Encore un faussaire de l'Holocauste! "Un ange aux barbelés" d'Herman Rosenblat
10/01/2009 16:19
Le monde de l’édition est une nouvelle fois confronté à une falsification de l’Holocauste après la révélation par l’auteur du livre Angel at the Fence (Un ange aux barbelés), Herman Rosenblat, que sa fabuleuse histoire d’amour née en 1944 le long des fils de fer barbelés d’un camp annexe de Buchenwald n’était qu’une construction imaginaire.
Huit mois après la révélation (par Le Soir) des mensonges de Misha Defonseca, cette Belge catholique qui s’était fabriqué un faux passé de jeune Juive raconté dans son best-seller et le film de Vera Belmont Survivre avec les loups, c’est, cette fois-ci, un authentique rescapé de la Shoah qui a vendu son imaginaire pour de la réalité.
L’histoire était, cette fois encore, trop belle pour être vraie. Au point de subjuguer (ou d’appâter) la maison d’éditions Berkley Books, une filiale du géant américain Penguin et un producteur hollywoodien qui débutera, malgré tout, le tournage du film inspiré de cette escroquerie en mars prochain après y avoir affecté un budget de 25 millions de dollars (après des modifications...).
Herman Rosenblat, jeune Juif polonais, se retrouve à l’âge de 12 ans en 1944 dans le camp de Schlieben, une annexe de Buchenwald. Ses frères le protègent et le nourrissent, lui le plus faible de la fratrie. A la libération, les quatre, qui ont perdu leurs parents, se retrouvent à Londres, puis aux Etats-Unis.
Ce seul témoignage d’un enfant des camps nazis eût suffi à produire un récit authentique. Mais Rosenblat (ou ses éditeurs ?) l’ont enjolivé d’une incroyable « love story », propre à satisfaire les sentiments les plus communs et ceux, plus intéressés, de l’édition et du cinéma.
L’histoire racontée par Rosenblat fait intervenir, durant son temps de détention, une fillette, âgée de 9 ans, qui venait chaque jour lui apporter, à travers les barbelés du camp, des pommes.
Jusqu’au jour où il lui aurait dit : « Ne viens pas demain, je serai gazé à 10 h. » Et Rosenblat affirme que Roma, cette fillette devenue femme, il la rencontra vingt ans plus tard à New York où elle aussi, réfugiée juive polonaise, avait émigré. Ils se seraient rencontrés fortuitement. Roma et lui auraient évoqué leurs souvenirs de guerre ; elle lui aurait raconté l’histoire des pommes données à un jeune détenu, et Rosenblat aurait alors sursauté : « Ce jeune prisonnier, c’était moi… » Ils se marièrent en 1958 et eurent deux enfants.
L’idée du livre serait venue à Herman Rosenblat dans les années 90. Victime d’un hold-up dans le magasin de télévision où il travaillait et hospitalisé, il aurait vu en rêve sa mère, morte en déportation, lui demander de raconter cette histoire. Il la soumit à un concours de nouvelles d’un journal ; il fut invité deux fois au show télévisé d’Oprah Winfrey qui déclara avoir découvert dans les aventures d’Herman et de Roma « la plus belle histoire d’amour » de sa carrière de présentatrice-vedette.
Une enquête du journal The New Republic allait vite révéler le pot aux roses.
La seule clôture du camp de Schlieben était adossée à une caserne SS ; Buchenwald ne disposait pas de chambre à gaz ; la famille de Roma habitait à 300 km du camp. Ses anciens codétenus démentirent ses propos.
Herman Rosenblat assure « avoir voulu apporter du bonheur aux gens… ».
(Source: lesoir.be - 30.12.08)
"Un ange aux barbelés" d'Herman Rosenblat
Herman Rosenblat et sa femme Roma Radzicki
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Meilleur des mondes : Un américain sur trois est obèse, et 1 autre sur 3 est en “surcharge pondérale”
10/01/2009 16:08
10/01/2009 –15h00 WASHINGTON (NOVOpress) – Selon les chiffres publiés par le Centre national des statistiques de la santé (NCHS), principale agence de statistique sur la santé du gouvernement fédéral, le nombre d’adultes américains obèses a dépassé le nombre de personnes souffrant d’une simple surcharge pondérale. Ainsi, ce sont près de 34 % des Américains (soit plus de 72 millions de personnes) qui sont obèses. Six pour cent de la population est considérée comme extrêmement obèse - « extrêmement » étant dans ce cas un doux euphémisme pour ne pas dire « pathologiquement ». Les personnes en surcharge pondérale représentent, quant à elles, 32,7 % de la population. Ce sont donc 66,7 % des Américains qui connaissent des problèmes de poids.
Cette étude a été réalisée sur un échantillon de 4 365 personnes âgées de plus de 20 ans qui sont régulièrement suivies par les services de santé. Rappelons que le surpoids et l’obésité sont calculés suivant une formule appelée «indice de masse corporelle»(IMC) : il suffit de diviser le poids en kilogramme par la taille en mètre élevé au carré. Avec un indice compris entre 25 et 29, l’individu est considéré en excès de poids, entre 30 et 40, il est obèse, au-delà de 40, c’est de l’obésité morbide.
La fréquence de l’obésité a plus que doublé aux Etats-Unis depuis 1980. Une autre étude du centre de contrôle sanitaire (CDC) avait révélé, en mai dernier, que 32 % des enfants américains présentaient des critères de surpoids, 16 % étaient obèses et 11 % extrêmement obèses. Avec de tels chiffres, il est clair que les Etats-Unis resteront la puissance la plus « forte » du monde.
[cc] Novopress.info, 2009, Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine [http://fr.novopress.info]
Les Etats-Unis en voie de “talibanisation”… on s’en foutrait si ces églises U.S. n’étaient pas d’ardents supporters de l’ultra-libéralisme, du patriarchat, de l’homophobie et du démantèlement de la séparation de l’Eglise et de l’Etat… C’est pas demain la veille que ça va changer aux Etats-Unis.
[Gregor Seither - IES Media Cooperative - 06/01/2008]
Lors des élections présidentielles de Novembre 2008, les électeurs de Californie ont également eu à se prononcer sur “Proposition 8″, une loi pilotée par la droite religieuse homophobe et qui a abouti à inclure, dans la consitution de l’Etat, la mention “Seule une union entre un homme et une femme est reconnue comme étant un mariage valide en Californie“. Si cette modification n’interdit pas les “partenariats domestiques” entre couples homosexuels (mais dont le statut est restrictif), le succès de “Proposition 8″ a abouti a interdire désormais les “mariages de personnes du même sexe” en Californie.
Si on analyse les résultats de cette élection pour la “Proposition 8″, on se rend compte que - bien avant l’appartenance à un parti, l’idéologie politique déclarée ou la situation sociale, c’est surtout la pratique religieuse qui a été le moteur de ce vote.Ce n’est rien de nouveau, en Europe il y a toujours eu un “électoral religieux” qui votait en fonction des consignes données (même à mi-mots) depuis les sacristies.
Mais l’aspect nouveau aux Etats-Unis, est que ce vote “religieux” dépasse les sectorisations habituelles de couleur de peau, de statut social, d’éducation ou encore de communauté d’appartenance. Ainsi, quand il s’agit du “mariage gay”, les Noirs et les Latinos votent exactement comme leurs “frères et soeurs dans la Foi” des autres groupes de population.
Même si le vote en faveur de la Proposition 8 n’est pas aussi fort dans la communauté Noire (59% - et non 70% comme annoncé le soir de l’élection), il est néanmoins flagrant que de nombreux électeurs Noirs ont d’un côté voté pour le candidat Démocrate Barack Obama, et de l’autre se sont déclarés comme étant proches du Parti Républicain sur la question de l’homosexualité et du respect de la “sainteté du mariage”. Un fort nombre d’électeurs Démocrates se décrit, dans les sondages à la sortie des bureaux de vote, comme étant “conservateurs” et “religieusement assidus”.
Il faut noter que, toujours selon les études réalisées auprès des électeurs, 70% des électeurs ayant voté contre la Proposition 8 se déclarent proches des Démocrates et idéologiquement libéraux.
Le deuxième facteur décisif est l’âge : 67% des électeurs de plus de 65 ans ont approuvé l’interdiction du mariage gay tandis ceux qui ont voté contre cette interdiction sont majoritairement plus jeunes.
Ce vote “religieux” a une influence directe sur les politiques électorales communautaires aux Etats-Unis. Quelle que soit la couleur de peau ou l’appartenance ethnique, les électeurs assistant à un office religieux au moins une fois par semaine votent majoritairement en faveur de propositions conservatrices. Or 57% des Noirs aux Etats-Unis déclare assister à un culte religieux au moins une fois par semaine, contre seulement 42% des Blancs et 40% des Asiatiques.
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Les oubliés de la guerre : plus de 1000 citoyens roumains pris au piège de Gaza
10/01/2009 15:49
Traduit par Mandi Guegen
Publié dans la presse : 9 janvier 2009
Mise en ligne : samedi 10 janvier 2009
Sur la Toile
Plus de 1000 citoyens roumains sont pris au piège dans la bande de Gaza. Il s’agit surtout de femmes mariées à des Palestiniens et de leurs enfants. Ces civils sont bloqués par la bureaucratie, la mauvaise volonté israélienne et l’incurie des services diplomatiques roumains. Bucarest a du mal à se positionner dans ce conflit : la Roumanie entretient traditionnellement de bonnes relations avec le monde arabe, mais elle est devenue l’un des principaux fournisseurs d’armes à Israël.
Par Michaela Iordache
Des citoyens roumains fuyant Gaza
Dès le début de l’offensive israélienne, le ministère roumain des Affaires Etrangères avait exprimé, via un communiqué, sa profonde préoccupation quant à l’escalade des violences à Gaza, en affirmant en outre l’urgente nécessité de cesser les actions militaires et d’assurer les conditions idoines pour permettre l’accès de l’aide humanitaire et dans la zone et assurer la protection des civils.
Bucarest s’intéressait en priorité au sort des citoyens roumains présents dans la zone. Selon plusieurs estimations, plus de 1000 citoyens roumains vivent à Gaza. il s’agit majoritairement de femmes mariées à des Palestiniens et de leurs enfants. Jusqu’à présents, seuls quelques citoyens roumains qui souhaitaient quitter Gaza ont réussi à le faire. La bureaucratie, les limites imposés par les Israéliens et les raids quasi permanents ont rendu ces départs très difficiles.
Difficiles départs
Une équipe spéciale du ministère des Affaires étrangères a été chargée de suivre la situation des citoyens roumains à Gaza, en surveillant les informations qui proviennent à Bucarest et dans les missions diplomatiques de Tel Aviv et du Caire. Au 4 janvier 2009, l’ambassade roumaine de Tel Aviv avait réussi à contacter par téléphone 100 personnes. Parmi elles, 55 citoyens roumains (14 femmes, 5 hommes et 36 enfants) et 9 Palestiniens qui avaient demandé l’aide consulaire roumaine pour abandonner la zone. Selon le ministère des Affaires étrangères roumain, le personnel de l’ambassade en Israël chercherait à contacter par téléphone les membres de la communauté roumaine à Gaza pour les informer sur la procédure à suivre pour quitter la zone du conflit.
Pour réussir à partir, les Roumains doivent posséder des documents en cours de validité (pour beaucoup de personnes, ce n’est plus le cas depuis longtemps) et, surtout, ils doivent obtenir l’aval des autorités israéliennes. En pratique, l’ambassade roumaine à Tel Aviv reçoit les demandes et les transmet aux autorités israéliennes pour obtenir l’autorisation finale. Les Palestiniens mariés à des citoyens roumains peuvent solliciter un visa.
Le 5 janvier, Israël a approuvé une liste transmise par l’ambassade roumaine à Tel Aviv et donné le feu vert au départ de 63 citoyens roumains ou de détenteurs de la double citoyenneté, roumaine et palestinienne. Mais une majorité de personnes a décidé au dernier moment de ne pas partir. Certains journalistes roumains ont signalé que les maris palestiniens auraient incité leurs femmes et enfants à ne pas quitter Gaza. Seuls quatre Roumains, un père et ses trois enfants, ont finalement pu quitter Gaza.
Ce même 5 janvier, cependant, le premier autobus rempli d’étrangers qui avaient obtenu l’autorisation de partir a dû revenir dans la ville de Gaza, à cause des raids aériens et de la décision de la Croix Rouge de ne pas assumer la responsabilité du voyage.
Le jeudi 8 janvier, un groupe de 20 Roumains, composé de quatre familles, a toutefois réussi à sortir de Gaza avec l’aide de la Croix Rouge. Le groupe est arrivé dans la soirée à l’aéroport Otopeni de Bucarest. Une des membres de ce groupe a déclaré que les autorités roumaines ne les ont pas aidés à payer le billet d’avion et ce sont, apparemment, d’autres compatriotes résidant en Jordanie qui ont résolu la situation. Les Roumains restés à Gaza n’ont pas d’argent parce que rien ne fonctionne plus dans une ville où les banques sont fermées depuis longtemps. Une citoyenne roumaine, interviewée par une télévision de Bucarest, a affirmé qu’il resterait au moins 60 autres Roumains voulant quitter Gaza, mais qui n’ont pas les documents nécessaires, et que l’ambassade à Tel Aviv « ne fait rien ».
De bonnes relations avec le monde arabe et avec Israël
En attendant, Bucarest invite les citoyens roumains qui se trouvent dans la zone de conflit à s’abstenir de « toute action qui pourrait provoquer de fortes réactions entre les parties touchées par le conflit ». L’analyste de politique étrangère Bogdan Chireac expliquait, dans le quotidien Evenimentul Zilei, ce que devrait être, à son avis, la position de la Roumanie dans ce conflit : celle de la prudence, étant donné que Bucarest a de très bon rapport et d’intenses relations économiques avec Israël.
Le journaliste rappelle cependant que depuis l’époque de Ceausescu, la Roumanie conserve des relations « préférentielles » avec beaucoup de pays arabes et avec certains de ses dirigeants importants qui ont étudié en Roumanie. Pour sauvegarder ces relations, la Roumanie pourrait offrir de l’aide humanitaire à Gaza ou bien soutenir un engagement similaire dans le cadre de l’UE. Pour le moment, cependant, la Roumanie ne prend aucune initiative et, au bout du compte, les seules décisions importantes sont prises par les Etats-Unis, soutient Bogdan Chireac.
Dans les colonnes de Cotidianul, l’historienne Zoe Petre, soutient que l’offensive israélienne est liée à deux événements internationaux : le changement de présidence de l’UE et l’investiture prochaine de Barack Obama. « Deux éléments d’analyse sont à considérer de manière séparée. D’un côté, nous pourrons parler de la situation permanente de guérilla que le Hamas entretient en terrorisant la population israélienne, alors que sa propre population n’ose pas s’opposer à la vague de violence. D’un autre côté, il faut aussi prendre en considération le moment choisi par Israël : le changement de présidence de l’UE avec le passage d’un acteur actif comme la France à la République Tchèque, qui risque d’être plus passive, et la période de transition de l’administration Bush à celle d’Obama ». Pour Zoe Petre, le plan d’Israël se propose de réduire au minimum la logistique de Hamas pour négocier ensuite avec les fractions palestiniennes qui sont plus disposées au dialogue.
La presse de Bucarest cite aussi EuroObserver, selon lequel les États membres de l’UE en 2007 ont exporté vers Israël des armements d’une valeur de 200 millions d’euros.
Parmi les principaux exportateurs, la France (126 millions d’euros), l’Allemagne (28 millions d’euros) et la Roumanie (17 millions d’euros). Un autre aspect pris en compte par les analystes roumains est la possibilité d’un élargissement du conflit avec un engagement du Hezbollah libanais, ou encore l’hypothèse dramatique d’une internationalisation de la guerre, si l’Iran décidait d’intervenir. De nombreux économistes soulignent les risques qu’engendrerait la superposition de la crise dans la région de production de pétrole à la crise financière et économique mondiale en cours.
Le Burundi compte 20 % de Tutsi et 80 % de Hutu. Depuis la nuit des temps, les premiers dominent et les seconds sont esclaves. Chaque fois que les Hutu grognent, le pouvoir tutsi en massacre quelques milliers.
Dans les années 58-62, les Belges ayant décidé de préparer le Ruanda-Urundi à l’indépendance, les Tutsi furent massacrés au Ruanda par les Hutu soutenus par l’armée belge, tandis qu’au Burundi ils se maintenaient au pouvoir en continuant à massacrer les Hutu.
Cette opposition n’est pas ethnique puisque les deux peuples parlent la même langue, adhèrent au même système de valeurs et ont la même religion. Elle est purement raciale : les Tutsi sont des "géants" aux traits non-négroïdes alors que les Hutu ressemblent aux autres Noirs d’Afrique.
Pour tiers-mondistes et marxistes, une telle explication est insupportable. Il a donc fallu bâtir une explication non raciale de ces antagonismes.
C’est Jean-Pierre Chrétien, chercheur du CNRS, qui vécut une quinzaine d’années au Burundi, qui eut l’illumination de la vérité : tout était harmonie dans le Burundi d’avant les Blancs. Simplement les riches avaient pour nom Tutsi et les pauvres, Hutu.
La colonisation transforma une réalité économique en fait ethnique.
Avec la perversité que nous leur connaissons, les colonisateurs ont transformé un fait économique, non figé, en fait ethnique, par essence figé.
Ainsi la colonisation créa-t-elle Tutsi et Hutu raciaux... Foutaises, dites-vous ? Certes, mais M. Chrétien écrit dans Le Monde et ailleurs. Le n° 2499 (1er octobre 1993) de la revue Marchés tropicaux ouvre par exemple ses colonnes au « spécialiste des Grands Lacs qui jette un regard d’historien sur l’évolution récente et capitale de la situation politique au Burundi et au Rwanda ».
Autre exemple : Le Monde salue par son intermédiaire la modération des Hutu qui, vainqueurs des élections, ont constitué un gouvernement d’union nationale promettant « la fin des oppositions ethniques ».
Sur quoi, stupeur, un coup d’Etat tutsi rend le pouvoir à ceux qui l’avaient perdu lors des élections, le président hutu est massacré et la guerre raciale reprend.
Explication : les Tutsi n’acceptant pas la domination des Hutu, lesquels, à moins de tuer tous les Tutsi ne peuvent pas dominer, l’obligation démocratique imposée au précédent gouvernement a mathématiquement conduit à la catastrophe.
Et nous revoici à la case départ : démocratie envolée et régime militaire Tutsi au pouvoir.
Tant que Guignol continuera à palabrer sur les affaires africaines et Polichinelle à les gérer depuis l’Europe, au nom d’idéologies étrangères à l’Afrique, la catastrophe ira en s’amplifiant.
Et le 9 décembre, les loups "léostraussiens" ont investi Bruxelles...
10/01/2009 15:33
Nouvelles du Marigot par Saint-Plaix
Les 8 et 9 décembre, les ministres des Affaires étrangères des pays de l’Union Européenne ont adopté un texte dénommé : "Council Conclusions Strengthening of the EU relations with its meditteranean partners - upgrade with Israël".
Ainsi, sous l’impulsion de la présidence française, le principe du "rehaussement" des relations entre l’Europe et Israël a été entériné !
On notera une fois de plus, dans une presse maintenant totalement aux ordres, l’exceptionnel silence qui a entouré cette signature historique aux conséquences incalculables mais hélas prévisibles : l’Europe d’aujourd’hui se déclare solidaire d’Israël et est donc susceptible d’être partie prenante à ses côtés dans tout conflit où il sera impliqué. Comprenons bien : vu son habitude « à tout conflit qu’il générera » !
En clair l’Europe, par la voix de ses ministres des Affaires étrangères, est à partir d’aujourd’hui prête à se déclarer en état de guerre larvée avec le monde arabe !
Après l’alignement sans faille de la politique étrangère française sur les desiderata de l’axe atlanto-sioniste, [voir l’invraisemblable affaire géorgienne où l’agression de la Russie par ce petit état, intentionnellement armé depuis deux ans par Israël, a été tournée par Kouchner en invasion de la Géorgie par la Russie !] le trio extrémiste prosioniste européen Kouchner, Barroso, Sarkozy a réussi - in extremis avant la clôture de la présidence française de l’Union Européenne - à faire adopter ce principe du "rehaussement" !
Déjà avant la tenue du sommet sur la Méditerranée, Sarkozy avait essayé de faire avaler cette pilule, mais il avait dû renoncer devant la levée de boucliers des pays "arabes" et surtout de l’Egypte.
On sait que l’Union pour la Méditerranée est une tarte à la crème inventée (ou du moins explicitée) par le même Sarkozy dans le seul but de faire prendre à Israël un rôle leader (pour ne pas dire le rôle leader) européen en lui permettant une intégration "naturelle" de l’Union Européenne...
Malheureusement, si les Européens semblent globalement assez bovinisés pour accepter ces nouveaux maîtres, il existe encore certains chefs d’Etats suffisamment patriotes et responsables pour comprendre le péril d’une politique aussi absurde et contraire, tant aux intérêts européens, qu’à l’équilibre des relations entre les divers Etats méditerranéens dans leur ensemble.
Angela Merkel qui n’est pourtant pas l’archétype du chef politique antisioniste a été la première à s’opposer à ces excentricités diplomatiques sarkozyennes, notamment en refusant très clairement tout affaiblissement programmé de l’Europe par la constitution de cette union méditerranéenne fantoche.
Et le texte final adopté le 9 décembre à Bruxelles n’a pu l’être qu’après rejet de la mouture initiale d’origine française jugée pro israélienne de façon trop partiale par le Royaume-Uni et la Belgique : un comble quand on sait qu’il y a encore peu, la France était accusée par les sionistes d’être pro arabe !
Alain Gresh, journaliste, juif, n’a pourtant pas hésité à écrire le 10 décembre dans les colonnes du Monde : « L’Union Européenne capitule devant Israël. » Au moins cela a le mérite d’être clair !
Que prévoit donc ce texte ?
- la tenue régulière de réunions de chefs d’Etats et de Gouvernements de l’Union avec Israël ;
- la tenue régulière (au moins trois fois par an) de réunions entre ministres dépassant le cadre des affaires étrangères ;
- l’invitation de responsables et d’experts israéliens aux réunions de la sécurité européenne ;
- organiser des consultations avec Israël sur les problèmes stratégiques ;
- permettre la coopération sur le terrain dans le cadre de politiques de sécurité et de défense commune (des "experts israéliens" pourront ainsi participer à des missions extérieures de l’Union !) ;
- tenter à l’ONU de faire intégrer Israël au WEOG (Western European and Other Groups) lui permettant à terme de se faire élire... au Conseil de Sécurité !
Autrement dit, la présidence européenne française, pour ceux qui en douteraient encore, aura permis de livrer la diplomatie et la sécurité européenne aux tueurs de Tsahal et du Mossad, les spécialistes - de leur propre aveu - des « assassinats ciblés » !
Comment a-t-on pu en arriver là ? Tout simplement grâce à la personnalité de Sarkozy et surtout aux soutiens sionistes dont il dispose et qui ont largement conditionnés son élection présidentielle en France.
Comme cadeau pour l’anniversaire des 60 ans de la Déclaration des Droits de l’Homme, l’Europe aurait pu mieux faire que de parrainer ainsi le seul Etat au monde qui ait inscrit la torture, notée comme « pression physique médicalement assistée » dans sa Constitution, qui refuse l’extradition des délinquants juifs réfugiés et la comparution des juifs devant le Tribunal Pénal International, qui a refusé de signer le Traité d’interdiction des armes à sous-munitions, qui dispose d’une des classes politiques les plus corrompues au monde comme la récente démission forcée du Président le rappelle, et qui bâtit son extension territoriale sur un mode colonial qui fait de la destruction des villages occupés son arme favorite depuis cinquante ans, suivant en cela le verset de l’Exode XXIII,27 : « Je sèmerai devant toi ma terreur, je jetterai la confusion chez tous les peuples où tu pénètreras. »
La jeune américaine Rachel Corrie l’a payé de sa vie : elle s’était placée, seule et sans armes, devant un bulldozer israélien qui s’apprêtait à détruire une maison palestinienne, ce qui rappellera à certains un étudiant chinois devant un char place Tien an Men. Le char s’était arrêté... mais Israël, chef d’oeuvre de l’humanisme occidental, n’est pas l’ignoble Chine communiste, et le conducteur israélien a courageusement broyé sans sourciller le corps de la jeune américaine sous les chenilles de son engin. Ces images-là, bien que trop peu relayées par la presse politiquement correcte, ont aussi fait le tour du monde, au moins sur Internet...
Mais comme il ne faut jamais entacher l’étoile de David, quelque soient ses excès, il s’est trouvé de bons esprits (juifs) pour véhiculer une fable sioniste grotesque et particulièrement répugnante bien que paraît-il "flagrante" sur les vidéos : Rachel Corrie serait morte en protégeant l’accès d’un tunnel d’infiltration ! Ce qui est surtout invraisemblable : imaginer l’entrée d’un tunnel en rase campagne en terrain plat ! C’est bien d’ailleurs ce que montrent effectivement les vidéos ! La propagande, chez ces gens là, n’en est pas à une invraisemblance, un mensonge ou à un assassinat près ! Mais de qui s’agit-il en fait ?
Nous entrons bien là dans le coeur du moteur idéologique de la manipulation politique israélienne actuelle : il ne s’agit pas de condamner en bloc "les" juifs, ce qui conduirait à de l’antisémitisme hors de propos, ni de condamner globalement "les" sionistes, chose politiquement incorrecte amalgamée par tous les bons esprits avec l’antisémitisme précité bien que cela n’ait pourtant rien à voir : il existe de nombreux juifs antisionistes parce que profondément religieux ! Cela a même fait écrire à certains rabbins qu’un vrai juif pratiquant ne pouvait accepter le retour en terre d’Israël avant le Jugement Dernier et qu’en conséquence il se devait d’être antisioniste... Et tout sioniste n’est pas un israélien sanguinaire !
Il ne s’agit pas non plus de condamner en bloc tous les Israéliens : nombreux sont ceux qui militent pour la paix là-bas, sous les généreux coups de matraque de Tsahal, et qui cherchent à assister les Palestiniens. Non, il s’agit d’un groupe restreint de gens, effectivement majoritairement juifs, et majoritairement ashkénazes - mais pas tous - épaulés par certains protestants américains plus soucieux des préceptes de l’Ancien Testament que des révélations de la Nouvelle Alliance : les Américains les appellent les neocons. Certains commentateurs les nomment, comme leurs coreligionnaires juifs, vétérotestamentaires, en regard de leur référence quasi exclusive à l’Ancien Testament. Ces juifs ont, dès le départ, pris comme Moshe Dayan et Ben Gourion les rênes du nouvel Etat d’Israël et ont investi, nantis de la double nationalité israélo-américaine, la puissance politique et financière des Etats-Unis où depuis cinquante ans ils occupent majoritairement les postes de direction, et s’y renforceront avec l’administration Obama. Ces judéoricains-là, sont de part leur action des disciples ignorés de Léo Strauss, philosophe juif allemand émigré aux Etats-Unis durant la guerre. On pourra donc les appeler les léostraussiens !
Primitivement grand admirateur de Nietzsche et de la culture grecque antique, Léo Strauss eut secondairement une révélation : Maimonide ! Rabbin de l’époque saladine, Moïse Maimonide est le dernier grand commentateur du Talmud, le plus sectaire, le plus fanatique, qui considère que tout goy est quasiment un sous homme... c’est aussi aujourd’hui l’une des figures talmudiques les plus honorées et les plus étudiées, surtout en Israël, ce qui n’est pas un hasard : certains talmudistes n’hésitent pas à le considérer comme un nouveau Moïse (sic !). Ceci explique sans doute cela...
Le mélange de Maimonide avec Nietzsche dans l’esprit de Strauss fut détonnant ! Il en découla l’élaboration d’une doctrine socio-politique originale fondamentalement raciste et totalitaire, en un mot fasciste, dont Israël Shamir nous donne la description suivante : « Strauss professait une vision du monde antidémocratique et totalitaire, selon laquelle c’est une élite qui doit détenir le pouvoir - de préférence, une élite juive - avec un certain nombre de goyim (pas trop, tout de même) pour donner le change. Strauss préconisait de mentir au pays, tant il méprisait les gens ordinaires. C’est cette idée juive, qui s’est imposée en Amérique, et qu’aujourd’hui l’élite américaine s’efforce d’imposer au monde entier... »
On n’est pas plus explicite : c’est ce que nous appellerons le credo leostraussien !
Le moins que l’on puisse dire est que la doctrine atlanto-sioniste et la politique américaine sont en plein accord avec cette conception de la "démocratie politique" où le communautarisme et le mensonge sont élevés au rang de système de gouvernement...
On évoquera ainsi pèle-mêle, le 11 septembre, les « armes de destruction massive » irakiennes, l’agression serbe au Kosovo, l’agression russe en Géorgie, ou Al-Quaïda mise à toutes les sauces terroristes, le tout étant toujours générateur de massacres justifiés pour le plus grand et seul profit d’Israël, de ses proches et de ses dirigeants...
Les apôtres léostraussiens ouest-européens les plus fanatiques apparaissent être, sans surprise, Barroso, Kouchner et Sarkozy. Leur soumission est claire : les desiderata d’Israël ont force de loi !
Ainsi Kouchner, le grand apôtre du « droit d’ingérence au nom des Droits de l’Homme » quand cela l’arrange, est curieusement silencieux quand on évoque Guantanamo ou les prisons israéliennes et ira même jusqu’à évoquer l’inutilité d’un Secrétariat d’Etat aux droits de l’Homme, laissant la pauvre Rama Yade, par trop naïve, incrédule et ulcérée. Mais il obtempèrera, le petit doigt sur la couture du pantalon, aux injonctions de Tzipi Livni, la nouvelle pasionaria israélienne promue ministre des Affaires étrangères, qui exigera lors des négociations de Bruxelles de le voir seul en préalable (ce qui amènera la sortie des autres partenaires européens exclus : la politesse n’est visiblement pas forcément l’apanage des maîtres léostraussiens).
Israël a tout de même les moyens d’ordonner avant de négocier !
La raison de cet a parte était simple : faire découpler dans les textes le « rehaussement des relations entre l’Union Européenne et Israël » des pourparlers de paix au Proche Orient ! Et le laquais Kouchner s’est exécuté avec zèle... Pourtant, toute honte bue, la stratégie française de rapprochement avec Israël est apparue "justifiée" en laissant entendre qu’une telle amélioration des relations avec Tel-Aviv permettrait à l’Europe d’influencer la politique israélienne : il suffit de voir l’évolution de la situation à Gaza pour en être convaincu ! Le premier effet de ce honteux traité a déjà été une demande israélienne visant à la limitation de l’aide européenne dans la bande de Gaza ! Tous les culots les léostraussiens ! On nous prépare un plan Morgenthau pour la Palestine !
Sans espérer pouvoir gommer les effets maléfiques de ce séisme politique, il faut cependant noter la position très ferme de rejet des prétentions israéliennes par le Parlement Européen excédé de l’arrogance et des pressions sionistes. La député Nathalie Grisbeck du Mouvement Démocrate n’a pas hésité à écrire à un opposant au projet israélien, à la suite du vote de rejet du parlement : « Face à la situation que connaît actuellement la population de Gaza, je prends pleinement la mesure de vos inquiétudes en ce qui concerne la participation de l’Etat d’Israël aux programmes communautaires. Je vous informe que le Parlement Européen a voté cette semaine le report des discussions sur l’accord de coopération avec Israël, à une date encore indéterminée. »
Certes, l’Europe est enfin pratiquement débarrassée de la présidence sarkozyenne et la Tchéquie semble plus encline à suivre les desiderata du Likoud que ceux du gouvernement israélien et des copains de Tzipi Livni, mais il n’en reste pas moins vrai qu’au jour d’aujourd’hui, l’Union Européenne est résolument convertie à l’atlanto-sionisme et a sacrifié à un rapprochement hasardeux avec l’axe Washington/Tel-Aviv sa vocation logique de rapprochement oriental : faire de Poutine un ennemi n’est pas seulement une erreur pour le devenir de l’Europe, Talleyrand aurait dit que c’est une faute ! Angela Merkel - qui vient de conclure un accord économique de rapprochement sans précédant, qualifié déjà de « nouveau pacte germano-soviétique » par les nostalgiques de l’histoire communiste - l’a bien compris et a pris les devants.
Sarkozy - qu’un jour d’aberration Nicolas Bonnal a lyriquement comparé à Bismarck - aurait été mieux inspiré de suivre l’adage de Charles de Gaule auquel il se réfère en cas de besoin électoral : « l’Europe de l’Atlantique à l’Oural. »
Contre la construction européenne, nous assistons à la création d’un Occident de Washington à Tel-Aviv, axe qui va définitivement couper l’Europe séparée de la sphère d’influence russe.
Ce ne n’est certainement pas l’intérêt européen ! « Un état n’a pas d’amis, il n’a que des intérêts. »
Cette douloureuse constatation soulignée par ce même Talleyrand reste ignorée visiblement de Sarkozy, car pour lui c’est l’inverse : il n’a que des amitiés, il n’a aucun grand dessein pour la France !
Il ne s’agit pas pour lui de faire « remplacer les USA par l’Europe », mais bien de condamner l’Europe, noyée dans la dépendance atlanto-sioniste, à être à la remorque de l’Amérique colonisée.
Lors d’une des dernières émissions de Serge de Beketch à laquelle j’avais participé sur Radio Courtoisie, au moment de la désignation de Sarkozy par l’UMP, Serge s’était écrié : « Celui-là va dissoudre la France ! »
En fait, c’est l’Europe qu’il est en train de dissoudre ! Il va même jusqu’à risquer de la détruire, et cela, je pense que Serge, même dans ses pires cauchemars ne l’avait imaginé !
Quant au "Bismarck" sus-cité, il n’a absolument rien d’un homme d’Etat : c’est un apôtre doctrinaire, le simple esclave de son gourou ! Ce à quoi nous avons assisté jusqu’ici - après des réformes intérieures enterrées dès leur annonce, des suggestions refusées par les intéressés, et autant de reculades - ce n’est pas à l’émergence d’un homme d’Etat, mais bien au couronnement présidentiel de la résistible ascension d’une marionnette ou mieux, d’un larbin !
Souhaitons maintenant que l’Europe se ressaisisse, si elle en est encore capable, avant de se retrouver en guerre à son corps défendant : mourir pour Danzig était déjà une erreur en 1939, mais soixante ans plus tard, aller mourir pour Tel-Aviv en 2009, ce serait de la plus totale stupidité : Israël ne nous concerne pas en Europe !
Sarkozy, qui a déjà dit élégamment « qu’il ne comptait pas remettre cela après cinq ans » - autrement dit qu’il ne souhaitait pas se représenter aux élections présidentielles - a un avenir tout tracé devant lui. Si Israël a un minimum de reconnaissance du ventre, il lui offrira bien un strapontin ministériel !
Un secrétariat d’Etat israélien aux Affaires européennes, par exemple, ferait parfaitement l’affaire : Nicolas le léostraussien n’y trouvera que des amis, à moins qu’hors du sérail il ne soit qu’un idiot utile !
Lampedusa, lo sbarco dei 500 Notte travagliata nell'isola: prima arrivano 326 extracomunitari, poi altri 159, alcuni dei quali raggiungono terra a nuoto. Centro di accoglienza nuovamente stracolmo: al momento sono presenti 1477 immigrati !
Lampedusa, lo sbarco dei 500
LAMPEDUSA (AGRIGENTO) - Ondata di sbarchi nella notte a Lampedusa, dove sono giunti altri 500 clandestini. Tre le operazioni di soccorso coordinate dalla sala operativa della Capitaneria di porto di Palermo.
Il gruppo più numeroso è quello intercettato da una nave della marina militare circa 58 miglia a sud dell'isola, dov'è stato soccorso un barcone con 326 immigrati, tra cui 21 donne e 9 bambini. Le operazioni si sono concluse alle 3.55.
Un secondo barcone con 159 clandestini, tra cui 3 donne, è stato intercettato sotto costa, nei pressi di Lampedusa. Una ventina di immigrati si sono tuffati in acqua e hanno raggiunto la riva a nuoto. Sono stati trovati su alcuni scogli. In questo caso le operazioni di soccorso sono state ultimate alle 2.35.
Altri cinque cittadini extracomunitari, tutti maschi, sono stati invece intercettati a terra, intorno alle 1.15, nei pressi della spiaggia della Guitgia. Tutti i clandestini sono stati accompagnati nel centro di prima accoglienza dell'Isola, dove si trovano ospitate un migliaio di persone, a dispetto della capienza di 700 posti.
Al momento sono 1.477 gli immigrati presenti nel centro di accoglienza di Lampedusa; facile immaginare la situazione di estrema difficoltà per gli operatori ed i volantari che si trovano a lavorare in una struttura che potrebbe ospitare la metà dei presenti.
Dalle parole bisognerà passare ai fatti, visto che Lampedusa è costantemente meta di disperati che con ogni mezzo e con enormi sacrifici cercano di raggiungere l'Europa.
T Khmers Rouges : Human Rights Watch pilonne Hun Sen
10/01/2009 15:22
L’association de défense de droits de l’homme critique très durement le chef du gouvernement, l’accusant de faire de l’obstruction au tribunal en charge de juger les anciens dirigeants polpotistes.
« Trente ans après la chute des Khmers rouges, la culture de l’impunité n’a jamais été aussi forte au Cambodge… » Dans un communiqué de presse, rendu public le 5 janvier, soit deux jours, avant les cérémonies célébrant le 7 janvier 1979, Human Rights Watch (HWR) lance un pavé dans la mare. L’association accuse ni plus ni moins le Premier ministre d’obstruer l’action du Tribunal Khmers Rouges. « Ces dix dernières années, Hun Sen a passé le plus clair de son temps à tenter de saper l’action du tribunal, assène Brad Adams, directeur Asie de HWR. Aujourd’hui, il tente d’enrayer tout processus qui mènerait à de nouvelles inculpations. » Afin d’étayer ses accusations, l’association note qu’aucun coupable de l’un des régimes les plus sanguinaires du 20ème siècle n’a encore été jugé ou condamné. « Ce n’est pas un accident », explique Brad Adams. HRW rappelle que des rapports onusiens ont mis en exergue « le manque d’indépendance de compétence et de professionnalisme » des Chambres extraordinaires. Il déplore enfin que la co-procureur cambodgienne, Chea Leang, s’oppose à toute nouvelle inculpation. « Aucun observateur sérieux ne peut croire que des arrestations pourraient mettre en péril la stabilité du royaume », est-il écrit dans le communiqué. « Il s’agit plutôt clairement d’une tentative politique de stopper le travail de la cour », ajoute HRW. Hun Sen n’est pas le seul à en prendre pour son grade. L’association fournit aussi une liste de pays qui ont continué à soutenir l’action des Khmers rouges après leur défaite du 7 janvier 1979. Elle dénonce également qu’entre 1979 et 1993, les dirigeants du royaume ont « constamment violés les droits» des Cambodgiens. Khieu Kanharith, porte-parole du gouvernement n’a pu être joint pour commenter cette série d’accusations.
Carter impute la guerre à l'intransigeance d'Israël
10/01/2009 15:15
L'ancien président américain Jimmy Carter a critiqué la guerre israélienne menée contre la Bande de Gaza, la qualifiant de " guerre inutile" qui aurait pu être évitée. S'exprimant dans une tribune publiée au quotidien américain Washington Post, Carter a particulièrement dénoncé l'intransigeance d'Israël à permettre l'acheminement complet de l'aide humanitaire dans la bande de Gaza, révélant qu'elle était économiquement étranglée: " il était clair que la question principale était l'ouverture des points de passage vers Gaza", écrit M. Carter à propos des négociations sur la prolongation de la trêve entre Israël et le Hamas, qui a pris fin le 19 décembre
1 - Notre évolution cérébrale est-elle tombée en panne ?
Une partie de la presse pourtant tenue pour sérieuse a félicité la France et l'Angleterre d'avoir découvert avant l'Amérique les remèdes réputés conjurer la crise mondiale du capitalisme qui se prépare et de l'avoir terrassée avant son déclenchement, tandis que, dans le même temps, M. Steinbrück, ministre des finances du gouvernement allemand, écrivait que les brouets financiers concoctés par M. Brown et M. Sarkozy étaient grotesques. Un adjectif aussi furieux pose une question nouvelle à une science historique et à une politologie encore privées d'une anthropologie critique en mesure de préciser à quelle étape de son évolution l'encéphale d'Adam a cessé de progresser.
Car enfin, le cerveau simiohumain est censé avoir suivi continûment un développement sinon pleinement satisfaisant, du moins suffisamment heureux pour que notre escapade hors de la zoologie nous permette de dresser un constat économique irréfutable : à savoir que cette crise n'est qu'un gigantesque retour de bâton. Car la chute corps et biens des finances de l'Eden marxiste dans les goulags du salut prolétarien nous met pour la première fois face à face avec l'inaptitude native de nos chromosomes à éviter les désastres industriels qui frappent une boîte osseuse désormais définitivement bloquée. Comment cet organe reprendra-t-il sa course? Dans quelle direction va-t-il s'élancer ? Car si, d'un côté, l'évangélisme de K. Marx paralyse les fuyards de la nuit animale et les livre à une quadriplégie sans remède, qu'on appelle aussi la fainéantise, de l'autre, un capitalisme à la bride sur le cou nous conduit à la férocité des oligarchies de renards dont les Grecs disaient déjà que rien ne pouvait les rassasier.
Comment se fait-il que notre cerveau nous fasse osciller entre deux types de rédemptions, l'une paresseuse, l'autre musclée ? Quels sont les secrets psychogénétiques de l'alliance de nos utopies politiques avec notre finalisme religieux inné? Nous oscillons entre nos rêves d'un débarquement du ciel sur la terre, qui n'est qu'une apothéose de notre fainéantise, et notre retour à la loi de la jungle.
2 - La balance à peser notre cerveau
Il faut donc nous fabriquer une balance à peser la matière grise des descendants d'un primate quadrumane . Cette question se pose dans toute son acuité quand il s'agit de tracer les pistes de l'anthropologie critique qui fécondera la postérité demeurée embryonnaire de Darwin. Car il est absurde de nous figurer que la " main invisible " de notre évolution aurait accru le potentiel de nos cellules mutantes d'une manière continue et massive depuis que notre arbre généalogique a bifurqué: notre sédentarisation tardive nous a seulement conduits à des hypertrophies localisées de notre cerveau, ce qui nous a frustrés de nos capacités panoramiques originelles, donc à une atrophie de la vision synthétique du monde dont disposaient les primitifs. Une diversification, donc une spécialisation, certes féconde de nos facultés intellectuelles en est résultée, mais non un perfectionnement de notre synthétiseur sommital.
C'est ainsi que M. Brown ne se demande pas comment des milliards de dollars ou d'euros versés à des fabricants d'automobiles en faillite vont leur permettre de persévérer dans la folie de produire à la chaîne une marchandise rendue de plus en plus invendable en raison de la substitution d'automates intelligents au travail musculaire de nos ancêtres. Nous luttons contre l'assèchement du marché des consommateurs par le remplissage non point de leur bourse, mais de celle des industriels.
Mais si, de son côté, M. Steinbrück souligne à bon droit que les thérapies susnommées sont "grotesques" - cet adjectif évoque un terme italien appliqué à des dessins capricieux au fond d'une grotte - comment pèserons-nous la logique de son encéphale à lui s'il n'analyse pas davantage que M. Brown l'aporie originelle dont le simianthrope se trouve affligé? Car enfin, si le royaume des cieux fait la sourde oreille et si les empires de la terre sont livrés aux mâchoires des fauves, il faudra approfondir quelque peu un certain "Connais-toi" socratique ; et pour cela, nous nous mettrons à l'école d'une anthropologie un peu moins rudimentaire que la nôtre.
3 - Les faits et le sens
Comment réaliser un tel exploit, sinon en nous résignant à soumettre nos diagnostics futurs à une science médicale en mesure d'observer le malade avec des yeux nouveaux, tellement le dépistage des maladies exige du médecin qu'il rattache tous les symptômes d'une pathologie déterminée à une représentation globale de la nature du mal ? Or, une telle synthèse exige une problématique médicale placée d'avance sur le chemin de la thérapeutique appropriée , donc équipée des armes du savoir qui maîtriseront le réseau entier des symptômes recensés. Si j'observe les événements chimiques à la lumière de l'alchimie ou les mouvements des astres à la lumière de l'astrologie, aucune de mes observations, si pertinentes qu'elles paraîtront, ne recevra l'éclairage d'une explication.
Prenez "l'art de la communication" de Trajan, Marc Aurèle, César ou Napoléon : si vous lisez les historiens de ces grands hommes avec des yeux de problématiciens, vous apprendrez indirectement comment se communique un type de pouvoir dont le cœur s'appelle l'autorité politique. Mais si vous vous trompez de problématique et si vous plaquez sur un chef d'Etat le code de référence qui préside aux relations qu'un chef de rayon entretient avec la clientèle des grands magasins, vous rendrez aveugles toutes vos observations, parce que vous vous serez trompé d'échiquier de la connaissance. De même , si j'observe la crise financière internationale à la bougie des critères de la science actuelle du genre humain que me fournissent une politologie au berceau, une économie dans les limbes, une psychologie balbutiante, un savoir historique d'enfant de chœur, les pâles flambeaux d'un faisceau de disciplines vagissantes me précipiteront dans les ténèbres. On ne sort pas de la nuit avec, à la main, une lanterne de Diogène appelée à illuminer un autre paysage que le vrai.
Quel est le statut anthropologique des problématiques ? Celui des codes du savoir organisé qui sert de boîte à outils aux encéphales d'une époque. Ceux-ci y voient leur trésor le plus précieux, parce que ces logiciels sont sécurisants et font gagner beaucoup de temps . C'est pourquoi il faut les réfuter cent fois pour les couler : l'astronomie ptolémaïque a résisté quinze siècles aux mathématiciens qui en recousaient sans relâche le tissu, le créationnisme n'a rendu l'âme qu'après un combat d'arrière-garde de trois millénaires, la phlogistique n'a passé à la guillotine qu'à l'heure de Lavoisier parce que le singe parlant s'agrippe à ses problématiques comme à ses bouées de sauvetage dans le cosmos.
Les kaléidoscopes épistémologiques enseignent au simianthrope que ce ne sont pas les faits qui éclairent la raison, mais les signifiants sur lesquels les grilles de lecture sont construites. Qu'est-ce que le sens qui rendra parlant le terme de vérité dans l'ordre politique, économique, historique? Comment interpréter la postérité de Darwin parmi les maîtres-queux de la connaissance, sachant que les herméneutes de demain malmèneront les réseaux ptolémaïques ou phlogistiques du genre simiohumain?
4 - Sommes-nous une espèce politiquement ratée ?
Pour tenter de répondre à cette question, il nous faut radiographier les composantes psychogénétiques, donc gastronomiques, de la notion de cohérence mentale . Comment apprendre à regarder de l'extérieur la fausse logique interne propre à telle ou telle cuisine du savoir ? Pour cela, il faut nous demander si les apories qui bloquent le développement cérébral partiel du simianthrope dans telle discipline ou telle autre ne résulteraient pas de glaciations localisées de l'entendement de notre espèce - réfrigérations parcellaires, mais liées à une panique d'entrailles universelle et d'origine cosmologique.
Prenez le cas de M. Olivier Todd, qui diagnostique la maladie dont les chefs d'Etat européens sont frappés: ils se réchauffent à Bruxelles, dit-il, au feu de leur incompétence collective. Mais, dans le même temps, cet éminent économiste s'indigne du sacrilège de contester l'infaillibilité mille fois démontrée, pense-t-il, des oracles du suffrage universel sur tous les arpents et lopins de la terre : cette orthodoxie, proteste-t-il, n'est ni sainement reconnue, ni doctrinalement légitimée quand l'Europe des Etats refuse tout soudain de valider le verdict du peuple irlandais , qui a refusé d'adopter le traité de Lisbonne. Comment les chefs de gouvernement du Vieux Monde seraient-ils encore plus ignorants, sourds et aveugles que le peuple irlandais, dont la sagesse innée lui est pourtant inspirée par le ciel intérieur des démocraties, donc par les verdicts inattaquables du dieu Liberté?
La question anthropologique est donc de découvrir pourquoi un encéphale aussi exceptionnellement lucide dans son ordre que celui de M. Olivier Todd, renonce instantanément à toute cohérence face au mythe vaticanesque de l'omniscience du vote populaire. Il y faut une dictature psychique qui interdit à l'embryon de logique dont use le simianthrope d'immoler sur l'autel de sa raison l'oracle tyrannique, mais sécurisant selon lequel il existerait, sinon un Jupiter raisonnable dans le cosmos, du moins une intelligence plus crédible que celle de chacun de nous - donc une autorité en mesure de défier le vide et le silence de l'immensité. Qu'est-ce qu'un oracle et pourquoi l'espèce humaine se plie-t-elle à un despotisme cérébral tapi tantôt dans le cosmos, tantôt dans ses propres entrailles?
5 - Des enfants criards dans un cosmos sans écho
Deviendrons-nous un jour suffisamment intelligents pour découvrir non seulement les secrets de notre inintelligence politique native, mais les raisons psychogénétiques pour lesquelles cette inintelligence-là serait originelle en ce qu'elle résulterait de notre épouvante de nous comporter en logiciens impavides à l'égard de nous-mêmes, ce qui fait de nous les otages de notre refus terrorisé d'apprendre à raisonner de manière cohérente?
Puisque notre désarroi mental est tel que nous cherchons désespérément dans l'infini ou sur la terre un cerveau plus solide que le nôtre et puisque les descendants de qui vous savez vont jusqu'à se raccrocher aux révélations que dégorgent leurs propres masses, tirerons-nous jamais de notre aveuglement invétéré une sagesse supérieure à l'ignorance et à la sottise de chacun de nos spécimens pris isolément? Car il se trouve que nos songes successifs - le marxiste, le chrétien, le musulman, le capitaliste - nous précipitent dans des catastrophes politiques sans remède. Si nous parvenions à trancher le vrai nœud gordien, celui que notre sottise collective a serré de siècle en siècle, la crise économique actuelle pourrait bien se changer en banc d'essai ou en salle d'accouchement d'une science tellement profitable à nos véritables intérêts qu'elle nous dirait pourquoi nous sommes nés ingouvernables et pourquoi nous le demeurons contre vents et marées. Par bonheur, nous nous trouvons le dos au mur à l'heure où ni nos rêves, ni nos appétits ne nous servent plus de boussole.
Notre premier édit sera de reconnaître que la problématique fructueuse qui nous mettrait en mesure d'accoucher d'un diagnostic profond de la pathologie dont souffre notre espèce se cache nécessairement dans les arcanes de notre évolution cérébrale, laquelle est demeurée inévitablement en souffrance, puisqu'il se trouve que notre politologie, notre science historique et nos sciences de l'inconscient n'ont même pas essayé d'élaborer une anthropologie qui nous fournirait un code d'interprétation fiable de la maladie la plus originelle qui nous ronge - celle qui nous interdit de savoir qui nous sommes sur l'échelle de Richter de nos tempêtes. Résignons-nous donc à défier notre terreur d'enfants criards et apeurés dans le cosmos.
6 - La logique de la situation
Que signifierait raisonner à partir d'une problématique du tragique rendue consciente des apories inguérissables qui régissent la condition simiohumaine?
D'abord, nous nous trouverions contraints de prendre conscience de ce que la délégitimation du dernier rêve angélique de notre espèce - la suppression du capitalisme par l'assassinat des capitalistes et l'avènement d'un évangile validé par l'égorgement catéchétique des possédants - une telle disqualification, dis-je, de notre séraphisme politique nous conduirait immanquablement à une réfutation du capitalisme du XIXe siècle, qui allait au terme d'une logique interne que Karl Marx avait dénoncée avec la rigueur du théorème de Pythagore . Mais s'il devenait répréhensible de nous vendre le plus cher et le plus massivement possible des produits fabriqués au prix le plus bas que permettra la triste nécessité de nous donner à manger et à boire en retour, parce qu'il est décidément impossible de fabriquer des biens de consommation sans assurer notre survie, une éthique de cet échange débarquera avec fracas dans l'arène de l'histoire et de la politique ; et il nous faudra contraindre notre grain de raison à signer un pacte de non agression entre nos "masses laborieuses" et les commandements que rédigera une phalange d'intellectuels minoritaires. Car toute notre philosophie est fondée sur le principe antidémocratique selon lequel un seul cerveau qui pense droit a raison contre des milliers d'infirmes de la pensée logique.
Mais la chute du mur de Berlin est survenue dans une jungle fort différente de celle qui régnait en 1929 : d'un côté les banques sont devenues de gigantesques entreprises cotées en bourse et spécialisées dans la spéculation la plus folle, donc dans la ruine de leurs clients, de l'autre, l'ambition de l'outillage capitaliste de rentabiliser la main-d'œuvre la plus famélique possible a trouvé un secours providentiel dans l'avènement d'un principe de production révolutionnaire, ingénieux, et largement conçu pour aboutir à la suppression pure et simple des "masses salariales" : l'intelligence artificielle et automatisée est un loup dont les mâchoires se sont substituées à une main-d'œuvre demeurée obstinément respirante.
De plus, pour la première fois, une crise économique mondiale va mettre à genoux un empire , pour la première fois, le naufrage d'une monnaie internationale va ruiner la flotte de guerre et l'armée de terre d'un souverain du globe terrestre, pour la première fois, un naufrage planétaire de la bourse va nous enseigner l'agonie de l'empire romain des modernes, pour la première fois , nos anthropologues pourront observer les soubresauts des vassaux et les nouveaux orgueils de la liberté, pour la première fois, les historiens pourront filmer sur le vif l'effondrement d'un César dont la naissance, l'apogée et le trépas auront duré moins d'un siècle, pour la première fois, nos anthropologues devront se mettre à la recherche de l'idiot dont Shakespeare dit qu'il nous raconte "une histoire pleine de bruit et de fureur".
Dès lors, raisonner de manière cohérente dans le tapage et la rage de la horde, c'est tenter de résoudre une équation aussi simple qu'insoluble: comment vendre à la pelle des produits de consommation courante à des clients privés de moyens de les acheter en raison de la substitution des machines aux jambes et aux bras de l'humanité en sueur d'autrefois?
Peser l'encéphale embrumé de l'espèce simiohumaine, ce sera donc essayer d'expliquer les obstacles qualifiés de "naturels" que le genre humain oppose viscéralement à toute réflexion économique et politique logicienne.
7 - Comment faire sortir une civilisation de sa vassalisation
La probématique aux dents aiguës qu'exige la pesée de l'encéphale simiohumain actuel commence de montrer son canevas de fer; car le dédoublement de cette espèce entre le réel et le vaporeux - phénomène inauguré par l'invention de la parole - illustre le déhanchement de nos peuples et de nos nations entre nos masques verbaux et nos aveux. Or, nos masques sont ceux du faux langage que nous mettons dans la bouche de notre justice, de notre droit, de notre liberté et d'autres totems, alors que l'universalité même dont nous chapeautons notre vocabulaire nous sert à cacher notre véritable nature.
Prenez la guerre des mots que la France est condamnée à mener afin de tenter de défendre ses intérêts réels - ceux dont tous les politologues s'accordent désormais à reconnaître qu'ils exigent un déplacement titanesque du centre de gravité d'une planète qui, depuis soixante ans, avait fait de l'Amérique le pôle de la politique mondiale. Comment masquer l'évidence logique que tout le débat porte sur la question de savoir, primo, comment le Vieux Continent rebroussera chemin, secundo, comment il reniera son destin de suiveur invétéré, donc de vassal consentant, alors qu'il se place depuis si longtemps et sans murmurer dans le sillage du Nouveau Monde, tertio, comment des Etats vassalisés par leurs élites politiques au cours de trois générations deviendront le levier du monde désasservi de demain, quarto, comment ces Etats subitement régénérés s'allieront sans faiblesse avec la Russie, la Chine, l'Inde et l'Amérique du Sud, alors que ces puissances débarquent à toute allure dans l'industrie et la technique modernes, quinto, comment le prix de cette mutation précipitée ou contrôlée ne sera pas trop lourd à payer.
8 - L'homme et le chimpanzé
Mais si l'on observe les masques langagiers que brandit la politique européenne engagée dans un desserrement de l'étau américain, on remarquera que les adversaires de la souveraineté du Vieux Continent n'avouent jamais leur volonté de s'asservir à jamais au Nouveau Monde et qu'ils arborent les masques classiques que le vocabulaire de la civilisation dite "de la liberté" leur fournit . André Glucksmann, par exemple appelle l'Elysée : il aimerait, dit-il que le président en sache un peu plus sur la "réalité du pouvoir néo-soviétique à Moscou". Il lui propose d'écouter un grand spécialiste de l'horreur politique. Sarkozy doit bien cela à Glucksmann , le "philosophe au toit de chaume", comme dit Yasmina Reza.
Au début de janvier 2008, le chef de l'Etat reçoit en grand secret un ennemi virulent de V. Poutine, Vladimir Boukoski, qui a passé des années en hôpital psychiatrique à Moscou et dont la "guérison" est sûrement ancienne, puisque l'hospitalisation des hérétiques a été abolie après la mort de Staline en 1953. Celui-ci raconte son audience à l'Elysée : "André Glucksmann voulait que j'explique à Nicolas Sarkozy qui sont les hommes en place au Kremlin : tous des anciens du KGB. Ah ! je les connais malheureusement trop bien ! Une heure durant, je lui ai exposé combien il est dangereux de trinquer avec des gens de cet acabit; il n'y gagnera pas un kopeck." Mais Boukovski a été déçu : "La visite, très courtoise, n'a servi à rien. Sarkozy a poursuivi ses relations ambiguës avec Poutine, puis Medvedev."
Il se trouve que la politique internationale est ambiguë depuis que le Créateur s'est repenti d'avoir noyé sa créature, à l'exception du bienheureux Noé, mais sans nous dire quels remèdes il s'est administrés afin de se guérir de sa sauvagerie ou de sa folie. On sait qu'André Glucksmann, dont le patronyme ambigu signifie "l'heureux homme" en allemand, n'a jamais prononcé un seul mot ni écrit une seule ligne, même biaisée, sur Guantanamo, la CIA ou sur le peuple de Gaza. Le masque biface dont il se sert afin d'occulter les enjeux nullement ambigus de la politique internationale actuelle ne vise donc, comme celui de M. Bernard-Henri Lévy, jusqu'à diaboliser Téhéran pour des motifs politiques clairs et précis : il s'agit de faire croire au monde entier qu' Israël serait menacé par une bombe nucléaire iranienne en cours de fabrication, alors que celle-ci se révèlerait aussi mythologique entre les mains des mollahs qu'entre celles des huit grandes puissances, qui ne savent que faire de son ambiguïté et qui essaient vainement de s'en débarrasser depuis plus de soixante ans, tellement elle est devenue obsolète aux yeux de tous les théoriciens de la guerre. Mais si la sottise doit être pesée sur la balance de l'apocalypse, alors une politologie mondiale privée de science des feintes et des ruses de la folie ne dispose pas encore d'une problématique cohérente de l'ambiguïté de l'histoire, parce que l'encéphale dérangé de notre espèce sert de boussole à une planète désorientée.
9 - Le langage irrationnel de l'homme-singe
Pourquoi est-il impossible de traiter sérieusement de la question si l'on n'a pas construit la balance dont l'un des plateaux recevrait le cerveau simiohumain confusible avec celui du chimpanzé, l'autre le cerveau dédoublé par le langage ? Considérons la boîte osseuse du Pakistan, ce pays dont le chef de son gouvernement vient de déclarer qu'il ne lancera jamais le premier la foudre nucléaire sur l'Inde. Comment calibrer cette tête? Car on sait fort bien à Islamabad que New-Delhi dispose également de l'apocalypse onirique et sottement solennisée. On ne saurait donc prétendre ignorer qu'il s'agit d'une menace non moins fantomatique dans les mains de l'un que de l'autre de nos matamores d'un néant simulé. Il est donc évident que la question de la pesée du langage irrationnel de l'homme-singe se place au cœur de la réflexion politique contemporaine et que le fléau d'une telle balance ne pourra être frappé que sur l'enclume de la logique. Mais à quel baromètre mesurer la solidité relative de l'encéphale du singe parlant s'il faut commencer par se demander pourquoi le dérangement de sa boîte osseuse lui fait proférer une menace dont son propre raisonnement lui démontre la vanité?
C'est donc que cette espèce sait et ne sait pas ce qu'elle dit ; c'est donc que ses certitudes demeurent flottantes par nature ; c'est donc qu'elle est convaincue de l'inexistence de Zeus, mais qu'elle se gardera bien de le défier, car elle dit à la fois : "On ne sait jamais… " et : "Je sais". Cette ambiguïté anthropologique est celle d'André Glucksmann, qui reproche à M. Nicolas Sarkozy une "ambiguïté" politique qu'il entend bien rendre terrorisante, alors que, pour sa part, il n'éprouve pas le moindre doute quant à la crédibilité de la bombe nucléaire israélienne, qui rend évidemment ridicule à souhait la bombe encore dans les limbes à Téhéran. Mais alors, la logique branlante du singe parlant peut se révéler une ruse politique, donc une stratégie savante, et son ambiguïté native appelle un examen anthropologique.
Le rapport frelaté entre la capacité de notre espèce de raisonner logiquement et le contenu affûté de la parole prétendument logique qu'elle profère soulève décidément la question de savoir dans quelle mesure l'animal politique moyen d'aujourd'hui truque ce qu'il dit et falsifie ce dont il feint de parler, parce qu'il est en mesure de tromper son interlocuteur sur le degré de cohérence interne des propositions effrontées qu'il énonce. Car s'il est possible que la parole la plus spectaculairement cahotante soit prise pour argent comptant dans le monde entier - la parole nucléaire - combien la mythologie humanitariste pâlichonne affichée par M. Glucksmann ou M. Lévy paraîtra-t-elle plus crédible, elle qui repose sur la croyance mollement répandue dans les masses selon laquelle les relations entre les grandes puissances seraient commandées par une éthique imperturbable et droite comme la sainte pique des droits de l'homme!
Pis que cela : un G.W. Bush sur le départ et victime d'un instant de distraction fâcheux semble avoir oublié son masque verbal pendant plusieurs secondes, ce qui lui a fait dire à Bagdad : "L'invasion de l'Irak n'était pas facile , mais elle était nécessaire pour le salut de l'Amérique et du monde". Comment se fait-il qu'une parure du langage expérimentée depuis huit ans et qui avait résisté à toutes les épreuves de l'histoire verbale de l'humanité soit restée au vestiaire en fin de parcours? Jamais encore la Maison Blanche n'avait parlé d'invasion, donc d'expédition guerrière franche et avouée. Faut-il y voir une déchirure du tissu serré des masques dont se pare la démocratie mondiale ou, au contraire, une preuve de l'impossibilité de perforer la cuirasse du vocabulaire protecteur simiohumain? Et pourtant, l'histoire est pleine de panoplies langagières qui se sont rouillées en chemin et que le seul écoulement du temps a mis hors service. Encore une fois, comment existerait-il jamais une politologie scientifique si l'anthropologie moderne devait demeurer coite devant l'énigme de la sanctification de la parole? Pourquoi le singe ambigu est-il un animal dédoublé par le sonore et que défend-il à se mirer dans le vocabulaire qui l'arme et le trompe tout ensemble?
10 - Le quartier général de la parole politique
Certes, tout le monde peut constater que la défense des "droits de l'homme et de la démocratie mondiale" est à "géométrie variable", donc qu'on la lance sur le marché au gré de l'intérêt changeant des grandes puissances, qui usent avec habileté de ces masses de manœuvre en tel endroit ou tel autre de la planète. Mais qui tire les ficelles des gigantesques marionnettes vocales devant lesquelles le genre humain s'agenouille depuis des millénaires? De plus, la guerre actuelle des masques cérébraux de la démocratie est loin de présenter un front uni : à leur tour la France et l'Europe prennent le plus grand soin de ménager les dorures phonétiques de leurs interlocuteurs, tellement l'arène du vocabulaire dans laquelle elles se trouvent leur impose une stratégie internationale de soutien à un mythe nucléaire pourtant devenu, aux yeux de la pensée logique, un hochet diplomatique grotesque.
M. Sarkozy prétend vaillamment qu'il est bien décidé à lutter de toute ses cordes vocales contre "le terrorisme mondial" aux côtés du maître du vocabulaire international dédoublé dont l'humanité use en Afghanistan. Son courage biphasé lui fera même envoyer sa Ministre de l'Intérieur aux Etats-Unis, afin qu'elle y renforce la collaboration de la France apostolique avec la CIA. Mais si la guerre messianique que l'espèce phonétisée livre à elle-même sur le champ de bataille de son langage angélisé, si cette guerre, dis-je, se révèle un Lucifer maléfique, insidieux, universel et insaisissable, les Etats séraphiques modernes ressusciteront-ils la scission salvifique du cosmos entre le Bien et le Mal inventée il y a plus de trois mille ans par le manichéisme perse, et cette bipolarité se révèlera-t-elle derechef la clé de la rédemption cérébrale de l'espèce simiohumaine du IIIè millénaire? La problématique anthropologique de demain s'articulera-t-elle avec le dualisme d'un animal originellement scindé entre la "lumière" et les "ténèbres" , et ce schéma mental redeviendra-t-il planétaire au point qu'il permettra seul d'observer la guerre des parures langagières qui servent de théâtre à l'Histoire contemporaine?
Prenez l'exemple de M. Obama, qui désigne un soldat israélien pour diriger son Cabinet, mais qui maintient M. Gates à la tête du Ministère de la défense. Comment expliquer la schizoïdie politique de M. Obama, qui sait pertinemment que Tel-Aviv se trouvera nécessairement informé heure par heure de ce qui se concoctera à la Maison Blanche et qui accepte néanmoins un handicap qui pèsera lourd sur son futur dialogue avec Téhéran, sinon parce que la guerre des revêtements verbaux fait partie intégrante de la vie politique des descendants du chimpanzé? Israël a installé sur son sol le quartier général de la nouvelle parole biblique du monde, celle de la démocratie pilotée par le verbe de la Liberté. Mais si ce petit Etat fait figure de nouveau souverain du Bien, le navire des masques vocalisés du monde n'en est pas moins chargé à ras bords ; et le pilote qui tient le gouvernail du vocabulaire messianique de la planète d'aujourd'hui est le chef d'Etat-major du cerveau politique de l'humanité actuelle.
Mais n'en a-t-il pas toujours été ainsi ? L'empire romain tenait le discours de ses dieux-lares au bénéfice de ses légions, les siècles chrétiens celui du salut par la mise d'un gibet sacré au service d'une divinité armée. Décidément, sans un regard sur les origines psychobiologiques de la guerre des potences, nous n'aurons pas de science de l'évolution cérébrale de notre espèce.
11 - De l'agonie des civilisations
Sur quels chemins une science du spéculaire politique simiohumain élaborera-t-elle une interprétation anthropologique, donc psychobiologique de la crise économique qui se prépare à l'échelle mondiale? Cette discipline commencera par souligner que les civilisations périssent quand leur vie onirique est devenue inapte à relever un défi nouveau, inattendu et titanesque. L'empire romain est demeuré gouvernable au bénéfice de l'alliance mythique qu'un Sénat demeuré républicain en principe avait scellée avec un pouvoir impérial "unilatéral" , ce qui a laissé survivre cahin-caha un rêve démocratique fort inégalement tourné en dérision par les Néron et les Trajan, les Caligula et les Hadrien, les Commode et les Vespasien. Athènes a survécu aussi longtemps que les lois de Solon, puis un pouvoir populaire provisoirement tenu en laisse par Périclès ont masqué la fatalité qui conduit les oligarchies à la férocité et le pouvoir des foules à l'aveuglement. Le christianisme a respiré aussi longtemps que le songe de l'incarnation d'une parole du ciel a paru crédible à la lumière du prodige verbal de la transsubstantiation eucharistique.
La question est donc de savoir si l'Europe marginalisée par son délivreur de 1945 répondra au double défi de la vassalisation intensive de ses élites par un demi siècle de leur asservissement à un empire étranger et à l'inévitable effondrement du mythe de l'infaillibilité du suffrage des peuples, c'est-à-dire de l'oracle universel selon lequel la vérité s'exprimerait nécessairement, donc automatiquement par la voix du plus grand nombre. Or, le cerveau dichotomique, donc spéculaire, de la civilisation européenne répond à la même bipolarité cognitive qu'à Athènes et à Rome : la mort du mythe de l'incarnation de la vérité, remet face à face un peuple muet et des oligarchies aliénées, à cette différence près que le naufrage d'une foi religieuse autrefois portée par une ossature s'accompagne désormais du naufrage d'une raison devenue inapte à son tour à se donner une musculature et qui se dilue dans un pan-culturalisme rendu acéphale à l'échelle de la planète.
Comment une civilisation perd-elle non seulement ses masques verbaux, mais les clés du dialogue entre ses totems langagiers et sa pratique politique ? Comment la connaissance des mécanismes qui président au naufrage parallèle de la vie onirique d'une civilisation et de son courage dans l'action éclaire-t-elle une crise économique dont le tsunami se prépare spectaculairement et à l'échelle mondiale? Pour le comprendre, il faut observer l'origine et la nature du songe qui a fondé la modernité.
12 - La pensée et son public
Certes, d'Homère à nos jours, les grands écrivains se sont adressés à un lecteur réputé universel et abstrait. Mais les encyclopédistes du XVIIIe siècle ont imaginé d'adresser la parole à un auditoire composé de cerveaux supposés logiciens et de leur tenir un discours fondé sur des arguments enchaînés les uns aux autres par la seule force du raisonnement. La construction d'un public cohérent ne remontait pas à Platon, qui entrecoupait encore ce canevas de fer de répliques réduites à de brèves approbations d'un interlocuteur aussi imaginaire que passif. Les encyclopédistes, au contraire, ont tenu un discours à la fois architecturé et rieur, impitoyable et amusé, syllogistique et allègre, afin de convertir au comique le couteau effilé de l'argumentation rigoureuse.
Cette forme de l'art d'écrire trouve son origine dans l'éloquence judiciaire. Elle a été imaginée par les Démosthène, les Andocide, les Lysias, qui ont su convertir la science du droit à une dramaturgie que Cicéron conduira à sa perfection littéraire. Mais la nouveauté du discours des Voltaire et des Diderot fut de feindre de s'adresser à tout le monde, comme si l'humanité anonyme était un prétoire d'encéphales surarmés et capables d'une véritable écoute des droits de l'intelligence, à la seule condition que l'hilarité courût au secours de l'art de penser juste et droit. Cette stratégie intellectuelle allait démontrer sa pertinence à révéler que le cerveau simiohumain est riche de virtualités dormantes et que le vrai lecteur est un sot réveillé en sursaut à l'école d'un bon sens dont Descartes avait prétendu qu'il était la "vertu la plus répandue".
Le public démocratique allait se couler dans le moule d'une pensée logique que Pascal avait introduite dans la théologie janséniste de la Liberté. Mais des intellectuels nouveaux allaient se constituer en une caste de bretteurs effrontés jusqu'au sacrilège et qui avaient lu les Provinciales, tous brillants comme des acteurs et branchés sur un public de théâtre certes fictif en diable, puisque supposé universel, mais ancré dans une politique d'épéistes sur le pré - le public de la bourgeoisie montante s'était auto-théatralisé. C'est ce public armé du masque collectif de la liberté de "penser par soi-même" de Voltaire qui a placé sous les feux de la rampe une rationalité qui fera de l'Europe le guide du monde pensant jusqu'à la victoire américaine de 1945. Certes, un Tiers Etat devenu semi réflexif est bientôt retourné au banc d'œuvre des Eglises, certes, la Restauration, l'intermède Louis-Philippard et le second Empire ont rapidement replacé le trône et l'autel au cœur de la politique ; mais une phalange d'intellectuels prêts à croiser le fer et armés par la presse et le livre a continué de ferrailler ; et elle a enfanté le continent de la pensée, donc de l'esprit critique jusqu'à l'heure de la vassalisation politique et culturelle du Vieux Monde sous les faisceaux des licteurs du mythe américain.
Alors la double marée des masses et des fausses élites a décervelé l'ex-Continent des sacrilèges ; et le masque culturel forgé par le Siècle des Lumières s'est trouvé empêché d'afficher l'effigie d'un lecteur supposé universel et intelligent. Pourquoi l'Occident a-t-il perdu à la fois son intelligentsia combattante et sa classe politique intellectuellement motivée, sinon parce que ces deux forces ont cessé de s'épauler réciproquement.
13 - Qu'est-ce qu'une civilisation de la pensée ?
Une problématique proprement anthropologique, donc fondée sur la connaissance critique de la scission originelle du cerveau simiohumain entre ses masques verbaux et sa pratique politique est-elle de nature à enserrer dans son réseau une interprétation parallèle de la crise économique de demain et de l'effondrement des élites politiques européennes?
Pour le vérifier , observons que le masque et le mythe d'une liberté de nature onirique par définition, puisque générale et abstraite s'est concrétisé en une défroque géante et flottante au service d'un marché mondial du libre échange; observons que le déchaînement sans frein de la spéculation boursière sert désormais d'assise branlante à une économie déconnectée des exigences du marché du travail et de la production des entreprises ; observons que ce naufrage de l'alliance de l'homme et de la machine, triste fin d'un fleuron du XVIIIe siècle - une activité industrielle alors prometteuse - n'aurait jamais été possible sans la déconnexion politique et culturelle préalable des ex-élites voltairiennes, qui sont descendues du train de l'histoire de la raison, ce qui permet du moins à l'anthropologie critique de demain de démontrer qu'une civilisation qui a rompu le lien entre sa vie cérébrale et sa vie publique n'est plus qu'une infirme en fauteuil roulant.
On remarquera ensuite que l'élite économique et l'élite politique actuelles souffrent toutes deux de la même décérébration: les grandes banques européennes se sont toutes laissé piéger par la titanesque bulle immobilière des établissements de crédit américains qui a servi de champignon atomique à un astéroïde ficelé à un dollar à la fois cacochyme et mythique . Mais ce nouveau tiers-état de la planète n'est plus qu'une montgolfière de bénéfices fictifs. Pourquoi ce paltoquet intercontinental ne s'étonne-t-il en rien de ce que les Etats européens se trouvent placés en temps de paix sous le commandement d'un Maréchal Pétain américain dont le quartier général se trouve à Mons en Belgique ? Pourquoi ne s'étonne-t-il en rien de ce que l'Allemagne demeure occupée par deux cent trente sept garnisons étrangères dont les canons sont pointés jour et nuit contre un ennemi imaginaire? Pourquoi ne s'étonne-t-il en rien de ce que l'Italie ne fronce pas les sourcils pour tenter de reprendre le port de Naples à l'occupant? Pourquoi ne s'étonne-t-il en rien de ce que les forces terrestres et navales du Nouveau Monde enserrent les cinq continents ? Réponse : l'élite intellectuelle forgée à partir du XVIIIe siècle est décédée et son trépas cérébral a d'ores et déjà entraîné la mise en bière de la haute littérature européenne, parce que tout grand écrivain se collète avec le tragique de son siècle - et ce tragique-là est celui de la politique mondiale de son temps. Il n'y a pas de regard sur la dimension ascensionnelle et sépulcrale de la vie qui ne soit une sonde de la condition humaine.
Qu'est-ce qu'une civilisation vivante, sinon le règne d'une intelligentsia dont la logique combattante enserre la politique et l'histoire réelles? La parcellisation des encéphales a entraîné un grouillement fécond des capacités cérébrales de l'espèce - ce qui a rendu incommunicables entre elles les boîtes osseuses d'un Copernic et d'un Mozart, d'un Raphaël et d'un Einstein. Mais la décérébration parallèle de la classe politique et de la classe économique mondiales résulte de la disparition de la classe des intellectuels qui, depuis le XVIIIe siècle, portaient sur leur temps un regard surplombant et dirigeaient, en réalité, les Etats, parce qu'eux seuls pilotaient le cerveau du siècle. La guerre contre un adversaire invisible est toujours une guerre théologique - de sorte que la régression américaine de l'Europe est celle qui l'entraîne à s'en prendre à un adversaire verbal.
14 - La trahison des clercs
Une vraie classe d'intellectuels naîtra-t-elle d'une Europe militairement asservie, politiquement satellisée et économiquement dépendante des grands faiseurs de bulles de savon de la spéculation boursière internationale ? Pour que naisse une intelligentsia européenne convaincue, énergique et lucide, il faut qu'il lui soit permis de s'adresser au cerveau d'un public déjà présent dans l'arène, donc de faire parler un masque de théâtre capable de porter des voix inspirées. Ce public prêt à écouter et formé au cours de la seconde moitié du siècle précédent a servi de caisse de résonance aux encyclopédistes. Sans lui, la langue déliée des Voltaire et des Diderot n'aurait pas trouvé d'écho. C'est un tiers-état non seulement ambitieux d'apprendre, mais ardent à s'instruire qui manque à l'Europe actuelle. Le théâtre, la poésie, le roman du XXe siècle ne se sont pas engagés dans le combat contre les Etats-Unis d'Amérique comme les plumes du XVIIIe siècle avaient combattu la royauté et l'Eglise.
Les Beckett, les Ionesco, les Cioran n'ont pas demandé à un public intelligent et supposé complice d'observer une Europe désarticulée et aphasique - ils l'ont mise en scène dédaigneusement, en artistes campés sur une île déserte et sans lancer de signes de connivence visibles au lecteur. Lisez En attendant Godot, Les Chaises, Le Précis de décomposition, Les syllogismes de l'amertume et vous reconnaîtrez des peintres cruels et solitaires de l'Europe. Mais personne n'a reconnu cette pauvresse à ses guenilles. Et chacun se disait: "Qui est-elle, celle-là ?". Puis les peuples du monde entier nous ont offert leurs totems ; et nous les avons mis sous vitrine. Mais seule l'Europe de la Trahison des clercs de Julien Benda apprendra à les vénérer - car les dernières phalanges de la pensée se diront : "Comme tout cela est étrange! D'où cette civilisation se regarde-t-elle, quelle est l'intelligence qui lui permet d'exposer dans un musée le singe par