Traduction en français par Patrice Lombard de l'article en anglais deMichel Chossudovskyen date du 10 janvier 2009...Michel Chossudovsky,économistecanadien, professeur à l'université d'Ottawa,directeur du Centre de recherche sur la mondialisation.http://gaelle.hautetfort.com/
Deuxième vague d’effondrements bancaires.Et personne de pendu !
26/01/2009 03:26
La prudence suspecte des banques ces derniers mois semble avoir trouvé une explication. Comme dans le cas d’un séisme de forte magnitude, après un premier effondrement le système financier connaît ces derniers jours un phénomène de réplique. De nouvelles pertes colossales sont annoncées depuis vendredi dernier dans de nombreux établissements bancaires.
Après les pertes de Citigroup et Bank of America, vendredi, le déficit dévoilé par la Royal Bank of Scotland (RBS) a entraîné lundi un effondrement du titre de 66% et un début de panique lundi 19 janvier. Le coffre-fort Helvétique n’est pas épargné. Dans la même journée les actions Crédit Suisse ont perdu 6,7% de leur valeur. Celles d’UBS ont plongé de 25% en dix jours, alors que court le bruit de considérables pertes trimestrielles. La Confédération Helvétique va reprendre à son compte 60 milliards de francs d’actifs toxiques à UBS.
Alors que les Etats-Unis s’apprêtent à débloquer la seconde enveloppe de 350 milliards de dollars du plan Paulson et que Barack Obama, souhaite obtenir 1000 milliards de dollars supplémentaires du Congrès la situation est également préoccupante en Europe.
Der Spiegel, dans son édition d’hier rapporte que les grandes banques allemandes n’ont jusqu’à présent provisionné pour dépréciation qu’un quart des de 300 milliards d’euros d’actifs toxiques américains présents dans leurs comptes mais surtout, que le ministère allemand des Finances évalue à 1.000 milliards d’euros les actifs risqués.
En Grande-Bretagne, le gouvernement britannique a lancé lundi un nouveau plan pour les banques qui assure leurs pertes et garantit leurs dettes. Il y a urgence. Royal Bank of Scotland (RBS) a indiqué que ses pertes pourraient atteindre 30,95 milliards d’euros au titre de 2008. Pour éteindre l’incendie, la participation de l’Etat britannique au capital de la banque doit être portée de 58% à la suite du premier plan à, près de 70%. L’extrême fragilité de RBS a fait plonger son titre de 67% lundi et a entraîné dans son sillage la chute des autres valeurs bancaires britanniques.
L’inquiétude est partagée au niveau européen. Les valeurs bancaires irlandaises ont connu un très fort recul à l’image d’Allied Irish Banks (-59%) qui doit recevoir pour deux milliards d’euros de fonds publics moyennant 25% des droits de vote donnés à l’Etat Irlandais. En France, les titres de BNP Paribas et Société générale ont perdu de l’ordre de 10%.
Les regards se tournent naturellement vers la nouvelle administration américaine. Confrontée à ce qu’elle considère comme un puits sans fond, l’équipe Obama réfléchit à une nouvelle stratégie. Une mesure radicale consisterait à nationaliser les actifs douteux de l’ensemble du système bancaire. Le contribuable américain se trouverait alors l’heureux propriétaire des actifs jugés “toxiques”. Et comme la barque n’est pas assez chargée, l’Etat Fédéral pourrait être sollicité par les autres grands secteurs en crise, sidérurgie mais surtout automobile à travers la prise en charge du paiement des pensions de retraite et d’assurance-maladie.
Cette conjoncture anxiogène devrait amener de l’eau au moulin de Nicolas Sarkozy qui reçoit ce soir à l’Elysée les principaux dirigeants des banques françaises pour aborder notamment la question des bonus. Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne, est également entré dans la danse en déclarant dans un discours prononcé hier à l’occasion d’un colloque "Coface Risque Pays 2009" qu’il convient de mettre fin“à la culture du bonus” et à la“focalisation excessive sur le rendement à court terme dans le secteur financier”.
“Les politiques agissent comme s’ils étaient actionnaires majoritaires des banques, ce qui n’est pas du tout le cas”se défendent les banquiers. Ce qui est vrai, du moins pour le moment.
Les dirigeants du secteur bancaire auraient-ils mangé leur pain blanc ? C’est ce qu’on peut penser lorsque la position de Nicolas Sarkozy rejoint celle du travailliste Gordon Brown. A l’occasion de l’annonce d’un nouveau plan de sauvetage bancaire, le Premier ministre britannique a proclamé sa colère contre les banques. A ses yeux cette nouvelle bouée de sauvetage “n’est pas un chèque en blanc” destiné à aider des banques « irresponsables », mais bien à irriguer l’économie sevrée de crédit.
Frégates, le rapport du parquet de Paris qui inquiète Nicolas Sarkozy
26/01/2009 02:59
Le procureur de Paris, a adressé, fin 2007, un rapport à la Chancellerie faisant état de scellés judiciaires mettant en cause le financement de la campagne balladurienne de 1995.
C’est le fisc qui a mis le feu aux poudres. En janvier 2006, les agents de Bercy perquisitionnent plusieurs sociétés d’intelligence économique détenues par un ancien agent de la DGSE et un ex-officier de la DST, travaillant pour la Direction des constructions navales (DCN). Les Impôts transmettent ensuite le dossier au parquet de Paris. Une enquête préliminaire est ouverte, sous le contrôle du procureur de la République, Jean Claude Marin, à l’époque un chiraquien pur jus.
Le nom de Nicolas Sarkozy
Bonne pioche ! Les enquêteurs de la Division nationale des investigations financières (DNIF) tombent sur des masses de documents, dont certains particulièrement explosifs, évoquant le nom de Nicolas Sarkozy. Ces perquisitions ont lieu quelques semaines avant l’élection présidentielle. L’affaire est suivi de près par Sarko, alors ministre de l’Intérieur. Deux émissaires rendent discrètement visite à un certain Jean Marie Boivin, le patron des officines luxembourgeoises chargées, à coup de commissions, de faciliter la vente des gros contrats d’armement naval. Le climat est tendu, électrique, Boivin - dont DCN ne veut plus entendre parler - menaçant de faire des « révélations » compromettantes.
Rien, à ce stade, ne transpire dans la presse. Après la présidentielle, Sarkozy élu, le patron du parquet de Paris aurait pu classer l’affaire. Au contraire. A la fin d’une enquête préliminaire longue de deux ans, Jean-Claude Marin prend sa plus belle plume et signe, le 22 novembre 2007, un rapport rassurant de 13 pages destiné, via le parquet général, aux plus hautes autorités de l’Etat, que Bakchich publie aujourd’hui. Sur le thème : le dossier judiciaire en question contient des notes qui mettent en cause Nicolas Sarkozy et Edouard Balladur, mais elles sont naturellement « succinctes et imprécises », écrit-il. Mais, ajoute le haut magistrat, il est hors de question de s’intéresser à cet aspect du dossier. Comptez sur moi, aurait pu ajouter le procureur qui rêve de devenir procureur général de Paris, pour veiller au grain !
Voilà un extrait de ce rapport, une pièce interne au parquet et qui ne figure donc pas au dossier d’instruction :
Fin 2007, le procureur Jean-Claude Marin prévient sa hiérarchie d’un enquête très chaude
Le procureur détaille l’affaire dans laquelle apparaît le nom de Sarkozy. Le nom de code « Bravo » est celui de l’affaire des frégates vendues à Taiwan par DCN et Thales (alors présidée par Alain Gomez), une opération dans laquelle l’intermédiaire Andrew Wang a joué un rôle clé.
Saisis dans les locaux de DCN, qui conçoit et fabrique bateaux, frégates et autres sous-marins, les fameux scellés judiciaires que Bakchich, l’été dernier, s’était procurés, racontent l’histoire secrète des plus grands marchés d’armes, tels qu’ils ont été conclus par la DCN depuis 1990. La filière mise en place à partir de 1994-95, avec l’aval du ministre du Budget d’alors, Nicolas Sarkozy, est décrite par le menu. Sur les documents saisis lors de l’enquête préliminaire du parquet, figurent des répartitions de commissions, des contrats d’intermédiaires, grâce auxquels ont été conclus la vente de sous-marins au Pakistan, de patrouilleurs au Koweït, de sous-marins en Malaisie. Ou encore la rénovation de frégates en Arabie saoudite…
Des sociétés luxembourgeoises pour régler le problème des frégates de Taiwan
Deux coquilles au Luxembourg, Heine et Eurolux, servent alors de canal à DCN pour faire évaporer de l’argent vers de mystérieuses destinations. De 1994 à 2000, la société Heine a reçu 77 millions d’euros. C’était avant la mise en place de la convention de l’OCDE, qui interdit désormais de graisser la patte à des ministres ou fonctionnaires étrangers. Après l’entrée en vigueur de ce texte - qu’aucun Etat ne souhaite vraiment appliquer -, la DCN crée une autre structure Eurolux. Bakchich a déjà détaillé ici, ici, et encore là le fonctionnement du système, documents à l’appui.
Selon le rapport du proc, Heine aurait ainsi servi à régler 12,7 millions d’euros à la famille d’Andrew Wang, l’intermédiaire préféré des groupes d’armement tricolore à Taiwan, notamment au cours de la vente des six frégates qui ont fait couler tant d’encre et conduit à l’ouverture d’une enquête à Paris, un dossier récemment refermé sans que l’on sache si des rétrocommissions sont revenues vers des politiques et décideurs français.
Tout cela mérite enquête, et l’on imagine à la lecture du document (que les lecteurs curieux de Bakchich peuvent télécharger ci-dessous dans son intégralité) que juges et policiers vont mettre au service de la vérité l’énergie et les moyens nécessaires à ce type d’investigations.
Le procureur ferme la porte aux investigations
C’est mal connaître le procureur Marin, un zélé serviteur du pouvoir. Tous aux abris ! Comme le démontre le rapport, rédigé préalablement à l’ouverture de l’information judiciaire et la désignation des juges d’instruction, le parquet prend soin de laisser fermée la boîte de Pandore. Il écarte d’emblée les faits supposés se rapporter au financement de la campagne de Balladur, susceptibles de mettre en cause Sarkozy, le chatouilleux chef de l’Etat. Comme Jean-Claude Marin l’écrit noir sur blanc, « le périmètre le plus pertinent d’une éventuelle information judiciaire exclut en l’état les faits relatifs à la création par DCNI des structures écran… »
Comment le procureur a exclu de l’enquête judiciaire les faits pouvant chatouiller le président Nicolas Sarkozy, ancien ministre du Budget
La suggestion de Marin a porté ses fruits. Le rapport, monté à la Chancellerie, Matignon et l’Elysée via le parquet général, est redescendu avec instruction d’ouvrir l’enquête judiciaire sur des faits présumés de « corruption active et passive », « abus de biens sociaux », « violation du secret de l’instruction » et « violation du secret de la défense nationale ». Traduction : feu vert est donné pour se cantonner à l’activité des ex-barbouzes payés par la DCN, qui se renseignaient sur l’arbitrage en cours entre Thales et Taiwan et sur la personnalité des magistrats et de quelques autres. Le reste n’existe pas. Les magistrats nommés en mars 2008, Françoise Desset et Jean-Christophe Hullin, ne peuvent instruire qu’un dossier vidé de sa substance.
Dans son rapport, le proc de Paris a une phrase prémonitoire sur la filière de commissions mise à jour : « Il ne peut être exclu que les informations concernant ce volet viennent à se préciser en cours d’instruction ». Bakchich s’y emploie !
Pour télécharger le rapport interne du parquet de Paris, daté du 22 novembre 2007, adressé au parquet général, cliquer sur l’image ci dessous
Le rapport du 22 novembre 2007 adressé par Jean-Claude Marin à la Chancellerie
Pour lire ou relire les articles de Bakchich sur l’affaire de la DCN et des frégates :
Durant deux ans d’enquête préliminaire, les flics ont découvert à la Direction des constructions navales (DCN) les caisses noires des grands marchés d’armement français de ces dernières années. Pour l’instant, la justice qui vient de confier le dossier à (…)
Dans un rapport de police du 5 mars 2007, remis à deux juges d’instruction, un flic insolent écrit noir sur blanc qu’une société a été créée au Luxembourg en 1994, « avec l’aval du ministre Nicolas Sarkozy » et de « Nicolas Bazire, directeur de cabinet (…)
Les grands contrats de frégates, sous-marins, torpilleurs et autres bateaux militaires ont donné lieu à une sacrée évaporation d’argent, à coup de commissions distribuées dans l’opacité. Au coeur de ces secrets d’État et de ces affaires délicates dans (…)
The Hunger : pour ne pas oublier une guerre en terre d’Europe
26/01/2009 02:52
The Hunger :
La sortie en salle du film “The Hunger” rappelle avec une rare puissance les conditions dramatiques de détention des militants de l’IRA dans les prisons de sa majesté.
Le grêve de la faim entamée par Bobby Sands et 9 de ses camarades vont avoir un retentissement international et constituer un tournant dans la situation politique nord irlandaise après des décennies de violences.
Après les émeutes de Pâques 1916 et l’accession à l’indépendance de l’Irlande du Sud, baptisée EIRE, la question de l’Irlande du Nord n’est toujours pas réglée. Occupée par la Grande Bretagne depuis le 16ème siècle, et repeuplée par des colons britanniques à majorité protestante alors que la population d’origine est irlandaise et catholique, l’Irlande du Nord demeure un lieu de souffrances et de discrimination pour la population catholique. Le système électoral est trafiqué pour empêcher à ces derniers d’être équitablement représentés. La Police de l’Ulster, la RUC, est également majoritairement composée de protestants anglophiles et couvre avec complaisance les provocations répétées des orangistes dans les quartiers catholiques de Belfast. Les orangistes, sorte de franc maçonnerie protestante fidèle à la couronne, paradent chaque année dans les faubourgs catholiques et se livrent à des brimades voire des agressions physiques et des assassinats. C’est dans ces conditions que l’armée britannique va intervenir de manière significative à partir de 1969. Dans un premier temps bienvenus, car les catholiques voient en eux des protecteurs, la gestion de cette crise en raison de choix politiques inadaptés va empêcher cette réconciliation.
D’une part, des lois d’internement permettant d’incarcérer un suspect sans procédure judiciaire ni garantie de défense, et ce au bon vouloir des représentants de la couronne, ainsi que des opérations de couvre-feu dans les quartiers catholiques vont mettre le feu aux poudres, parallèlement aux provocations des milices protestantes telles que l’UVF (Ulster volunteer Force).
L’Ira historique qui jusque là était en sommeil va, à la faveur de ces évènements renaître et connaître une scission entre l’Ira historique ou officielle (OIRA) favorable à des négociations et la PIRA ou IRA provisoire dont les militants sont connus sous le nom de « provos ».
Quand le 30 janvier 1972 la marche des catholiques irlandais est réprimée dans le sang par les soldats du 1st parachutist régiment faisant 14 victimes, l’Ira va connaître une croissance et multiplier les actions de résistance contre les occupants britanniques.
Cette terrible guerre sur cette vieille terre celtique va faire plus de 1500 victimes. Forte d’un soutien de la population irlandaise notamment dans le Comté de l’armag du sud, les forces britanniques malgré les moyens déployés, ne parviendront jamais à démanteler la PIRA.
En 1997, des accords de cessez le feu ont été signés entre les représentants de la Couronne et Gerry Adams, chef politiques du Sinn Fein, branche officielle et légale de la PIRA prévoyant un départ des troupes britanniques à partir de l’été 2007. Il a également été convenu que si la population aspirait à l‘indépendance, un référendum sur l’autodétermination serait organisée. Compte tenu du fort taux démographique chez les catholiques irlandais, supérieur à la communauté protestante anglophone, il n’est pas exclu que d’ici quelques années, l’Irlande du Nord accède à l’indépendance et rejoigne l’Eire pour réaliser le vieux rêve de VALERA et de Michael COLLINS…et donner ainsi raison à cette prédiction de BOBBY SANDS, militant nationaliste irlandais mort en 1981 d’une grève de la faim dans un terrible centre de détention : « Notre plus grande revanche sera le sourire de nos enfants ». En Irlande comme ailleurs, la victoire se gagnera par les berceaux…
Chaises musicales diversitaires: Dati priée d’aller se montrer ailleurs
26/01/2009 02:50
Le Système glorifie “l’Europe” dont il fait l’horizon indépassable de toute politique. Or, force est de constater que pour les partis installés le zinzin européiste est une déchetterie où finissent les rebuts politiques: premiers ministres en fin de carrière, ribambelle “d’ex”, anciennes stars politiques placardisées..
C’est aussi là qu’échouent les icônes de la diversité qui ont fini de servir: Fodé Silla avant ses ennuis judiciaires, Harlem Désir avant sa résurrection subite dans la vague obamaniaque….
Rama Yade y était destinée; elle a résisté à la bourrasque. Pour combien de temps, le président ayant déclaré à son intention le 25 janvier: “J’ai plus de respect pour ceux qui conduiront le combat que pour ceux qui suivent le combat des autres”.
Pour Rachida fini les maroquins! Bonjour le front de l’est à Strasbourg. Le président ne la supportant même plus physiquement, selon Libération, Rachida Dati, symbole du boboisme bling-bling autant que de la diversité, est déportée à Strasbourg avec pour mission de se faire oublier et d’aller montrer ses toilettes Dior en d’autres lieux.
Pour se débarrasser de son encombrante créature, ex première dame de substitution et intrigante de cour, Sarko avait envoyé ses tontons macoutes médiatiques pour des opérations qu’il reprochait à Chirac et Villepin: manipulation de la presse pour distiller les rumeurs hostiles, déstabilisation interne via des collaborateurs amis au sein du ministère de la Justice, travail de sape et humiliations pour dénigrer le travail de la ministre.
La gestion médiatique de cette déchéance politique étant achevée, il va falloir, pour Sarko l’américain, trouver de nouveaux gadgets pour incarner “la diversité française.”
Sarkozy "député fainéant": l'UMP réplique Nicolas Sarkozy, parlement, assemblée nationale, rené dosière, ps, ump
Par La rédaction du Post
le 15/01/2009,
Quand il était à l'Assemblée nationale, en douze ans, Nicolas Sarkozy a pris la parole moins d'une heure... C'est quoi cette histoire? La semaine dernière, lors de ses voeux, Nicolas Sarkozy se vantait de son bilan de président de la République, accusant ses prédécesseurs d'avoir été des "rois fainéants". L'arroseur-arrosé ? Seulement voilà... Nicolas Sarkozy a été député pendant 12 ans (de 1988 à 1993 [...]
Et enfin la cohorte des 71 « sans-dépôts » : Baguet Pierre Christophe Bardet Jean Barèges Brigitte Baroin François Bedier Pierre Bernard J.Louis Bernier Marc Besselat J.Yves Blanc Etienne Bonnot Marcel Bourdouleix Gilles [...]
Les narcos mexicains posent leurs valises à Los Angeles
17/01/2009 16:47
Cherchant à contrôler les débouchés de leur marché ou à s'abriter de la violence, ils sont nombreux à passer la frontière.
(De Los Angeles) Il y avait un an que je n’étais pas retournée à Downey, ville autrefois anglo et aujourd’hui majoritairement hispanique du sud-est de Downtown Los Angeles. C’est là que vivent les grand-parents de mes enfants depuis presque 50 ans.
En arrivant sur Bangle Road, j’ai remarqué une énorme maison au coin de la rue. Une nouvelle bâtisse ostentatoire, à cheval entre le faux château français et l’hacienda mexicaine. Difficile de décrire le style. Du fer forgé partout, une porte d’entrée monumentale surmontée d’un panneau de verre en demi-cercle laissant entrevoir un lustre géant. Et une Rolls Royce devant le garage. Downey n’a jamais été Beverly Hills. C’est une communauté de classes moyennes tendance cols bleus.
Il y a encore dix ans, ses maisons étaient toutes plus ou moins similaires. Mais depuis quelques années, il y pousse des "McMansions", ces espèces d'hôtels particuliers neufs affichant avec insolence la richesse soudaine et parfois inexplicable de leurs propriétaires. Je suis très intriguée par les nouveaux voisins:
"Qui sont-ils? C’est une femme d’environ 70 ans. Son fils lui a fait construire cette maison", me répond mon beau-père. Et il fait quoi dans la vie? Ce n’est pas bien clair. Il est dans les affaires. Et d’où sont-ils? De Culiacán."
Il y a quelques semaines, un narcotrafiquant du Sinaloa (Culiacán est la capitale de cet Etat mexicain) a été appréhendé à Downey. Il vivait dans l’une de ces demeures. Il était bien élevé, serviable, propre sur lui. Ses voisins ne se doutaient de rien.
Comme ceux des hôtes de deux policiers fédéraux mexicains, Carlos Cedano Filippini, 35 ans, et Victor Juarez, 36 ans, arrêtés récemment dans un autre palace, de Covina cette fois, et soupçonnés d’être liés au narcotrafic (ils nient tout en bloc mais ont été incapables d’expliquer la provenance de la somme de 630 000 dollars trouvée dans la maison).
Ou encore comme ceux des neuf suspects appartenant à une organisation criminelle mexicaine et cueillis en décembre dernier dans une maison de Whittier avec 750 000 dollars.
23 milliards de dollars de revenus annuels
Pour en revenir à Downey, je ne sais pas si c’est Benjamin Arellano-Félix (l’ex mafioso en chef du cartel du même nom, emprisonné au Mexique depuis 2002) qui l’a choisie comme sorte de fief. Mais c’est en tout cas là qu’il fut arrêté pour la première fois en 1982.
Et d’après un numéro récent de Police magazine, “les villes de Southgate, Huntington Park et East Los Angeles, sont des centres de la culture narco sinaloanne, commes les villes de Paramount et de Downey”.
Les cartels mexicains prennent racine sur le sol américain. Ils nous envoient leurs sbires pour organiser la distribution et la vente en gros de cocaïne et de méthamphétamine. D’après le National Drug Threat Assessment 2009, le dernier rapport du National Drug Intelligence Center, aucun Etat n’est épargné. Pas même l’Alaska.
Partout dans le pays, la presse locale et nationale relate des arrestations de mafiosos mexicains travaillant pour l’un ou l’autre des cartels.
Un autre rapport, publié par le Government Accountability Office (organisme d'audit, d'évaluation et d'investigation du Congrès) nous apprend qu’ensemble, les cartels de notre voisin du Sud génèrent 23 milliards de dollars de revenus annuels (plus que 40% des entreprises de la liste de Fortune 500).
On sait de longue date que le cartel Arellano-Félix (CAF), basé à Tijuana, recrute certains de ses tueurs dans le Bario Logan de San Diego, de l’autre côté de la frontière. Ces hommes passent de l’un à l’autre pays sans aucune difficulté. Leurs actions sur le territoire américain sont de plus en plus audacieuses et violentes, ce qui fait dire à certains experts que la plus grosse menace pesant sur la sécurité américaine vient du Mexique.
Des vedettes des narcocorridos
Il arrive que les choses tournent mal entre les sicaires californiens et leur employeur tijuanais. C’est ainsi que Jorge Rojas, 29 ans, et Juan Gonzalez, 27 ans, ex-tueurs à gages du CAF, se sont mis à leur compte en 2004 en organisant l’enlèvement et le meurtre de plusieurs de leurs anciens "collègues" mexicains en voyages "d’affaire" ou établis à San Diego.
La séquestration, l’an dernier, d’Eduardo Gonzalez, un entrepreneur tijuanais résidant à Chula Vista, a cependant sonné le glas pour les deux gangsters, aujourd’hui en prison.
De plus en plus de Tijuanais fortunés s’installent à Chula Vista, une banlieue cossue et relativement nouvelle du sud de San Diego. De ses collines, on a une vue plongeante sur Tijuana et son immense drapeau mexicain, qui flotte si haut dans le ciel qu’il est visible à des kilomètres de distance.
C’est là que se sont par exemple installés, il y a deux ans, les membres du groupe Los Tucanes de Tijuana, l’un des plus populaires au Mexique. Comme la majeure partie de leur répertoire consiste en narcocorridos, ces ballades chantant les aventures des narcotrafiquants, leur sécurité était devenue problématique. Et puis ils ont reçu des menaces.
"Tous ceux qui peuvent se le permettre viennent habiter de ce côté-ci de la frontière", m’a confié Mario Quintero Lara, le leader du groupe, lors d’une rencontre dans ses tout nouveaux studios ultra modernes de Chula Vista.
La rumeur raconte que ce ne sont pas seulement les entrepreneurs honnêtes qui viennent vivre à Chula Vista, mais aussi les narcos. Et lorsqu’ils ne viennent pas eux-mêmes, ils y installent femmes et enfants pour les protéger des représailles et de la violence qui ensanglante leur ville natale (depuis le 1er janvier, la narco-insurrection a déjà fait 45 victimes).
On les imagine vivant tranquillement dans l’un de ces quartiers protégés comme celui de Rancho del Rey Estate, où le prix moyen des propriétés varie entre 1 et 3,9 millions de dollars.
Quelques mois avant sa mort, le journaliste et fondateur de l’hebdomadaire tijuanais Zeta, Jesús Blancornelas, m’avait posé une question, dont je n’avais bien-sûr pas la réponse:
"Vous pouvez m’expliquer pourquoi certain des narcos les plus riches et puissants du CAF, dont on connait les activités, ont des résidences dans le comté de San Diego? Comment se fait-il que personne ne les inquiète?"
Photo: des agents des stups américains à San Diego, peu après l'arrestation de Javier Arellano Felix en 2006 (Mike Blake/Reuters)
Occupation du bureau du ministre du Développement économique du Québec - des manifestantes et manifestants demandent à Québec de mettre fin à ses liens économiques avec Israël
Hier, au vingtième jour de l'attaque israélienne à Gaza, un groupe de montréalaises et de montréalais ont occupé le bureau du ministre du Développement économique du Québec Raymond Bachand, demandant au gouvernement Charest de cesser immédiatement ses liens avec Israël, plus spécifiquement de se retirer de l'accord Québec-Israël.
Par Tadamon! > info@tadamon.ca
« L'accord signé à l'automne dernier par M. Bachand établi des liens économiques inconditionnels entre les deux pays » a déclaré Marc-André Faucher, porte-parole de l'ASSÉ, représentant plus de 40 000 étudiants et étudiantes au Québec. « Cet accord ne comprend aucune mesure pour forcer Israël à respecter la loi internationale, mais il fournit un soutien économique et diplomatique pour les crimes de guerres qui sont présentement perpétrés à Gaza. »
Des montréalaises et montréalais, dont des dizaines de supporteur-e-s hors des bureaux, ont envoyé un message clair au gouvernement Charest en fermant le bureau du ministre, perturbant son fonctionnement pour la journée. Les manifestants et manifestantes se sont attaché-e-s les uns avec les autres dans le bureau, scandant « Israël : terroriste ! Bachand : complice !» et ont exigé du gouvernement Charest qu'il dénonce les crimes de guerres qui se poursuivent sans relâche dans la bande de Gaza.
Les manifestants et manifestantes, qui ont finalement été expulsé-e-s par la police sans arrestations, ont exigé que Québec mette fin à tous liens économiques avec Israël dans le cadre de la campagne internationale pour le boycott, désinvestissement et sanctions contre l'apartheid israélien.
« Nous exigeons que le gouvernement Charest déchire l'accord bilatéral Québec-Israël et condamne l'attaque d'Israël sur Gaza », précise Stefan Christoff, de Tadamon! « Étant donné que Bachand n'a pas répondu à nos demandes, les institutions du gouvernement du Québec doivent s'attendre à plus de perturbations dans le future. »
Des statistiques récentes concernant l'attaque d'Israël à Gaza recense plus d'un millier de morts, dont 300 enfants, et plus de 5000 blessé-e-s.
Des protestations importantes ont éclaté partout dans le monde contre le massacre en cours dans la bande de Gaza, tandis que de plus en plus d'actions directes contre l'apartheid israélien ont eu lieu ces derniers jours, y compris plusieurs de la part de la communauté juive qui condamnent l'attaque d'Israël sur Gaza.
Supporters set up outside the Montreal office of Quebec Minister of Economic Development, Raymond Bachand, located in the World Trade Centre in Old Montreal.
Date: 01/16/09
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StopSupportingTerrorism
Signing the accord with Israel in 2008, Bachand stated, "Quebec is reiterating the attachment it has with Israel and its wish for a closer collaboration in the future."
Date: 01/15/09
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LockingDown
While a rally got underway outside, solidarity activists inside entered Bachand's office and quickly locked down.
Date: 01/15/09
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Chanting
They demanded that the Quebec government tear up the Quebec-Israel bilateral accord and condemn Israel’s attack on Gaza.
Date: 01/15/09
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BlockadingDoor
Supporters made their way to the fifth floor where the occupation was taking place but were forced out by the police.
Date: 01/15/09
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Outside
Their protest continued outside, despite the -20 degree weather.
Date: 01/15/09
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TakingOffice
Those still in the office attempt to use the office equipment to send out a release but were again foiled by unhelpful police.
Date: 01/15/09
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PoliceMoveIn
Police gained entry to the occupied office within an hour.
Date: 01/15/09
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MorePolice
However, the office was occupied for over three hours before the police could remove the chained solidarity activists; effectively disrupting office functioning for the afternoon.
Date: 01/15/09
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ComingOut
Police eventually succeeded in evicting the occupation.
Attentat contre l'ambassade de Venezuela en France
17/01/2009 16:30
Un graffiti signé par l'Union des Étudiants Juifs de France (UEJF) a revendiqué l'attaque. Des pierres et des objets métalliques ont été lancés sur la façade de l'Ambassade, en cassant les verres de deux fenêtres placés au rez-de-chaussée, et en occasionnant des dommages à l'intérieur de l'édifice.
L'Ambassade de la République Bolivarienne du Venezuela à Paris, France, durant la nuit du 14 janvier au 15 janvier 2009, a été victime d'une attaque revendiquée par un graffiti de l'Union des Étudiants Juifs de France (UEJF). L'attaque a été perpétrée entre 08:30 PM du 14 de ce mois et 07:30 AM du 15 janvier. Des pierres et des objets métalliques ont été lancés sur la façade de l'Ambassade, en cassant les verres de deux fenêtres placés au rez-de-chaussée, et en occasionnant des dommages à l'intérieur de l'édifice.
Les faits ont été dénoncés devant les corps compétents de sécurité dans le matin du 15 janvier, en même temps que qu'une note a été envoyée au Ministère français de Relations Extérieures, en informant des dommages occasionnés et en sollicitant des mesures de protection pour les locaux et des fonctionnaires de l'Ambassade.
Le graffiti, peint au-dessous de la plaque de l'Ambassade, et dont le texte dit "UEJF, Israël gagnera", attribue par présomption la responsabilité de l'attaque et des dommages commis à l'Union des Étudiants Juifs de France. Cependant, cette association, considérée comme modérée, proche du Parti Socialiste et qui a participé à la création de SOS Racisme, a nourri des positions contre l'étendue du conflit israélien palestinien, bien que, il a appartenu au Conseil Représentatif des Institutions juives de France, dont le président a récemment dénoncé la position du Venezuela et la décision de son Gouvernement de rompre ses relations avec l'État d'Israël.
Durant la dernière semaine et depuis le commencement de l'invasion de la bande de Gaza par l'armée d'Israël, deux synagogues ont été victimes d'attaques tandis que deux étudiants tunisiens ont été agressés par des jeunes hommes juifs. Les faits arrivés au Proche Orient ont eu un fort impact dans les deux communautés en France, et l'attaque perpétrée contre l'Ambassade s'engage forcément dans ce contexte.
Atentan contra la embajada de Venezuela en Francia
Un graffiti firmado por la Unión de Estudiantes Judíos de Francia (UEJF) reivindicó el ataque. Piedras y objetos metálicos fueron lanzados sobre la fachada de la Embajada, rompiendo los vidrios de dos ventanas ubicados en la planta baja, y ocasionando daños dentro del edificio.
(MPPPRE)
La Embajada de la República Bolivariana de Venezuela en París, Francia, durante la noche del 14 al 15 de enero de 2009, fue víctima de un ataque revindicado a través de un graffiti por la Unión de Estudiantes Judíos de Francia (UEJF).
El ataque fue perpetrado entre las 08:30 PM del día 14 y las 07:30 AM del día 15 de enero.
Piedras y objetos metálicos fueron lanzados sobre la fachada de la Embajada, rompiendo los vidrios de dos ventanas ubicados en la planta baja, y ocasionando daños dentro del edificio.
Los hechos fueron denunciados ante los cuerpos de seguridad competentes en la mañana del 15 de enero, al mismo tiempo que una nota fue enviada al Ministerio francés de Relaciones Exteriores, informando sobre los daños ocasionados y solicitando medidas de protección para los locales y funcionarios de la Embajada.
El graffiti, pintado debajo de la placa de la Embajada, y cuyo texto dice "UEJF, Israel vencerá", atribuye presuntamente la autoría del ataque y daños cometidos a la Unión de Estudiantes Judíos de Francia.
Sin embargo, esta asociación, considerada como moderada, cercana al Partido Socialista y que participó en la creación de SOS Racismo, ha mantenido posiciones en contra de la extensión del conflicto israelí palestino, a pesar de pertenecer al Consejo Representante de Instituciones Judías de Francia, cuyo presidente ha denunciado recientemente la posición de Venezuela y la decisión de su Gobierno de romper relaciones con el Estado de Israel.
Durante la última semana y desde el comienzo de la invasión de la franja de Gaza por el ejército de Israel, dos sinagogas han sido víctimas de ataques mientras dos estudiantes de bachilletato tunecinos han sido agredidos por jóvenes judíos. Los hechos sucedidos en Oriente Próximo han tenido un fuerte impacto en ambas comunidades en Francia, y el ataque perpetrado contra la Embajada se inscribe forzosamente en este contexto.
Ramadan Ould Semette, ancien esclave du sud de la Mauritanie, est parti, avec plusieurs centaines d’autres anciens esclaves, pour créer sa propre commune dans le désert
LEFREWA, 15 janvier 2009 (IRIN) - Deux ans après que plus d’une centaine de familles d’anciens esclaves eurent quitté leur village dans le sud de la Mauritanie pour créer leur propre communauté, loin des propriétaires d’esclaves, des membres de ce groupe ont confié à IRIN qu’ils se débattaient encore pour s’adapter à leur indépendance.
Ramadan Ould Semette est de ceux qui ont quitté le village de Lefrewa, où ces familles étaient esclaves de génération en génération ; certes, il a pu prendre un nouveau départ, comme il le souhaitait depuis bien longtemps, mais c’est à peu près tout.
« Nous n’avons que nos muscles pour survivre et nous luttons sans cesse dans le désert. Le seul avantage qu’il y a à vivre ici, dans un nouvel endroit, c’est que nous nous sommes physiquement éloignés de l’exploitation du passé ».
Tourner la page et se trouver un moyen de subsistance est une tâche particulièrement ardue dans un pays où la plupart des habitants vivent déjà dans des conditions difficiles.
La Mauritanie est composée pour moitié d’un territoire désertique inhabitable et inhospitalier ; près de la moitié de ses trois millions d’habitants n’a pas accès à l’eau salubre, selon les Nations Unies, et d’après les estimations de FEWSNET, organisme spécialisé dans la surveillance de la situation alimentaire mondiale, plus de 330 000 personnes souffraient de malnutrition [dans le pays] en octobre 2008.
Biram Ould Abeide, conseiller de la Commission nationale des droits de l’homme, a expliqué à IRIN que la commune des anciens esclaves, baptisée Sawap (« vertueux » en arabe), avait eu des difficultés à trouver où s’établir. « Aucune communauté ne les a accueillis. Ils ont eu de graves problèmes pour obtenir l’autorisation de s’installer là où ils sont maintenant. C’est une question de droits fonciers ; il n’y a pas de terres inscrites au nom d’anciens esclaves ».
M. Abeide a expliqué que le président de l’époque, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, était intervenu pour aider les familles à s’installer en 2006.
M. Semette, habitant de la commune, a indiqué à IRIN que si un membre du groupe avait besoin de consulter un médecin, il se faisait transporter à dos d’âne à travers le désert jusqu’au centre médical le plus proche, à trois kilomètres de là. L’eau est une denrée rare. Et les femmes se rendent à pied jusqu’aux villages voisins pour trouver de la nourriture, a-t-il ajouté.
Selon les experts des droits humains, si une loi contre l’esclavage a été adoptée en 2007, les systèmes d’aide aux anciens esclaves font défaut. M. Abeide a en outre expliqué à IRIN qu’en dépit de cette loi (qui définit la servitude pour dette et les mariages forcés comme des formes d’esclavage), les droits des anciens esclaves continuaient d’être « négligés, dans le meilleur des cas, si ce n’est complètement bafoués ».
Des centaines d’anciens esclaves se sont réinstallés sur un terrain désertique qu’ils ont baptisé Sawap
Selon la commission, la loi a abouti à la libération de 43 personnes, et des centaines d’affaires sont encore en instance. Mohamed Bilal Ould Dike, avocat spécialiste des droits humains, a néanmoins expliqué à IRIN que la loi contre l’esclavage n’était que la première étape.
« Cette loi n’assure pas la protection des victimes. Les vraies garanties dont elles ont besoin sont d’ordre juridique [mise en application de la loi] et socioéconomique. Il faut prévoir un système de réinsertion économique pour ces victimes ».
Une membre de la commune a expliqué qu’elle ne réussissait pas à trouver de travail rémunéré. « Nous travaillons comme domestiques », a confié Tesslem Mint El Kory à IRIN. « Mais les familles de la région sont si pauvres qu’elles n’ont pas les moyens de nous payer. Alors, nous faisons le travail que nous avons toujours fait, et nous ne sommes toujours pas payés ».
Lemine Dadde, commissaire aux droits de l’Homme depuis le coup d’Etat, a expliqué à IRIN que le conseil militaire au pouvoir avait prévu de consacrer un budget de plus de cinq millions de dollars pour aider les victimes d’esclavage. Le commissaire a également indiqué que 46 villages extrêmement pauvres dont les populations sont en grande partie composées de Noirs africains (une majorité d’esclaves sont Noirs africains) devaient recevoir une aide financière d’urgence à compter de février 2009.
L’esclavage est interdit en Mauritanie depuis l’époque du colonialisme. Pourtant, malgré l’adoption périodique, depuis l’indépendance en 1960, de législations visant à renforcer cette interdiction, toutes les communautés ethniques le pratiquent encore (principalement en milieu rural), selon les associations de défense des droits humains.
Un départ définitif
Le chef du village de Lefrewa, à 90 kilomètres au sud de Nouakchott, la capitale, a expliqué à IRIN que les 100 familles d’anciens esclaves avaient toujours été les bienvenues au sein de sa communauté.
« Notre village est parmi les plus proches de Nouakchott, la capitale, alors nous sommes tout à fait conscients des risques et du caractère illégal de l’esclavage », a déclaré Lemrabett Ould Mohamed Aly. « S’ils sont partis s’installer ailleurs, c’est une question de choix personnel ; personne ne les y a forcés. Des familles d’anciens esclaves vivent encore parmi nous ».
Le chef du village a expliqué que les anciens esclaves qui avaient quitté Lefrewa en grand nombre, en 1976, avaient fini par y retourner. « Ils sont revenus chez nous parce qu’ils n’ont pas trouvé d’autre endroit où vivre aussi paisiblement qu’ils vivaient parmi nous ».
Lorsque IRIN a demandé aux familles de Sawap si quelqu’un parmi elles était tenté de retourner vivre à Lefrewa, compte tenu de leurs difficultés économiques, Mbarek Ould Mahmoude a pourtant déclaré : « Nous avons réussi à nous enfuir de la terre de nos anciens maîtres pour pouvoir jouir de nos droits civiques… Les maîtres nous ordonnaient de voter comme ils le voulaient. Nous n’avions d’autre choix que de nous plier aveuglément à leurs ordres. Alors, non, on n’y retournera pas »