséquences des bombardements. Avant ceux-ci, la situation au Kosovo avait été décrite par une mission de l'OSCE comme un échange de combats entre les forces de l'ordre yougoslaves et la guérilla albanaise dans les zones où celle-ci était présente (10) . Depuis 1998, ces combats avaient fait selon Amnesty plusieurs centaines de morts dans les deux camps et causé la fuite de milliers de gens (11) . Le 15 mars 1999, le nombre total de réfugiés culminait à 311 000 (12) . Grâce à l'intervention de l'OTAN, ce chiffre grimpa en quelques jours à près d'un million (13) . Les sévices, viols et massacres ont également monté en flèche, la répression serbe s'est intensifiée, faisant de nombreuses victimes, et au moins 500 civils yougoslaves ont été tués par l'Alliance (14) . Une étude d'un groupe d'économistes a par ailleurs établi que la guerre avait fait chuter le PIB serbe de 40%, mis au chômage 250 000 travailleurs et réalisé quelques 26 milliards de dollars de destructions matérielles (15) . Une fois la « paix » rétablie par l'Occident, les non-Albanais furent victimes – selon l'ONU – d'« un climat de violence et d'impunité, de discrimination généralisée, de harcèlements et de menaces », qui poussa « plusieurs centaines de milliers » d'entre eux à fuir le Kosovo (16) . Aujourd'hui, ils sont encore 220 000 à vivre réfugiés dans le reste de la Serbie (17). Et alors que l'entièreté du territoire est toujours quadrillée par des patrouilles internationales, Human Rights Watch écrivait en 2010 que « la situation politique instable, les perp-étuels incidents inter-ethniques [275 en 2009] [...] et les mauvaises conditions -économiques » ne permettent pas d'envisager leur retour (18) . On ne peut donc pas vraiment dire que le bombardement de la Serbie – comme par ailleurs les invasions de l'Afghanistan et de l'Irak – ait amélioré la situation sur place. Pourquoi penser que ce sera le cas en Libye ?

 
 

Des buts uniquement humanitaires

 
 

Une troisième condition, pour parler de guerre juste, est que l'intervention ne soit motivée que par des buts humanitaires. Il ne peut y avoir d'autres enjeux, notamment économiques. La Libye, comme on le sait, est un pays producteur de pétrole. Si elle n'est pas le plus important exportateur des pays arabes, ses réserves sont tout de même suffisamment grandes pour susciter des convoitises. Or, bien que ces dernières années – et notamment dans le contexte de l'après-11 septembre – le régime de Kadhafi se soit de plus en plus conformé aux volontés de l'Occident, il a toujours conservé une politique économique relativement indépendante par rapport aux autres pays du Maghreb. Péché mortel qui, déjà en 1986, lui avait valu d'être bombardé par les États-Unis. La carte du Proche-Orient se redessinant, il n'est pas insensé d'imaginer que la Libye – avec ou sans son colonel – aurait pu revoir ses alliances et participer, avec ses voisins tunisien et égyptien, à une union économique locale et autonome. Un tel scénario, naturellement, aurait été un coup de plus porté à l'Occident. Aussi était-il sans doute plus prudent d'intervenir militairement pour s'assurer que, si Kadhafi tombait, son successeur serait en partie redevable de sa prise de pouvoir aux « démocraties ». En outre, une telle intervention avait le mérite de redorer le blason de l'Europe et des États-Unis, ouvertement compromis par leur soutien aux dictatures arabes.

 
 

Conclusion

 
 

La guerre contre la Libye est une guerre dont les enjeux ne sont pas humanitaires. Elle a été entreprise sans tentatives préalables de résolution pacifique et rien ne laisse penser qu'elle améliorera la situation sur place. Une telle guerre n'est ni juste ni morale. Comme on l'a montré plus haut, il se pourrait même qu'elle soit illégale.

 
 

Certains, bien sûr, objecteront que l'on ne peut attendre indéfiniment, que rien ne nous dit que l'intervention ne sera pas un succès et que, quand bien même il y aurait des enjeux cachés, elle permettra néanmoins de se débarrasser d'un dictateur et de mettre fin à des massacres ayant cours en ce moment. C'est vrai, peut-être que l'intervention mettra un terme aux massacres. Peut-être aussi qu'elle permettra de se débarrasser de Kadhafi. Mais il faut bien être conscient que raisonner de la sorte, c'est tomber dans le piège que nous tendent nos dirigeants. C'est accepter que, à la première occasion, ils se servent du moindre drame – réel ou inventé – pour justifier des interventions qui n'ont en fait comme autre objectif que de maintenir par la force un ordre économique mondial profondément injuste et inhumain. C'est pourquoi, pour mettre un terme, non pas à la brutalité d'un Kadhafi, mais à la nôtre, il faut refuser d'emblée de jouer le jeu de nos gouvernements, et s'opposer fermement à la guerre contre la Libye.

 

 

Source : www.michelcollon.info

 

Notes :

1) [La Libre Belgique, 18 mars 2011, pp. 22-23.]

2) [La Libre Belgique, 19 et 20 mars 2011, p. 4.]

3) [Le Soir, 19 et 20 mars 2011, p. 2.]

4) [La Libre Belgique, éditorial, 19 et 20 mars 2011, p. 64.]

5) [Le Soir en ligne, 21 mars 2011.]

6) [France 24, 3 mars 2011.]

7) [Voir « Gaddafi accepts Chavez talks offer », 03 mars 2011 ; « Chavez Libya talks offer rejected », 04 mars 2011.]

8) [L'accusation a été ouvertement abandonnée après le conflit.]

9) [La Libre Belgique, 18 mars 2011, pp. 24-25. Le fait que La Libre publie un tel article dans un numéro où, par ailleurs, elle affirme son plein soutien à l'intervention en Libye et aux insurgés, en dit long sur la capacité de la rédaction à tirer des leçons du passé.]

10) [Mission d'observation de l'OSCE, KOSOVO/KOSOVA As Seen, As Told, 1999, p. 65.]

11) [Amnesty International, Rapport annuel 1999, p. 393.]

12) [Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, Rapport 1999, p. 22.]

13) [HCR, Rapport 2000, p. 17.]

14) [Voir Amnesty International, Rapport annuel 2000 et Human Rights Watch, World Report 2000.]

15) [Ce groupe est le G17, un groupe d'économistes yougoslaves favorable à l'économie de marché. L'étude est citée dans Troude A., Géopolitique de la Serbie, Paris, Ellipses, 2006, p. 218.]

16) [HCR, Rapport 2000, p. 18.]

17) [HCR, Rapport global 2009, p. 292.]

18) [Human Rights Watch, World Report 2010, p. 444.]

Les articles publiés sur michelcollon.info sont libres de droit. Vous pouvez les reprendre sur vos blogs ou sites sans oublier de mentionner la source et l'auteur.

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Guerre en Libye : la « furia » française (enfin... si l'on peut dire et à usage des naïfs)

27/03/2011 03:56



Le Monde diplomatique
Accueil du site > Défense en ligne > Guerre en Libye : la « furia » française

Guerre en Libye : la « furia » française

samedi 19 mars 2011, par Philippe Leymarie

Frappes ciblées, zone d’exclusion aérienne, et — tant qu’on y est — se payer enfin la tête de Kadhafi : les chasseurs Rafale ont fait leurs premiers raids dans le ciel de la Libye samedi en début d’après-midi, inaugurant la campagne de pilonnage menée également par des chasseurs britanniques et des navires américains. La France, revenue des petites compromissions et des grands aveuglements de ce début d’année sur la portée du « réveil arabe », tient enfin sa « grande cause » de salubrité publique internationale, retrouve ses antiennes sur les droits humains, peut mettre en musique l’ingérence à la mode Kouchner. Et peu importe la lettre des résolutions, pourvu qu’on ait l’ivresse…

Actualisé au 20 mars 2011

Le feu est passé au vert, la légitimité acquise : le Conseil de sécurité a donné son onction en votant, le 17 mars, la résolution 1973 sur la Libye ; et un déjeuner-sommet à l’Elysée, samedi, organisé à la va-vite, a conforté l’inattendu « tombeur » de Kadhafi. Mais les débats à l’ONU étaient déjà loin : l’expérience prouve qu’il ne faut pas trop s’attacher à la lettre des résolutions, dont l’application se fait souvent sur un mode « glissant », en fonction des intentions de ceux qui sont chargés de les interpréter et de les mettre en œuvre.

Exemple, avec cette invocation en boucle de l’impérieuse nécessité de « protéger les populations » (Civilian protection) :

— Les « populations » en tant que telles avaient été visées durant la première phase de la répression, lorsque des policiers libyens, puis des mercenaires africains avaient tiré sur les manifestants, faisant plusieurs centaines de victimes. Mais, si tous les opposants ont été traités de « terroristes d’Al Qaida » ou de « bandits », il n’y a pas eu ensuite de politique de massacre délibéré de civils. Si cela avait été le cas, la résolution de l’ONU aurait sans doute été adoptée beaucoup plus tôt. Qu’il ait agi avec sincérité ou non, le gouvernement libyen a demandé successivement aux civils de se pousser, de déposer les armes, de se rallier, de profiter d’une amnistie, etc.

— Il y a un million d’habitants dans la région de Benghazi, mais une fraction de ces civils sont aussi… des combattants, qui appartiennent désormais à… une armée, même si elle semble de fortune, et peu efficace. Il s’agit de soldats parfois très aguerris, notamment d’anciens militaires ou policiers ralliés (y compris quelques généraux) ; ou de recrues plus récentes, civiles à l’origine, mais qui manient depuis quelques semaines des armes, y compris de calibre respectable (mortiers, mitrailleuses, batteries antiaériennes, etc.) ou même lourdes (quelques chars, quelques avions). Ce ne sont pas, ou plus, des civils sans défense (classiquement, les femmes, enfants, vieux, malades, etc.) ...

Guerre secrète Retour à la table des matières

Donc, inutile de se voiler la face. L’objectif n’est pas seulement de mettre des civils à l’abri : il est de renverser le cours de la bataille en permettant aux insurgés de ne pas la perdre ; et d’obtenir dans la foulée la chute du régime. C’est le vrai « but de la guerre », ou « l’effet final recherché », comme disent les militaires, qui aiment bien savoir où ils vont.

Puisque le « Dégage ! » qui a fait fureur ces dernières semaines dans le monde arabe n’a pas suffi en Libye à faire tomber le fruit (pas aussi mûr, apparemment, qu’en Tunisie et en Egypte), il fallait un coup de pouce de l’Occident, qui a un vieux compte à régler avec le dictateur agité de Tripoli, lui-même en délicatesse avec une bonne partie de la Ligue arabe, et de l’Union africaine. Mais, là, on est dans le domaine de la géopolitique, bien plus que dans celui de l’humanitaire, quoi que prétende la résolution onusienne.

Autre aspect qui peut prêter à confusion : l’intervention au sol – seule à même d’aboutir à la chute complète du régime Kadhafi. Elle est écartée explicitement par la résolution de l’ONU : « ... tout en excluant le déploiement d’une force d’occupation étrangère sous quelque forme que ce soit et sur n’importe quelle partie du territoire libyen ».

Les principaux partenaires en cause ne souhaitent d’ailleurs pas, en principe, que leurs troupes apparaissent comme les envahisseurs ou occupants d’un pays arabe ou musulman, dans le sillage de ce qui s’est fait en Irak et en Afghanistan. Donc, cette intervention au sol ne devrait pas se faire. Mais il y a des moyens de contourner la difficulté :

— l’expédition d’armes, via des fournisseurs tiers ;
— l’envoi de "conseillers", pour entraîner les insurgés libyens ;
— l’action clandestine, menée par des commandos ("éclairage" des frappes, coups de main, sabotages, provocations).

Une équipe de commandos britanniques avait été interceptée le mois dernier… par les rebelles — indice de cette « guerre secrète » qui, presque toujours, précède ou accompagne une opération « officielle ». D’ailleurs, la résolution 1973 autorise « l’emploi de tous les moyens nécessaires » à la protection des populations, ce qui donne finalement une marge d’interprétation plutôt large...

Habillage politique Retour à la table des matières

Cette guerre pour la démocratie en Libye (dans le meilleur des cas !), lancée sous aiguillon français, est essentiellement franco-britannique, avec aux manettes deux gouvernements conservateurs : sans remonter aux guerres mondiales, on peut rappeler l’expédition commune sur le Canal de Suez, en 1956 ; et la conclusion entre Paris et Londres, en novembre 2010, d’une batterie d’accords de coopération militaire, avec — pour la première fois — un volet concernant la dissuasion nucléaire, que ces deux pays sont les seuls à exercer dans l’Union européenne.

C’est donc l’occasion de se débarrasser d’un régime déconsidéré, infréquentable, etc. — le paradoxe étant que, ces dernières années, ledit régime s’était amendé, et avait été partiellement réintégré dans le jeu international. L’Italie en avait fait son partenaire privilégié, en matière économique, mais aussi d’antiterrorisme et de contrôle de l’immigration illégale. La France avait signé avec Tripoli un accord de défense, avec à la clé des ventes d’armement et des coopérations (qui pour la plupart, par chance – vu rétrospectivement –, n’avaient pas été suivies d’effets !). Et aujourd’hui, Paris se retrouve en situation d’avoir à détruire en Libye les derniers Mirage de fabrication française, vendus en leur temps, et récemment modernisés par Dassault… avec l’appui de l’Etat français.

Les état-majors, à Paris et à Londres, préparaient depuis plusieurs semaines des scénarios d’intervention. Ils menaient d’ailleurs ces jours-ci, en France, un exercice commun baptisé « Southern Mistral », prévu de longue date, dont les moyens techniques et humains ont pu être dérivés vers l’opération actuelle. Mais, dans les faits, et bien qu’ils se défendent d’être en première ligne, les militaires américains assurent l’essentiel de la coordination de l’opération, notamment à partir de leur état-major aérien à Ramstein, en Allemagne. Même si la France se donne le beau rôle, les Etats-Unis sont la « nation-cadre » de fait, au moins pour le moment.

Mini-coalition Retour à la table des matières

Quelques constatations politico-diplomatiques :

— Les armées de ces trois pays sont épaulées, sur un mode mineur, par le Canada, le Danemark, la Norvège, la Pologne, l’Espagne, la Belgique ;
— L’Italie, qui avait voulu éviter un engagement jusqu’à ces derniers jours, a accepté que ses bases dans le sud soient utilisées par la mini-coalition ;
— L’Allemagne et la Turquie ont tout fait pour rester en dehors de cette initiative ;
— Les Américains, qui se faisaient prier depuis quelques semaines (à cause de la situation périlleuse à Bahrein et au Yémen ?), n’ont accepté de donner leur voix et leur aide que lorsqu’il est apparu que le régime Kadhafi allait tirer son épingle du jeu, voire sortir renforcé de l’aventure ; ils affirment que leur appui à l’opération est « limité » (Barack Obama) ;
— L’OTAN est tenue à distance – du fait surtout des Français – afin de faire oublier l’actuelle opération calamiteuse en Afghanistan, mais agit en sous-main.
— L’Union européenne est marginalisée, une fois de plus, en tant qu’institution : le géant économique peine à définir et mettre en œuvre une politique étrangère et de défense commune ;
— La Russie et la Chine ont laissé faire (Kadhafi n’est pas défendable, même par eux), renonçant à leur droit de veto : d’autres chats à fouetter, sans doute (voir plus loin ce qu’ils en ont dit à New-York).

Quelques petits pays de la Ligue arabe sont appelés à faire de la figuration, pour « habiller », sur un plan politique surtout, l’intervention franco-britannique-américaine : Liban, Qatar (seul à avoir annoncé l’engagement de quatre chasseurs, en étroite collaboration avec l’armée de l’air française) , Emirats arabes unis, Jordanie. Mais les voisins immédiats de la Libye (Tunisie, Egypte), encore fragiles, sont restés discrets. Soudan, Tchad, Algérie – qui font le dos rond – n’en pensent pas moins, etc.

Banquet des frappes Retour à la table des matières

En fait, l’habillage n’est pas si rutilant que cela : après les premières vagues de bombardements, le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa a estimé déjà ce dimanche qu’ils « s’écartent du but qui est d’imposer une zone d’exclusion aérienne », une mesure qui était soutenue à l’origine par l’organisation panarabe. Quant à l’Union africaine, pourtant annoncée au « banquet des frappes » samedi à la mi-journée, à l’Elysée, elle n’était pas représentée, et a demandé dimanche « que les armes se taisent ». L’amiral Mike Mullen, chef d’état-major américain, a rappelé ce même dimanche que l’objectif poursuivi n’était pas, en principe, de s’en prendre au régime Kadhafi en tant que tel, paraissant en retrait par rapport aux rodomontades françaises et britanniques.

Mais, à propos d’Elysée, belle opération de politique intérieure-extérieure de Nicolas Sarkozy, flanqué de l’ancien premier ministre Alain Juppé, appelé au secours d’une diplomatie française en péril – qui, en « nation-cadre » d’une opération plus ou moins multinationale, parvient à faire oublier... les cantonales hexagonales ; les inquiétudes sur la sécurité des centrales dans la France championne du monde de l’électricité nucléaire ; les catastrophes au Japon... Rien de tel qu’une bonne guerre, surtout si elle n’est pas trop difficile à mener, pour faire bouger les lignes... politiques.

Cibles prioritaires Retour à la table des matières

Le montage de cette coalition, une fois habillée politiquement par l’ONU, la Ligue arabe, etc. , pose surtout des problèmes de coordination et d’efficacité sur le terrain – la difficulté étant de répartir les tâches, et déterminer les cibles et leur priorité, dans la phase des premières frappes : dans une optique étroite, il s’agit des radars, systèmes anti-aériens, pistes d’aviation, et bases aériennes. Dans une définition plus large, qui semble avoir été adoptée d’emblée, une gamme d’objectifs qui peut aller des centres de commandement, casernes, etc., aux blindés ou colonnes de véhicules de l’armée de Kadhafi, voire à ses lignes de ravitaillement, ou ses instruments de communication et propagande, comme les émetteurs de radio-télévision.

La coalition affirmait dimanche après-midi avoir stoppé l’avance des troupes de Kadhafi sur Benghazi, et touché à des degrés divers vingt cibles sur vingt-deux (dont des systèmes de défense antiaérienne et des noeuds de communication stratégiques, tous sur la côte méditerranéenne), notamment lors des tirs d’une centaine de missiles de croisière Tomahawk, dans la nuit de samedi à dimanche, par des navires et sous-marins américains.

Sur un plan technique, le « cocktail » de moyens rassemblés par la France avec ses alliés paraît bien lourd, surtout si l’on pense à la relative faiblesse des moyens dont disposerait le régime Kadhafi , désorganisé au surplus par deux ou trois jours de frappes intensives : au mieux, une quarantaine de milliers de soldats, dont moins d’un tiers de troupes d’élite, et une fraction de mercenaires africains ; une douzaine de chasseurs, et autant d’hélicoptères qui étaient en état de vol (avant les frappes) ; des blindés de modèle ancien, etc.

Pour faire respecter une « no-fly zone » sur la durée, il aura fallu mobiliser :
— des moyens d’observation (des satellites américains) et de contrôle ou guidage (appareils AWACS français ou otaniens) ;
— des escadrilles de chasseurs (Mirage, Rafale, Tornado, F16), et leurs avions-ravitailleurs ;
— des bases ( comme Solenzara en Corse, située à une heure des côtes libyennes, ou les bases US-OTAN en Sicile) ;
— le porte-avions français Charles-de-Gaulle , qui a appareillé dimanche, prendra le relais, au large des côtes libyennes, où croisent déjà plusieurs unités de l’US Navy, de la Royal Navy, etc. .

Raisons de principe Retour à la table des matières

Pour information, voici – telles que les restituait Jean-Dominique Merchet, sur son blog Secret défense – les raisons données par les cinq pays (sur quinze) du Conseil de sécurité qui se sont abstenus de soutenir la résolution franco-britannique :

— l’Allemagne « ne souhaite pas s’engager dans une confrontation militaire » ;

— l’Inde est convaincue qu’il « n’existe pratiquement aucune information crédible sur la situation sur place » qui puisse justifier la décision d’établir une zone d’exclusion aérienne et ne « sait pas plus comment les mesures prises seront appliquées » ;

— le Brésil estime que « le texte présenté aujourd’hui envisage des mesures qui vont bien au-delà de l’appel de la Ligue des Etats arabes qui demandait des mesures fortes pour faire cesser la violence. (...) Nous ne sommes pas convaincus que l’utilisation de la force permettra d’atteindre l’objectif commun qui est de mettre un terme à la violence et de protéger les civils » ;

— la Russie s’y oppose « pour des raisons de principe » et déplore le fait de n’avoir pas obtenu de réponse sur les moyens permettant de mettre en place le régime d’exclusion aérienne. « Nous avons aussi vu passer sous nos yeux un texte dont le libellé n’a cessé de changer, suggérant même par endroits la possibilité d’une intervention militaire d’envergure » ;

— la Chine rappelle qu’elle s’est « toujours opposée au recours à la force dans les relations internationales » et qu’elle « éprouve toujours de grandes difficultés à l’égard de plusieurs dispositions importantes du texte de la résolution ».

167 commentaires sur « Guerre en Libye : la “furia” française »

0 | 100

  • permalien nacer Yefren :
    19 mars @15h04   »

    Il y a la survie même sous occupation franche ou déguisée ou bien des tribunaux "populaires" kadhafistes pour envoyer ad patres les résistants et assimilés à la moulinette. On peut même attendre de ce Kadhafi que l’occident ménage qu’il se passe de tribunaux pour nettoyer la Libye des "rats" come il a appelé les rebelles. On a choisi l’intervention occidentale.

  • permalien une bille :
    19 mars @15h04   « »

    « C’est donc l’occasion de se débarrasser d’un régime déconsidéré, infréquentable, etc. »

    permettez moi d’ajouter tout de même dans le "etc." le 42 années de totale illégitimité.

  • permalien Gérard :
    19 mars @15h22   « »

    Il faut surtout voir un "rattrapage" après le peu d’empressement de soutenir les Révolutions en Tunisie et en Egypte de Sarko ... et le silence sur les autres "paradis" de démocratie du Yemen à l’Arabie Saoudite en passant par le Bahrein et la Syrie.
    Ce même Sarko qui avait promis de faire respecter en 48 h, le vote du peuple en Côte d’Ivoire.
    Sans parler du soutien aux régimes africains comme celui de la famile Bongo ... et d’autres.
    Et aussi oublier l’ami-ami d’il y a trois ans !

  • permalien Esteban :
    19 mars @16h07   « »

    Merci !
    Je n’en pouvais plus de ces nouvelles répétitives, simplistes et consensuelles nous rappelant qui est le méchant et qui sont les gentils, et expliquant comme à chaque fois qu’on y allait pour "aider les civils". Que c’est lourd, l’info sans profondeur pour la ménagère de moins de 50 ans...
    Merci pour cette analyse, enfin critique.

  • permalien Claude Animo :
    19 mars @16h44   « »

    Sarkozy, décidément, une véritable petite frappe.

  • permalien bgrbgr :
    19 mars @16h50   « »

    sarko conduit la france dans le caho sans s’en rendfe compte.sa surprise sera grande !!!!!!!!!!!!!!!!!

  • permalien Tariel :
    19 mars @17h04   « »

    Nous savons, que cette intervention militaire contre la Libye sera un désastre humain, accompagné d’une flagrante violation du droit international. Le peuple géorgien l’a subi en 2008. La situation était identique à celle d’aujourd’hui. La Russie était intervenue en vue de protéger ces soit disant ressortissants contre les géorgiens, ainsi violant l’intégrité territoriale de la Géorgie, violation tant critiquée par l’Occident. Or, présentement, c’est l’Occident qui prend les mesures semblables contre la Libye.

  • permalien olischnei :
    19 mars @17h04   « »

    Je ne suis pas sur qu’on puisse analyser cet évènement à la lecture des interventions précédentes. Le contexte est en tout point différent, et nous sommes en train de voir se dessiner un monde tout à fait différent du précédent. Les arguments invoqués pour l’intervention sont discutables voire ridicules (Sarkozy invoquant même l’idée qu’une intervention permettrait de limiter l’afflux de réfugiés...) Le fait même que des Etats conservateurs et policiers s’engagent pour faciliter une révolte populaire est certainement le fait d’un curieux hasard, chacun se rappelant en fait du terrorisme d’Etat de Khadafi. Mais tout est neuf : on ne peut nier que la révolte a été générale et quasi unanime en Lybie. La différence avec la Tunisie et l’Egypte est que l’armée n’a pas agit de façon patrioque ou nationale, elle sert visiblement le tyran sans trop sourciller et torpille ses civils sans beaucoup de problèmes de conscience. Cela tient certainement à un manque de conscience nationale, ou une plus grande efficacité de la propagande, ou encore à l’argent du pétrole.... Mais qu’importe, le fait est qu’il y a eu une révolte arabe en Lybie, et un consensus contre le tyran. Ce qui est nouveau c’est que Khadafi a pointé du doigt les islamistes du mouvement, leur prétendu lien avec Al Quaida, sans que cela n’empêche les occidentaux de soutenir le peuple contre le tyran. C’est inédit, jamais la communauté internationale n’a vraiment soutenu un mouvement populaire national sans qu’elle l’ait elle même suscité et contrôlé, et jamais un tel mouvement n’est arrivé à ce degré d’insurrection sans protection même limité du pouvoir en place par les autres puissances.

  • permalien le journal de personne :
    19 mars @17h13   « »

    Bons baisers de Libye

    Vous ne vous indignez même pas…
    C’est un peu trop indigne
    De voir l’immonde régner sur le monde…
    Et construire en un éclair, deux tours de Babel
    Semblables à deux centrales nucléaires
    Un homme averti en vaut deux,
    Et un fou averti, ça vaut combien ?

    http://www.lejournaldepersonne.com/2011/03/baisers/

  • permalien Mohamed Belkasmi :
    19 mars @17h28   « »

    Qu’on mette Juppé ou Madame Aliot,La France veut coûte que coûte que la Koushnerisation des relations Internationales devienne une ’’science’’ régissant les relations entre Nations ?’’L’aide humanitaire et médiatique à disposer d’eux’’(des peuples)...qui n’est en fait que des ’’ouvertures’’ de couloirs de vente d’armes...Que l’on songe au Biafra où il a vu naître son aura politique , ou en Bosnie,... ou en Irak où il s’est accompli...

    (NB:Je n’ai pas de sympathie politique pour le régime Lybien).

    Il y a quelques années, Un grand Homme politique Français avait jugé où est -ce qu’ a abouti la politique étrangère Française :’’Celle-ci, dit -il se ramène à Barbès...Rochecouart.’’Allusion non pas en hommage à Mr Barbès ( Général Antillais ayant combattu dans l’armée Française ?). Mais à la traque de l’Arabe dans la station de métro...Les précipitations des mesures à prendre en témoignent tout le temps.Le Résultat... ?
    .

  • permalien hps :
    19 mars @17h58   « »

    J’ai rencontré un militaire italien qui revient d’Afghanistan, en permission, et qui va partir pour la Lybie, dans trois mois.
    Alors, je pense que tout est déja planifier et que le cirque médiatique, nous raconte encore de belles histoires...

  • permalien Villeneuve :
    19 mars @18h28   « »

    Il n’y a pas en Libye un seul objectif qui vale le prix de la bombe guidée qui le détruira ; même pas Mouamar en personne : il est vieux, ses fils parlent déjà à sa place...
    Notre aviation va donc se couvrir de gloire à détruire, au sol, des avions libyens qui, de toute façon, sont hors d’état de voler faute de pièces de rechange depuis des années... Ceux qui peuvent voler vont tranquillement aller se poser en Algérie, Tunisie ou en Egypte comme l’avaient fait les pilotes irakiens en attérissant en Iran.
    Le petit Nicolas tente de nous refaire le coup de la mère Thatcher et de la guerre des Malouines : au plus bas dans les sondages, cette guerre lui avait permis de gagner les élections suivantes.
    Et pendant ce temps, on ne parle plus de nos 4 millions de chômeurs officiels et de toutes ces choses qui mériteraient que les français s’emparent du stock de bombes guidées et en fassent un tout autre usage...
    En attendant, cassons du sous-développé, c’est toujours plus facile que de casser du Viet ou du Boch...

  • permalien micdo :
    19 mars @18h30   « »

    Pourquoi laisser KHADAFI impuni après tout ses crimes, messieurs, mesdames, il est temps d’agir, cette homme est une honte pour l’humanité il faut l’arréter..

  • permalien micdo :
    19 mars @18h32   « »

    repponse a villeneuve, c’est avec des gens comme toi que la France est dans le déclin...

  • permalien Nathan :
    19 mars @18h41   « »

    Philippe Leymarie écrit :

    — Il y a un million d’habitants dans la région de Benghazi, mais une fraction de ces civils sont bien … des combattants, qui appartiennent désormais à… une armée, même si elle semble de fortune, et peu efficace.

    C’est un drôle d’argument. Si je comprends bien, M. Leymarie cherche à dire qu’il n’est pas légitime d’intervenir pour protéger la population civile de Benghazi car il y a aussi parmi elle, des combattants.

    C’est curieux que le même argument n’ait pas été invoqué par le Monde Diplo lors de l’intervention israélienne à Gaza. En effet, parmi la population de Gaza, il y avait également des combattants. Cela n’a pas empêché le Monde Diplo de condamner fermement l’intervention israélienne parce que celle-ci était menée par une armée (supérieurement équipée) contre une zone essentiellement peuplée de civils.

    Apparemment pour le Monde Diplo, ce qui vaut pour Gaza ne vaut pas pour Benghazi et inversement.

  • permalien Dongerond :
    19 mars @18h48   « »

    @ hps - 19 mars @17h58


    J’ai rencontré un militaire italien qui revient d’Afghanistan, en permission, et qui va partir pour la Lybie, dans trois mois.

    Je n’en crois pas un mot.

  • permalien Ogo :
    19 mars @19h10   « »

    @ Dongerond : moi non plus !

  • permalien AFS :
    19 mars @19h10   « »

    Bonjour.

    M. Leymarie, malgré vos critiques, êtes-vous totalement contre cette intervention uniquement aérienne ? Et l’opposition de la France à un encadrement OTAN est-elle si mauvaise quand on sait que cette organisation est une des principales difficultés (entre autres, voir plus bas) au développement de la PESD.

    Vous semblez critiquer que la coalition soit une "mini-coalition" mais cela reste une coalition ayant reçu l’autorisation du conseil de sécurité (CS)de l’ONU au contraire de la coalition anti-irakienne de 2003.

    Si certains Etats (Chine, Russie, Allemagne...) s’opposent à toute intervention militaire contre la Libye, ils n’ont pas osés de la dire "officiellement" en votant contre au CS. Par là même, l’usage de la force parait moins illégitime que de ne rien faire.

    A propos du retrait de l’UE, cela s’explique en partie par la vision "antimilitariste" de Mme Catherine Ashton (voir Bruxelles 2). Donc tant qu’elle sera en poste, un développement conséquent de la PESD parait difficile sans oublier les problèmes de divergences géopolitiques/géostratégiques entre Etats-membres.

    Cordialement.
    AFS.

  • permalien Ogo :
    19 mars @19h16   « »

    Tariel dit : "Nous savons, que cette intervention militaire contre la Libye..."
    NOUS ne savons rien du tout ! Vous vous prenez pour Elizabeth Teissier ou madame soleil lisant dans une boule de cristal opaque...Pas très sérieux tout çà... !

  • permalien Amilcar :
    19 mars @19h18   « »

    Nacer Yefren , que signifie vraiment votre commentaire ?

    Qu’il faut en définitive et malgré tout souhaité une intervention occidentale en Libye ?

    Et après les gens comme vous vont se plaindre de l’état du monde , de l’incapacité chronique du genre humain à se remettre en cause et voir , tout simplement , le réel tel qu’il est .

    On ne peut pas totalement comparer les 2 cas , mais il y a tout de mm des similitudes avec le "modus operandi" en ce qui concerne l’invasion de l’Irak , et lorsque l’on sait que c’est à la base la tragédie du 11 septembre 2001 qui en fut le moteur , un évènement qui se révèle être à 100 lieux de la version officielle qui nous fut donnée durant une décennie , on ne peut que rejeter d’emblée les explications officielles pour justifier cette nouvelle "gueguerre" occidentale en Libye .

    Vous avez les précédents sous vos yeux , vous jurez qu’on ne pourra plus vous prendre pour des sots , et pourtant vous continuez , aveugle , à accepter l’inacceptable ?

    "J’ai rencontré un militaire italien qui revient d’Afghanistan, en permission, et qui va partir pour la Lybie, dans trois mois."

    Désolé si certains s’en trouveront choqués , mais il faut savoir affronter le réel et l’heure n’est plus à dissimulation . Je crois plus en ces propos qu’aux incantations maladroites et abjectes des pantins qui sont censés nous représentés .

  • permalien Codhi :
    19 mars @19h57   « »

    Les avions français bombardent la Libye. Les bombes ne choisissent par leurs victimes on aura bientôt les premières victimes collatérales ! J’admire la révolution tunisienne (la mère des révolutions) je respecte la révolution égyptienne, j’avais beaucoup d’espoir en la révolution libyenne, hélas les occidentaux sont en train de la voler aux libyens.
    Bienvenue dans une nouvelle époque de conquête coloniale ! Les insurgés avaient prévenus, ils ne voulaient pas d’une intervention étrangère. Un peuple a le droit de renverser son régime, lorsqu’une autre puissance intervient dans les affaires de cet état, c’est une guerre de conquête. Conquête pour le pétrole encore une fois ! Qu’on nous ne dise pas le contraire, on sait comment cela peut finir. Tôt ou tard ces rafales bombarderont des civils et feront plus de victimes que l’armée de Khadafi (comme les américains ont fait plus de mort que l’armée de Saddam en irak et plus de mort en Afghanistan que l’armée des talibans).

  • permalien qtden :
    19 mars @20h01   « »

    Et quand pensent ces hommes politiques faire la guerre contre Israel ou la Chine ou la Guinee equatoriale qui ont egalement des tirans a leur tete

  • permalien Noella :
    19 mars @20h44   « »

    Cette guerre est terriblement opportune pour ce Président et il est de plus insupportable qu’il la fasse au "nom de la démocratie " après toutes les lois liberticides qui ont été votées, dont plusieurs contre les enfants, au nom d’un gouvernement "justiciable" pour la plupart de ses membres, alors qu’il mène en même temps une politique discriminante pour une partie de la population .. De plus, voila donc deux guerres menées sans consultation de la population, ce qui me semble tout sauf démocratique .Les moyens envisagés contre Khadafi , autres qu’une intervention armée n’ont jamais été mis en avant par ce gouvernement.Il n’y a pas comparaison entre la révolte libyenne et ce qui se passe à Gaza.Soutenir des insurgés contre leur gouvernement - dont la légitimité est celle donnée par BHL, faisant autorité- en employant les grands moyens reste une ingérence ,fusse-t-elle légitime moralement et laisser un processus violent de colonisation d’un pays sur une population depuis plus de 40 ans , une autre et ceci sans même moralement le condamner et même en parler, car c’est reparti de plus belle justement à Gaza.Cette guerre de "loin" , c’est à dire sans être au sol, est une manipulation politique et c’est en cela que c’est "indécent" , pour reprendre le terme de ce gouvernement quand il a été question de parler du nucléaire suite à la tragédie vécue par le Japon.

  • permalien bernard :
    19 mars @20h59   « »

    Il me semble qu’il y a trop d’amalgames dans tous ces commentaires. Depuis l’Irak et d’autres sites de confits, le monde à changé, les dirigeant ne sont plus les mêmes. Busch n’est plus là, Obamha est plus un humaniste que lui, et notre président qui, comme tous ceux dont le reigne se termine, souhaite laisser pour l’histoir un geste porteur de grande valeur humaniste à ses yeux. La politique n’est pas affaire de raison, mais de l’image que les grands dirigeants souhaitent laissé d’eux. Le deuxième point que je souhaite évoquer, c’est que se sont les révolutionnaires lybiens qui demandent l’aide militaire internationnale, et si voulons être claire avec cette belle idée qui affirme que les peuples ont le droit de disposer d’eux-même, nous devons répondre par le positif à leur demande. C’est un devoir révolutionnaire, c’est une règle des droits de l’homme. Même si cela sera récupéré par les dirigeants des puissances de ce monde,nous ne devons pas laisser sans réponse l’appel de ce peuple qui prie sous les bombes du dictateur en implorant celles de ceux qu’il espère pour sa vie. Une foi de plus, il y a comflit entre raison humaniste et intérêt géopolitique. Mais avant tout sauvons ce peuple ancestral des mains de ce tueur. Pour le reste, il s’en occupera après, et je l’espère sans nous et en toute liberté.




En Libye, le Pentagone à la manœuvre

27/03/2011 03:54



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En Libye, le Pentagone à la manœuvre

mercredi 23 mars 2011, par Philippe Leymarie

L’intervention militaire internationale dans le ciel libyen a été jusqu’ici majoritairement américaine, notamment pour des raisons techniques : la France, qui aspirait à un rôle moteur avec la Grande-Bretagne, était mal outillée pour assurer dans l’urgence la coordination d’une coalition multinationale incluant un partenaire aussi dominant que les Etats-Unis. Mais l’US Air Force et l’US Navy, qui exercent le commandement opérationnel et ont assuré plus de la moitié des frappes, vont passer la main à l’OTAN – ce que la France avait cherché jusqu’au bout à éviter…

Actualisé au 25 mars 2011

En dépit d’un lancement en fanfare, la participation française aux combats a été relativement modérée, et cantonnée pour l’essentiel à la région de Benghazi, avec des frappes très sélectives, qui ont détruit moins d’une dizaine de blindés, une piste d’aviation, ainsi qu’un aéronef de l’armée libyenne. L’état-major français insiste cependant sur le « rôle majeur » joué par ses forces, et sur la baisse importante du nombre des victimes civiles, qui était le but recherché. Il a fait valoir également que « la délivrance de l’armement est loin d’être systématique » [1], en raison de la dispersion des forces pro-Kadhafi et de leur imbrication avec la population civile.

Le commandement stratégique de l’opération, côté français, est assuré par le Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO), installé dans les sous-sols du ministère de la défense, à Paris. Les vols sont coordonnés par le commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA), basé à Lyon. L’entrée en ligne depuis mardi du Charles-de-Gaulle, seul porte-avions européen à propulsion nucléaire, a donné plus de visibilité au dispositif français.

Mais, explique la lettre TTU, spécialisée dans les questions de défense [2], « concrètement, pour la France, l’implication de l’OTAN dans les opérations va obliger à systématiquement effectuer de lourdes planifications et à coordonner les opérations (partage des cibles, des temps et des altitudes de vol...). Le retrait américain va, quant à lui, impliquer le transfert des commandements du Mount Whitney et de Stuttgart vers trois pôles : Naples (qui comprend notamment l’état-major de composante maritime), Izmir (CC Air HQ) et Mons (siège du commandement militaire global de l’OTAN) ».

Rôle-clé Retour à la table des matières

A propos du commandement de l’opération, que les Etats-Unis ne souhaitent plus exercer, la Maison Blanche avait annoncé au milieu de la semaine que les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne sont tombés d’accord pour que l’OTAN puisse « jouer un rôle clef » dans le commandement de l’opération militaire de la coalition internationale en Libye. L’Elysée reconnaissait, un ton en dessous, que Barack Obama et Nicolas Sarkozy « se sont entendus sur les modalités d’utilisation des structures de commandement de l’OTAN en soutien de la coalition ».

La diplomatie française avait cherché à éviter l’implication de l’OTAN, jugée trop marquée politiquement (« occidentale » ), au risque d’effrayer les pays arabes et africains. De plus, selon une position constante de Paris, la vocation de l’OTAN n’est pas d’intervenir au sud de la Méditerranée, notamment en Afrique.

Pour compenser cet échec, Paris a proposé que soit mise en place une « instance de pilotage politique » de l’opération, qui réunira les ministres des affaires étrangères des Etats intervenants ainsi que ceux de la Ligue arabe : ce « groupe de contact », dont la création est considérée comme une victoire par les Français, se réunira pour la première fois mardi prochain, à Londres.

Dressant le bilan du Conseil européen, vendredi matin à Bruxelles, le président français Nicolas Sarkozy a assuré que « le commandement politique n’est pas transféré à l’OTAN ». En outre, pour le moment, faute d’un consensus, « la mission principale des frappes reste à la coalition, et non à l’OTAN », la coalition internationale gardant « la main-mise sur les opérations militaires ». En Libye, a-t-il encore affirmé, « il y avait deux solutions : soit c’étaient les Etats-Unis qui coordonnaient l’opération, soit c’était la machinerie de l’OTAN ».

« En l’état actuel, vont subsister une opération de la coalition et une opération de l’OTAN », a reconnu le secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen. Les discussions se poursuivent pour « élargir » le mandat de l’alliance aux missions encore dévolues à la coalition, a-t-il ajouté. « La décision de l’OTAN d’assumer le commandement et le contrôle de la zone d’exclusion aérienne, en plus de l’embargo sur les armes déjà en place, est une importante avancée », a estimé le porte-parole du premier ministre britannique David Cameron.

Aube de l’Odyssée Retour à la table des matières

Jusqu’ici, la participation américaine a été largement dominante. Le Pentagone a été le premier à communiquer sur la situation ou sur les buts de guerre, ces derniers jours :

— c’est le chef d’état-major américain, l’amiral Mike Mullen, qui avait annoncé par exemple dimanche 20 mars que la zone d’exclusion aérienne était effective sur tout le territoire libyen (même si, quelques jours plus tard, un Rafale français a détruit sur la base aérienne de Misrati un avion d’entraînement qui venait de s’y poser).

— c’est l’amiral américain Samuel Locklear qui a affirmé, mardi dernier, que les forces loyales au colonel Mouammar Kadhafi continuent de s’en prendre aux populations civiles.

— c’est le vice-amiral Bill Gortney, un haut-responsable du Pentagone, qui a indiqué que plus de 350 avions des 11 pays de la coalition sont impliqués dans les opérations aériennes en Libye, dont un peu plus de la moitié sont américains.

Le nom de code de la partie américaine de l’opération (Odyssey Dawn, « Aube de l’Odyssée ») est largement plus connu dans le monde que celui des Français (Harmattan) ou des Britanniques (Ellamy) ; il a vocation à intégrer sous cette étiquette les diverses participations nationales. Et c’est le tir de plus de cent-vingt missiles de croisière Tomahawk, samedi 19 mars au soir, depuis des navires et sous-marins de l’US Navy, pour neutraliser les défenses aériennes libyennes, qui avait donné le vrai coup d’envoi à l’opération, même si – sur la lancée du « sommet de l’Elysée », et à titre surtout symbolique – l’armée de l’air française avait été choisie pour effectuer les premiers survols du territoire, dans la région de Benghazi [3]. Depuis, les chasseurs et navires américains ont assuré l’essentiel des frappes aériennes.

US Africa command Retour à la table des matières

Les Américains ont exercé également le commandement global de l’opération multinationale, confié officiellement au général Carter F. Ham, chef depuis quelques semaines de l’Africa Command (Africom). Mais il s’agit essentiellement d’un habillage politique, ce commandement américain pour l’Afrique – de création récente et plus orienté vers la formation et le développement que vers l’opérationnel militaire – n’ayant pas les moyens de conduire lui-même l’intervention. Il est d’ailleurs basé à Stuttgart, en Allemagne, et non sur le continent africain (où aucun pays n’avait souhaité l’accueillir).

L’Operational Control (OPCON) – c’est-à-dire le commandement effectif – a été assuré depuis l’état-major des forces américaines en Europe de Ramstein (Allemagne) par l’amiral James G. Stavridis, également commandant des forces de l’OTAN (SHAPE), lui-même relié aux quartiers généraux aériens de Lyon (France) et Northwood (Grande-Bretagne). En mer, le commandement opérationnel a été confié à l’amiral Samuel J. Locklear, chef des forces navales américaines en Europe, également patron du Joint Force Command (OTAN) basé à Naples), et actuellement embarqué à bord du Mount Whitney, navire de commandement de la 6e flotte de l’US Navy (Méditerranée) : la Joint Task Force Odyssey Dawn a pris sous son aile l’ensemble des unités navales de la coalition (une vingtaine d’unités actuellement). Cinq officiers de liaison français, cinq britanniques, deux italiens et deux canadiens sont à bord du Mount Whitney.

Le chef d’état-major Mike Mullen a reconnu, au cours de l’émission de TV « Face the Nation », le « rôle leader » des Américains en Libye, pendant la première phase de l’intervention, pour des raisons d’efficacité opérationnelle. Il a affirmé que les état-majors et les forces américaines se positionneront en « arrière-plan », en « soutien » dans les prochains jours, pour laisser leurs alliés européens et arabes « assumer la responsabilité de la mise en œuvre de la zone d’exclusion aérienne ».

Sort de Kadhafi Retour à la table des matières

Concernant les « buts de guerre », on oscille toujours entre la stricte « protection des populations civiles » prévue par la résolution 1973 et la nécessité de venir à bout de Kadhafi et de son régime. Le débat a rebondi à l’annonce de plusieurs frappes ayant touché le complexe résidentiel du numéro un libyen, à Tripoli, dimanche et lundi :

— en visite au Chili, Barack Obama a assuré que « la position américaine est que Kadhafi doit partir » ;

— mais le secrétaire américain à la défense Robert Gates a écarté l’idée d’une frappe qui ciblerait Kadhafi en personne, et fait valoir qu’il serait « mal avisé de fixer des objectifs que nous ne pourrions pas forcément atteindre » ;

— les ministres britanniques des affaires étrangères (William Hague) et de la défense (Liam Fox) ont laissé entendre lundi que cibler directement Kadhafi avec une frappe militaire était une « possibilité » (alors que le général David Richards, leur chef d’état-major, estimait que les forces de la coalition ne devaient pas prendre directement pour cible le « Guide » libyen) ;

— le premier ministre belge, Yves Leterme, est persuadé que l’objectif de « déloger » Kadhafi du pouvoir a été « clairement énoncé » par la communauté internationale ;

— rappelant vendredi à Bruxelles qu’une intervention au sol en Libye était « explicitement exclue », le chef de l’État français a appelé à une stricte application de la résolution 1973 de l’ONU, et estimé que « l’avenir de la Libye, les choix politiques de la Libye (...), c’est le problème des Libyens, ce n’est pas notre problème... Ce qui se passe en Libye crée une jurisprudence, et peut créer la confiance » chez les peuples arabes.

Sur CNN, l’ancien chef d’état-major américain Richard Myers a résumé ces ambiguïtés : « La vérité est que nul ne sait quel critère marque la fin de l’opération. »

Double casquette Retour à la table des matières

L’OTAN, remise en selle en dépit des résistances de la France et de la Turquie, avait fini par valider mardi les plans dressés depuis plusieurs jours par ses militaires pour contribuer à la zone d’interdiction de vol dans l’espace aérien libyen, et au respect de l’embargo sur les armes, « tous les alliés s’étant engagés à s’acquitter de leurs responsabilités en vertu de la résolution des Nations Unies pour arrêter la violence intolérable contre des civils libyens », déclarait alors son secrétaire général A. F. Rasmussen, qui laissait deviner une levée des réserves de la Turquie, jusqu’ici hostile à cette validation.

C’est le commandant des opérations de l’OTAN, l’amiral Stavridis, qui aura la charge d’activer les navires de l’organisation et ses avions dans la Méditerranée centrale : « Ils mèneront des opérations de surveillance, et, si nécessaire, pourront interdire les navires soupçonnés de transporter des armes illicites ou des mercenaires », explique Rasmussen.

L’Italie exigeait que l’OTAN prenne la main, menaçant de ne plus autoriser l’utilisation de ses bases aériennes. De son côté, la Norvège avait suspendu la participation de ses F-16 à la « No Fly Zone » au-dessus de la Libye « tant que la structure de commandement n’est pas définie ». Et les Pays-Bas conditionnaient leur entrée en ligne à « l’exercice d’un commandement et d’un contrôle par l’OTAN ».

On notera que cette relève transatlantique, censée être exclusivement militaire et non politique, ne dépaysera pas les Américains, puisque l’amiral Stavridis et l’amiral Locklear ont la double casquette Etats-Unis-OTAN. A l’Assemblée nationale, à Paris, socialistes et communistes s’étaient déclarés hostiles, mardi dernier, à cette entrée en scène de l’OTAN.

L’Union européenne, sous l’impulsion de la France, des pays baltes ou de Malte s’était posé la question de sa participation à une opération de contrôle de l’embargo (pensant également à la question de l’immigration clandestine). Mais la Haute-représentante pour la politique extérieure de l’Union, la britannique Catherine Ashton, avait souhaité éviter toute duplication avec l’OTAN ; et le Royaume-Uni, ainsi que l’Allemagne et l’Italie avaient préféré que la planification et la conduite de l’opération soient assurées par le commandement militaire de l’organisation transatlantique, s’attirant ce commentaire de notre confrère du site Bruxelles2 :

« Si à quelques dizaines de milles de ses côtes, l’Europe doit encore recourir aux moyens américains ou turcs pour assurer une fonction qui relève davantage de la fonction de “gardes-côtes” que de celle d’une force offensive, on peut douter de la volonté de sortir d’un certain infantilisme latent. Ce manque d’autonomie, qui apparait au moment où l’Amérique d’Obama ne considère plus vraiment l’Europe comme une de ses priorités stratégiques, est aussi dangereux. »

Notes

[1] Pour la première fois, jeudi, un appareil français a tiré un missile de croisière Scalp sur un objectif libyen.

[2] TTU n°795, 24 mars 2011.

[3] Les reconnaissances de l’armée de l’air française ont commencé « dès le 4 mars » au-dessus de la Libye, soit quinze jours avant le début de l’offensive alliée, a révélé mardi dernier le premier ministre français, François Fillon, à la tribune de l’Assemblée nationale.

20 commentaires sur «  En Libye, le Pentagone à la manœuvre »

  • permalien Bert :
    23 mars @16h37   »

    On pouvait supposer que la légitimité de l’attaque militaire reposait sur la résolution de l’ONU. Mais si Khadafi est devenu la cible (directe ou indirecte) de cette opération, il va falloir rechercher une autre source de légitimité. Le devoir d’ingérence, surement, qui découle du devoir de protéger les populations civiles, qui est l’objet de la résolution de l’ONU.
    Lesdites populations sont appelées à se prononcer quant à leur avenir politique, mais à quel moment ? A une date fixe marquant la fin du potentiel militaire de Khadafi ? Après la mort ou le départ du dictateur ? Une fois au pouvoir le conseil représentatif auto-proclamé et reconnu par la France ?
    N’y aurait-il pas de possibilité d’imaginer que Khadafi détient des armes de destruction massive, afin de simplifier, au moins aux yeux des États-Unis et de leurs alliés, la situation ?

  • permalien Yvan :
    23 mars @17h57   « »

    Le titre est juste quand on sait qu’Obama est rentré dans cette histoire à reculons.

    Il est bon d’appeler un chat un chat et un complexe militaro-industriel, un complexe militaro-industriel.

    Dans cette perspective la tentative de passer la patate chaude à l’OTAN, n’est pas, du tout une bonne nouvelle cette organisation étant connue pour avoir le don de prolonger ad libitum (et + si affinités) les retours sur investissement de ses honorables fournisseurs.

    Pour information... et à titre anecdotique, il y a en France un ministre de la défense dont le nom est Gérard Longuet.

  • permalien Shiv7 :
    23 mars @19h00   « »

    Sur CNN, l’ancien chef d’état-major américain Richard Myers a résumé ces ambiguïtés : « La vérité est que nul ne sait quel critère marque la fin de l’opération. »

    Voilà qui présuppose rien de bon sur la durée du conflit, pas plus que ça du reste ;

    Le nom de code de la partie américaine de l’opération (Odyssey Dawn, « Aube de l’Odyssée »)

    Lapsus symbolique assez révélateur qui révèle non seulement la durée (et ce n’est que l’aube..), mais aussi l’expansion potentielle du conflit hors Libye, sans parler de la consonance civilisationnelle..

    Y a pas à dire, question finesse, l’armée US est imbattable..

    Question stratégie, il semblerait aussi que tout soit fait pour durer, les frappes aériennes pouvant tous au plus.., pas grand-chose..

  • permalien K. :
    23 mars @19h49   « »

    l’amiral Mike Mullen, chef d’état-major des armées américaines, a rappelé que la résolution 1973 votée à l’ONU vise à protéger les civils, et non à obtenir un changement de régime comme en Irak ;

    Il a également dit, dans la même émission sur CBS, que, ce faisant, « l’issue était très incertaine » et il a « concédé » que l’opération pourrait « déboucher sur une impasse. »

    Et, honni soit qui mal y pense, il a dit qu’il « craignait une attaque au gaz moutarde par les hommes de Kafhafi ».

  • permalien Bert :
    23 mars @22h29   « »

    "il a dit qu’il « craignait une attaque au gaz moutarde par les hommes de Kafhafi ».

    Aaaah, quand même ! Enfin du sérieux !

  • permalien marc :
    23 mars @23h31   « »

    Bonsoir. En matière de communication internationale, on frôle des sommets en apprenant (outre les inévitables ADM) que les militaires savent mieux lire les résolutions onusiennes que les politiques :

    Comme ils n’ont pas reçu l’ordre de liquider Kadhafi, il s’y tiennent.
    Ne pouvant en dire autant du respect de leurs Constitutions par les politiques, celà pourrait ressembler à une argumentation pour un gouvernement militaire (mondial ?).

    Les accord internationaux sont aujourd’hui de rang plus élevé que les Constitutions,
    bien qu’ils aient été élaborés par des technocrates sans caution démocratique ou des gouvernements dont le mandat ne comprenait que rarement ces engagements, force est de constater que
    les moyens pour les Peuples de vivre en paix sont les grands absents.
    (Info sans frais à ceux qui ont une Constituante au programme).

    Lorsqu’on lit que l’OTAN, de prime abord écarté, revient par la fenêtre, au grand dam de nos politiques “responsables”,
    il n’y a pas que l’armée US qui soit imbattable question finesse.

    @ Yvan
    Pour Longuet, est-ce que ce lien ne serait pas plus approprié ?

    Bien que chacun ici connaisse probablement Acrimed depuis longtemps,
    On chercherait à susciter un engouement populaire pour une guerre aux objectifs et à la durée indéterminés qu’on ne s’y prendrait pas autrement

    S’il y a un symbole qui peut indigner, émouvoir, ne serait pas aussi celui du piège qui s’est refermé depuis le 16 mars 2011
    place de la Perle ...

  • permalien Ph. Arnaud :
    23 mars @23h33   « »

    A tous

    Il est proprement stupéfiant que l’on utilise un porte-avion nucléaire, des avions Rafale et des bombes ultrasophistiquées pour démolir des tanks (ou des batteries de DCA) valant des centaines de fois moins que les instruments utilisés contre eux…

  • permalien marc :
    23 mars @23h38   « »
    suite

    @ Yvan
    Pour Longuet, est-ce que ce lien ne serait pas plus approprié ?

    @ Ph. Arnaud
    Je me faisait la même reflexion au début de sur l’Irak envahisseur, connaissant le prix des bombes et missiles guidés lasers dont on voyait de bien belles images à la télé

  • permalien Bert :
    24 mars @10h55   « »

    Effectivement, mais l’avantage de ces engins ultra-sophistiqués, c’est qu’ils sont utilisables depuis de longues distances, dans des conditions de sécurité optimum...pour le pilote.
    De plus, ces armes doivent être utilisées, pour entraîner les pilotes, pour en vérifier le bon fonctionnement, pour en valider le concept et pour faciliter l’écoulement des stocks du fabricant.
    En clair, rien ne vaut une bonne guerre, mais on le savait déjà.

  • permalien K. :
    24 mars @14h56   « »

    L’intervention militaire internationale dans le ciel libyen a été jusqu’ici majoritairement américaine

    Mais les Libyens sont persuadés qu’elle est française.

  • permalien Nathan :
    24 mars @16h11   « »

    Ceux qui veulent tchatter avec Bernard-Henri Levy - et je sais qu’il a de très nombreux fans sur ce blog - peuvent le faire à partir de maintenant sur le site du Monde.

    http://www.lemonde.fr/libye/chat/20...

  • permalien antiparapharmaciste primaire :
    24 mars @19h02   « »

    Un papier peut être sévère mais pas irréaliste me semble-t-il à propos de l’insurrection libyenne :

    - The resistance has foundered on its own indiscipline and farcical ineptitude

  • permalien Seb :
    24 mars @21h15   « »

    Mon beauf qui est tunisien et qui travaillait encore en Libye il y a quelques semaines prétend avoir vu un des sous-marins libyens prendre la mer avant que l’affaire ne prenne une tournure internationale.

    Un autre sous-marin aurait été ostensiblement exposé pour bien montrer qu’il n’était pas opérationnel.

    Evidemment, ma femme, qui n’est pas tendre avec son petit frêre, m’assure qu’il fait toujours tout ce qu’il peut pour se rendre intéressant et je partage de plus en plus son point de vue...
    On choisit ses amis mais pas son beau-frêre...

  • permalien le journal de personne :
    25 mars @14h48   « »

    L’érection

    Entre Sarkozy et Kadhafi… il n’y a que ça.
    Tout le reste c’est du blabla… un problème d’érection…
    chacun des deux s’efforce à montrer à l’autre qui est le plus viril des deux membres actifs…
    de l’hémisphère nord et de l’hémisphère sud.
    Qui assurera le coup et qui repartira avec la queue entre les jambes pour une longue traversée du désir.

    http://www.lejournaldepersonne.com/2011/03/Erection/

  • permalien K. :
    25 mars @20h58   « »

    Dennis Ross a estimé qu’il ne s’agit pas d’une guerre mais d’une « opération humanitaire, » qui plus est « limitée » ("a limited humanitarian intervention, not war.").

    Ce qui a entrainé le courroux de Spencer Ackerman du site “Danger Room” : Que l’on soit d’accord ou pas avec cette guerre, l’appeler autrement est une arnaque.

    Toujours est-il que selon les prévisions de l’OTAN, “l’opération humanitaire”, qui a vu dans les 24 dernières heures la mise à feu de 16 missiles de croisières Tomahawk et 153 sorties aériennes, devrait se prolonger 3 mois.

  • permalien marc :
    25 mars @21h16   « »

    La question du coût d’un pélot (env 1x10e6E) pour liquider un char ne se poserait que dans la mesure de sa comparaison avec les retombées en matière d’approvisionnement en énergie.
    Chacun peut faire le calcul, et tenter un problème de baignoires sachant que, en Afghanistan le revenu annuel par habitant était de 335 dollars en 2006, population estimée en 2011, 29835392
    avec un PIB par habitant d’environ 40 dollars en 2007 (wikipedia)
    Personnellement je jette l’éponge, le coût humain m’interpellant davantage.

    @ Seb
    Votre belle famille pourrait être dans le vrai, celà pourrait signifier que Kadhafi et son entourage en sont restés au rôle clef des U-bots de la seconde guerre mondiale. (Condoléances, chacun le sien, le mien est "trader" :)

    Au niveau local, il serait édifiant de s’interroger sur le taux de réactions sur un problème de chiffons (185) versus un problème de politique internationnalle mettant en jeu des vies humaines (15) ...

    @ tous, merci pour les liens.

  • permalien Tanguy :
    25 mars @21h27   « »

    Merci pour votre article,

    Encore une pise en perspective du "décalage" qui existe entre la réalité et les discours des "politiques" dans les médias de masse.

    Un peu hors sujet, mais je voudrais appeler à manifester une opposition à cette guerre. Personellement, j’ai envoyé un mail de désaprobation à tous les membres "progressistes" de mon parlement qui ont voté l’entrée en guerre de mon pays.

    J’ai suivi l’appel lancé sur Beez-Libreinfo et ai utilisé quelques arguments développé sur leur page consacrée à la Libye.

    Ce genre de geste "ne change pas la face du monde", mais ne rien faire revient à marquer son consentement.

    Bien à vous,

  • permalien
    25 mars @23h39   « »

    Beez-Libreinfo, malgré les expression pleines de bon sens que l’on y trouve d’un rapide survol, semble être un site intéressant, certes, mais personnel. avec ce qui en découle :
    Pas très encore très vivant : participation, forces de proposition, fédération des initiatives, etc ...
    Ami belge (?), que pensez-vous de M. michel Collon ? ses infos, methodes d’invesigation, ... ?

  • permalien Kely Malaza :
    26 mars @14h38   « »

    Pauvres occidentaux !
    Au 21è siècle, vous pensez encore imposer vos dictats au monde.
    Et maintenant, c’est vous qui allez faire la révolution libyenne ? c’est vous qui allez faire le choix les dirigeants libyens ? au 21è siècle ? bravo !!
    Vous pouvez colporter vos crimes à des dirigeants arabes et africains vendus, mais non pas au monde entier.
    Une chose qu’on souhaite que vous vous mesurez à des adversaires qui pourraient vous répondre.
    S’en prendre comme une meute à un pays et semer la mort et la destruction, vous savez bien les faire.
    Vous pouvez illustrer par vos littératures ces crimes. Une chose est sûre que ça fait plus d’un siècle que ça dure.
    Décidemment,

  • permalien marc :
    27 mars @03h27   «

    Certes, le point de vue des destinataires des missiles devrait être prioritairement entendu. Mais comme ils ont plus urgent à faire en ce moment que de poster ici, il nous faut faire avec ceux que l’on a, en gardant à l’esprit la distinction entre un peuple et son gouvernement, qui ont rarement les mêmes attitudes.
    sans se priver d’autres informations






Chez ce petit-roi-atavique-serviteur ,donc ,en silence :Jordanie : la famille du manifestant tué refuse de l'enterrer

27/03/2011 03:48



Jordanie : la famille du manifestant tué refuse de l'enterrer

Le fils de la victime exige la démission du ministre de l'Intérieur et les excuses des autorités, qui affirment que son père est mort d'une "crise cardiaque".

  • < scrolling="no" id="f2b00b41962c78e" name="f2b86b8871dd662" style="border: medium none ; overflow: hidden; height: 21px; width: 90px;" title="Like this content on Facebook." class="fb_ltr" src="http://www.facebook.com/plugins/like.php?channel_url=http%3A%2F%2Fstatic.ak.fbcdn.net%2Fconnect%2Fxd_proxy.php%3Fversion%3D0%23cb%3Df53203db595e4c%26origin%3Dhttp%253A%252F%252Ftempsreel.nouvelobs.com%252Ff15568dd19e99c%26relation%3Dparent.parent%26transport%3Dflash&font=trebuchet%20ms&href=http%3A%2F%2Ftempsreel.nouvelobs.com%2Factualite%2Fles-revolutions-arabes%2F20110326.OBS0304%2Fla-famille-du-manifestant-tue-en-jordanie-refuse-de-l-enterrer.html&layout=button_count&locale=fr_FR&node_type=link&sdk=joey&show_faces=false&width=90">
"Nous refusons de recevoir son corps de la morgue", a déclaré Nasser Saad. (AFP) "Nous refusons de recevoir son corps de la morgue", a déclaré Nasser Saad. (AFP)

La famille du Jordanien décédé dans les violences vendredi à Amman refuse de l'enterrer avant d'obtenir des excuses officielles et la démission du ministre de l'Intérieur, a déclaré samedi 26 mars son fils.

Sur le même sujet

Nasser Saad explique que son père et lui se trouvaient sur la place du rassemblement des "jeunes du 24 mars" lorsque "la gendarmerie (les) a attaqués". Il affirme que son père a "reçu plusieurs coups sur le corps qui ont mené à son décès".

Le vice-Premier ministre et ministre de l'Intérieur Saad Hayel Srour avait imputé la cause du décès à "une crise cardiaque"."Comment peut-il dire cela, même avant l'autopsie, c'est une insulte", s'indigne le fils de la victime.

"Le prix du sang"


Nasser Saad explique ne pas avoir encore reçu le rapport d'autopsie, affirmant simplement: "on nous a dit que ce n'était pas une crise cardiaque". Le frère de la victime est intervenu de son côté samedi lors d'une conférence de presse des "jeunes du 24 mars", déclarant: "l'autopsie a nié que sa mort était due à une crise cardiaque".

"Nous voulons que le gouvernement paye le prix du sang de Khairy. Nous appelons le roi à limoger le gouvernement, le chef des services de Renseignements et le chef de la gendarmerie, car ce sont les coups des gendarmes qui ont tué mon frère", a déclaré Jamal Jamil Saad.

 

Nouvelobs.com, avec l'AFP

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/les-revolutions-arabes/20110326.OBS0304/la-famille-du-manifestant-tue-en-jordanie-refuse-de-l-enterrer.html

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