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La justice s’intéresse au frère de Madoff
11/01/2009 12:09
La justice américaine s’intéresse au frère de Bernard Madoff, un financier américain accusé d’une gigantesque escroquerie portant sur quelque 50 milliards de dollars, rapporte l’édition électronique du quotidien Wall Street Journal.
“Les enquêteurs examinent minutieusement si d’autres personnes ayant des liens étroits avec Bernard [Madoff], notamment [son frère] Peter ont pu jouer un rôle dans le schéma de Ponzi (fraude de type pyramidal, ndlr) présumé” dont il est accusé, écrit le journal, citant des sources proches du dossier.
Agé de 63 ans, Peter Madoff était très proche de son frère Bernard, de sept ans son aîné, ajoute l’article. “En tant que numéro deux de la hiérarchie de la société Bernard Madoff Investment Securities, Peter Madoff a travaillé au côté de son frère Bernard pendant environ 40 ans”, écrit le journal.
Source: Wall Street Journal
http://fr.altermedia.info/general/la-justice-sinteresse-au-frere-de-madoff_19214.html
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« Tribune juive » avec Carla, c’est du sérieux ! Mais est-ce bien raisonnable ?
11/01/2009 11:10
Inutile de se frotter les yeux ! On a bien lu ! Sur la couverture de « Tribune juive » n°44 de janvier 2009 : en légende du portrait de Mme Bruni-Sarkozy, il est écrit : « Carla, l’élue ». Sauf trou de mémoire, on ne croit pas avoir jamais par le passé, où que ce soit, lu pareil slogan au sujet de Mmes de Gaulle, Giscard d’Estaing, Mitterrand et Chirac. Faut-il que Mme Bruni-Sarkozy sorte du lot et soit d’une tout autre classe pour être ainsi adulée par un magazine !
Une relation intime simulée Un très gros plan ressserre l’ovale de son visage pour rapprocher au plus près le tête-à-tête qu’il s’agit de simuler avec le lecteur par le procédé de l’image mise en abyme. La métonymie de ses yeux rieurs et de son sourire enjôleur aux lèvres entrouvertes montre que Mme Bruni-Sarkozy feint de rechercher avec lui la relation la plus intime. La longue chevelure libre et lisse, le visage renversé à la transversale de la photo rectangulaire écarte tout protocole rigide conventionnel qui garde les distances, qu’il s’agisse de la pose verticale de face ou de trois-quarts. L’oblique de la posture insinue déséquilibre et connivence. Proximité plus grande ne pourrait être obtenue sans manquer à la décence. La mise hors-contexte écarte toute distraction. Le lecteur ne peut fuir les avances de Mme Bruni-Sarkozy qui, dans la légende, en perd son patronyme pour se faire appeler de son seul prénom, « Carla », comme il est d’usage entre amis intimes. Un titre paradoxal volontairement ambigu Seulement, quel naïf peut y croire et se laisser prendre au leurre de cette minauderie ? Mme Bruni-Sarkozy a beau avoir écumé les salons et collectionné les conquêtes, on reste ici dans une simulation grossière qui vise à faire admettre comme naturel le curieux qualificatif dont le magazine l’affuble, « l’élue ». Que peut bien, en effet, signifier pareil titre paradoxal ? Là encore, la mise hors-contexte ouvre sur une ambiguïté volontaire pour faire interférer abusivement différents sens. Une chose est sûre, il ne peut s’agir du statut conféré par une élection démocratique. On sait bien que Mme Bruni-Sarkozy n’a jamais été candidate à un mandat, pas même comme Mme Chirac à une élection cantonale. Est-il donc fait référence à ces sondages farfelus où "les Français" sont invités à indiquer leurs personnalité préférées ? Même pas ! "Les Français" sont des accros de héros d’une tout autre dimension, selon un sondage rituel qui paraît en janvier chaque année : l’abbé Pierre et ses bonnes oeuvres leur ayant faussé compagnie avec sa cape et son béret, ce sont des géants à la Noah ou des têtes à la Zidane qui sont leurs favoris. Quant au titre de « femme de l’année » il a été pris par la regrettée sœur Emmanuelle. "Les Français" – du moins à en croire ces sondages - raffolent des gens charitables. De qui donc Mme Sarkozy-Bruni est-elle donc alors « l’élue » ? Jusqu’à nouvel ordre, si on la replace dans le contexte du couple présidentiel français, elle ne serait « l’élue » que du coeur du président puisque peu après son divorce, il l’a prise pour épouse. Et ce n’est déjà pas si mal ! La belle affaire, dira-t-on ! La nouvelle remonte quand même à un an, jour pour jour, quand dans sa fameuse conférence de presse du 8 janvier 2008, la France et le monde entier apprenaient qu’ « avec Carla (c’était) du sérieux ! » Une titulature impériale amorcée ? Seulement, le magazine se garde de le préciser. « L’élue », laissée sans qualifiant, oblige donc à élargir plus grand le contexte possible de sa signification. On songe alors, par intericonicité, aux titulatures impériales ou royales. Les Romains ont excellé en la matière, gravant dans la pierre les appellations les plus fantasques de leurs princes divinisés. Elles étaient d’ailleurs si rituelles qu’ils s’autorisaient des abréviations que chacun déchiffrait sans peine comme aujourd’hui les sigles SNCF ou EDF : « IMP CAES FL CONSTANTINO MAXIMO P F AUGUSTO, etc. » « À l’imperator César Flavius Constantin, le plus grand, pieux et fortuné Auguste, etc. ». Les rois et reines en France ont été eux aussi gratifiés d’un qualificatif honorifique : Charlemagne, Robert le Pieux, Philippe le Bel, Louis XV le Bienaimé. Le magazine Tribune juive en serait-il à ce degré de courtisanerie qu’il tomberait dans la plus basse flagornerie au point d’appeler l’épouse du président, « Carla l’élue » ? On n’ose le croire et ce, à tel point qu’on se demande si tant d’excès dans l’adulation n’est pas l’indice d’une ironie. Seulement, celle-ci n’est pas autrement perceptible : on ne voit pas dans cette couverture, surtout avec une telle photo, ce qui pourrait justifier une lecture ironique. Le contexte du magazine semble même obliger à l’écarter. Le mot « élu » dans la communauté juive n’est pas anodin. Le peuple juif n’entretient-il pas une relation privilégiée avec son Dieu qui, par Moïse, lui a remis directement ses « dix commandements » selon la Bible ? Ne s’est-il pas considéré comme un « peuple élu » d’où viendrait le Messie pour sauver l’humanité perdue depuis le péché originel d’Adam et Eve ? Qualificatif plus flatteur pouvait-il donc être trouvé pour chanter les louanges de Mme Bruni-Sarkozy ? Même si le mot est impropre dans ce contexte car il appartient au lexique catholique, c’est à une « canonisation » à laquelle Tribune juive se livre du vivant de l’intéressée. On en reste bouche bée. Car où chercher dans l’histoire édifiante de Mme Bruni-Sarkozy les actes d’exception qui justifieraient une telle « apothéose », au sens originel du terme ? On est bien en peine d’en relever dans les exhibitions d’un mannequin, d’un modèle de studio ou d’une chanteuse. A-t-il donc suffi que l’œil du prince la distingue pour que ses courtisans l’élèvent bientôt au pinacle et se prosternent à ses pieds, la litanie à la bouche ? Même le mot d’ « élue » qui était devenu consubstantiel à la démocratie, tend à s’en éloigner et à être vidé de son sens. Paul Villach http://www.agoravox.fr/auteur.php3?id_auteur=4929
> « Tribune juive » avec Carla, c’est du sérieux ! Mais est-ce bien raisonnable ? par Gasty (IP:xxx.x1.135.225) le 8 janvier 2009 à 10H48
Une analyse qui ne me déplait pas, mais faut dire que c’est tellement vrai, les auteurs de cette une de la Tribune Juive doivent en etre conscient, enfin j’ose le penser avec retenue..... car courtisants, c’est gentil et n’oblige pas à la censure.
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> « Tribune juive » avec Carla, c’est du sérieux ! Mais est-ce bien raisonnable ? par non666 (IP:xxx.x2.195.27) le 8 janvier 2009 à 16H55
D’un autre coté ,il n’y pas de hasard. http://www.interfaithfamily.co... Les deux dernières femmes de sarkozy. La conversion du fils... Disons que toutes ces conversions sont utilitaires et que la grande solidarité raciale entre membre de la race des seigneurs de droit divin est maintenu... ca me rapelle un certain serge Bloch, officielement converti au catholicisme, ayant transformé son nom en dassault pour faire plus "vielle france" mais qui la trahisait en livrant des mirages a israel, malgrès l’embargo, sous l’etiquetage "machine agricole"...
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http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=49697
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Israël aurait demandé l'aide de Washington pour frapper Téhéran (journal)
11/01/2009 11:00
NEW YORK, 11 janvier - RIA Novosti. Israël aurait demandé de l'aide aux Etats-Unis courant 2008 afin de mener des frappes contre les sites nucléaires iraniens, affirme dimanche le New York Times se référant à des sources anonymes au sein de l'administration Bush.
Selon le NYT, Tel Aviv a demandé à Washington de lui fournir des missiles anti-bunker afin de frapper le site nucléaire de Natanz, et l'autorisation de survoler le territoire irakien contrôlé par les Etats-Unis.
Après étude de la proposition, l'administration Bush a annoncé que l'attaque ne serait pas efficace du point de vue militaire et entraînerait immanquablement les Etats-Unis dans un conflit armé avec l'Iran.
En échange, M. Bush aurait proposé de lancer une opération secrète visant à saboter au niveau international la mise au point par Téhéran de ses projets nucléaires, et de mener des attaques contre les réseaux informatique et électrique iraniens.
Selon le quotidien, Tel Aviv aurait été déçu par la publication en 2007d'un rapport du renseignement américain affirmant que Téhéran aurait suspendu son programme nucléaire militaire en 2003. Le départ de George W. Bush ôte à Israël ses derniers espoirs d'opération militaire conjointe contre Téhéran.
Fin juin 2008, le New York Times avait annoncé qu'une centaine d'avions F-16 et F-15 israéliens avaient mené des exercices militaires qualifiés par des sources anonymes du Pentagone de "répétition d'éventuelles frappes contre les sites nucléaires" de Téhéran, accusé par différents pays, Etats-Unis et Israël en tête, de vouloir acquérir la bombe atomique.
http://fr.rian.ru/world/20090111/119419400.html
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Israël aurait demandé l'aide de Washington pour frapper Téhéran (journal)
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NEW YORK,
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Libérer les Palestiniens des mensonges de Bernard-Henri Lévy
11/01/2009 10:55
Libérer les Palestiniens des mensonges de Bernard-Henri Lévy
Il manquait encore sa voix dans le débat. Il vient enfin de s’exprimer dans un texte exemplaire paru dans Le Point, « Libérer les Palestiniens du Hamas ». Exemplaire ? oui, car, comme celui d’André Glucksmann, il résume tous les mensonges, toute la mauvaise foi de ceux qui pensent que, au-delà de telle ou telle erreur, la politique d’Israël doit être défendue contre ses ennemis, contre les barbares qui menacent de le submerger. Ce bloc-note mérite donc une analyse de texte détaillée (je mets en gras les citations de BHL).
« N’étant pas un expert militaire, je m’abstiendrai de juger si les bombardements israéliens sur Gaza auraient pu être mieux ciblés, moins intenses. »
Etrange argument. Il n’est pas nécessaire d’être un spécialiste militaire pour savoir si des actions violent ou non le droit international : un philosophe pourrait faire l’affaire... Car les déclarations confirmant ce viol sont multiples.
« N’ayant, depuis des décennies, jamais pu me résoudre à distinguer entre bons et mauvais morts ou, comme disait Camus, entre “victimes suspectes” et “bourreaux privilégiés”, je suis évidemment bouleversé, moi aussi, par les images d’enfants palestiniens tués. »
« Cela étant dit, et compte tenu du vent de folie qui semble, une fois de plus, comme toujours quand il s’agit d’Israël, s’emparer de certains médias, je voudrais rappeler quelques faits. »
Bien sûr, personne, ne peut accepter la mort d’un enfant, où qu’il soit, mais admirez le « cela étant dit »... qui laisse supposer que cette mort s’explique par le contexte.
« 1. Aucun gouvernement au monde, aucun autre pays que cet Israël vilipendé, traîné dans la boue, diabolisé, ne tolérerait de voir des milliers d’obus tomber, pendant des années, sur ses villes : le plus remarquable dans l’affaire, le vrai sujet d’étonnement, ce n’est pas la “brutalité” d’Israël — c’est, à la lettre, sa longue retenue. »
Il suffit de comparer le nombre de morts palestiniens et israéliens (avant les combats actuels) pour mesurer la « longue retenue ». En réalité, les bombardements sur Gaza n’ont jamais cessé, sinon pendant le cessez-le-feu signé le 19 juin 2008. Et que dire de la « longue retenue » des Palestiniens qui vivent sous occupation depuis 40 ans... Car, il faut le rappeler, l’origine de la résistance ce n’est ni le Fatah, ni l’OLP ni le Hamas, mais l’occupation, qui suscite toujours la résistance.
« 2. Le fait que les Qassam du Hamas et, maintenant, ses missiles Grad aient fait si peu de morts ne prouve pas qu’ils soient artisanaux, inoffensifs, etc., mais que les Israéliens se protègent, qu’ils vivent terrés dans les caves de leurs immeubles, aux abris : une existence de cauchemar, en sursis, au son des sirènes et des explosions — je suis allé à Sdérot, je sais. »
Bernard-Henri Lévy est allé à Sdérot (alors qu’en Géorgie, il a pu écrire des affabulations sur des lieux où il ne s’était jamais rendu), on n’en doute pas. Mais est-il jamais allé à Gaza ? A-t-il vu dans quelles conditions vivent les Palestiniens, depuis des dizaines d’années ? Interviewée par la télévision, une habitante de Gaza, à qui l’on demandait si elle rendait le Hamas responsable de ce qu’elle subissait, répondait en substance : il y avait des bombardements avant l’arrivée du Hamas et il y en aura après ; tout cela n’est que prétexte.
« 3. Le fait que les obus israéliens fassent, à l’inverse, tant de victimes ne signifie pas, comme le braillaient les manifestants de ce week-end, qu’Israël se livre à un “massacre” délibéré, mais que les dirigeants de Gaza ont choisi l’attitude inverse et exposent leurs populations : vieille tactique du “bouclier humain” qui fait que le Hamas, comme le Hezbollah il y a deux ans, installe ses centres de commandement, ses stocks d’armes, ses bunkers, dans les sous-sols d’immeubles, d’hôpitaux, d’écoles, de mosquées-efficace mais répugnant. »
Ce qui est répugnant, c’est la disproportion des forces. Comme le dit le philosophe (un vrai, celui-là) Michael Walzer, que j’ai déjà cité, « le tir au pigeon n’est pas un combat entre combattants. Lorsque le monde se trouve irrémédiablement divisé entre ceux qui lancent les bombes et ceux qui les reçoivent, la situation devient moralement problématique ».
Quant au fait que les combattants du Hamas se terrent dans les écoles ou les mosquées, il s’agit souvent de pure propagande, comme le prouve l’exemple de l’école de l’Unrwa bombardée par l’armée israélienne. Chaque fois que des observateurs neutres ont pu se rendre sur place, ils ont constaté que les allégations israéliennes étaient mensongères. On comprend que le gouvernement israélien refuse l’entrée du territoire aux journalistes étrangers.
D’autre part, rappelons que Gaza est un tout petit territoire, avec la plus forte densité de population au monde. Où sont censés s’installer les combattants ? Doivent-ils aller au-devant des troupes israéliennes pour servir de cible ? Qui pourrait reprocher aux insurgés parisiens de 1848 ou de 1870 d’avoir construit des barricades dans les rues de la capitale ?
« 4. Entre l’attitude des uns et celle des autres il y a, quoi qu’il en soit, une différence capitale et que n’ont pas le droit d’ignorer ceux qui veulent se faire une idée juste, et de la tragédie, et des moyens d’y mettre fin : les Palestiniens tirent sur des villes, autrement dit sur des civils (ce qui, en droit international, s’appelle un “crime de guerre”) ; les Israéliens ciblent des objectifs militaires et font, sans les viser, de terribles dégâts civils (ce qui, dans la langue de la guerre, porte un nom — “dommage collatéral” — qui, même s’il est hideux, renvoie à une vraie dissymétrie stratégique et morale). »
Dissymétrie stratégique ? Incontestablement. Un dirigeant du FLN algérien Larbi Ben M’hidi, arrêté durant la bataille d’Alger en 1957 (puis assassiné), et à qui des journalistes français reprochaient d’avoir posé des bombes dans des cafés, répondait : « Donnez-moi vos Mystère, je vous donnerai mes bombes ». Si placer des bombes dans un café est condamnable, que faut-il dire des bombes larguées d’un avion sur des populations civiles ?
Dissymétrie morale ? Les punitions collectives infligées depuis des années à Gaza sont, selon Richard Falk, envoyé des Nations unies dans les territoires palestiniens, « un crime contre l’humanité ». Que dire alors de ce qui se passe depuis...
Parlant de ses négociations avec le gouvernement sud-africain et de ses demandes d’arrêter la violence, Nelson Mandela écrit : « Je répondais que l’Etat était responsable de la violence et que c’est toujours l’oppresseur, non l’opprimé, qui détermine la forme de la lutte. Si l’oppresseur utilise la violence, l’opprimé n’aura pas d’autre choix que de répondre par la violence. Dans notre cas, ce n’était qu’une forme de légitime défense. » (Nelson Mandela, Un long chemin vers la liberté, Livre de Poche, p. 647)
« 5. Puisqu’il faut mettre les points sur les i, on rappellera encore un fait dont la presse française s’est étrangement peu fait l’écho et dont je ne connais pourtant aucun précédent, dans aucune autre guerre, de la part d’aucune autre armée : les unités de Tsahal ont, pendant l’offensive aérienne, systématiquement téléphoné (la presse anglo-saxonne parle de 100 000 appels) aux Gazaouis vivant aux abords d’une cible militaire pour les inviter à évacuer les lieux ; que cela ne change rien au désespoir des familles, aux vies brisées, au carnage, c’est évident ; mais que les choses se passent ainsi n’est pas, pour autant, un détail totalement privé de sens. »
Ce que notre « philosophe » oublie, c’est qu’Israël, qui appelle les gens à quitter leur maison, ne les laisse pas vraiment aller ailleurs. Le Haut-commissaire pour les réfugiés remarquait que c’était le seul conflit du monde où on interdisait aux populations civiles de quitter leur territoire. Et ceux qui se réfugient dans des lieux soi-disant sûrs sont victimes des bombardements, comme les 40 civils tués dans une école de l’Unrwa. On peut noter que, selon Chris Gunness, le porte-parole de l’Unrwa, l’armée israélienne a reconnu qu’aucun tir n’était venu de cette école.
Un indice, parmi tant d’autres, du comportement de l’armée israélienne est donné par le CICR, qui fait, en général, preuve d’une grande réserve.
« Dans l’après-midi du 7 janvier, quatre ambulances du Croissant-Rouge palestinien et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont réussi à obtenir pour la première fois l’accès à plusieurs maisons touchées par les bombardements israéliens dans le quartier de Zeitoun, à Gaza. »
« Le CICR avait demandé depuis le 3 janvier que les ambulances puissent accéder à ce quartier en toute sécurité, mais il n’a obtenu l’autorisation des Forces de défense israéliennes que l’après-midi du 7 janvier.Dans une des maisons, l’équipe du CICR et du Croissant-Rouge palestinien a découvert quatre petits enfants à côté de leurs mères respectives, mortes. Ils étaient trop faibles pour se lever tout seuls. Un homme a également été trouvé en vie, trop faible pour se mettre debout. Au total, au moins 12 corps gisaient sur des matelas. »
« Dans une autre maison, l’équipe de secours du CICR et du Croissant-Rouge palestinien a découvert 15 survivants de l’attaque, dont plusieurs blessés. Dans une troisième maison, l’équipe a trouvé trois autres corps. Des soldats israéliens occupant un poste militaire à 80 mètres de cette maison ont ordonné à l’équipe de secours de quitter la zone, ce qu’elle a refusé de faire. Plusieurs autres postes des Forces de défense israéliennes se trouvaient à proximité, ainsi que deux tanks. »
« “Cet incident est choquant, a déclaré Pierre Wettach, chef de la délégation du CICR pour Israël et les territoires palestiniens occupés. Les militaires israéliens devaient être au courant de la situation, mais ils n’ont pas porté secours aux blessés. Ils n’ont pas non plus fait en sorte que le CICR ou le Croissant-Rouge palestinien puissent leur venir en aide.” »
(...)
« Le CICR a été informé que davantage de blessés avaient trouvé refuge dans d’autres maisons détruites du quartier. Il demande à l’armée israélienne de lui permettre immédiatement, ainsi qu’aux ambulances du Croissant-Rouge palestinien, d’accéder en toute sécurité à ces maisons et de chercher d’autres blessés. Les autorités israéliennes n’ont toujours pas confirmé au CICR qu’elles lui autoriseraient l’accès. »
« Le CICR estime que dans le cas présent, l’armée israélienne n’a pas respecté son obligation de prendre en charge les blessés et de les évacuer, comme le prescrit le droit international humanitaire. Il juge inacceptable le retard avec lequel l’accès a été donné aux services de secours. »
On pourra aussi regarder le témoignage bouleversant d’un médecin norvégien, Mads Gilbert, pris sous les bombes. Lire aussi le décryptage en français : « C’est une guerre totale contre la population civile palestinienne ».
« 6. Et quant au fameux blocus intégral, enfin, imposé à un peuple affamé, manquant de tout et précipité dans une crise humanitaire sans précédent (sic), ce n’est, là non plus, factuellement pas exact : les convois humanitaires n’ont jamais cessé de passer, jusqu’au début de l’offensive terrestre, au point de passage Kerem Shalom ; pour la seule journée du 2 janvier, ce sont 90 camions de vivres et de médicaments qui ont pu, selon le New York Times, entrer dans le territoire ; et je n’évoque que pour mémoire (car cela va sans dire-encore que, à lire et écouter certains, cela aille peut-être mieux en le disant...) le fait que les hôpitaux israéliens continuent, à l’heure où j’écris, de recevoir et de soigner, tous les jours, des blessés palestiniens. »
Ce qui est difficile, quand on est philosophe, c’est de se renseigner et de descendre du ciel abstrait des idées pour s’intéresser au concret. Le nombre de camions qu’il indique est absolument dérisoire quand on connaît les besoins de Gaza. Normalement, il transite 500 camions par jour pour nourrir la population ; le blocus israélien ayant commencé dès le 5 novembre (après qu’Israël eut rompu la trêve en intervenant directement à Gaza), il n’est passé que 23 camions au cours du mois de novembre. Et ce blocus s’est intensifié avant les combats : la population était affamée et les hôpitaux sous-équipés. Que quelques dizaines de camions aient pu passer après, grâce à quelques déclarations fortes des Nations unies, ne change pas la situation.
« Très vite, espérons-le, les combats cesseront. Et très vite, espérons-le aussi, les commentateurs reprendront leurs esprits. Ils découvriront, ce jour-là, qu’Israël a commis bien des erreurs au fil des années (occasions manquées, long déni de la revendication nationale palestinienne, unilatéralisme), mais que les pires ennemis des Palestiniens sont ces dirigeants extrémistes qui n’ont jamais voulu de la paix, jamais voulu d’un Etat et n’ont jamais conçu d’autre état pour leur peuple que celui d’instrument et d’otage (sinistre image de Khaled Mechaal qui, le samedi 27 décembre, alors que se précisait l’imminence de la riposte israélienne tant désirée, ne savait qu’exhorter sa “nation” à “offrir le sang d’autres martyrs” — et ce depuis son confortable exil, sa planque, de Damas...). »
Rappelons, encore une fois, que c’est l’armée israélienne qui, dans la nuit du 4 au 5 novembre, a violé le cessez-le-feu par une incursion qui a provoqué la mort de quatre Palestiniens. Et que, d’autre part, Israël n’a jamais respecté une des clauses de l’accord qui était l’ouverture des points de passage entre Israël et Gaza, contribuant ainsi à affamer la population.
Mais, surtout, qu’est-ce qui empêche la signature de la paix ? Rappelons que, pendant plusieurs années, les dirigeants israéliens ont affirmé que le seul obstacle à un accord était Yasser Arafat. Après sa mort, Mahmoud Abbas (Abou Mazen) a été élu. Il a été salué en Israël, aux Etats-Unis et en Europe comme un dirigeant modéré. Cela fait quatre ans qu’il est président, cela fait quatre ans qu’il négocie au nom de l’Autorité palestinienne avec le gouvernement israélien. Le Hamas n’était pas partie prenante de ces négociations, et pourtant elles ont échoué, parce qu’Israël refuse l’application des résolutions des Nations unies, le retrait des territoires occupés en 1967. Tous les Etats arabes ont accepté l’initiative de paix du roi Abdallah proposant l’échange de la paix contre les territoires, et Israël a encore refusé...
« Aujourd’hui, de deux choses l’une. Ou bien les Frères musulmans de Gaza rétablissent la trêve qu’ils ont rompue et, dans la foulée, déclarent caduque une charte fondée sur le pur refus de l’“entité sioniste” : ils rejoindront ce vaste parti du compromis qui ne cesse, Dieu soit loué, de progresser dans la région-et la paix se fera. Ou bien ils s’obstinent à ne voir dans la souffrance des leurs qu’un bon carburant pour leurs passions recuites, leur haine folle, nihiliste, sans mots-et c’est non seulement Israël, mais les Palestiniens, qu’il faudra libérer de la sombre emprise du Hamas. »
Comment faut-il les libérer ? Rappelons que la majorité des Palestiniens a voté pour le Hamas dans des élections libres suscitées par les Etats-Unis et l’Union européenne. Ils ont voté pour protester contre l’incurie de l’OLP et contre l’échec du processus d’Oslo que le Fatah avait prôné. Au nom de « nos valeurs », nous avons refusé le verdict des urnes... Le peuple vote mal, changeons-le. Ou plutôt, imposons-lui une bonne dictature ou une bonne occupation qui le civilisera. C’était le raisonnement des Soviétiques quand ils sont intervenus en Afghanistan en décembre 1979, et que Georges Marchais évoquait « le droit de cuissage ». Faut-il s’étonner que Philippe Val, dans son éditorial de Charlie Hebdo, « Gaza : la colombe, le faucon et le vrai con », évoque cette invasion : « Les Soviétiques eux-mêmes, en 1979, avaient senti le danger (l’islamisme), et, à tort ou à raison (sic), avaient envahi l’Afghanistan. » Voici revenu le temps du colonialisme : nous allons civiliser tous ces indigènes qui acceptent le droit de cuissage, la polygamie, le voile, etc., et les libérer de la sombre emprise des intégristes.
http://blog.mondediplo.net/2009-01-10-Liberer-les-Palestiniens-des-mensonges-de-Bernard
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Notte di sbarchi a Lampendusa
11/01/2009 05:18
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| Tre le operazioni di soccorso coordinate
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Giunti quasi 500 clandestini
LAMPEDUSA Ondata di sbarchi nella notte a Lampedusa, dove sono giunti complessivamente 490 clandestini. Tre le operazioni di soccorso coordinate dalla sala operativa della Capitaneria di porto di Palermo. Il gruppo più numeroso è stato intercettato da una nave della Marina militare a circa 58 miglia a sud dell’Isola, dove è stato soccorso un barcone con 326 immigrati, tra cui 21 donne e 9 bambini. Le operazioni di soccorso in questo caso si sono concluse alle 3.55. Un secondo barcone con 159 clandestini, tra cui 3 donne, è stato invece intercettato sotto costa, nei pressi di Lampedusa.
Una ventina di immigrati si sono tuffati in acqua ed hanno raggiunto la riva a nuoto. Sono stati trovati su alcuni scogli. In questo caso le operazioni di soccorso sono state ultimate alle 2.35. Altri cinque cittadini extracomunitari, tutti maschi, sono stati invece intercettati a terra, intorno alle 1.15, nei pressi della spiaggia della Guitgia. Tutti i clandestini sono stati accompagnati nel centro di prima accoglienza dell’Isola, dove si trovano ospitate un migliaio di persone mentre ha una capienza di 700 posti.
http://www.lastampa.it/redazione/cmsSezioni/cronache/200901articoli/39912girata.asp
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Le château d'Angers en feu
11/01/2009 05:14
Parce que l'entrée principale du château, avec son pont-levis, est trop étroite, les pompiers n'ont pu rentrer dans la cour principale avec leurs véhicules. Il leur a fallu de belles longueurs de tuyaux pour intervenir au plus vite et faire appel à toutes les échelles mobiles d'Angers et de son agglomération. C'est à 15 h 30 qu' un employé du magnifique château du roi René avait donné l'alerte. Une épaisse fumée sortait du niveau deux du logis royal. "Immédiatement, avec sept autres salariés, nous avons vidé les salles des tapisseries inestimables du 14e, 16e, 17e et 18e siècles. Toutes les collections ont été sauvées", déclare Gérard Cieslik. L'administrateur du château est sous le choc, presque les larmes aux yeux.
Pas d'inquiétude pour autant pour les inestimables tapisseries de l'Apocalypse : elles sont abritées dans un autre bâtiment, à distance. "C'est dramatique, c'est le coeur d'Angers qui brûle", ajoute Jean-Claude Antonini, le maire. Alors que cinquante pompiers sont dépêchés sur le site, le feu a déjà embrasé la toiture. Les hommes se divisent en deux groupes : le premier attaque par les escaliers intérieurs, le second à bout de lances, à l'extérieur. Le combat est féroce. Les poutres et les planchers flambent, les ardoises explosent. Les hommes du feu combattent sans relâche pour préserver la chapelle Sainte Geneviève, accolée au logis royal. Le monument date de 1410. Un joyau architectural. Après une heure de combat, la chapelle est épargnée, mais tout le Logis royal est en feu. Des pompiers de Brissac-Quincé, Plessis-Grammoire, Tiercé, des communes environnantes d'Angers sont appelés en renfort. La nuit tombe et autour du château des dizaines de badauds lèvent la tête pour apercevoir des flammes de plus en plus hautes.
Ouest-France- 10.01.09
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Un incendie a détruit 400 m2 de toiture au château d'Angers samedi après-midi.
Le feu a semble-t-il pris sous les voliges de la toiture du corps de logis royal, à l'angle nord de la forteresse du XIIe siècle, selon la Préfecture du Maine-et-Loire.
Le sinistre est d'origine "probablement accidentelle", a-t-on précisé.
Une cinquantaine de pompiers de l'agglomération d'Angers ont circonscrit le feu peu avant 19h. La toiture du corps de logis royal a été entièrement détruite par les flammes mais la chapelle du XVe siècle attenante à cette partie de la forteresse n'a pas été touchée. L'incendie n'a fait aucune victime.
Alertés par la fumée en milieu d'après-midi, les employés du monument ont rapidement fait évacuer les visiteurs du château. Ils ont également pu sauver, avec l'aide des pompiers, les tapisseries anciennes -dont la tenture de la Passion, datant du XVIe siècle- des deux salles d'exposition qui se trouvent dans le logis royal.
Le château d'Angers, bâtisse emblématique aux 17 tours, à été construit au XIIIe à la demande de Saint-Louis, sur une première forteresse datant du Xe siècle. *AP
http://gaelle.hautetfort.com/archive/2009/01/11/le-chateau-d-angers-en-feu.html
*Par Foulques "Nera"NdlR
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Les bombes à l'uranium appauvri
11/01/2009 05:10
Bombes GBU 39
La presse israélienne s’est vantée des exploits technologiques de son armée de l’air qui utilise des Smart Bombs GBU 39 à l’uranium appauvri pour bombarder ses cibles dans la Bande de Gaza, un territoire de 360 km2 d’une densité de population de 3823 habitants au km2. Les récents raids aériens sur la frontière avec l’Egypte pour détruire les tunnels se font, selon un officier de l’armée israélienne, avec ces GBU 39 à l’uranium appauvri.
Ces GBU 39, dites Smart Bombs (Bombes Intelligentes) sont de petites bombes, bon marché, développées par l’industrie militaire américaine pour frapper des cibles en profondeur du type bunkers. Le congrés américain a donné son accord, en septembre 2008, pour la fourniture de 1000 de ces bombes à l’armée israélienne, et la première livraison a eu lieu début décembre 2008. Ces GBU 39 ont été utilisées, samedi 27 décembre 2008, contre des cibles souterraines, et, dimanche 28 décembre 2008, pour détruire des tunnels sur la frontière égyptienne. Ces GBU 39 sont réputées être trés précises, pèsent 113 Kg, avec une charge explosive de 22,7Kg et ont les mêmes capacités de pénétration que les bombes de 900 Kg. Leur petite taille, permet d’augmenter le nombre de bombes transportées par les avions de combat F15 ou F16 et par conséquent le nombre de cibles visées ce qui explique la violence des attaques de samedi 27 décembre 2008 principalement sur la ville de Gaza surpeuplée. Le dard de ces bombes est à l’uranium appauvri, UA 238, multipliant leur force de pénétration. Elles peuvent être utilisées par mauvais temps et ont une portée de 110 Km.
L’uranium appauvri est un redoutable poison chimique et radiologique qui brûle aisément à l’impact et se réduit à 90 % en particules radioactives extrêmement petites (particules nanométriques de quelques milliardièmes de mètre) qui échappent à tout type de masque à gaz. Ces combustions répétées d’uranium voyagent avec les mouvements d’air contaminant l’atmosphère et pénétrant dans les organismes via la respiration. Presque tout l’uranium dont se servent les aviateurs se retrouve sous forme « de gaz métallique radioactif invisible dans la biosphère » que les populations respirent. Il n’est pas difficile d’imaginer les conséquences catastrophiques que de tels bombardements avec des bombes GBU 39 à l’uranium appauvri auront sur la population de la bande de Gaza : cancers, malformations congénitales, maladies du système immunitaire, et ce d’autant plus que la population souffre de malnutrition chronique et de manque de soins à cause du blocus israélien. Les conséquences de l’utilisation de bombes à l’uranium appauvri en Afghanistan et en Irak sont très bien documentées, notamment par des photos insoutenables de nouveaux nés malformés. En larguant des bombes GBU 39 à l’uranium appauvri sur des zones densément peuplées de Gaza, Israël procède à un « nettoyage ethnique » lent de la population palestinienne qui sera automatiquement contaminée, et à une destruction de l’environnement. C’est un véritable crime contre l’humanité.
( Source: Mireille DELAMARRE - Alter Info - 04.01.09)
http://gaelle.hautetfort.com/archive/2009/01/11/les-bombes-a-l-uranium-appauvri.html
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Hôpital: une association d'urgentistes "atterrée" par le discours de Sarkozy
10/01/2009 22:22
Patrick pelloux, président de l''Association des médecins urgentistes de France (AMUF), le 19 novembre 2008 à paris
Francois Guillot(AFP/Archives)
L'Association des médecins urgentistes de France (AMUF), présidée par le Dr Patrick Pelloux, s'est déclarée samedi "atterrée par le discours", la veille à Strasbourg, du Président Nicolas Sarkozy sur l'hôpital public.
2009-01-10 19:20:05 © 2009 AFP
Dans un communiqué intitulé "l'aveuglement de Mme Bachelot et de M. Sarkozy", l'association se dit "atterrée par le discours" présidentiel. "Une telle négation de la réalité des faits est inacceptable. La méthode Coué face à une crise de cette ampleur est une grave faute politique", ajoute l'AMUF.
Elle rappelle que "depuis de nombreuses années", elle "alerte régulièrement sur le manque de moyens des hôpitaux et plus particulièrement des services d'urgence".
Selon l'AMUF, "ces appels ont été méprisés et balayés d'un revers de main par les gens qui sont censés nous gouverner (...) Ils n'ont rien fait et l'hôpital est en situation de rupture". "Comment accepter cet aveuglement, identique à celui du gouvernement de 2003 qui, en pleine catastrophe, niait les morts liés à la canicule ?", s'indignent encore ces médecins urgentistes.
Inaugurant le nouvel hôpital civil de Strasbourg, M.Sarkozy avait salué "l'engagement exemplaire" des personnels de santé mais exclu de débloquer de nouveaux fonds, mettant les difficultés de l'hôpital public au compte d'un déficit d'organisation.
Pour l'association, "l'argument de la nécessité d'une réorganisation ne tient pas". "La précédente réforme, dite Hôpital 2007, était une réforme organisationnelle" mais "est un lamentable échec".
http://www.edicom.ch/fr/news/flash_news/hopital-une-association-d-urgentistes-atterree-par-le-discours-de-sarkozy_0-5878415
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Le nouveau pari de Sarkozy
10/01/2009 22:02
Stratégie. Après avoir rendu le FN à la marginalité, il veut rééditer l'expérience avec le PS.
Eric Branca, le 08-01-2009
La crise aidant, il croit possible de séduire une partie des sympathisants de gauche… Au risque, cette fois, de troubler durablement ses propres électeurs ?
En politique, le hasard n’existe pas. Si, comme tout l’indique, Nicolas Sarkozy choisit l’ancien socialiste Éric Besson (lire aussi page 18) pour remplacer l’homme de droite revendiqué qu’est Brice Hortefeux au ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale (libellé sciemment choisi dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle pour séduire l’électorat du Front national), c’est que la tactique cède désormais la place à la stratégie.
Tactique, c’est ce que fut l’“ouverture” de 2007 et son cortège de ralliements, somme toute voisins de ceux qu’organisèrent, à leur profit, Valéry Giscard d’Estaing en 1974 et, en 1981 et 1988, François Mitterrand : le Bernard Kouchner promu ministre des Affaires étrangères de Sarkozy en 2007 rappelle le Jean Lecanuet de 1974, farouche ennemi du gaullisme, devenu garde des Sceaux de Giscard, dont le ralliement anticipait ceux à Mitterrand du pompidolien Michel Jobert (1981) et du giscardien Jean-Pierre Soisson (1988).
Giscard, Mitterrand et Sarkozy entendaient ainsi parachever leur victoire : le premier en signifiant à Chirac, nommé premier ministre parce qu’il contrôlait l’UDR, majoritaire au Parlement, qu’il ne s’estimait pas tenu par les règles de l’arithmétique ; le deuxième, pour faire comprendre au parti communiste qu’il disposerait toujours d’une majorité de rechange avec les centristes (calcul qui joua à plein entre 1988 et 1993) ; le troisième, dans le but d’accroître la discorde chez l’ennemi – le PS, jeté à terre par la défaite d’une Ségolène Royal plébiscitée par les militants mais haïe par l’appareil socialiste…
Cette fois, la manœuvre est d’une tout autre nature. Elle dépasse le coup de pied de l’âne administré au camp d’en face dont on accueille les déserteurs qui, de toute façon, ne tenaient plus que par un fil à leur famille d’origine : un Bernard Kouchner, dont les vues en politique étrangère ne demandaient qu’à être reprises par l’Élysée, une Fadela Amara qui, déjà, avait ses entrées chez les chiraquiens, ou un Martin Hirsch qui rêvait de mettre ses idées en pratique, quel que soit le gouvernement en place…
Éric Besson, en effet, n’est ni un social-démocrate type Kouchner, ni un “faire-valoir” associatif type Hirsch ou Amara, prêts à franchir le Rubicon en l’échange de responsabilités, une fois la messe dite. Quand Besson a quitté Ségolène Royal pour se rallier à Nicolas Sarkozy, les jeux étaient loin d’être faits (la candidate socialiste risquait même, selon certains sondages, d’en-trer à l’Élysée) et le risque était grand, pour le transfuge, de se retrouver, selon la formule d’Audiard, au « terminus des prétentieux »…
Joueur-né, alors ? En vérité, les ressorts psychologiques du ralliement de Besson importent peu. Ce qui compte, hic et nunc, c’est le signal que va adresser Nicolas Sarkozy aux électeurs (ceux de gauche, mais aussi les siens, qu’il le veuille ou non) en nommant au ministère de l’Immigration l’homme qui, en janvier 2007, avait rédigé contre lui, pour le compte du PS, le réquisitoire le plus acerbe contre sa politique… d’immigration !
Et quel réquisitoire ! Accusé pêle-mêle, comme ministre de l’Intérieur, d’avoir « précarisé » la situation des étrangers en situation irrégulière, multiplié les « arrestations massives, placements en rétention à répétition de personnes non reconductibles, y compris les enfants », ou encore d’avoir créé des « situations inextricables et humainement bouleversantes », Nicolas Sarkozy est dépeint dans le brûlot d’Éric Besson comme porteur d’un idéal « tout répressif, tout carcéral et tout policier ».
Mais il ne s’arrêtait pas là. Prenant l’exemple de son programme économique, Besson stigmatisait aussi « l’ultralibéralisme » du candidat de l’UMP, assimilé à « une sorte de filiale française de la Bush Cie, un néoconservateur américain à passeport français ».
Depuis, le PS a su passer par profits et pertes le ralliement d’Éric Besson à Nicolas Sarkozy et sa nomination au gouvernement comme secrétaire d’État chargé de la Prospective, de l’Évaluation des politiques publiques et du Développement de l’économie numérique. Et l’avenir dira s’il se trouvera beaucoup de socialistes pour s’émouvoir de son accession au ministère de l’Immigration.
Mais à l’UMP même, comment imaginer que le signal soit indolore ? Les plus blasés en concluront que les convictions de Besson sont indexées sur ses promotions ; les autres qu’elles n’ont pas changé et que c’est à l’Élysée qu’il faut chercher une évolution.
Or, même marginal, ce sentiment peut se révéler dévastateur dans un électorat de droite qui a pu s’étonner, à tort ou à raison, du retour en force de l’État dans la gestion de l’économie, sous l’effet de la crise.
Enrôlement des préfets au service du plan de relance, injection massive de capitaux publics pour la création d’emplois, financement du RSA par les revenus du capital : pragmatique, et c’est peu dire, le président de la République peut voir dans ce virage forcé un moyen de faire ravaler à ses adversaires quelques-unes de leurs critiques originelles sur son “ultralibéralisme” présumé.
Après avoir siphonné le Front national, dont l’enracinement dans le paysage politique avait surtout servi, au fil des élections, à faire gagner la gauche, comment Nicolas Sarkozy ne rêverait-il pas de faire subir le même sort au PS en le privant de ses éléments les plus prometteurs ? Mais comment éviter, en même temps, que le noyau dur de son électorat ne lui intente, comme il advint jadis à Valéry Giscard d’Estaing, un procès en détournement d’héritage ?
Comme Giscard, pourtant, Sarkozy ne s’était pas privé d’annoncer qu’il ne serait jamais l’otage de son propre camp. « Je ne suis pas le candidat de la droite contre la gauche. Je ne suis pas un conservateur, lançait-il 4 avril 2007. Il faut transcender nos clivages pour faire avancer le pays. »
N’est-ce pas très exactement ce qu’il est en train de faire ?
L’ennui est que les électeurs ne retiennent d’une campagne que son thème majeur. Celui dont l’histoire retient qu’il assura son succès, transformé en cahier des charges par l’inconscient collectif.
Pour Giscard, ce fut la promesse d’une France « décrispée » qui se crispa bientôt dans le chômage de masse, cependant que le pouvoir tentait de trouver son salut en « vidant le programme commun de son contenu » (Jean Lecanuet).
Tout l’enjeu, pour Sarkozy, est d’éviter que la droite “décomplexée”, qu’il sut incarner en 2007, se transforme, aux yeux de ses électeurs, en bateau ivre recrutant, pour lui montrer le cap, ceux qui, hier encore, tenaient son programme pour dangereux”.
http://www.valeursactuelles.com/public/valeurs-actuelles/html/fr/articles.php?article_id=3894
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IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS RADIEUX…
10/01/2009 21:44
ROSALIA ZALKIND, dite ROSALIA ZEMLIACHKA
Sous ce doux prénom de Rosalia se cache une véritable harpie bolchevique qui n’avait strictement rien à envier à ses homologues masculins et qui saura démontrer l’étendue de ses talents durant la Grande Terreur.
Rosalia Zalkind naît en 1876 dans une famille de commerçants juifs de Kiev, en Ukraine. Elle y fréquente l’université et s’initie rapidement, au contact de ses frères, aux idées révolutionnaires. Elle est d’abord membre de la Narodnaya Volya (la Volonté du Peuple), mais se tourne vers le marxisme dès 1896. Elle n’a que vingt ans et déjà quelques séjours en prison derrière elle.
Parmi ses amis se trouve un certain Léon Trotski qui lui fait rencontrer Lénine en 1903 - l’année où les bolcheviques se séparent des mencheviques - et l’introduit au comité du parti de Saint-Pétersbourg. Sous le nom de guerre désormais de Zemliachka, elle participe avec ardeur à la révolution de 1905, qui échoue. Elle fera le coup de feu sur les barricades et découvrira à cette occasion que la violence, ça lui plaît.
En février 1917, elle participe à nouveau à la révolution en sa qualité de secrétaire du comité des bolcheviques de Moscou. En 1918, elle est volontaire pour monter au front contre les « blancs ». La voilà donc enrôlée dans l’Armée Rouge, qui ne recrutait pas spécialement les femmes, mais ne refusait pas celles qui se présentaient.
Elle est désormais à son affaire, nommée officier politique en chef de la 8ème armée en Ukraine. Que s’y passe-t-il ? Difficile de le savoir vraiment. Toujours est-il qu’elle est déplacée en avril 1919, après que le moral de la 8ème armée soit tombé bien bas. Elle est à présent affectée à la 13ème armée où elle fait un esclandre mémorable dès son arrivée.
Elle va être chargée de « nettoyer » la Crimée en 1920 après la défaite des blancs et pour ce faire, prendra la relève de Bela Kun qui avait lui-même opéré dans la même région l’année précédente. Zemliachka va procéder à des massacres de masse de tous les « ennemis du peuple » qui auront le malheur de tomber entre ses mains et sera récompensée des éminents services ainsi rendus à la révolution par l’Ordre du Drapeau Rouge, qui lui sera décerné en 1922.
Après la guerre civile, elle est en poste dans l’Oural, mais surveille de près l’ascension de Staline qu’elle seconde de son mieux dans des postes liés à la « sécurité » et à la discipline du parti. Travaillant étroitement avec le NKVD, elle traversera toutes les purges sans y laisser la moindre plume, recevant même en 1936, pour son zèle militant, la plus haute distinction d’URSS, à savoir l’Ordre de Lénine. L’année suivante, en 1937, elle est admise au Soviet Suprême.
Et ce n’est pas fini. Cette bolchevique de la première heure, amie de Trotski et de Lénine, sera nommée commissaire du peuple à l’économie en 1939 ! Devenant ainsi la femme la plus haut placée d’Union soviétique. Durant la guerre, elle reviendra à ses premières amours - militaires - aidant à organiser la défense de Moscou.
Elle mourra en 1947, toujours aussi stalinolâtre, et en sera bien récompensée. Ses cendres sont en effet enterrées dans la nécropole du Mur du Kremlin. Un honneur réservé aux meilleurs.
22.12.2007
IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS RADIEUX… (31)
FANNY KAPLAN
De prime abord, question caractère, elle me fait assez penser à Charlotte Corday. Sauf qu’elle rata son coup. Et que Charlotte avait véritablement agi seule, elle… Que se serait-il passé si ce jour-là, Lénine avait été abattu ? Bah, tant d’autres se bousculaient pour le remplacer que vraisemblablement, le cours de la révolution n’en eût pas été dévié pour autant …
Une certaine aura de mystère entoure Fanya, ou Dora, Kaplan. Elle naît en 1883 dans une famille juive pauvre comptant sept enfants. Cette pauvreté n’empêchera pourtant pas ses parents d’émigrer plus tard vers les Etats-Unis. Sans doute grâce à certaines relations de leur fille … Mais n’anticipons pas. Elle milite très jeune au parti socialiste-révolutionnaire. En 1906, elle se fait arrêter à Kiev pour une affaire de bombe ayant explosé au mauvais moment. Premier ratage. Elle est condamnée aux travaux forcés en Sibérie et y perdra en partie la vue. Elle a déjà purgé 11 ans de peine lorsque la révolution de février 1917 éclate et lui rend la liberté. Tout le reste de sa courte vie sera désormais empoisonné de violents maux de tête et de problèmes de vue.
On a vu que les bolcheviques et les socialistes-révolutionnaires s’opposaient notamment sur le traité de Brest-Litovsk qui avait mis fin au conflit avec l’Allemagne. Ainsi qu’en raison de luttes de pouvoir, que chacun voulait garder pour soi. Les bolcheviques comptaient leurs soutiens les plus sûrs dans les soviets tandis que leurs concurrents avaient fait élire l’Assemblée Constituante qu’ils présidaient et que les bolcheviques firent dissoudre en janvier 1918, voulant rester seuls maîtres à bord.
C’est dans ce contexte de lutte ouverte que la socialiste-révolutionnaire Fanny Kaplan décida d’éliminer Lénine. Telle fut du moins la présentation officielle de l’histoire.
Le jour fixé était le 30 août 1918. Lénine devait parler dans une usine de Moscou. Lorsqu’il en sortit, elle l’attendait, l’interpella et tira à trois reprises. Hélas, elle n’y voyait pas très bien et n’en fit pas un cadavre. Seulement un blessé, assez sérieusement atteint à l’épaule et au poumon. Il fut transporté au Kremlin dont il refusa de sortir pour aller à l’hôpital se faire soigner tant il craignait un nouvel attentat. Il survivra cependant quoique sans avoir jamais réellement récupéré de ses blessures.

Fanny Kaplan fut conduite dans les locaux de la tchéka - alors dirigée par Félix Dzerjinski - et interrogée. Elle déclara ceci: "Je m'appelle Fanny Kaplan. J'ai tiré sur Lénine aujourd'hui. J'ai agi seule. Je ne dirai pas d'où provient le revolver. Je ne donnerai aucun détail. J'étais résolue à tuer Lénine depuis longtemps. Je le considère comme un traître à la Révolution. J'ai été exilée à Akatui pour avoir participé à la tentative d'assassinat du tsar à Kiev. J'y ai passé onze ans de travaux forcés. J'ai été libérée après la Révolution. J'étais en faveur de l'Assemblée Constituante et je le suis toujours."
Elle ne dira rien de plus et refusera de dévoiler les noms de complices éventuels. Elle sera exécutée le 3 septembre 1918, sans jugement. Son exécution avait été organisée par Yakov Sverdlov, celui-là même qui avait orchestré celle du tsar et de sa famille peu de temps auparavant, en juillet 1918. Il demandera expressément à ce qu’il ne reste rien d’elle.
Le même jour, un autre attentat avait tué Moisei Uritsky, commissaire du peuple aux affaires intérieures et chef de la tchéka de Petrograd. Ces deux événements eurent pour effet de déclencher la première vague de terreur rouge. L’occasion était trop belle de se débarrasser de tous les gêneurs au nom du sacro-saint intérêt supérieur de la révolution.
Mais l’histoire est sans doute plus complexe qu’il n’y paraît à première vue. Et il est bien possible que ces deux attentats aient fait partie d’un complot des Anglais visant à décapiter la révolution bolchevique. Un personnage très curieux, du nom de Sigmund Rosenblum, alias Sidney Reilly, y jouera un rôle non moins étonnant et important. Nous aurons l’occasion de reparler de ce client très particulier. Le revolver utilisé par Fanny Kaplan lui avait été fourni par Boris Savinkov, qui avait dirigé la section terroriste du parti socialiste-révolutionnaire. Il sera ensuite espion au service de l’Intelligence Service britannique. Arrêté en URSS en 1924, il reconnaîtra alors avoir fomenté l’attentat contre Lénine par l’intermédiaire de Fanny Kaplan. Il se serait suicidé dans la prison de la Loubianka.
Etant donné toutes ces accointances bien mystérieuses, on peut comprendre que l’on ait fait partir la famille de Fanny Kaplan vers des cieux plus tranquilles. Et plus discrets.
19.12.2007
IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS RADIEUX… (30)
GESYA GELFMAN
Plus encore que dans le cas de Rosa la Rouge, nous sommes là dans la génération des “précurseurs”, de ceux qui ont pavé la voie aux bolcheviques arrivés ensuite dans la foulée, de ceux qui ont essuyé les plâtres pour eux. Cette génération comporte également un certain nombre de clients intéressants qui généralement ne vivaient pas vieux ….
Gesya Gelfman passera à la postérité pour avoir participé à l’assassinat du tsar Alexandre II. Elle naît en 1852 dans une famille juive établie à Mozyr, en Biélorussie, où vivait une importante communauté. Afin d’échapper à un mariage forcé, dit-on, elle s’enfuira de chez elle vers l’âge de dix-sept ans.
Elle se rend à Kiev, la capitale de l’Ukraine, où elle entreprend des études de sage-femme. Ce qui ne l’empêche pas, parallèlement, d’être membre de plusieurs mouvements révolutionnaires. Elle est arrêtée une première fois en 1875 pour distribution de littérature illégale et condamnée à deux ans d’emprisonnement. En 1879, elle est envoyée en exil en Sibérie, mais s’en échappe et la même année rejoint, à Saint-Pétersbourg, la Narodnaya Volya qui vient de se créer.
La Narodnaya Volya (La Volonté du Peuple) était un mouvement révolutionnaire clairement terroriste qui s’opposait à d’autres groupes moins extrémistes. Plus tard, au début du XXe siècle, la Narodnaya Volya deviendra le parti socialiste-révolutionnaire dont nous avons parlé à diverses reprises. Avec la N.V., la terreur va désormais être adoptée comme méthode de combat. Et quel symbole plus fort que de s’attaquer au cœur même du pouvoir : le tsar.
Alexandre II, qui avait pourtant introduit quelques mesures « libérales » comme l’abolition du servage, sera visé par les terroristes à plusieurs reprises, attentats qui tous échouèrent. C’est finalement la 7e tentative qui sera la bonne, en mars 1881. Les narodniki réussirent certes à tuer le tsar mais pourtant, d’une certaine façon, ils échouèrent. Ils avaient escompté que ce choc serait de nature à ébranler le peuple et le conduirait à se soulever. Or, rien ne bougea. Les temps n’étaient pas mûrs. D’autres allaient tirer les marrons d’un feu qui ne brûlait pas encore suffisamment. Et surtout, ils étaient très isolés alors que d’autres, là encore, allaient bénéficier d’innombrables complicités et d’aides diverses.
Pratiquement tous les conjurés furent arrêtés et exécutés. Un seul, Emelianov, parvint à s’enfuir à l’étranger. Gesya Elfman vivait alors avec un collègue révolutionnaire, Nikolai Sablin, qui se suicida lorsque la police vint l’arrêter.
Geysa Gelfman était enceinte à ce moment-là. Elle ne fut donc pas pendue comme les autres, mais condamnée aux travaux forcés à perpétuité, appelés katorga, dans la lointaine Sibérie. Cette « clémence » nous informe Wikipédia, aurait été due à une campagne de presse menée de l’étranger. On peut cependant s’interroger sur les limites de cette « clémence » qui apparut peut-être à l’époque comme une victoire et qui engendra de grandes souffrances. Car lorsque l’enfant naquit – une fille – elle lui fut retirée et placée dans un orphelinat où elle ne vivra guère. Geysa Gelfman la suivra de peu, mourant apparemment d’une péritonite, ou folle disent certains, le 12 octobre 1882.
A la suite de l’assassinat du tsar, de violents pogroms secouèrent la Russie et la répression anti-révolutionnaire se fit plus dure. Tous les ingrédients commençaient à s’assembler pour faire monter la pression jusqu’à l’explosion finale.
16.12.2007
IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS RADIEUX… (29)
Faisant un récapitulatif des révolutionnaires évoqués jusqu’à présent, je m’aperçois que sur une petite trentaine de noms, n’apparaissent que … deux femmes : l’espionne Zarubina et la communiste roumaine Ana Pauker. Serait-ce que les femmes n’avaient pas, elles aussi, l’ardent désir de participer activement à l’avènement du grand soir ? Ce serait bien mal les juger. Aussi, nous allons en évoquer quelques-unes, afin de vous prouver que leur soif de renverser l’ordre établi ne le cédait en rien à celle de leurs compagnons.
J’en profite pour indiquer – mais vous l’aurez remarqué – que je choisis mes « victimes » au gré de l’inspiration. Faire un plan établi, les enfermer trop rigidement dans des catégories fixes m’ennuie, finalement. Je trouve que c’est plus intéressant de circuler à travers les secteurs d’activités, voire les pays. De toute façon, ils n’échapperont pas …
ROSA LUXEMBURG, dite ROSA LA ROUGE
Si quelqu’un a eu véritablement la fibre révolutionnaire, c’est bien elle. Qui l’a poussée à ne jamais transiger avec ses convictions et à ne pas ménager ses critiques à l’égard de ses collègues révolutionnaires, quels qu’ils soient. S’inquiétant du chemin suivi par les bolcheviques, elle écrira notamment ceci peu de temps après la révolution d’Octobre : "La liberté seulement pour les partisans du gouvernement, pour les membres d'un parti, aussi nombreux soient-ils, ce n'est pas la liberté. La liberté, c'est toujours la liberté de celui qui pense autrement." [...] "La tâche historique qui incombe au prolétariat, une fois au pouvoir, c'est de créer, à la place de la démocratie bourgeoise, la démocratie socialiste, et non pas de supprimer toute démocratie." Allez, pour avoir écrit – et pensé – cela, il lui sera beaucoup pardonné.
Elle naît en 1870 ou 1871 dans une famille de commerçants juifs polonais et n’a pas dix-huit ans qu’elle est déjà obligée de fuir en Suisse en raison de ses activités politiques. Elle s’est en effet engagée au parti socialiste révolutionnaire polonais Proletaryat où elle manifeste un activisme débordant.
Installée à Zurich, elle reprend des études d’économie politique et s’engage dans diverses activités annexes, comme le lancement d’un journal, La cause ouvrière, en 1893, ou encore celui d’un parti, le SDKP – parti social-démocrate du Royaume de Pologne – en 1894, avec Leo Jogiches, qui restera un compagnon de toute sa vie.
En 1898, elle contracte un mariage blanc avec Gustav Lübeck afin de devenir citoyenne allemande et milite avec ardeur dans les rangs du SPD (parti social-démocrate). Dès cette période, elle s’illustre par des débats théoriques très poussés avec les différentes factions, branches, mouvements existant au sein du marxisme. Je me garderai bien d’entrer dans les détails, il y faudrait plus qu’un article. Mais vous l’aurez compris, c’est une théoricienne brillante et passionnée, bien que souvent moquée par ses distingués confrères qui lui reprochent, étant femme, de se mêler de débats hors de sa (faible) portée.
Ce qui ne l’empêche nullement de poursuivre avec opiniâtreté sa route. Pour gagner sa vie, elle est journaliste, traductrice, car elle parle polonais, russe, allemand, français et yiddish, voire enseignante à l’école des cadres du SPD.
Eclate la révolution de 1905 en Russie. Rosa Luxemburg se précipite en Pologne où elle espère l’embrasement. Mais, fausse alerte, le soufflé retombe et elle est arrêtée. Elle manquera de peu d’être exécutée. Cette fois, elle sera simplement assignée à résidence en Finlande.
Elle n’y reste pas longtemps puisqu’on la retrouve en Allemagne en 1906. A partir de cette date et jusqu’à la guerre de 1914, elle va traverser une sorte de désert où elle se trouve marginalisée dans son propre parti qui est contaminé – de son point de vue – par le nationalisme et le militarisme ambiants et qui finira par voter les crédits de guerre en 1914.
Pacifiste, elle va s’opposer avec Karl Liebknecht à ce qu’elle considère comme une dérive. Elle appelle au refus d’obéir aux ordres de conscription, ce qui lui vaudra d’être emprisonnée. Exclue du SPD, elle crée le 1er janvier 1916 la Ligue Spartacus avec Liebknecht, Clara Zetkin et Franz Mehring. Elle est à nouveau emprisonnée peu après.
En novembre 1918, c’est la révolution en Allemagne. Rosa Luxemburg est libérée et en profite immédiatement pour réorganiser la Ligue Spartacus, qui deviendra plus tard le parti communiste allemand. Elle en rédige le programme, en définit la stratégie et en anime le journal, Die Rote Fahne (Le Drapeau Rouge).
Entre-temps s’est bien sûr produite la révolution de 1917, dont elle ne tarde pas à dénoncer la dérive totalitaire, notamment dans un ouvrage publié en 1918, La révolution russe. Mais elle ne saura jamais à quel point elle avait eu raison – sur ce point. L’insurrection spartakiste est déclenchée le 5 janvier 1919 à Berlin. Elle échoue et est réprimée dans le sang par les sociaux-démocrates au pouvoir, ses anciens compagnons, qui se débarrasseront à cette occasion de cette aile gauche encombrante. Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht sont tous les deux arrêtés et assassinés le 15 janvier 1919.
14.12.2007
IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS RADIEUX… (28)
Tous les hommes, ou femmes, dont il est question ici, quel que soit le poste occupé, ont été complices du régime qu’ils ont créé et servi. Les malheurs qui ont pu leur arriver suite à la prise de pouvoir de Staline furent occasionnés, non par une dénonciation des crimes du régime survenus DES LE DEBUT, mais uniquement par des luttes intestines de pouvoir.
IAN FRIDRIKHOROVICH, dit MARTYN IVANOVICH LATSIS
Il est très difficile de trouver des données concernant ce personnage qui occupa pourtant un rang élevé à la tchéka dès sa création en décembre 1917. C’est finalement sur un site russe que j’ai trouvé ses dates de naissance et de décès, ainsi que son nom véritable.
Martyn Latsis, son pseudonyme, est né en 1888 dans une famille juive de Lettonie. Il va suivre le parcours classique puisqu’il adhère tout jeune au parti socialiste-révolutionnaire. Très actif lors de la révolution de 1917, il fait partie, avec Dzerjinski, le futur patron de la tchéka, du comité révolutionnaire de Petrograd. C’est dans ce noyau dur que Dzerjinski va recruter les cadres de la future police secrète et Latsis sera son adjoint.
Bien que l’on connaisse peu de chose sur lui, on peut supposer qu’il avait fait des études car apparemment il aimait écrire. Il publiera en effet en 1920 à Moscou un livre intitulé Dva goda borby na vnutrennom fronte (Deux ans de lutte sur le front intérieur), dans lequel il relate sa vision de la guerre civile.
En tout cas, dans ses fonctions de dirigeant de la tchéka, il aura l’occasion de s’exprimer à maintes reprises et il dira alors des choses fort instructives :
Dans les Izvestia du 23 août 1918 – alors que la première vague de la terreur rouge bat son plein: « La guerre civile ne connaît pas de lois écrites. La guerre capitaliste a ses lois écrites (…) mais la guerre civile a ses propres lois (…) Il faut non seulement détruire les forces actives de l’ennemi mais démontrer que quiconque lèvera l’épée contre l’ordre de classe existant périra par l’épée. Telles sont les règles que la bourgeoisie a toujours observées dans les guerres civiles qu’elle a menées contre le prolétariat (…) Nous n’avons pas encore suffisamment assimilé ces règles. On tue les nôtres par centaines et par milliers. Nous exécutons les leurs un par un, après de longues délibérations devant des commissions et des tribunaux. Dans la guerre civile, il n’y a pas de tribunaux pour l’ennemi. C’est une lutte à mort. Si tu ne tues pas, tu seras tué. Alors tue si tu ne veux pas être tué ! ».
Ces accents meurtriers étaient destinés à réveiller l’instinct de revanche dans les masses populaires. Ce qui va marcher au-delà de toute espérance. Ainsi encouragées par le pouvoir, les tchékas locales, qui constituaient l’occasion rêvée de régler tous les comptes en retard, vont se mettre à pulluler. A telle enseigne que les bolcheviques auront du mal par la suite à remettre de l’ordre et à faire rentrer tout ce beau monde dans le cadre d’une tchéka unifiée et disciplinée.
Le 1er novembre 1918, Latsis fournit à ses sbires les instructions suivantes pour la conduite de leurs « enquêtes » : « Nous ne faisons pas la guerre contre des individus en particulier. Nous exterminons la bourgeoisie comme classe. Ne cherchez pas dans l’enquête des documents et des preuves de ce que l’accusé a fait, en actes ou en paroles, contre l’autorité soviétique. La première question que vous devez lui poser, c’est à quelle classe il appartient, quelles sont son origine, son éducation, son instruction, sa profession ».
Dans son livre, il prétendra qu’au cours du second semestre 1918, la tchéka avait exécuté 4500 personnes, précisant même : « Si l’on peut accuser la tchéka de quelque chose, ce n’est pas d’excès de zèle dans les exécutions mais d’insuffisance dans l’application des mesures suprêmes de châtiment. Une main de fer diminue toujours la quantité de victimes ».
Des études ultérieures ont fait apparaître la nette sous-évaluation de ce chiffre. Le nombre des victimes de la tchéka pour le seul automne 1918 tourne plutôt autour de 10 à 15 000.
Nous retrouvons Latsis chef de la tchéka d’Ukraine en 1920. C’est la période de la décosaquisation. Des familles entières, voire des voisins, seront enfermés dans de véritables camps de la mort. Latsis notera à ce propos dans un rapport: « Rassemblés dans un camp près de Maïkop, les otages – des femmes, des enfants et des vieillards – survivent dans des conditions effrayantes, dans la boue et le froid d’octobre (…) Ils meurent comme des mouches (…) Les femmes sont prêtes à tout pour échapper à la mort. Les soldats qui gardent le camp en profitent pour faire commerce de ces femmes ».
On peut supposer qu’il poursuivra dans les rangs de la tchéka une carrière aussi prometteuse.
D’après le site russe, il meurt en 1938. Il avait donc cinquante ans. Etant donné cette date fatidique, on peut supposer sans trop risquer de se tromper qu’il ne s’est pas fait écraser par un autobus. Mais bien plutôt par une machinerie autrement plus puissante qui portait le nom évocateur de « grande purge ».
Source des citations: Le livre noir du communisme -ouvrage collectif
12.12.2007
IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS RADIEUX… (27)
Tous les hommes, ou femmes, dont il est question ici, quel que soit le poste occupé, ont été complices du régime qu’ils ont créé et servi. Les malheurs qui ont pu leur arriver suite à la prise de pouvoir de Staline furent occasionnés, non par une dénonciation des crimes du régime survenus DES LE DEBUT, mais uniquement par des luttes intestines de pouvoir.
ISAÏ DAVIDOVITCH BERG
Je me sens quelque peu frustrée d’avoir si peu d’informations sur ce personnage. Là encore, nous devons à Soljenitsyne d’avoir soulevé le coin d’un voile épais cachant ce qui n’était pas censé être exposé aux regards.
Isaï Davidovitch Berg est un rouage du système bolchevique comme il y en eut des milliers. Il n’a dû sa – relative – célébrité qu’à son esprit ingénieux qui va s’exercer, hélas pour lui, sur un sujet aujourd’hui des plus sensibles.
Voilà un homme qui s’est retrouvé, dans les années trente, chef du service économique du NKVD pour la région de Moscou. Un poste de responsabilité, certes, mais pas le sommet de l’échelle. Chargé comme il l’était des problèmes économiques, il devait donc veiller à dépenser et faire dépenser le moins d’argent possible. C’est logique.
Nous sommes en 1937, période de grandes purges, lorsque les exécutions, dans le secteur de Moscou, prennent une ampleur telle que nos braves fonctionnaires ont du mal à suivre. Tous ces ennemis du peuple à fusiller en même temps ! Sans compter toutes les munitions nécessaires pour leur tirer une balle dans la nuque, ça finit par coûter cher ! Et le temps que ça prend pour les assassiner un par un !
C’est là que va intervenir la cervelle ingénieuse de notre bonhomme. Il va inventer un moyen moins onéreux de procéder. Un moyen simple, mais encore fallait-il y penser : le camion dont les gaz d’échappement sont orientés vers l’intérieur. Cette invention sera appelée en russe dushegubka, ou «chambre à gaz ambulante».
La procédure était effectivement très simple : les « patients » étaient entassés dans un camion hermétiquement clos renvoyant les gaz d’échappement vers l’intérieur, et c’était parti pour une longue promenade autour de Moscou. A l’arrivée, – ô miracle de la technique - ne restaient plus que des cadavres qui étaient immédiatement escamotés dans un coin discret. Voilà, ce n’était pas plus compliqué que ça. Et relativement économique, encore que… l’essence …
Eh bien, le croirez-vous, ce rouage pourtant zélé et méritant finira misérablement en 1939, victime lui aussi d’une purge. Quels ingrats !
Ce brave Berg a inventé une application pratique mais, soyons juste, l’idée d’utiliser des gaz pour tuer était plus vieille que lui. Elle démarre en fait durant la 1ère guerre mondiale, vite relayée par les bolcheviques qui n’étaient jamais en reste dans ce domaine. Les gaz seront largement utilisés par eux, souvent contre les paysans refugiés dans les bois, notamment à Tambov en 1921. Les ordres reçus de Moscou spécifiaient : « Les forêts où les bandits se cachent doivent être nettoyées par l'utilisation de gaz toxique. Ceci doit être soigneusement calculé afin que la couche de gaz pénètre les forêts et tue quiconque s'y cache ».
10.12.2007
IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS RADIEUX… (26)
Tous les hommes, ou femmes, dont il est question ici, quel que soit le poste occupé, ont été complices du régime qu’ils ont créé et servi. Les malheurs qui ont pu leur arriver suite à la prise de pouvoir de Staline furent occasionnés, non par une dénonciation des crimes du régime survenus DES LE DEBUT, mais uniquement par des luttes intestines de pouvoir.
GRIGORI MOISSEVITCH MAIRANOVSKI
Vous avez dû entendre parler des expérimentations humaines auxquelles se livraient les nazis dans les camps. Mais je parierais que vous avez moins souvent entendu parler de celles qui se pratiquaient dans les coins discrets de la Loubianka, le siège des services secrets soviétiques, qu’ils se soient appelés Tchéka, Guépéou, KGB ou NKVD.
Et encore moins de celui qui eut la haute main sur ces expérimentations de 1937 à 1951. Il a fallu pour cela que Soljenitsyne lève le voile en 2003 dans le tome 2 de sa fresque Deux siècles ensemble – Juifs et Russes pendant la période soviétique. Et révèle des choses bien étonnantes, quoique quasiment boycottées depuis.
Le laboratoire des poisons du régime bolchevique est installé dès 1921. En 1926, il passe sous la férule de Gendrik Yagoda, alors second de la Guépéou. A partir de 1937, sous le nom de Laboratoire 1, ses activités vont considérablement se développer sous la direction de Grigory Moïssevitch Maïranovski.
Les sources ne sont pas très loquaces sur ce personnage qui ne manque pourtant pas d’intérêt et dont les hauts faits mériteraient de passer à la postérité au moins autant que ceux du Dr Mengele. Difficile déjà de trouver un portrait de lui. On sait qu’il est né en 1899 à Batoumi en Géorgie. Dans sa jeunesse, il s’affilie au Bund (l’Union – socialiste et antisioniste – des travailleurs juifs), mais devant les nuages qui s’amoncellent sur ce mouvement, qui sera finalement liquidé, il préfère rejoindre les bolcheviques. C’est plus sûr. Il devient médecin biochimiste.
Il travaille ensuite à l’Institut de recherches médicales Gorki à Moscou qui sera placé sous l’autorité du NKVD. En 1937, l’année des grandes purges, ce serviteur très zélé du régime obtient une promotion dont il tâchera de se rendre digne : on lui confie la direction du Laboratoire 1 avec la tâche très spéciale de mettre au point un poison mortel ne laissant pas de traces. Un poison provoquant un décès qui semblerait naturel, du genre « insuffisance cardiaque ».
Dès lors, il va se mettre au travail avec ardeur et sans états d’âme superflus. De toute façon, n’est-ce pas, ses victimes étaient des ennemis du peuple, et lui-même travaillait à instaurer un monde meilleur, alors les détails…
Il va se livrer à des recherches sur toutes sortes de poisons : la digitaline, le curare, la ricine, etc. Et comme c’était un homme consciencieux et désireux de bien faire, il fera des essais sur des cobayes humains – les oiseaux, ainsi les appelait-il poétiquement – d’âge et de condition physique très variés. Il administrait le poison dans la nourriture ou la boisson, puis à travers un judas, observait les phases de l’agonie, notant scrupuleusement tous les détails.
Il est si bien noté par ses chefs qu’il est promu colonel du NKVD en 1943. C’est la guerre, ce ne sont pas les ennemis du peuple qui manquent. Outre les russes, il aura bientôt à sa disposition des oiseaux allemands, polonais, voire japonais. Il expérimente à tour de bras.
Et d’ailleurs il réussira apparemment à mettre au point la substance parfaite, appelée C-2 qui vous tuait doucement en quinze minutes, sans laisser de traces. Elle sera largement utilisée.
Le NKVD demandera également à ce précieux auxiliaire d’expérimenter un « camion à gaz ». Mais nous en reparlerons.
Ce n’est qu’à la veille du procès de Nuremberg, en 1945, que les expérimentations sur cobayes humains effectuées par le bon docteur Maïranovski furent interdites. Du moins officiellement.
Les luttes de pouvoir sauvages au sein du NKVD, alors dirigé par Lavrenti Béria, vont affecter le colonel-empoisonneur qui se croyait pourtant bien à l’abri dans son laboratoire. Il savait tant de choses, ayant personnellement pratiqué tant d’assassinats politiques, qu’il se considérait intouchable ....
Il est cependant arrêté en décembre 1951 - pas pour ses crimes, je vous rassure tout de suite - mais dans un contexte de luttes de clans. Et, sans qu’il y ait de procès, il est condamné à 10 ans de prison pour… abus de fonction et détention illégale de poisons ! Curieusement, il ne sera pas libéré à la mort de Staline, en mars 1953, et dans l’espoir de se dédouaner, il chargera copieusement son ancien patron, Lavrenti Béria, lors du procès de celui-ci en juin de la même année, reconnaissant du même coup ses propres crimes.
Il fera bel et bien ses 10 ans de prison, à sa grande indignation. Voilà comment on récompensait la vertu militante ! Il est libéré en décembre 1961 et assigné à résidence au Daghestan où il travaillera dans un laboratoire de chimie.
Il commettra une erreur fatale en essayant d’obtenir avec acharnement sa réhabilitation. Dans ce but, il écrit à Krouchtchev, le nouveau maître, pour lui rappeler certains faits anciens – notamment un assassinat commun – que ce dernier n’avait apparemment nulle envie de voir ressurgir. Maïranovski n’aura pas l’occasion d’en parler davantage car il succombe opportunément en décembre 1964 d’une… insuffisance cardiaque.
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