30/3/2011 – 11h35 ROME (NOVOPress) : Après que le premier ministre Silvio Berlusconi a annoncé que 1 450 Tunisiens supplémentaires arriveraient aujourd’hui au camp de Manduria dans les Pouilles, le sous-secrétaire d’Etat à l’Intérieur, Alfredo Mantovano, a démissionné en signe de protestation, en même temps que le maire de la ville, Paolo Tommasino. Tous deux sont membres du Pdl (parti de Berlusconi). Tant le ministre de la Défense, Ignazio La Russa, que le maire de Rome, Gianni Alemanno, demandent qu’il y ait une « clarification » au gouvernement. « Il faut écouter Mantovano », avertit La Russa.
Pour les clandestins de Lampedusa, Umberto Bossi, le chef de la Ligue du Nord, a la solution : « Cassez-vous ! »
Mantovano, originaire des Pouilles, avait garanti aux habitants que le camp n’accueillerait pas plus de 1 500 immigrés au maximum. Avec les 1 450 embarqués aujourd’hui sur le navire Excelsior en partance de Lampedusa, on approche en réalité le chiffre de 3 000 persones. Ce n’est pas tout. Le camp de Manduria était prévu à l’origine pour accueillir des réfugiés venant de Libye. Jusqu’à présent, pourtant, la majorité des clandestins qui ont envahi Lampedusa est arrivée de Tunisie. Il s’agit donc de clandestins, qui devraient être retenus dans des centres d’identification pour être ensuite expulsés ou rapatriés. Un centre d’identification suppose de garantir la surveillance et la sécurité, absentes jusqu’à présent du camp de Manduria.
Il n’y a pas de chiffres officiels mais plus de 500 étrangers se sont déjà enfuis du camp. Et il est fort probable que les 1 500 Tunisiens supplémentaires qui vont arriver ont l’intention d’en faire autant. Les carabiniers ont dû intervenir la nuit dernière à la gare d’Orio, qui a été littéralement prise d’assaut par les Tunisiens, sortis du camp sans aucune difficulté avant de rejoindre le Nord. Hier, on en a arrêté 23 qui étaient déjà arrivés à Turin. Certains ont été transférés dans un centre d’identification, une dizaine ont été remis en liberté avec l’ordre de quitter l’Italie dans les cinq jours.
[cc] Novopress.info, 2010, Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine [http://fr.novopress.info]
Faux papiers: un réseau démantelé .les cadidats payaient jusqu'à 10 000€.Des damnés de la terre ?
31/03/2011 15:15
Faux papiers: un réseau démantelé
AFP 31/03/2011 | Mise à jour : 14:31 Réactions (6)
Sept personnes accusées d'être à la tête d'un des plus gros réseaux français de falsification de papiers d'identité ont été arrêtées en Ile-de-France et mises en examen au terme d'une enquête de plus d'un an, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.
Centralisée par la Juridiction inter-régionale spécialisée (Jirs) de Nancy et menée par l'Office central pour la répression de l'immigration irrégulière et de l'emploi d'étrangers sans titre (Ocriest), l'enquête a permis de remonter la filière et d'interpeller huit personnes soupçonnées d'être à la tête du réseau, toutes domiciliées en Ile-de-France. Sept ont été mises en examen lundi pour aide à l'immigration irrégulière et association de malfaiteurs, et six d'entre elles ont été placées en détention provisoire.
Les bénéficiaires, environ 200 personnes quasiment toutes de nationalité algérienne, ont effectué leur demande de papiers dans toute la France, a précisé à l'AFP le procureur de la Jirs de Nancy, Rémi Coutin. "Les gens se présentaient en mairie avec de fausses factures EDF, de faux actes de naissance et de fausses déclarations de perte de carte d'identité: ils obtenaient ainsi un renouvellement d'une carte d'identité française", a expliqué à l'AFP le capitaine Vincent Graceffa, de la police aux frontières de Metz, selon qui il s'agit "de la plus grosse affaire de ce type en France".
Les faussaires se présentaient dans des petites communes relevant de sous-préfectures en espérant que leur supercherie serait moins facilement découverte, a indiqué le policier. "L'obtention des faux documents leur coûtait entre 3.000 et 10.000 euros", a-t-il indiqué.
Ce 31 mars, l’île de Mayotte est devenue le cent unième département français. Un département qui vivra au rythme de l’islam, religion de la quasi-totalité d’une population dont plus de 60 % ne parlent que le malgache ou le swahili. Cette décision a pour origine une promesse électorale du candidat Sarkozy, appliquée par une loi organique et une loi ordinaire promulguées le 7 décembre 2010. À aucun moment, on n’a demandé aux Français s’ils voulaient de ce nouveau département peuplé de 200 000 musulmans et payer de leurs deniers le coût de cette insolite opération.
C’est d’ailleurs parce que l’issue d’une telle consultation risquait d’aller dans un sens contraire à la volonté présidentielle que l’opération a été faite en cachette. En 1962, quand il fut décidé de donner l’indépendance à l’Algérie et donc d’amputer le territoire français des départements algériens, un référendum sollicita l’accord du peuple français ; de même quand on changea le statut de la Nouvelle-Calédonie. Pour Mayotte, rien de semblable : seuls les Mahorais ont été consultés par référendum. Le 29 mars 2009, ils ont ainsi répondu à 95 % “oui” à la départementalisation, 39 % du corps électoral s’étant abstenu.
Les Français vont donc découvrir avec stupéfaction qu’à Mayotte, les fêtes musulmanes sont chômées, que les horaires de travail sont alignés sur ceux du ramadan et que leurs compatriotes mahorais qui le demanderont conserveront leur statut personnel, la justice devant alors leur être rendue par des magistrats français, non selon le droit français, mais conformément au droit coutumier ! Certes, celui-ci est appelé à disparaître, mais de manière progressive, et qui sait combien de temps le droit français devra composer avec un statut personnel dérogatoire au code civil et à la laïcité, très proche de la charia, qui prévoit la polygamie ainsi que la répudiation des femmes ? D’autant qu’à Mayotte, il n’y a ni état civil, ni cadastre ; noms et dates de naissance y sont incertains, ce qui va évidemment favoriser l’obtention de faux papiers et donc l’immigration-naturalisation.
Les Français vont rapidement constater que Mayotte est une pompe aspirante pour l’immigration régionale. L’immigration clandestine y est en effet considérable et incontrôlée, puisque, pour une population estimée à 200 000 personnes, on compte au moins 60 000 clandestins. En 2010, le nombre des reconduites à la frontière y a atteint le chiffre effarant de 26 405, dont 6 000 enfants qu’il ne sera plus possible d’expulser après la départementalisation. Durant les vingt premiers jours de janvier 2011, 40 bâteaux ont été interceptées avec au total 2 000 personnes à bord.
Les Comoriennes viennent accoucher à Mayotte d’enfants devenant automatiquement citoyens français, ce qui rend la famille inexpulsable. La maternité de Mamoudzou est ainsi la plus importante de France, avec 7 000 naissances annuelles, 65 à 75 % d’entre elles étant issues de l’immigration clandestine. Les avantages sociaux dont jouissent les Mahorais exercent déjà un attrait irrépressible pour les Comoriens ; or, la départementalisation, qui va progressivement aligner les droits sociaux des Mahorais sur ceux des métropolitains, ne fera qu’augmenter cette attirance.
À ces migrants de proximité s’ajoutent désormais ceux venant de la région des Grands Lacs et de toute l’Afrique orientale. Mayotte va donc servir de porte d’entrée vers la métropole, d’autant plus que les associations de soutien aux immigrés vont désormais y exiger le respect des procédures. Les expulsions de masse vont donc devenir impossibles. C’est donc un gigantesque Lampedusa que nos responsables politiques viennent de créer.
Parlons vrai : pour beaucoup, la départementalisation, c’est d’abord l’alignement sur les prestations sociales françaises, puis l’attente des retombées de la manne européenne dès que l’île sera devenue Rup (région ultrapériphérique). Déjà, les revendications se font jour parmi les fonctionnaires et les enseignants d’origine mahoraise, qui exigent la départementalisation du système éducatif au plus tard au mois d’avril, avec l’indexation des salaires, la prime de résidentialisation, comme pour leurs collègues métropolitains détachés, la titularisation des contractuels, la reconstitution des carrières pour l’intégration dans le corps des professeurs des écoles. À terme, le coût annuel de Mayotte pour la France est estimé à environ un milliard d’euros. Le seul budget de l’éducation dépasse les possibi-lités locales de financement. En 2010, 81 506 élèves, dont les clandestins, étaient ainsi scolarisés. Dans le seul domaine éducatif, l’effort annuel de l’État atteint déjà plus de 260 millions d’euros et les besoins ne feront que croître.
L’idée de faire de Mayotte un département français est donc totalement irresponsable. D’autres solutions existaient pourtant, qui permettaient de sauvegarder les spécificités mahoraises et de garantir l’appartenance de l’île à la France. Désormais, il est trop tard. Bernard Lugan, directeur de la revue “l’Afrique réelle”
Hauts-de-Seine, le symbole du camouflet, par Josée Pochat. "Dérives écologistes", entretien avec Jean-Frédéric Poisson. Guilhem Xerri, le social à mains nues, par Guillaume Desanges. Lybie : la ruée vers l'Ouest, par Frédéric Pons. Deux années pour Nétanyahou, par Nathalie Harel. "Le Japon ne sera plus le même", entretien avec Pierre-François Souyri. Immobilier : sous la menace des taux, par Marie de Greef-Madelin. La complicité des frères Caillebotte, par Valérie Collet. Des jardins nommés désir, par Virginie Jacoberger-Lavoué.
Hollande à l'abordage ; L'armée dans le prétoire ; Edouard François, l'archi vert ; et bien d'autres chose encore...
Si vous avez regardé le documentaire consacré à Dominique Strauss-Kahn sur Canal Plus, et si vous lisez la longue interview que Johnny Hallyday donne à Paris Match, où il pose en couverture avec sa femme Laeticia, vous comprenez que leurs communicants jouent des mêmes ressorts. Pour séduire les électeurs comme pour vendre un album – celui de Johnny, Jamais seul, vient de sortir –, ils doivent montrer le politique ou la vedette le plus en proximité avec l’ordinaire des vraies gens.
Dominique Strauss-Kahn occupe un poste prestigieux, vit au milieu des chefs d’État de la planète, il rédige des ordonnances pour des économies en péril, il parle l’anglais aussi bien que le français. Il incarne l’élite. L’essentiel du film était consacré à l’homme privé : conduisant lui-même sa berline pour se rendre à un match de foot soutenir l’équipe du FMI, qui arborait des T-shirts siglés : “Yes, we Kahn”. Beau clin d’œil ! On a entendu le bon époux, avouant que, sans Anne, il ne serait pas grand-chose. C’est un couple qui s’aime comme au premier jour ! Bon père aussi, qui évoque ses petits-enfants l’air attendri. On l’a aperçu dans sa cuisine immaculée faire cuire des steaks tandis que son épouse tourne la salade. Il crie “à table !”, comme vous et moi, lorsque nous sommes en famille. Il nous donne aussi sa recette pour défroisser un costume sortant de sa housse après huit heures d’avion : il faut l’accrocher au rideau de la baignoire remplie d’eau chaude. Et voilà ! Une vraie fée du logis. Un homme très simple donc !
Johnny, lui, vit entre la Californie, Saint-Barth et son chalet à Gstaad. Il est l’archétype de l’univers bling-bling, du show-biz et du shopping. Il s’est ravagé l’organisme avec l’alcool, la drogue, la cigarette. Ce qui fait sa légende. Il a failli mourir l’an dernier. Le voilà ressuscité. Mince, à peine bronzé, comme neuf. Les photos sont prises sur la plage à Los Angeles. Les petites Joy et Jade gambadent à côté de Johnny et Laeticia, vêtus de cuir du haut jusqu’en bas. Ah ! ce n’est pas la Laeticia de l’été qui ne nous cachait rien de ses tatouages au ras du pubis. Voilà un jeune couple rangé, qui s’aime comme au premier jour lui aussi. On en apprend de belles : Johnny ne boit plus, ne se drogue plus et ne fume plus qu’un jour sur deux. Et il a retrouvé sa voix. Il déclare son amour et sa fidélité à sa femme, à ses petites filles. Il aimerait qu’elles soient plus tard « droites en amour et en amitié, et qu’elles sachent que l’argent se mérite ». L’illustration d’un univers clos fait de sérénité et de beaux sentiments. Édifiant !
La société Sociovision, qui ausculte depuis des années les goûts, le moral, les désirs et les peurs des Français, nous le révèle : nos compatriotes rejettent aujourd’hui tout ce qui est loin d’eux : l’élite, les dirigeants, les vedettes. Ils n’ont plus confiance. Pour se rassurer, ils se replient sur la cellule familiale dans ce qu’elle a de plus circonscrit. Le couple est devenu la valeur refuge. C’est ce que l’on appelle le micro-social chaleureux. L’heure n’est plus au laisser-aller déjanté du bourgeois bohème. Aujourd’hui, le bourgeois se veut popote, rangé, fidèle, aimant. Les communicants ne peuvent être sourds et aveugles devant ces nouvelles tendances. Et ça peut marcher ? Si le public y croit… Catherine Nay A lire également sur valeursactuelles.com : Y a-t-il une vie après le FMI ?, par Basile de Koch
“Valeurs actuelles” a retrouvé les propositions chocs des états généraux de l’opposition RPR-UDF sur l’immigration. Pour la plupart “oubliées”.
La France ne peut plus être un pays d’immigration, elle « n’est pas en mesure d’accueillir de nouveaux immigrants »… Voilà, entre autres, ce à quoi s’engageaient la droite et le centre, en cas de retour au pouvoir, à l’occasion de ses “états généraux de l’opposition” (RPR et UDF, transformés en UMP) consacrés à l’immigration, des 31 mars et 1er avril 1990 à Villepinte.
Parmi les participants : Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac, Michèle Alliot-Marie, Roselyne Bachelot, Alain Juppé, Gérard Longuet, mais aussi… François Bayrou. Coresponsable, au nom du RPR, de cette convention, c’est Nicolas Sarkozy lui-même qui a cosigné (avec Alain Madelin) la préface du compte rendu de 39 pages publié à cette occasion.
Affirmant que « la France ne doit pas être considérée comme un simple espace géographique sur lequel plusieurs civilisations pourraient coexister » et dénonçant le « faux antiracisme militant », ce qui est depuis devenu l’UMP en appelait alors clairement à « la fermeture des frontières » et à la « suspension de l’immigration ». Loin, très loin, du “contrôle régulé” et de “l’immigration choisie” aujourd’hui défendus…
“Qu’il se taise !” disent les socialistes. Parce qu’ils veulent éviter le débat sur la place de l’islam en France.
L’une parle de « cynisme venimeux ». C’est Cécile Duflot, porte-parole des Verts. L’autre évoque un « délire maladif ». C’est Razzy Hammadi, l’un des secrétaires nationaux du Parti socialiste. Tous les deux, à quelques jours d’intervalle, ont renoué avec une phraséologie quasi soviétique pour tenter de discréditer leur adversaire et d’interdire tout débat sur les sujets qui les dérangent. Pourquoi ? Parce que le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, a osé dire ce que pensent bon nombre d’électeurs et qu’ils répètent d’ailleurs depuis des mois à leurs députés.
« Les Français, à force d’immigration incontrôlée, ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux », a-t-il donc déclaré le 17 mars sur Europe 1. La veille, il avait dit aussi dans le Monde que « les Français veulent que les nouveaux arrivés adoptent le mode de vie qui est le leur » et ne leur imposent pas « des pratiques qui ne correspondent pas aux règles de notre vie sociale ».
Propos qu’il illustrait la semaine suivante par des exemples concrets, tirés de l’expérience des enseignants et des soignants : « Les agents des services publics ne doivent pas porter de signes religieux, ni manifester une quelconque préférence religieuse, mais les usagers du service public ne le doivent pas non plus. […] À l’hôpital, un certain nombre de personnes refusent, pour des femmes, des soins prodigués par des hommes. Eh bien, ce n’est pas admissible. » Le tout prononcé sur le ton calme et serein que l’on connaît à Claude Guéant.
Entretien avec l’un des intermédiaires des ventes d’armes à l’Angola entre 1993 et 1998.
Actuellement réfugié en Israël et condamné à six ans de prison en première instance, Arcadi Gaydamak ne s’est jamais présenté devant la justice. Il accuse l’ex-juge Courroye d’être à la tête d’« un puissant réseau administratif » qui l’aurait condamné. Absurde. Impensable. Comment un juge d’instruction, en France, pourrait-il suggérer ou imposer à un tribunal de condamner un prévenu ? L’homme d’affaires livre sa vérité. Pourquoi ne vous êtes-vous pas présenté au procès de l’Angolagate, aussi bien en première instance qu’en appel ? Ayant fait l’objet de poursuites de la justice française depuis quinze ans, je sais qu’elle n’est pas seulement aveugle mais aussi sourde. Et preuve qu’elle est manipulée, c’est que malgré les témoignages de l’ancien patron de la DST et du chef d’état-major, le général Douin, en ma faveur, la condamnation demeure.
Vous contestez toujours les accusations portées contre vous, notamment d’avoir aidé l’association de Charles Pasqua en échange de votre promotion dans l’ordre national du Mérite ? Bien évidemment, ma nomination dans l’ordre du Mérite est la récompense de mes actes de bravoure pour mon rôle joué dans la libération des deux pilotes français faits prisonniers par les Serbes en août 1995. Sans moi et Jean-Charles Marchiani, ils n’auraient jamais été libérés. C’est grâce à mes relations avec des officiers du KGB que nous avons pu obtenir un tel résultat.
par Denis Sieffert (Politis) :La guerre du moindre mal…
31/03/2011 00:15
Même du bout des lèvres, il n’est pas facile d’approuver une opération militaire soutenue par Nicolas Sarkozy, qui peut voir là une fragile occasion de se refaire un semblant de popularité, et promue par Bernard-Henri Lévy, dont la pitié pour les populations civiles écrasées sous les bombes ne va jamais jusqu’à Gaza ou au Sud-Liban [1]. Certes, chacun a son fardeau puisque les adversaires de l’intervention en Libye comptent dans leurs rangs Marine Le Pen et Vladimir Poutine. Ce qui fait assez, de part et d’autre, pour bannir tout raisonnement de type « les amis de mes amis… » ou « les ennemis de mes ennemis… ».
Il est donc urgent de se libérer, autant que faire se peut, des carcans idéologiques, pour mieux essayer de penser seul. Urgent aussi d’accorder à ceux de nos amis qui pensent différemment le bénéfice de la bonne foi et de la pertinence. Voir Rony Brauman dans Libération de lundi, et Bernard Langlois dans son blog (politis.fr). D’ailleurs, avouons-le, ils ont beaucoup plus d’arguments que nous. Car nous n’en avons qu’un seul. Il est simple. Il est connu. Le voici : on ne pouvait, consciemment, froidement, laisser Kadhafi anéantir sous les bombes les populations de Benghazi et de Tobrouk. On ne pouvait le laisser achever à l’arme automatique les blessés dans les hôpitaux, comme cela a été fait dans les villes reconquises.
La promesse répétée d’un « bain de sang », le peuple qualifié de « terroriste » et comparé à « Al-Qaïda », tout cela ne laissait aucun doute sur la volonté du dictateur revanchard de mettre sa menace à exécution. Et il n’était plus question, samedi 19 mars dans l’après-midi , de « renforcer les sanctions économiques », ni d’apporter des munitions aux insurgés pris au piège.
C’était une question d’heures, de minutes même. En réalité, il était bien tard puisque les milices kadhafistes s’étaient déjà introduites dans la ville, et que les faubourgs ployaient déjà sous les bombes. Il fallait donc intervenir. Il fallait répondre à l’appel désespéré des insurgés, ou assumer la non-intervention comme le fit en juillet 1937 la France de Léon Blum en Espagne, pour sa plus grande honte. Le reste n’est que littérature. Bien entendu, cette intervention devait se faire dans le cadre d’un strict mandat des Nations unies afin, comme il est dit dans la résolution 1973 du Conseil de sécurité, « de protéger les populations et les zones civiles menacées d’attaques ».
Parmi les arguments qui nous sont opposés, certains sont rhétoriques. Comme le fameux « deux poids deux mesures » que l’on connaît bien. Il n’y aura jamais de « résolution 1973 » pour les Palestiniens, ni même pour les habitants de Bahreïn, attaqués par une armée composée surtout de Saoudiens. Les Nétanyahou et les Liberman, les Saoud et les Al-Khalifa sont tous du côté du manche américain. Ils n’ont rien à craindre de ce côté-là. Mais si l’impunité dont ils jouissent est scandaleuse, en quoi justifierait-elle que l’on abandonne les habitants de Benghazi à leur sort ? L’autre argument que l’on peut qualifier de rhétorique (c’est-à-dire juste, mais sans conséquence sur la position à adopter en Libye), c’est l’argument des arrière-pensées. Les Occidentaux sont mus par l’odeur du pétrole. Ils rivalisent pour se placer dans la future Libye. Et ils ont de vils impératifs de politique intérieure. Soit. Nous ne sommes pas assez naïfs pour penser que les raisons de nos chefs d’État ne sont que de bonnes raisons. Notre petit Sarkozy, par exemple, a exploité au mieux son image fugitive de leader, avant que les opérations militaires ne débutent et que la France soit placée sous commandement américain. Après quoi nous avons compris qu’il n’avait servi que de leurre à Obama, peu empressé d’apparaître en première ligne dans cette affaire. Quant au profit espéré en politique intérieure, le Président français a pu le mesurer dès le lendemain avec le score de son parti aux cantonales…
Mais un autre argument, pas rhétorique du tout celui-là, est infiniment plus troublant. Il nous projette dans un avenir, peut-être très proche. Il nous dit ceci : cette opération ne suffira pas à faire rendre gorge à Kadhafi. Et de deux choses l’une, ou bien les pays occidentaux, flanqués du Qatar et du Liban, vont devoir outrepasser leur mandat, et s’enliser dans une intervention terrestre longue et meurtrière, qui finira par retourner l’opinion publique, surtout arabe ; ou bien ils vont s’en tenir au mandat voté, mais alors ils n’auront fait que blesser un peu plus Kadhafi sans l’achever. On n’aura reculé que pour mieux sauter dans une guerre civile totale, à moins que l’on ait involontairement consacré la partition du pays, ramené un siècle en arrière de son histoire, quand, sous le joug ottoman, la Libye était divisée en trois provinces.
Toutes ces hypothèses, hélas, sont plausibles. Et il ne manque pas de Cassandre pour les décrire par le menu. Oui, l’avenir est incertain. Mais où est-il assuré dans cette région du monde ? À nos yeux, aucune de ces spéculations funestes n’aurait de toute façon justifié que l’on ne fasse rien pour Benghazi. C’est une guerre du moindre mal que nous approuvons, et qui doit être très limitée dans le temps. Même s’il y a quelque ironie à supporter l’exaltation virile qui agite certains de nos confrères avec le retour des Tomahawks en « prime time ».
Notes
[1] Mille cinq cents morts sous les bombes israéliennes en décembre 2008 et janvier 2009, et presque autant au Sud-Liban en août 2006. Avec l’approbation de BHL. En Libye, le même s’est prononcé pour une intervention unilatérale de la France… et évoquait déjà le cas de l’Iran. À qui le tour ?
L’escapade sino-japonaise de Sarkozy .Une escapade internationale qui embaume les cicatrices et redonne du tonus à l’ego était la bienvenue.
31/03/2011 00:10
L’escapade sino-japonaise de Sarkozy
Une escapade internationale qui embaume les cicatrices et redonne du tonus à l’ego était la bienvenue. Celle qu’entreprend Nicolas Sarkozy en Chine est de cet acabit.
Il n’y a rien de plus réconfortant qu’une escapade internationale pour oublier les soucis domestiques. Nicolas Sarkozy en avait bien besoin. Lui qui venait de vivre un second tour des cantonales à la limite du cauchemardesque. Même si sa communication laissait entendre qu’il n’accordait pas une importance capitale à ce scrutin somme toute d’un enjeu strictement local, tout laissait croire que l’homme étant atteint dans sa stratégie provoque d’insatiables grognes dans son propre destin puisque pour beaucoup dans sa famille politique, il a cessé d’être cet incontournable porte emblème de la victoire. Une escapade internationale qui embaume les cicatrices et redonne du tonus à l’ego était la bienvenue. Celle qu’entreprend Nicolas Sarkozy en Chine est de cet acabit. Elle se décompose en trois séquences assez distinctes susceptibles de reconstruire une aura. La première est d’ordre politique. Une rencontre au sommet avec le président chinois Hu Jin Tao, plus longue que prévu pour bien marquer l’épaisseur de l’estime entre les deux hommes, est un moment politique d’une grande intensité. La guerre contre le Libye de Mouammar Kadhafi est prévue de figurer au cœur de cette rencontre. Nicolas Sarkozy éclairera le dirigeant chinois des derniers développements militaire et politique. Il est à parier que le numéro Un chinois entendra cette mise à jour les paupières plus baissées que d’habitude. La Chine s’est abstenue lors du vote de la fameuse résolution 1973 qui autorise la communauté internationale à recourir à la force pour empêcher Mouammar Kadhafi de nuire à son peuple. Elle regarde avec une réserve jusque là muette les performances militaires de l’Otan dans cette région. Le second moment est purement économique. Il s’agit pour Nicolas Sarkozy de parrainer le grand séminaire de Nankin destiné à pousser encore plus loin la réflexion sur les meilleures pistes pour réformer le système financier international. C’est devenu le cœur de cible de toute la présidence française du G20. Même si du séminaire de Nankin, il n’est pas attendu de grandes décisions qui restent l’apanage des réunions de ministres et des rencontres au sommet des États, la diplomatie française est heureuse d’annoncer avoir choisi Nankin pour lancer cette grande réflexion sur les terres chinoises, en reconnaissance du grand rôle que joue la Chine d’aujourd’hui dans l’économie mondiale. Nicolas Sarkozy pourra se targuer d’avoir fait venir à Nankin quinze ministres des Finances dont le puissant secrétaire d’État au Trésor américain Timothy Geithner. Petite cerise sur le gâteau, Nicolas Sarkozy pourra aussi trouver un autre plaisir à avoir comme auditeur le patron du FMI, futur possible challenger, Dominique Strauss-Kahn. Le troisième moment est d’ordre émotionnel et imprévu. Il s’agit de cette visite surprise à la fin de cette tournée à ce Japon meurtri par le séisme, le tsunami et la catastrophe nucléaire. Depuis le début, Nicolas Sarkozy voulait être le premier chef d’État à se rendre au Japon. Après quelques complications diplomatiques, le ciel s’est dégagé pour ouvrir la voie à cette photo qui se veut grandiose d’un Nicolas Sarkozy au chevet d’un pays qui souffre le martyr, pour lui dire la communion du peuple français dans cette épreuve et la solidarité de la communauté internationale dans cette tragédie.
Le 30-03-2011 à 09:16
Par : Mustapha Tossa DNCP à Paris http://www.aujourdhui.ma/international-details81684.html
Le président vénézuélien Hugo Chavez craint d’être la prochaine cible de l’« impérialisme américain » et qu’un sort similaire à celui du leader libyen Mouammar Kadhafi ne lui soit réservé, a-t-il annoncé lundi à la télévision nationale.
« Nous sommes en train de voir que l’impérialisme a jeté son masque. Il a mis de côté la morale et (…) s’est offert un prétexte pour bombarder les villes libyennes et tuer les civils. On tente de classer Chavez et Kadhafi dans la catégorie de dictateurs cruels », a déclaré le leader vénézuélien.
M. Chavez a en outre ajouté que le nom de plusieurs autres Etats latino-américains était inscrit sur la liste des pays « indésirables », mais que son nom « figurait en premier ».
Alors que la communauté internationale « assiste tranquillement » à la guerre en Libye, il existe selon lui une opportunité réelle de « neutraliser les projets militaires contre le Venezuela et d’autres pays de l’Amérique latine ».
« Nous devons serrer les rangs dans le cadre de l’Alliance bolivarienne et faire avancer notre projet de socialisme fondé sur la démocratie et la paix. (…) Notre but est d’éviter la guerre », a conclu Hugo Chavez.
Depuis la mi-février, la Libye est le théâtre d’une révolte dirigée contre le régime de Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis 42 ans. Pour réprimer la rébellion, le leader libyen a fait appel aux forces armées, ce qui a attisé le conflit, le transformant en guerre civile.
La résolution du 17 mars prévoit la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Libye. Une coalition réunissant plusieurs pays occidentaux a profité de ce document pour intervenir aux côtés des rebelles. Les frappes aériennes contre les troupes du colonel Kadhafi ont débuté le 19 mars.
INFO LE FIGARO - Trente-huit personnes ont été interpellées à Paris, Lyon et Marseille.
Trente-huit personnes ont été interpellées à l'occasion d'un spectaculaire coup de filet mené dans seize restaurants japonais, appartenant tous à une même chaîne soupçonnée d'avoir institué un véritable système de travail illégal organisé en employant des clandestins. D'origine laotienne, cambodgienne, philippine, coréenne ou chinoise, les sans papiers étaient employés comme clandestins, parfois plus de 50 heures par semaine, à fabriquer des sushis.
Les établissements visés, tous d'un certain standing, sont implantés à Paris, mais aussi à Lyon et à Marseille. En deux ans, plus d'une centaine de clandestins sont susceptibles d'y avoir été exploités par un réseau très structuré où se trouvaient des «recruteurs» et de présumés comptables véreux.
Sous le nom de code «Opération Bouddha», pas moins de 200 policiers et gendarmes de l'Office central de lutte contre le travail illégal (OCLTI) et l'Office central pour la répression de l'immigration irrégulière et de l'emploi d'étrangers sans titre (OCRIEST) sont passés à l'action jeudi à l'heure du déjeuner, épaulés par des agents du fisc, de l'Urssaf ainsi que des inspecteurs du travail.
Des chiens renifleurs de billets de banque ont par ailleurs été appelés en renfort pour retrouver d'éventuelles caches où étaient entreposées de fortes sommes d'argent en espèces. Parmi les interpellés figurent 23 dirigeants, recruteurs de clandestins, «managers», financiers occultes.
Ces derniers étaient devenus experts pour sortir du «cash de leur comptabilité», explique un enquêteur. Ils manipulaient des sommes considérables en espèces, sachant que les recettes journalières de la chaîne de restauration se situaient entre 50.000 et 100.000 euros.
De nombreuses liasses, pour une valeur de plusieurs dizaines de milliers d'euros, ont été saisies en perquisitions. Par ailleurs, une quinzaine de sans papiers, qui ont pour la plupart parcouru des milliers de kilomètres avant d'échouer au fin fond de leurs ateliers à sushis, font l'objet d'un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière.