Article primé par Projet censuré 2010 Somalie : « pirates » ou pêcheurs en lutte ? par Jeffrey St. Clair
Moins souvent évoquées par la presse des pays du Nord que les mésaventures des otages, les conditions de vie des « pirates » somaliens et de leurs concitoyens rèvèlent qu’ils sont avant tout des pêcheurs en lutte contre le pillage occidental de la pêche et la décharge de déchets toxiques. Dans cet article retenu par le Projet Censuré 2010, la réalité des conséquences du chaos politique persistant en Somalie n’apparaît pas seulement sous l’aspect de la piraterie : en effet même l’ONU y fait depuis longtemps preuve de négligence quant aux traités en vigueur sur les déchets toxiques.
La communauté internationale a condamné avec force les pirates-pêcheurs somaliens et leur a déclaré la guerre, tout en dissimulant derrière un voile de discrétion les opérations des flottes qui se consacrent à la pêche illégale non déclarée et non réglementée. Ces flottes en provenance du monde entier pratiquent la pêche furtive et déchargent des déchets toxiques dans les eaux somaliennes depuis la chute du gouvernement de ce pays, il y a dix-huit ans. Lorsque le gouvernement somalien s’effondra, en 1991, les intérêts étrangers saisirent l’occasion pour entreprendre le pillage des richesses alimentaires marines de la nation et faire de ses eaux échappant à toute surveillance la décharge des déchets nucléaires et toxiques.
Selon le Groupe de travail en haute mer (HSTF, sigle en anglais), en 2005, plus de huit cent bateaux de pêche [IUU] opéraient dans les eaux somaliennes, tirant profit de l’incapacité dans laquelle se trouvait le pays de surveiller ses eaux et ses zones de pêche. Les bateaux IUU puisent chaque année dans les eaux somaliennes des fruits de mer et des poissons pour une valeur globale de 450 millions de dollars : ils privent ainsi la population somalienne, l’une des plus pauvres du monde, d’une source inestimable de protéines et ruinent les pêcheurs, privés de leur gagne-pain. Dès le début des années 90, on enregistrait des réclamations concernant le largage de déchets toxiques et la pêche illégale, mais il a fallu que le tsunami dévaste le pays, en 2004, pour qu’apparaissent les pièces à conviction [1]. Le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) a signalé que le tsunami a poussé des conteneurs oxydés, pleins de déchets toxiques, jusqu’aux terres du Puntland, dans le nord de la Somalie.
Nick Nuttall, porte-parole du PNUE, a déclaré à la chaîne arabe Al Jazeera que lorsque les conteneurs furent éventrés par la force des vagues, on a pu découvrir que des inconnus se livraient à une « activité terrifiante » depuis plus de dix ans. « La Somalie sert de décharge pour les substances dangereuses depuis le début des années 90 et cela s’est prolongé pendant toute la durée de la guerre civile », ajoute-t-il. « Les déchets sont de natures diverses : on y trouve des résidus radioactifs d’uranium, pour l’essentiel, mais aussi du plomb, des métaux lourds comme le cadmium et le mercure, ainsi que des déchets industriels, hospitaliers et chimiques : de tout ! »
Nuttall précise que depuis que les conteneurs ont échoué sur des plages, des centaines d’habitants de la côte sont tombés malades, souffrant d’hémorragies abdominales et buccales et d’infections de la peau, entre autres maladies. « Ce qu’il y a de plus alarmant, ce sont les déchets nucléaires. Les résidus radioactifs d’uranium menacent les Somaliens de mort et détruisent totalement l’océan », précise-t-il.
Ahmedou Ould-Abdallah, envoyé de l’ONU pour la Somalie, assure que dans les faits, le pétrole a contribué à la guerre civile qui dure depuis dix-huit ans dans ce pays, car pour décharger leurs déchets, les compagnies paient les ministres du gouvernement et / ou les leaders des milices. « Il n’y a pas de contrôle gouvernemental… et peu de gens respectueux de l’éthique… ils payent des gens haut placés, mais c’est à cause de la fragilité du « gouvernement fédéral transitoire », sans compter que quelques-unes des corporations ne consultent même pas les autorités : elles déchargent leurs déchets et s’en vont. »
En 1992, les pays membres de l’Union européenne et 168 autres nations ont signé la Convention de Bâle, sur le contrôle des mouvements transfrontaliers des déchets dangereux et leur stockage. L’accord interdit le commerce de résidus entre les pays signataires de même qu’aux pays qui n’ont pas signé le document, à moins d’un accord bilatéral négocié. Il interdit de même l’envoi de résidus dangereux dans les zones de guerre. L’ONU a trahi ses propres principes et fait la sourde oreille aux demandes somaliennes et internationales pour mettre un terme à la dévastation ininterrompue des ressources marines somaliennes et à la décharge de déchets toxiques. Ces violations ont également été ignorées par les autorités maritimes de la région.
Documentaire vidéo sur les déchets nucléaires (uranium) et autres des pays industrialisés jetés en Somalie.
Tel est le contexte dans lequel ont surgi ceux qu’on a appelés les « pirates »
On s’accorde à dire que dans un premier temps, ce sont de simples pêcheurs somaliens qui ont pris leur canot à moteur pour tenter de dissuader les incursions de bateaux qui déchargeaient leurs déchets et pêchaient à la traîne, ou au moins leur faire payer un « impôt ». Ils s’étaient eux-mêmes donnés le titre de « Gardes-côtes volontaires de Somalie »
Un des leaders des pirates, Sugule Ali, a expliqué pour sa part qu’il se proposait de « mettre fin à la pêche illégale et au largage de déchets dans nos eaux… Nous ne nous considérons pas comme des bandits de la mer. Nous considérons que les bandits, ce sont eux, ceux qui pêchent, déversent des déchets illégalement et portent des armes dans nos eaux nationales. »
Le journaliste britannique Johann Hari a fait remarquer, dans le Huffington Post, que malgré le fait que rien ne justifie la prise d’otages, les pirates bénéficient du soutien écrasant de la population locale, et cela pour une raison. Le site web indépendant somalien Wardher News [2], a mené la meilleure enquête dont nous disposons sur ce que pense le citoyen somalien lambda. 70 % des personnes sondées par ce site « soutiennent énergiquement la piraterie, parce que c’est une manière d’assurer la défense des eaux territoriales du pays ». [3]
Au lieu de prendre des mesures pour protéger la population et les eaux somaliennes contre les infractions internationales, la réponse de l’ONU a été d’approuver des résolutions agressives qui donnent droit aux transgresseurs de faire la guerre aux pirates somaliens, quand elles ne les y encouragent pas.
Les voix des pays exigeant en chœur le durcissement de l’action internationale ont obtenu que des forces navales multinationales et unilatérales se hâtent d’envahir les eaux somaliennes et prennent le contrôle. Le Conseil de sécurité de l’ONU (certains de ses membres pourraient fort bien avoir des motifs cachés pour protéger indirectement leurs flottes de pêches illégales en eaux somaliennes) a approuvé les résolutions 1816, en juin 2008, et 1868, en octobre 2008, qui « invitent les Etats favorables à la sécurité des activités maritimes à participer activement à la lutte contre la piraterie en haute mer, au large de la Somalie, notamment en déployant leurs bateaux de guerre et leur aviation militaire… »
L’OTAN et l’Union européenne ont également donné des ordres en ce sens. La Russie, le Japon, l’Inde, la Malaisie, Égypte et le Yémen se sont joints à la bataille, aux côtés d’un nombre croissant de pays.
Pendant des années, il était demeuré impossible de faire passer des résolutions de l’ONU pour contrôler la piraterie dans les mers du monde, en grande partie parce que les nations membres subodoraient qu’il y allait de leur souveraineté et de leur sécurité. Les pays renâclent à l’idée de céder la surveillance et le contrôle de leurs eaux territoriales. Les résolutions 1816 et 1838 de l’ONU, auxquelles s’opposèrent plusieurs nations d’Afrique occidentale, des Caraïbes et d’Amérique du Sud, ont donc été taillées exclusivement à la mesure de la Somalie, un pays qui n’a pas de représentation assez solide aux Nations unies pour exiger des amendements destinés à protéger sa souveraineté. De la même manière furent ignorées les objections de la société civile somalienne au projet de résolution, qui ne faisait même pas mention de la pêche illégale ni du déversement de déchets.
Hari s’interroge : « Nous attendons-nous à ce que les Somaliens affamés s’installent passivement sur leurs plages ou rament au milieu de nos déchets nucléaires tout en regardant comment nous leur volons leurs poissons pour les déguster dans des restaurants de Londres, de Paris et de Rome ? Nous n’avons strictement rien fait contre ces délits. Mais quand des pêcheurs rétorquent en interrompant le trafic du couloir maritime par lequel passe 20 % du pétrole du monde, nous poussons des hauts cris contre ce « coup bas ». Si nous entendons réellement combattre la piraterie, commençons par en extirper la racine, c’est-à-dire par poursuivre nos propres délinquants, avant d’envoyer nos canonnières nettoyer le couloir de tout criminel somalien. »
Mise à jour de Mohamed Abshir Waldo (de WardheerNews)
Les crises de piraterie multiple n’ont pas reculé en Somalie depuis mon dernier article « Les deux pirateries en Somalie : pour l’une ignore-t-elle l’autre ? », publié en décembre 2008. [4] La piraterie de la pêche illégale, du dépôt de déchets et du trafic maritime non contrôlé se poursuit de plus belle. Les pêcheurs somaliens réagissent à la pêche furtive étrangère, en provenance de bateaux armés, par une guerre intensifiée contre tout bâtiment empruntant le golfe d’Aden et l’océan Indien
Les gouvernements étrangers, les organisations internationales et les grands médias se sont unis pour diaboliser la Somalie et faire passer ses pêcheurs pour de dangereux assassins qui attaquent par surprise et terrorisent les marins (même si, jusqu’à présent, aucun n’a été blessé). Cette version est de toute évidence manipulée. Les grands médias se montrent infiniment plus discrets quant aux autres formes de piraterie, celles de la pêche illégale, et du largage de déchets.
Les marines de guerre du monde —plus de 40 navires de guerre dont dix asiatiques, arabes et africains, et les autres de nations de l’OTAN et de l’Union européenne— livrent une véritable chasse aux pêcheurs-pirates somaliens et ne se soucient guère de savoir si leurs cibles repérées en eaux somaliennes pratiquent la pêche, tout simplement, ou la piraterie. Les diverses réunions du Groupe international de contact pour la Somalie (ICGS, sigle en anglais) sont continuellement l’occasion de stigmatiser les pêcheurs somaliens et d’inviter ses membres à lancer des expéditions punitives, sans qu’il y soit jamais question des violations commises par leurs propres flottes.
Lors de la réunion anti-piraterie de l’ICGS du Caire, qui s’est tenue le 30 mai 2009, Égypte et l’Italie sont les pays qui ont le plus insisté pour exiger des châtiments sévères contre les pirates-pêcheurs somaliens. Tandis que ces pays se réunissaient à nouveau à Rome, le 10 juin 2009, la communauté de la ville côtière somalienne de Las Khorey a retenu une barge italienne et deux bateaux égyptiens pleins à craquer de poisson capturé illégalement en eaux somaliennes. La barge acheminait deux énormes réservoirs dont on soupçonne qu’ils contenaient des déchets toxiques ou nucléaires. La communauté de Las Khorey a invité les experts internationaux à venir enquêter sur place, mais n’ont toujours pas reçu de réponse.
Il reste à signaler que la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (IUU) ainsi que le déversement de déchets se produisent aussi au large d’autres pays africains, et en particulier la Côte d’Ivoire, autre grande victime du réseau de déchetterie toxique international. Certains affirment que les actes de piraterie obéissent à la logique du désespoir, et, dans le cas de Somalie, les pirates des uns ne seraient-ils pas les gardes-côtes des autres ?
Voir ce documentaire (en langue anglaise) sur les déchets toxiques jetés en Somalie par le compagnies maritimes italiennes. Deux journalistes de la péninsule enquêtant sur ces trafics dans ce pays africain furent assassinés à Mogadiscio.
Jean-Luc Delarue, l'animateur, sillonne les routes de France pour parler des drogues avec des lycéens... aux côtés de son nouvel amour. Bisounours, sortez vos mouchoirs, rigole Aliocha !
Excusez-moi... Je m’interromps pour réprimer… un sanglot d’émotion.
Reprenons.
Tout y est. L’histoire d’amour, la repentance publique, l’humble camping-car symbole de contrition. Un grand shoot d’émotion populaire garanti. Larmes à tous les kilomètres, sortez vos mouchoirs, préparez vos acclamations, branchez les applaudimètres ! Le circuit débute ce soir à Quimper et se poursuivra dans une trentaine de villes de France. Les parents d’élèves sont ravis que Delarue attire l’attention des adolescents sur le problème de la drogue. Ils ont raison, quel modèle en effet pour la jeunesse que cet homme-là !
Delarue est ravi à l’idée de se racheter une conduite et de sauver sa carrière. On le lui souhaite de tout coeur. La fiancée doit être ravie aussi de voir son homme prendre le chemin de la vertu. Ah ! Le miracle de l’amour. Quant aux médias, ils frisent l’orgasme. Pensez donc, un présentateur vedette tout droit sorti de l’enfer de la drogue qui part évangéliser la jeunesse en compagnie de sa jolie fiancée, ça c’est de la belle histoire à raconter aux lecteurs. Avec photos et témoignages reconnaissants à l’appui. Peut-être même qu’on s’offrira un sondage sur les chances de Delarue à la présidentielle. Tant qu’on y est.
Bref, nous baignons dans le ravissement de l’Empire du bien triomphant, si cher à Muray. C’est beau comme un après-midi entier chez Drucker. Nous atteignons même, à mon avis, le summum de la fiction positive dégoulinante. A côté, les Bisounours font figure de dangereux prédateurs pervers, E.T. prend des allures de serial killer et Casimir ressemble à un vieux reptile venimeux. http://www.marianne2.fr/Delarue-en-repenti-de-l-eglise-mediatique_a203149.html
le gâteau ONG-business : Crise larvée chez Max Havelaar
26/02/2011 06:06
Christian Jacquiau, auteur d'une enquête critique sur le commerce équitable, nous éclaire sur la crise - discrète - que traverse en ce moment Max Havelaar France, qui pâtirait de son choix de collaborer avec la grande distribution au détriment des réseaux alternatifs.
Privée des grasses subventions étatiques accordées jusqu'alors par ses amis politiques, laminée par les réseaux de la grande distribution qui n'ont pas hésité à surfer sur la vague de l'équité pour mieux se l'approprier en termes de marché, l'association de commerce équitable Max Havelaar France traverse aujourd'hui une zone de fortes turbulences.
Joaquin Muñoz, son directeur général, vient d'ailleurs d'être discrètement remercié. La sentence aurait du être annoncée laconiquement à la presse la semaine prochaine mais une indiscrétion publiée sur Internet risque bien de précipiter les événements.
On lui reprocherait sa mauvaise gestion de la crise que traverse Max Havelaar depuis plusieurs mois. C'est que derrière les discours rassurants vantant une croissance exponentielle du marché du commerce de l'équitable se cache une toute autre réalité : chute des ventes, baisse des redevances liées à l'exploitation de la marque Max Havelaar, pression de la grande distribution sur les prix à la production, multiplication des marques de garantie écolo-socialement responsables, crise de confiance des consomm'acteurs de plus en plus perturbés par le choix des partenaires de la marque...
Avec un angélisme d'une naïveté affligeante de jeunes cadres dynamiques, tout frais émoulus d'HEC pour bon nombre d'entre eux avaient cru pouvoir changer le monde de la grande distribution en empruntant les discours entendus à Porto Allègre pour mieux vendre leurs petits paquets de café fleurant bon la solidarité.
« J’ai voulu qu’Alter Eco soit créatrice de lien social à travers une fonction banale et quotidienne : l’achat. Pour tous ceux qui veulent changer le monde avec leur caddie, sans pour autant faire la révolution ! Alter Eco fait le pont entre des petits producteurs parmi les plus défavorisés et les géants de la grande distribution et ça marche ! », expliquait Tristan Lecomte, le PDG d'Alter Eco, à son ami Michel-Edouard Leclerc le 5 avril 2006.
Quelques jours plus tard, dans une interview accordée au magazine L’Entreprise, un représentant des hypermarchés Leclerc lâchait froidement : « Actuellement, nous sommes dans une phase de promotion et de soutien du commerce équitable, qui ne constitue qu’un marché émergent. Avec les volumes, les fournisseurs vont pouvoir écraser leurs coûts de production et nous pourrons ainsi augmenter nos marges ».
La messe était dite.
Débarqué pour cause de rentabilité insuffisante par les fonds de pension éthiques (!) qu'il avait lui-même introduits dans sa bergerie, le représentant le plus médiatique des concessionnaires de Max Havelaar est parti discrètement planter du riz en Thaïlande, comme d'autres vont planter leurs choux, l'heure de la retraite sonnée.
Depuis, le nouveau responsable commercial d'Alter Eco a reconnu publiquement sur le blog d'un grand quotidien ce qu'avait toujours nié son médiatique président : l'exigence de confortables marges arrières de la part des centrales d'achat de la grande distribution pour qu'elles acceptent de distribuer les produits équitables.
Derrière ce langage abscons se cache une bien curieuse réalité : la reconnaissance implicite de pratiques discriminatoires à l'égard des autres revendeurs, les plus petits notamment, qui ne bénéficiant pas du même avantage se trouvent contraints de vendre plus cher que leurs concurrents pour s'en sortir. L'équité serait-elle à ce prix ?
En transformant une démarche en produit, en pactisant avec l'oligopole de la grande distribution, les dirigeants de Max Havelaar et de ses concessionnaires pouvaient-ils ignorer qu'ils conduisaient le mouvement à sa perte ?
Bien au-delà de l'image du pont inéquitable de cette rivière Kwaï tombé entre les mains de l'oligopole des super et hypermarchés, les difficultés que rencontrent aujourd'hui la majeure partie de ceux qui ont fait le choix de distribuer leurs produits équitables en grandes surfaces constituent incontestablement une magnifique victoire de la grande distribution sur ceux qui prétendaient en changer les pratiques.
Les consommateurs ont privilégié les produits du commerce équitable distribué en grande surface sans trop se demander ce que recouvraient véritablement ces mots magiques « commerce équitable » accolés l'un à l'autre, apposés sur les paquets de café multicolores qui ont fleuri, çà et là, dans les super et hypermarchés.
En délaissant les boutiques spécialisées (Artisans du Monde, Minga, Andines...) au profit de produits au contenu équitable largement édulcoré, les consomm'acteurs et autres alter-consommateurs ont largement contribué à la neutralisation de cette alternative à la grande distribution qu'il aurait pu constituer. Effet domino, les réseaux alternatifs connaissent eux aussi de graves difficultés.
Les petits producteurs qui se plaignent de plus en plus ouvertement du peu de retour du système, leurs salariés, les travailleurs journaliers, saisonniers, en un mot les sans terre et tous les autres précaires qui s'échinent tout au long des filières subissent de plein fouet les conséquences des errements de ces jeunes gens ambitieux qui ont confondu carrière personnelle, parts de marché, business... et équité.
Pour autant, et au delà de la compassion, jamais les relations économiques et commerciales n'ont eu autant besoin de se voir insuffler cette dose d'humanité qui leur fait tant défaut.
De dérives en récupérations, de partenariats improbables en dérapages dévastateurs, l'heure du bilan a sonné pour le commerce équitable aussi.
Ses acteurs le comprendront ou alors la démarche restera irrémédiablement confinée au rang anecdotique de marché de niche pour consommateurs-consensuels...
Nota : Sollicité, Max Havelaar n'a pas souhaité répondre à nos questions.
Egypte ,Libye ? Mai :Qui se soucie du Wisconsin quand 70.000 personnes assiégeaient le capitole de Madison?
26/02/2011 06:03
Qui se soucie du Wisconsin ?
Christian Bouchet
Éditorial
Les médias qui ne nous cachent rien, actuellement, des troubles qui agitent le Maghreb sont étrangement bien silencieux en ce qui concerne la situation dans le Wisconsin, où des milliers d’Américains ont entrepris, devant le parlement de cet État, d’imiter les pratiques tunisiennes et égyptiennes pour faire chuter le gouverneur républicain Scott Walker.
Samedi 20 février, cela faisait six jours pleins qu’une foule, estimée à 70.000 personnes au moment de la plus grande affluence, assiégeait le capitole de Madison et rien ne laisse supposer que l’affaire doive se régler à très court terme.
Quel est la raison de cette colère populaire ? Une loi en discussion au Parlement, qui a toutes les chances d’être adoptées et qui réduirait de manière drastique les salaires et les droits des fonctionnaires de l’État.
Avant d’aller plus loin, il convient de rappeler que les USA sont un État fédéral. À ce titre, si les salariés du privé sont protégés par des lois fédérales, et ont donc de ce fait les mêmes droits sur tout le territoire national, les fonctionnaires (à l’exception de ceux des agences fédérales) dépendent du bon vouloir des États, voire, pour certains, des comtés ou des villes, qui les emploient.
Aux midterms de novembre dernier ce sont les représentants du Parti républicain, option Tea Party (1), qui ont obtenu la majorité dans le Wisconsin.
En janvier, ces nouveaux élus ont voté une première loi afin de supprimer la quasi-totalité des impôts touchant les grandes entreprises, en particulier les multinationales, installées dans l’État. Il en a résulté un manque a gagner pour les finances publiques de 170 millions de dollars et, alors que le budget annuel du Wisconsin était depuis de nombreuses années en équilibre (celui de 2010 avait même été clos avec un léger excédent), des prévisions budgétaire en net déficit.
Un être normalement intelligent aurait vu le coup venir et n’aurait pas réduit de manière si importante les impôts sur les sociétés. À défaut, il aurait admis une erreur de calcul et serait revenu pour partie sur ses coupes fiscales. Le gouverneur Scott Walker a choisi, quant à lui, une toute autre voie : pour que le budget soit équilibré, il a décidé qu’il suffisait de faire baisser les dépenses de l’État en réduisant le coût de ses fonctionnaires. Cela non pas en baissant les salaires mais, ce qui en définitive revient au même, en transférant à leur charge la majeure partie de la retraite et de la sécurité sociale que payait jusqu’alors l’administration.
Les salaires de la fonction publique étant déjà peu élevé dans le Wisconsin, nombre de fonctionnaires (dont des enseignants du supérieur…) ont témoigné que la conséquence de cette réforme serait de ne plus leur permettre de vivre de leur salaire et qu’ils devraient donc exercer une autre profession en parallèle pour s’en sortir… Comme c’est le cas dans nombre de pays du tiers-monde.
De plus, tous les fonctionnaires ont été particulièrement sensibles qu’au niveau symbolique, Scott Walker, comme un vulgaire Ben Ali ou Moubarak, ait de plus annoncé qu’il avait placé la Garde nationale sur un pied d’alerte pour faire face à la résistance populaire. Or, la dernière fois que la Garde nationale avait été déployée au Wisconsin dans le cadre d’un conflit social date du … 1er mai 1886, lors du mouvement pour la journée de huit heures. Elle avait alors ouvert le feu sur des métallurgistes en grève faisant sept morts !
Il n’est pas réellement besoin de se demander pourquoi les grands médias ne nous parlent pas du Wisconsin alors qu’ils nous bassinent actuellement avec l’Algérie… Là-bas des Américains de souche rejettent le libéralisme et nous montrent ses méfaits, alors qu’à Alger des agents d’influence de l’Empire tentent d’instaurer un régime plus libéral et plus ouvert au Grand Occident(2). Il est bien pour big brother que nous ignorions la résistance des uns et que nous soyons informé positivement de l’action des autres…
Pourtant, il y a plus de risque que notre avenir, si nous ne réagissons pas à temps, ressemble plus à celui des fonctionnaires de Madison, qu’à celui des trabendistes d’Alger.
notes
1 – Rappelons, à ceux qui l’auraient oublié, qu’à cette date l’excellent Bruno Gollnisch s’est félicité des résultats de ce mouvement néo-con et n’a pas caché les affinités qu’il avait avec ses thèses… 2 - Saïd Sadi qui anime le Rassemblement pour la culture et la démocratie - qui est avec ses courroies de transmission (essentiellement La Coordination nationale pour la démocratie et le changement et la Ligue de défense des droits de l’Homme) – le deus ex machina des manifestations d’Alger est par exemple, comme par hasard, un ami proche de Bernard Henri Lévy…
Un chasseur alpin du 7ème BCA de Bourg-Saint-Maurice (Savoie) a été tué hier en Afghanistan et un caporal du 132ème Bataillon cynophile de l’armée de terre de Suippes (Marne) grièvement blessé aux membres inférieurs, lors d’une attaque des insurgés contre un convoi français.
L’action s’est déroulée hier soir sur la route entre Tagab et Nijrab, à la suite d’une opération de ravitaillement de postes avancés dans la vallée d’Alassaï. Le convoi a été pris à partie par des insurgés qui ont tiré à l’arme antichar (sans doute RPG-7) dans sa direction. Un VAB a été touché, à bord duquel se trouvait les deux militaires. Un troisième a été légèrement blessé, mais il a depuis lors regagné son unité.
Touché, le VAB a néanmoins pu continuer à rouler, permettant au médecin d’intervenir à l’abri des tirs. Le chasseur alpin de 1ere classe est rapidement décedé de ses blessures alors que le caporal était évacué par hélicoptère, avant d’être rapatrié en France.
Cette attaque porte à 54 le nombre de militaires français tués en Afghanistan.
Clément CHAMARIER – RIP
Agé de 18 ans le chasseur de 1re classe Clément Chamarier avait choisi de s’engager pour cinq ans au 7e bataillon de chasseurs alpins (7e BCA – Bourg-Saint-Maurice) en février 2009.
Affaire Cassez : halte à la diplomatie émotionnelle !
26/02/2011 05:54
Affaire Cassez : halte à la diplomatie émotionnelle !
Le président de la République et sa ministre des Affaires étrangères ont choisi de sacrifier la relation entre la France et l’un des pays les plus importants d’Amérique latine, le Mexique, officiellement au nom de « l’innocence d’une Française », en réalité au nom d’une pitoyable stratégie de communication émotionnelle à usage purement intérieur.
L’instrumentalisation du sentiment s’est désormais complètement substituée, dans tous les domaines (sécurité, justice, économie…), à la vraie politique, laquelle consisterait à traiter en profondeur la racine des problèmes. Nos gouvernants ne savent plus que larmoyer, devant des micros, tout en s’agrippant aux caméras des familles de victimes.
Attardons-nous un instant sur le fond de cette lamentable affaire Cassez. En décembre 2005, l’arrestation d’Israel Vallarta Cisneros et de sa compagne française, Florence Cassez, sonne le glas d’un terrible gang de kidnappeurs, « Los Zodiacos » lequel s’est rendu coupable de dizaines d’enlèvements, d’assassinats, de tortures et de viols. Plusieurs victimes, hommes, femmes et enfants témoignent et accusent Florence Cassez d’avoir participé aux séquestrations d’otage (qui se passaient dans le ranch où elle vivait avec son compagnon).
Voici un extrait du témoignage écrit de la dernière victime du clan « Los Zodiacos », paru dans la presse mexicaine et bien sûr occulté par la presse française :
« Mon nom est Cristina Rios Valladares. J’ai été victime d’une prise d’otage, aux côtés de mon époux Raul et de mon fils Christian qui avait 11 ans (…) Nous avons appris la nouvelle de la peine de prison que Florence Cassez méritait, cette femme dont j’avais écouté la voix à maintes reprises pendant ma captivité. Une voix d’origine française qui bourdonne encore aujourd’hui dans mes oreilles. Une voix que mon fils reconnaît comme celle de la femme qui lui a pris du sang pour l’envoyer à mon époux, avec une oreille qui lui ferait penser qu’elle appartenait à mon fils (…) Maintenant j’apprends que cette Florence réclame justice et clame son innocence. Et moi j’entends dans ces cris la voix de la femme qui, jalouse et furieuse, hurlait sur Israel Vallarta, son petit ami et chef de la bande, que s’il recommençait à s’approcher de moi, elle se vengerait sur ma personne ».
Contrairement aux partis dominants qui, à l’unisson, semblent vouloir faire de Florence Cassez un nouveau Dreyfus, nous ne voulons pas être définitifs sur cette affaire. La reconstitution spectaculaire devant les caméras de la télévision mexicaine, au lendemain de l’arrestation, en 2005, obéissait sans doute à une volonté de la part du gouvernement mexicain de médiatiser son action de répression de ce qui est un véritable fléau au Mexique : les enlèvements de personnes privées avec demande de rançon et mutilations. N’oublions pas que le président mexicain est confronté à des gangs criminels et des cartels qui, depuis 2006, ont fait plus de 30.000 morts dans ses forces de sécurité. Il s’agit d’une véritable guerre, et c’est la raison pour laquelle le petit caprice émotionnel du Tout-Paris n’impressionne guère les Mexicains. Il n’en demeure pas moins que cette reconstitution a contribué à ternir la procédure judiciaire mexicaine ; mais il faut raison garder : elle ne doit pas en effacer le contenu.
La vérité, c’est que le Mexique, grand pays membre de l’ALENA, et puissance importante de l’Amérique latine, dispose d’un vrai système judiciaire, et que les faits sont accablants pour Florence Cassez. Les témoignages sont là, et il est difficile par ailleurs (simple remarque de bon sens) de faire croire que Florence Cassez ait pu vivre pendant autant de temps dans un ranch où s’activaient une bande de tueurs, avec des armes et des munitions partout, des otages cachés et souvent torturés, ceci sans n’avoir jamais rien remarqué ! On la sent en tout cas beaucoup moins naïve depuis qu’elle s’occupe de sa défense et que, de derrière les barreaux et depuis son téléphone mobile, elle dicte au président de la France la politique qu’il faut suivre.
Au moment où la diplomatie française semble définie par la famille Cassez, il convient de remarquer que celle-ci n’a pas toujours dit la vérité. Ainsi, les parents de Florence Cassez ont-ils affirmé à la presse française qu’ils ne connaissaient pas le compagnon de Florence, Israel Vallarta. Manque de chance, la presse mexicaine a publié les photos de Bertrand Cassez, le père, en train de trinquer avec Israel Vallarta dans le ranch Las Chinitas, à 29 km de Mexico !
Cette affaire me fait penser à celle des deux Françaises, Sarah Zaknoun et Cécile Faye, emprisonnées en 2008 en République dominicaine pour trafic de drogue, et graciées en décembre 2009 par le président dominicain à la suite d’une campagne médiatique puis politique, depuis Paris. Je suis personnellement bien placé pour savoir que dans cette affaire, le même impératif médiatique et émotionnel faisait office de politique et écrasait le fond du dossier. Heureusement pour les deux gentilles « vacancières », le président dominicain voulait faire plaisir à la France et à son président. Mais la justice dominicaine n’avait pourtant pas été prise d’hallucination collective, pas plus que celle du Mexique et des victimes qui ont témoigné !
Il semble donc que dans notre pays, il y a des théories du complot autorisées et d’autres qui ne le sont pas. Il est par exemple autorisé et même encouragé de penser (reprenez les chroniques de pseudo-experts de la Russie après le récent attentat de l’aéroport de Moscou) que les Russes s’infligent des attentats tout seuls, comme il est manifestement souhaitable de penser qu’une Française puisse être victime d’un gigantesque complot hier dominicain, aujourd’hui mexicain. Décidément, ne sont pas forcément xénophobes ceux que l’on croit. A lire la presse aujourd’hui, l’Amérique latine c’est Tintin chez les Picaros ou l’Oreille cassée, au choix. Ah ces Mexicains, tous des « sergents Garcia » corrompus !
Je pense aussi à l’affaire Cesare Battisti, ce terroriste italien d’extrême gauche, que les médias français s’étaient mis en tête de faire libérer, au mépris de la justice italienne et des relations avec ce pays ami. On y a retrouvé les traditionnelles leçons de morale françaises, le mépris pour nos voisins et amis, le déni de justice et de souveraineté d’un partenaire de l’Union européenne.
Je pense aussi à la gestion de l’affaire Bétancourt (la première, celle d’Ingrid), qui fut lamentable pour nos relations avec la Colombie.
Nous avons tout faux dans ces affaires ! Non seulement, à chaque fois, il est beaucoup plus probable que nous nous préoccupions de coupables que d’innocents, mais qui plus est, nous affichons devant le monde entier une arrogance sans nom, un mépris pour la justice et la souveraineté de ces pays, comme si d’ailleurs notre justice et notre démocratie étaient exemplaires !
En définitive, le problème fondamental de notre diplomatie en Amérique latine ne tient-il pas au fait que nos gouvernants n’y aient aucune habitude de vacances ? S’ils avaient des villas en Colombie, ou s’ils se doraient sur les plages du Mexique, plutôt qu’en Tunisie ou en Egypte, peut-être feraient-ils preuve de moins d’arrogance ? Avec beaucoup d’humour, Elisabeth Lévy suggérait que Florence Cassez avait la chance que le Mexique ne s’intéresse pas à l’avion Rafale, sinon elle serait oubliée depuis longtemps, par le pouvoir… et aussi par les médias !
Ces opérations médiatiques à usage intérieur, qui visent ici, notamment pour la ministre des Affaires étrangères, à se refaire à bon compte une image émotionnelle positive après l’affaire de Tunisie, ne sont pas dignes du gouvernement de la France. Cette politique émotionnelle, « du coup médiatique », qui contamine jusqu’à notre politique étrangère, est devenue absolument insupportable ; elle finira d’ailleurs par se montrer contre-productive pour ceux qui en usent. Car si les Français ont des émotions et peuvent tomber dans ce genre de piège, ils comprennent par ailleurs de plus en plus que le pays est gouverné dans l’instant, sans vision stratégique, et que sa tête se pose de moins en moins la question du Bien commun.
Invité en novembre dernier au Grand Journal de Canal +, le nouvel ambassadeur de Tunisie faisait l'éloge de Kadhafi. C'est ce qu'on appelle « une vérité qui dérange ». Il y a moins de quatre mois, Boris Boillon, nouvel ambassadeur français en Tunisie qui a fait parler de lui dès son arrivée à Tunis pour son attitude vis-à-vis des journalistes, tenait des propos pour le moins dérangeant sur le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi. Affirmant que le colonel Kadhafi l'appelait « mon fils », Boris Boillon a bien voulu reconnaître au Grand Journal de Canal + le 25 novembre 2010 qu'il avait été un terroriste mais qu'il ne l'était plus depuis qu'il avait fait son autocritique. Il a même osé lâcher un « Qui peut se prétendre être un parangon de vertu et de démocratie ? » qui devrait pour le moins faire grincer des dents aujourd'hui. (SOURCE : Metrofrance.com, 21/02/2011.)
Les bonnes affaires. L'heureux propriétaire de Quick, Albert Frère, ami de Nicolas Sarkozy (celui-ci l'a élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur en 2008), a vu la Caisse des dépôts lui racheter sa société Quick pour 800 millions d'euros alors que celle-ci n'était valorisée qu'à 550 millions à la date de cette OPA "amicale". Cette affaire a d'ailleurs fait l'objet de deux plaintes déposées par un acheteur évincé, immédiatement classée sans suite, l'autre en Belgique, qui fait actuellement l'objet d'une instruction. Jusqu'ou va-t-on aller ???
A Tobrouk, les insurgés crient victoire - (Cliquez sur la photo pour l'agrandir)
Muammar Kadhafi s’accroche au pouvoir, bien que toute une partie du pays, à l’est, soit passée aux mains des opposants. Les villes de Tobrouk, Derna, Benghazi, Masrata, El-Beida, Ajdabiya sont « tombées ». Combien de temps le Guide pourra-t-il tenir, alors que les défections au sein du régime se multiplient et que la communauté internationale, horrifiée par le bain de sang libyen, prévoit des sanctions ?
Un premier bilan, fait de chiffres venus « de sources militaires » pour Tripoli et des recoupements effectués par la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), fait état de 640 morts, dont 275 à Tripoli et 230 à Benghazi. Mais cette macabre comptabilité pourrait être bien plus élevée. Franco Frattini, le ministre italien des Affaires étrangères, avance un chiffre « crédible » de 1000 décès, basé sur des sources médicales libyennes. Et, selon le témoignage d’un médecin français ayant travaillé un an et demi au Benghazi Medical Center, les affrontements dans cette ville de l’est auraient fait au moins 2 000 morts.
Défections au sein du régime. L’un des premiers à avoir lâché Kadhafi est son ministre de l’Intérieur, Abdel Fattah Younès, qui a appelé les militaires à abandonner le Guide. Les diplomates, eux aussi, quittent le navire. L’ambassadeur de Libye en France et son collègue de l’Unesco, également en poste à Paris, ont condamné le régime du colonel… mais veulent garder leurs postes. D’autres les ont imités, comme l’ambassadeur à Vienne (Autriche), en dénonçant « le recours excessif à la violence contre des manifestants pacifiques ».
Des militaires refusent de tirer ou de bombarder. Hier, un chasseur-bombardier Sukhoi 22 de fabrication russe s’est écrasé à l’ouest de la ville d’Ajdabiya, à 160 km de Benghazi. Le pilote et le copilote venaient de s’éjecter de l’appareil après avoir refusé l’ordre de bombarder la ville de Benghazi. Malte a refusé hier l’atterrissage d’un avion libyen ayant à son bord 14 personnes, dont la propre fille de Kadhafi. Lundi, en revanche, deux chasseurs et deux hélicoptères avaient atterri à Malte, leurs pilotes ayant déserté.
Les sanctions contre la Libye se précisent. Les pays de l’Union européenne se sont mis d’accord hier sur des « sanctions » qui incluraient un « embargo sur les armes, l’interdiction de l’accès au territoire de l’Union et la surveillance des mouvements financiers » des dirigeants libyens, ainsi que « la possibilité de les traduire en justice ». « Il faudrait aller plus loin », a estimé Henri Guaino, conseiller du président Sarkozy, tout en précisant « qu’il ne croit pas trop à une intervention militaire »
Lors de la présentation du programme des candidats FN aux élections cantonales hier soir à Lyon, Bruno Gollnisch a affirmé que si « Au sud de la Méditerranée, le peuple s’est révolté, il faut qu’en France aussi le peuple se révolte !» Une révolte qui prend la tournure d’un probable cauchemar pour l’Europe qui risque d’être confrontée, -voir nos articles publiés réemment- à un tsunami migratoire. Une hypothèse que le chaos régnant actuellement en Lybie (entre 300 et 650 morts dans les affrontements selon les différents décomptes) renforce singulièrement.
Dans un entretien publié mercredi par le journalCorriere della Sera, Franco Frattini, le ministre italien des Affaires étrangères, relève qu’il est « impossible d’imaginer ce qui pourrait arriver en Libye après la chute de Kadhafi ». « Le problème de la Libye est qu’à part Kadhafi, nous ne connaissons rien d’autre. Aucun autre homme politique ou parti. Et actuellement, il est impossible d’imaginer un avenir après lui. »
La « nature énigmatique » de la Libye empêche tout le monde, et même les pays frères de la Libye comme l’Italie, l’Espagne, le Portugal, Malte et Chypre, de faire le même type de raisonnement que pour les autres pays d’Afrique du Nord en proie aux révoltes, estime-t-il.
Si le régime de Mouammar Kadhafi est balayé poursuit M. Frattini, ce sera « un exode biblique, un problème que tout Italien ne peut pas, ne doit pas sous-évaluer ». « Nous savons à quoi nous attendre quand le régime libyen tombera: une vague de 200 000 à 300 000 immigrés. Soit dix fois plus que le phénomène des Albanais dans les années 1990 » estimant que ce sont des estimations basses. Rappelons que l’Italie avait alors envoyé des navires de guerre au large de l’Albanie pour stopper l’afflux de clandestins, avec succès…
Le ministre italien, précise encore que les migrants susceptibles de débarquer en Europe ne sont pas des Libyens mais plutôt des personnes originaires d’Afrique subsaharienne, qui constituent un tiers de la population de la Libye.
Le gouvernement Kadhafi avait accepté de signer avec l’Italie un accord de coopération, qui s’est révélé plutôt efficace, dans le cadre de la lutte contre l’immigration clandestine. Sera-t-il renouvelé ?
Guitta Brown et Rahel Saada sont parentes à Kadafi. La grand mère juive de Kadafi avait quitté son mari pour rejoindre un Cheikh libyen. Ils ont eu une fille qui est la maman de Kadafi - Regardez ce témoignage sous titré en français .... sur www.terredisrael.com
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